L’EPS dans le collimateur du ministre

Dispositif 2S2C

Profitant de la place particulière de l’EPS, laboratoire d’expérimentations depuis les années 80, le ministre Blanquer tente avec les 2S2C et les protocoles « sanitaires » de parachever la destruction de cette discipline. Le protocole « sport, santé, culture et civisme » (2S2C) a été mis en place en sous prétexte de confinement pour « assurer localement l’accueil des élèves sur le temps scolaire par d’autres intervenants que leurs professeurs en proposant d’encadrer une activité physique et sportive ». Un rapport parlementaire conclut que l’expérience du printemps a tourné au fiasco : « seuls 7 685 élèves du second degré ont été concernés, beaucoup d’activités proposées étaient inadaptées aux publics, et les inégalités territoriales sont apparues au grand jour » (Assemblée nationale, mission « flash » sur la mise en place du dispositif « 2S2C » à l’école, 15 juillet 2020). Les rares expériences mises en place ont montré leur dérive. A Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine par exemple, les enseignants d’EPS n’ont pas eu accès aux infrastructures de la ville en juin car elles étaient monopolisées par le dispositif 2S2C mis en place par la mairie. Pour désengager l’Etat de ses responsabilités, le ministre Blanquer aimerait que le protocole 2S2C, rebaptisé « dispositif éducatif et ludique », soit l’avenir de l’école tel qu’annoncé au Sénat, le 19 mai 2020. Le SNFOLC 35 en demande sa suppression.
 

Des protocoles locaux

Le protocole sanitaire du ministre pour l’EPS, « repères pour la reprise de l’éducation physique et sportive en contexte COVID » laisse toutes les décisions au plan local. Tout ce qui pourrait ressembler à une préconisation est suivi par une phrase contradictoire. « Les textes réglementaires en vigueur, éclairés par les avis du haut conseil de la santé publique, prévoient une distanciation d’au moins deux mètres en cas d’activités sportives, sauf lorsque la nature de la pratique ne le permet pas » . Ce protocole laisse reposer la responsabilité des adaptations sur les équipes d’EPS laissées seules. Chaque mairie interprète également le protocole à sa manière.

L’EPS devient plus que jamais subordonnée aux décisions des collectivités locales
. Ainsi, à Amboise, en Indre-et-Loire, en raison du protocole sanitaire de la mairie concernant les installations sportives, les cours d’EPS auront lieu en demi-classe par alternance une semaine sur deux. L’horaire disciplinaire disparaît.
 

L’EPS n’est pas une « garderie sportive »

C’est une discipline à part entière. Le ministre voudrait s’en débarrasser, tout comme les arts plastiques, l’éducation musicale et, par extension, toutes les disciplines enseignées dans l’Education Nationale, garantes de l’Ecole républicaine. Le SNFOLC 35 invite les personnels à se réunir en assemblées générales, HIS et à prendre position ensemble pour exiger :
 
  • L’abrogation des 2S2C ;

  • Le maintien de l’EPS comme discipline avec ses programmes nationaux, enseignée par des fonctionnaires d’Etat formés et qualifiés ;

  • La création des postes nécessaires suite aux 500 suppressions de ces dernières années malgré les élèves en plus.

Rentrée 2020 des AESH : FO défend vos droits et votre salaire

Les AESH en première ligne

Lors de sa conférence de rentrée, le ministre Blanquer a rappelé l’engagement d’Emmanuel Macron pour 2021 : « aucun enfant sans solution de scolarité au mois de septembre ». 385 000 enfants en situation de handicap seraient scolarisés en cette rentrée, pour 106 000 AESH. Cela fait plus de trois enfants par AESH. Derrière les beaux discours, il y a la réalité du terrain. Les PIAL, ce sont plus d’élèves à suivre dans plus d’écoles ou d’établissements, avec des affectations à la dernière minute et des changements possibles du jour au lendemain au cours de l’année !
 
Il y a la réalité du salaire : un AESH à 62% c’est un salaire de misère de 760€ ! C’est bien en dessous du seuil de pauvreté fixé par l’INSEE à 1041€ par mois ! Le SNFOLC 35 exige l’abandon des PIAL. Elle exige un véritable statut de la fonction publique et un vrai salaire pour les AESH.

Comme pour les hospitaliers, 183€ pour tous !

Les personnels hospitaliers se sont mobilisés et ont arraché 183€ d’augmentation indiciaire pour tous. Ce n’était pas dans l’agenda du gouvernement qui, dans le même temps, annonçait un nouveau gel du point d’indice. Pour le SNFOLC 35, c’est un point d’appui. Pourquoi pas nous ? Maintenant, tout de suite ! l’augmentation de 183€ pour tous !

Le gouvernement peut débloquer 100 milliards pour la relance et il n’y aurait pas un centime pour les AESH ?

FO, à travers sa fédération (la FNEC-FP-FO) intervient pour que tous les AESH à l’indice plancher soient rémunérés à l’indice majoré 329 conformément à la législation (augmentation du SMIC au 1er janvier 2020). Elle intervient pour une véritable progression de carrière des AESH dont les salaires stagnent parfois depuis plus de 6 ans. À Clermont-Ferrand, mais aussi à Poitiers, la FNEC FP-FO a permis aux AESH de progresser de 1 à 3 niveaux de rémunération, avec effet rétroactif, ce qui a permis à certains de récupérer un mois de salaire en plus ! FO intervient avec ses syndicats pour que cette victoire soit effective dans toutes les académies dès cette année !
 
La FNEC FP-FO s’adresse au ministère pour demander que cette augmentation soit prévue et budgétée. Elle s’adresse au ministère pour que la grille indicative prévoie une accélération de la carrière tenant compte du nouvel indice plancher au 1er janvier 2020.
 
La FNEC FP-FO continue à demander l’intégration des personnels AESH dans un statut de la Fonction publique.

Le guide du stagiaire 2020-2021

Le SNFOLC 35 vous félicite pour l’obtention de votre concours et vous souhaite la bienvenue dans l’Education nationale. Chaque année, nous éditons un guide permettant de répondre à vos différentes interrogations. Personne ne peut défendre ses droits s’il ne les connaît pas. Les droits et les garanties statutaires ne sont pas des lourdeurs archaïques comme certains le prétendent mais, tout au contraire, ils sont une protection pour les conditions de travail des personnels.

L’année de stage est ponctuée d’échéances importantes de la pré-rentrée à la titularisation, en passant par le reclassement et les périodes de mutation : ce guide est là pour vous rappeler ces moments importants où le SNFOLC 35 sera à vos côtés pour vous informer, vous aider, et organiser votre défense si besoin.

Ce guide est à votre disposition dans nos bureaux de Rennes. N’hésitez pas à venir nous rencontrer.

Comment nous contacter ?

Voici quelques extraits que vous pourrez trouver à l’intérieur de ce guide :

Validation de l’année de stage

Comment suis-je titularisé ?

La titularisation des stagiaires est régie par l’arrêté du 22 août 2014. Pour être titularisé, vous devez avoir validé votre année de stage par le biais des rapports de vos formateurs ET obtenir le M2 OU valider des UE à l’INSPE en fonction de votre situation.

Si vous ne validez pas votre M2, vous pourrez faire une nouvelle année de stage, dans les mêmes conditions.

Tout au long de l’année, en cas de problème (avec les formateurs, les parents, l’équipe pédagogique, vos formateurs à l’INSPE…), n’attendez pas : contactez le SNFOLC 35.

Modalités d’évaluation du stage et de titularisation

Le BO n°17 du 28 avril 2016 définit les modalités d’évaluation du stage et de titularisation des personnels enseignants et d’éducation de l’enseignement public.

Attention, en cas de congé, si vous totalisez plus de 36 jours de congé (maladie, maternité, congé parental, etc.), votre année de stage ne pourra être validée mais le sera (après délibération du jury) l’année suivante.

L’administration a 5 possibilités :

  • Titularisation
  • Prolongement : on propose au stagiaire d’allonger sa période de stage du nombre de jours d’absence (36 jours sont à déduire).
  • Renouvellement : une deuxième année de stage est proposée (redoublement) en cas de difficulté lors du stage.
  • Licenciement (vous pouvez toucher des indemnités chômage et formuler des recours : contactez le SNFOLC 35).
  • Prorogation : une année de stage est proposée aux collègues pour finir leur M2.

Le recteur prononce la titularisation des stagiaires estimés aptes par le jury et détenteurs du master ou dispensées de la détention d’un master (voie technologique ou professionnelle, concours internes, troisième concours, parents de trois enfants, sportifs de haut niveau).

Questions-réponses

Je suis professeur dans le 2nd degré, y a-t-il des réunions obligatoires ?

Les réunions parents-professeurs : deux par an et par classe. Attention de nombreuses dérives notamment par l’usage sans limite de l’ENT (espace numérique de travail).

Le conseil de classe : en général, un par classe et par trimestre. Le chef d’établissement peut toutefois les réunir « chaque fois qu’il le juge utile » (art. R421-51 du code de l’Education). Le versement de la part fixe de l’ISOE (indemnité de suivi d’orientation des élèves) « est lié à l’exercice effectif des fonctions enseignantes y ouvrant droit« . Aucun texte ne fixe un nombre maximum ou minimum de conseils de classe auxquels le professeur est tenu d’assister.

Le conseil d’enseignement : il est constitué par discipline. Sa mission est de favoriser la coordination entre les enseignants, en particulier pour le choix des matériels, des manuels et des supports pédagogiques. Aucune fréquence de réunion n’est définie par les textes.

Le conseil pédagogique : ne pas le confondre avec le conseil d’enseignement. Pour les stagiaires, il n’est pas obligatoire du tout. En général, un professeur titulaire de chaque discipline.

On vous dit « c’est obligatoire » : pas tout !

Professeur principal ? On veut m’imposer d’être professeur principal, je peux refuser car la circulaire sur les modalités de stage ne le prévoit pas du tout, vous devez réussir votre année de stage en cumulant les cours devant élèves et la formation. La nouvelle circulaire professeur principal conduit à des responsabilités lourdes vis-à-vis des élèves et des parents. La charge de travail est considérablement alourdie.

Remplacement des professeurs absents ? On voudrait vous imposer le remplacement de collègues absents. Pas possible car il n’est pas prévu que le stagiaire fasse des remplacements.

Conseil école-collège ? Il est constitué de personnels titulaires désignés par le chef d’établissement. De la même façon, votre participation au conseil école-collège n’est pas obligatoire.

 

 

Et nos salaires ?

Depuis 2010, le point d’indice qui sert de base de calcul aux salaires dans la fonction publique est gelé, à l’exception d’une micro revalorisation de 1,2% accordée en deux fois en 2016 et 2017. Ce qui n’a pas empêché en 2018, selon l’iNSEE, une baisse de pouvoir d’achat de 1,4% pour les fonctionnaires d’Etat ! Rappelons enfin que de 2016 à 2020 la retenue pour pension civile est passée de 9,94% à 11,10% du salaire brut.
 

Rendez-vous salarial du 24 juillet 2020 : le mépris

Les syndicats FO de la Fonction publique d’Etat, dont le SNFOLC, revendiquent une hausse de 18% de la valeur du point pour compenser la perte de pouvoir d’achat subie depuis 2000. Suite au dernier remaniement ministériel, Amélie de Montchanin a été nommée Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques (tout un programme…). A ce titre, celle-ci a présidé le rendez-vous salarial du 24 juillet avec les organisations syndicales de la Fonction publique. FO y a souligné l’échec de plus de 10 ans de politique salariale et l’inefficacité du protocole sur les parcours professionnels, carrières et rémunérations (PPCR, pourtant salué par d’autres comme une grande avancée salariale…), et revendiqué la revalorisation immédiate de la valeur du point d’indice, a minima sur l’inflation, sans oublier le rattrapage des pertes subies depuis des années.

Les fonctionnaires restent au pain sec

Dans la continuité des politiques salariales précédentes, la nouvelle ministre a annoncé qu’il n’y aurait pas de revalorisation générale des traitements et salaires, mais le maintien du gel de la valeur du point d’indice en 2020 et 2021 ! Les mesures présentées à l’occasion de ce rendez vous salarial correspondent à ce qu’on pourrait qualifier de « maintien à flot » et à la continuité de la doctrine gouvernementale déjà en oeuvre, en particulier dans la loi de Transformation de la Fonction Publique Darmanin- Dussopt : atomisation et individualisation des droits et rémunérations.

Les masques tombent

La politique de réduction de la dépense publique se poursuit. Alors que l’épidémie de COVID-19 a montré les conséquences désastreuses sur la population des politiques d’austérité et de destruction des services publics, les pouvoirs publics entendent poursuivre dans la même voie. Les personnels de l’Education nationale comme ceux de l’ensemble des services publics ont pourtant démontré l’absolue nécessité d’une fonction publique renforcée et respectée. 
 
Le SNFOLC 35 engage les personnels à se réunir en assemblées générales ou réunions syndicales dès la rentrée de septembre pour réaffirmer les revendications et mettre en débat les conditions de la mobilisation. Comme l’a déclaré FO le 24 juillet : « Valoriser les fonctionnaires, reconnaître leur investissement, les applaudir, tout cela n’a de sens que si leur rémunération augmente en bas de la fiche de paye ». Nos collègues hospitaliers ont montré la voie à suivre : c’est par la mobilisation collective que des avancées sont possibles.
 
Le SNFOLC 35 revendique :
 
  • Abrogation de PPCR, pour une véritable revalorisation indiciaire. 183€ nets mensuels (49 points d’indice), à l’image de ce qu’ont obtenu tous les hospitalers, dès maintenant et rattrapage des pertes de pouvoir d’achat depuis 2010.

     

  • Augmentation générale des salaires dans le privé et rattrapage des pertes de pouvoir d’achat depuis plus de  10 ans.

2S2C : une véritable machine de guerre contre les disciplines

Profitant de l’état d’urgence sanitaire, le ministre Blanquer a mis en place les 2S2C (Sport-Santé-Culture-Civisme) à partir de mai. il a ensuite mis en place le dispositif « vacances apprenantes ». Ce sont des concentrés de mauvais coups rejetés par les personnels depuis des années. Pour les 2S2C, les enseignants les organisent avec les collectivités. Dans le prolongement des rythmes scolaires, ils instituent la confusion entre scolaire et périscolaire. Le ministère indique que : « Ces activités peuvent être assurées en priorité par des professeurs, en complément de service, avec des échanges de service ou en inter-degrés A (école /collège), et en heures supplémentaires. »
 
C’est donc le retour des Établissements Publics Locaux d’Enseignement des Savoirs Fondamentaux, du conseil école-collège et de la tentative de fusion des corps des professeurs des premier et second degrés. Tout cela avait été balayé par les manifestations massives des personnels au printemps 2019. Pour les mettre en place, les collègues découvrent à cette rentrée que les emplois du temps prévoient des cours le matin pour les disciplines principales et sports, arts et musique l’après-midi, pour les disciplines qui ne sont dès lors pas jugées principales. Quel avenir pour les enseignements optionnels pour lesquels les élèves proviennent de différentes classes ?
 
Lors des « vacances apprenantes », on a pu constater que les activités pédagogiques n’étaient pas toutes assurées par des professeurs mais par des animateurs pédagogiques. Ces activités avaient lieu le matin, et les après-midi étaient réservées aux activités sportives et culturelles. Cela ressemble beaucoup au dispositif 2S2C. Les 2S2C et les « vacances apprenantes » dissolvent l’enseignement et les connaissances dans des activités, à l’initiative des élus locaux en fonction des moyens.
 
C’est la remise en cause des missions des enseignants et de la transmission des savoirs disciplinaires. Cela permet aux associations et aux collectivités territoriales de remplacer progressivement les enseignants, fonctionnaires d’Etat qualifiés. C’est une attaque contre les disciplines et les statuts qui place l’école sous la coupe des collectivités territoriales et désengage l’État dans ses missions.
 
Le SNFOLC 35 exige pour la rentrée :
 
  • Le retrait du protocole 2S2C ;
  • Le respect des statuts et de la discipline de recrutement ;
  • Le maintien du forfait UNSS de 3h intégré au service des professeurs d’EPS, des moyens suffisants pour les installations sportives et les moyens matériels pour les professeurs d’EPS ;
  • Le maintien de toutes les heures d’enseignement en arts plastiques et éducation musicale.