EPS : accès immédiat aux gymnases !

La situation générale dans laquelle les professeurs d’EPS se débattent depuis septembre est inacceptable.

A la rentrée, il fallait désinfecter le matériel, les surfaces ou même les vestiaires pour commencer les cours d’EPS. En novembre, il fallait avoir la chance de tomber sur la bonne mairie pour continuer à accéder aux installations sportives : l’une ouvrait la piscine quand l’autre, pourtant limitrophe, refusait l’accès à la sienne.

L’annonce incompréhensible du 1er Ministre le 18 janvier (en vertu du décret du 16 janvier), dans le mépris le plus total des professeurs d’EPS et de la discipline, les a gentiment sommés d’aller faire l’intégralité de leurs cours à l’extérieur. Ineptie d’individus qui ne connaissent surtout pas le métier car la pratique de sports comme le tennis de table, le badminton ou bien d’autres activités qui peuvent se pratiquer à distance et avec le port du masque dans un gymnase de 900 m2 est moins contagieuse qu’une course autour d’un stade avec trois classes qui se partagent la piste et des élèves épuisés en grappe, qui retirent leur masque pour respirer après un effort prolongé… 

Peu importe, tout le monde dehors ! 

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Perte de pouvoir d’achat : la réalité des chiffres

Sur les 20 dernières années, l’inflation en France est de 33,3 %. Aujourd’hui, pour retrouver la valeur réelle du point d’indice de janvier 2000 (en euros constants), il faudrait augmenter la valeur du point à hauteur de 20,79 %. Compte tenu du gel du point d’indice, pour un certifié ou un CPE à l’échelon 11, la perte est de 655 euros par mois, soient 7.860 euros par an depuis janvier 2000.
 
Ajoutons à cela l’augmentation de la retenue pour pension civile passée de 7,85 % à 11,10 % entre 2011 et 2020, soit une augmentation totale de + 30 % en 9 ans, ce qui diminue d’autant le traitement brut des fonctionnaires. Et dans le même temps, l’INSEE le dit : les prix du logement ont augmenté de 1,9 % par an de 1988 à 2018, soit + 45 % en 20 ans. De 2000 à 2020, le prix des produits alimentaires a bondi de + 30 %, celui de l’énergie de + 52 %, celui des services de + 31 % …

 
A quelques jours de la publication des conclusions définitives du Grenelle par le ministre, les personnels peuvent faire leurs comptes. Les enseignants en tout début de carrière se verraient attribuer une « prime d’attractivité » de 100 euros (dégressive ensuite jusqu’à 35 euros pendant 15 ans) par mois, une goutte d’eau au regard de l’économie budgétaire réalisée par l’exercice à temps plein dès la rentrée 2022-2023 pour l’ensemble des stagiaires, après 5 ans d’études. La « prime d’équipement informatique » (qui n’a toujours pas été versée contrairement à l’engagement ministériel) de 150 euros par an (seulement 12,50 euros par mois et pas pour les CPE, professeurs documentalistes, AESH, AED) est dérisoire comparativement aux frais qu’impose le télétravail rendu de fait obligatoire, COVID ou non : le 9 février, c’est sous couvert d’un épisode neigeux que le préfet des Yvelines a twitté que les cours seront assurés à distance dans tout le département…
 
Pour les CPE, l’indemnité forfaitaire passe de 1.199 à 1.450 euros par an, soit 10 euros par mois si on retranche l’équivalent de la prime informatique. Même chose pour les professeurs documentalistes qui verraient leur indemnité de sujétion spéciale (ISP) passer de 767 à 1.000 euros bruts annuels, loin des 1 213 euros annuels de l’ISOE qu’ils devraient percevoir comme tous les certifiés. Ces augmentations ne peuvent constituer un solde de tout compte pour les personnels qui revendiquent 20 % d’augmentation indiciaire et 183 € nets mensuel pour tous sans contrepartie et tout de suite !
 
Personne n’est dupe des intentions du ministre avec son Grenelle puisqu’il s’agit, dans le cadre d’un point d’indice gelé dans toute la fonction publique, d’augmenter considérablement la charge de travail en échange de maigres primes ou indemnités qui ne participent d’ailleurs pas au calcul de la retraite. Les quelques millions accordés ne sont rien vis-à-vis de l’économie budgétaire permise par la suppression de 1.800 postes dans les collèges et les lycées à la rentrée prochaine et surtout des 600 milliards d’euros donnés aux entreprises et des licenciements au motif du plan d’urgence sanitaire.
 
Qui peut comprendre que le ministre Blanquer n’ait pas voulu dépenser en 2020, 212 millions d’euros alors qu’ils auraient pu permettre la création de postes, de classes pour alléger les effectifs, mettre en place les remplacements. Statut, postes, salaires, conditions de travail : tout est lié. Suite aux grèves du 26 janvier et du 4 février, aux nombreux rassemblements devant les rectorats, les IA, le SNFOLC 35 appelle les personnels à poursuivre les assemblées générales, les HIS. Il soutient toutes les actions en cours. FO s’est adressée à la FSU, CGT Educ’action, Sud Education, SNALC, SNCL-FAEN afin de discuter des suites de la mobilisation.

Professeurs documentalistes : le compte n’y est pas non plus

Le ministre prévoit d’augmenter le montant de l’ISP de 767,10 € à 1.000 € bruts annuels à compter du 1er mars 2021. Soit une augmentation sur l’année de 233 €, mais ramenons-la à la vérité de la fiche de paye, c’est 23,29 € en plus par mois sur 10 mois ou 19,40 € sur 12 mois pour tous les professeurs documentalistes. Les professeurs documentalistes sont des certifiés à part entière. Ils vont percevoir 1.000 € en lieu et place de l’ISOE de 1 213,56 € bruts annuels des professeurs certifiés des autres disciplines.
 
Les 1.000 € vaudraient solde de tout compte et que nous acceptions un geste du ministre « important », en raison des contraintes financières… alors qu’il rend pour la deuxième année consécutive 212 millions et que des milliards sont versés au patronat. Le ministère peut bien nous objecter que ce ne sont pas les mêmes lignes budgétaires. Mais nous connaissons la capacité de la représentation nationale à modifier tout cela, ainsi que le principe de fongibilité.
 
Pour FO, les professeurs documentalistes sont des professeurs certifiés par leur statut, ils participent comme les autres professeurs au suivi et à l’orientation des élèves, et ils ont de plus des compétences spécifiques en lien avec le numérique.

Pour FO, il faut l’alignement de l’ISP des professeurs documentalistes sur l’ISOE, et que les professeurs documentalistes bénéficient de la prime de 150 € net d’équipement informatique comme les autres professeurs. Il n’y a pas un sous-statut des professeurs documentalistes.

Pour FO, il faut aussi que les heures de « devoirs faits » assurées par les professeurs documentalistes soient rémunérées au même niveau que les HSE des autres professeurs, c’est-à-dire 39,69 € pour un certifié classe normale au lieu de 30 €.

 
Dans l’état actuel du projet, il manque à chaque professeurs documentaliste pour l’alignement sur les certifiés, 483 € ( ISOE et prime informatique) sans tenir compte de devoirs faits et des autres revendications. Cela ne fait qu’un peu plus de 4 millions d’euros pour les professeurs documentalistes sur les millions rendues, et les milliards donnés alors que le point d’indice a perdu plus de 20 % en 20 ans et donc pour un certifié au 11ème échelon, une perte de pouvoir d’achat de plus de 666 € par mois.
 
C’est pourquoi FO demande au ministre de poursuivre les négociations syndicales, sur la base des revendications des personnels.

CPE : le compte n’y est pas

Pour FO, en ce qui concerne les CPE et l’augmentation de leur indemnité en lieu et place du versement de l’indemnité informatique, et de leurs revendications, le compte n’y est pas.

L’indemnité forfaitaire passe de 1 .199,16€ à 1.450€ annuels, soit donc + 250,84 € dont il faut retrancher théoriquement 150 € de prime informatique, cela fait donc une « augmentation » de 10 € par mois sur 10 mois ; à mettre en regard de la perte de pouvoir d’achat de plus de 20 %, (660 € mensuels perdus pour un CPE au 11e échelon, par exemple). Ce texte permet aussi de désindexer les indemnités de la valeur du point.

Il faut prendre en compte que les personnels sont furieux par rapport à la décision ministérielle ne pas leur verser la prime informatique de 150 € au prétexte qu’ils ont un ordinateur dans leur bureau. C’est bien méconnaitre leurs missions. 150 € pour tous les CPE ne représente que 1,8 millions au regard des milliards versés au patronat. Rappelons aussi que le ministre Blanquer a « rendu » cette année plus de 200 millions d’euros non dépensés à Bercy.

FO l’a dit très clairement depuis des mois, il est nécessaire d’augmenter tout de suite l’ensemble des personnels, comme les personnels hospitaliers, de 183 € indiciaires et ce sans contrepartie. Par ailleurs, et cela va mieux en le disant, FO souhaite avoir la garantie que l’augmentation annuelle de l’indemnité forfaitaire ne correspondra pas à un alourdissement des missions encore une fois.

Nous demandons de réelles augmentations indiciaires qui sont les seules à pouvoir donner un plus dans le calcul de la pension. FO demande aussi que les heures supplémentaires effectives assurées par les CPE soient rémunérées au même niveau que les HSE des professeurs, c’est-à-dire 39,69 € pour un certifié classe normale au lieu de 30 € actuellement. Les CPE, les vies scolaires ne peuvent considérer cela que comme un mépris supplémentaire et la non reconnaissance du travail fait quotidiennement.

Les CPE, les AED sont toujours en première ligne. Ils l’ont été et le sont dans la crise Covid. Un grand nombre était en grève à 100%. FO ne prendra pas part au vote sur l’arrêté et votera contre la désindexation de l’indemnité par rapport au point d’indice.

FO demande également la création de postes de CPE dont le nombre n’augmente pas alors qu’en 2020, plus de 20.000 élèves ont été accueillis et que 43.000 élèves supplémentaires sont attendus pour 2021.

L’EPS sacrifié

Le jeudi 14 Janvier, en décrétant la fermeture des installations sportives intérieures, le gouvernement a mis un coup d’arrêt à la pratique de l’éducation physique et sportive, de ses objectifs à court et moyen terme, pour les élèves. Depuis la rentrée de septembre les professeurs d’EPS ont du renoncer, s’adapter pour fonctionner au mieux avec les contraintes sanitaires actuelles (distanciation, utilisation de gel, port du masque lors des regroupements, aération des lieux de pratiques…).
 
  • Cette décision est un mépris profond de l’action des professeurs d’EPS auprès des élèves. 
  • Cette décision est la négation du travail quotidien et sur l’année (préparation des cours, organisations des cycles, de la programmation des A.P.S., de l’organisation logistique des installations sportives, des évaluations, des examens…).
  • Cette décision va à l’encontre des libertés d’action, de bouger, d’apprendre en s’exerçant en éprouvant des sensations physiques en se confrontant à l’autre, sources de construction de l’individu chez nos adolescents.
  • Qu’en sera-t-il de l’apprentissage fondamental qu’est celui de la natation, par exemple, pour les élèves de sixième ?
  • Qu’en sera-t-il de leur culture sportive, source de connaissances, de compréhension et d’appréciation des prestations des sportifs de tout niveau?
  • Comment et où vont-ils apprendre à travailler en groupe en se confrontant, en échangeant pour réaliser un objectif à une échéance donnée, en sports collectifs, danse, badminton, gymnastique acrobatique, par exemple?
  • Comment vont ils exercer leur créativité corporelle ?
  • Qu’en sera-t-il des évaluations, comment allons-nous pouvoir noter les élèves dans les classes à examens sauf a dévaloriser le niveau de l’examen?
  • Comment donner confiance aux élèves en leurs capacités d’action, d’initiative, de décision sans les faire se confronter à la discipline?
C’est un assèchement, un tarissement de cette source importante dans la formation des adolescents, des sensations vécues au cours d’une pratique physique régulière qu’est l’EPS. Les professeurs d’EPS avec le SNFOLC 35 demande la poursuite des activités en salle.