Stagiaires : titularisation immédiate, pas de report en décembre !

Pour la FNEC FP-FO, les stagiaires ne peuvent pas être les victimes collatérales de la gestion calamiteuse de la crise du Covid-19. Et pourtant c’est bien ce qu’annonce le ministre Blanquer avec l’aval du gouvernement.

Le ministre Blanquer annonce une titularisation des stagiaires en décembre 2020 : inacceptable !

Le ministre voudrait pénaliser les stagiaires à cause du Covid-19 qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Attendre six mois pour une titularisation rétroactive au 1er septembre 2020, tout cela n’a aucun sens.

L’incertitude dans laquelle sont les stagiaires doit être levée. Ils ont tout au long de l’année fait cours, rendu mémoires sur mémoires, ils ont passé leurs examens universitaires tels qu’ils sont imposés par la mastérisation que FO rejette ; ils ont donc accompli, malgré les mois de confinement et l’arrêt des cours à l’université, leur travail.

Ils n’ont pas à payer les frais de cette situation

La FNEC FP-FO rappelle qu’avant la mastérisation des concours, les étudiants détenteurs de la licence étaient détenteurs de leur concours en réussissant les épreuves (écrites et orales) du concours pour devenir fonctionnaires stagiaires.

Les stagiaires 2019 n’ont pas démérité

Tous les ans et en obtenant gain de cause dans la plupart des situations, la FNEC FP-FO a toujours demandé la titularisation de tous les stagiaires, s’opposant à tous les licenciements.

Que serait-il reproché aux stagiaires ? De ne pas être devant élèves ?

Faux, comme tous les personnels que remercie chaque jour le ministre Blanquer, ils se sont décarcassés pour que les élèves suivent les cours. Comme tous les jours, depuis des semaines, ils se sont mis en quatre pour garder le lien avec les élèves, l’équipe pédagogique, leur école ou établissement et services.

Dans des circonstances exceptionnelles, le ministre doit en tenir compte

Certes, ils ne peuvent être inspectés en juin, certains n’ont peut-être pas encore validé leur Master 2, certes, les Universités sont fermées. Mais pour tous les stagiaires, le gouvernement doit prendre en compte qu’ils ont travaillé comme tous les personnels, sous la pression, faisant preuve comme tous les personnels d’un dévouement sans pareil, malgré les conditions qui pèsent sur eux.

Dire qu’ils ne sont pas titularisables en juin, ce serait dire qu’ils sont des sous-professeurs ! Pour la FNEC FP-FO, c’est non !

 

De plus, les stagiaires qui souhaitent changer de département ou d’académie pour la rentrée voient cette possibilité réduite à néant.

Les stagiaires sur une chaise éjectable ? Inadmissible !

Stress, pression, travail sans fin, avenir inconnu et incertain : les stagiaires disent STOP ! Titularisation immédiate sans report en décembre, report qui en plus remettrait en cause leur mutation, leur droit à carrière, leur statut de titulaire, avec in fine la mise en place d’une génération de contractuels. C’est aussi ce à quoi conduirait la réforme de la formation des enseignants dont la FNEC-FP FO demande d’urgence l’abandon.

La FNEC FP-FO revendique pour les stagiaires :

La titularisation immédiate sans report en décembre de leurs droits

(mutation, carrière, salaires, reclassement)

Concours 2020 version Covid 19 : crash test ?

Le Président de la République a annoncé le 16 mars que « toutes les réformes en cours seraient suspendues, à commencer par la réforme des retraites ». Mais si l’on en juge par ce qu’annoncent les ministres, les réformes « suspendues » sont toujours bien présentes : E3C et réforme du baccalauréat, LPPR dans l’enseignement supérieur et la recherche… et aussi réforme des concours d’enseignement et de la formation des enseignants.

Des annonces sur les concours dans la semaine

Comme pour le baccalauréat, le ministre utilise la pandémie et le confinement imposé pour avancer des « solutions » allant dans le sens des contre-réformes qu’il a engagées.

Pour les concours, il envisage le passage d’une seule épreuve d’écrit et l’absence d’épreuves orales. Il mentionne également que ces épreuves orales pourraient prendre place à la fin de l’année dite «de stage». Autrement dit, le concours ne serait vraiment acquis qu’à la fin de l’année scolaire 2020-2021.

Des lauréats de concours devenus contractuels ?

Les lauréats des concours 2020 ne seraient pas vraiment lauréats, ils seraient en attente d’une éventuelle titularisation qui interviendrait à la suite de la réussite d’un oral prenant place à la fin de leur année de « stage ». Ils ne seraient donc que « rétroactivement » considérés comme fonctionnaires-stagiaires… Ils seraient donc des contractuels en attente.

Les risques d’échouer au concours ou de ne pas être titularisé en fin d’année seraient encore accrus : à la très forte charge de travail qui existe déjà durant l’année de M2 et au « triple regard » de contrôle des jeunes collègues, s’ajouterait en fin d’année une épreuve couperet, dont on se demande dans quel laps de temps elle pourrait être préparée.

Le ministre en a rêvé : des contractuels partout

Dans ces conditions, que se passerait-il pour les pseudo-lauréats de 2020 qui échoueraient leur concours ? Peut-être auraient-ils le droit de rempiler d’office comme… contractuels en M2.

Cette configuration s’inscrit dans la droite ligne de la réforme des concours engagée avant le confinement, qui vise à supprimer le statut de fonctionnaire-stagiaire, installer les futurs enseignants dans une précarité à vie.

Pour Force ouvrière, c’est inacceptable. Les concours 2020 vont être bouleversés, les lauréats 2020 n’ont pas à subir le stress ni le crash test d’une réforme qui non seulement retarde encore le passage du concours, vide celui-ci d’une bonne partie de ses exigences disciplinaires, mais a aussi pour finalité de précariser et contractualiser les enseignants.

Nous exigeons que :

  • les lauréats des concours 2020 doivent être pleinement en position de fonctionnaires stagiaires dès le 1er septembre 2020, sans épreuve supplémentaire en 2021 ;
  • la réforme des concours doit être totalement abandonnée, et pas seulement «suspendue», comme toutes les autres réformes en cours, au premier rang la réforme des retraites ;
  • les réformes qui leur ont pavé la voie, la réforme de la fonction publique et toutes celles qui visent à mettre à bas concours et diplômes nationaux, la loi ORE, Parcoursup et la masterisation des concours doivent être abrogées.
  • les stagiaires 2020 ne doivent pas être pénalisés : aucun redoublement, aucun licenciement à la fin de l’année, annulation des rendus de mémoires MEEF ou autres écrits réflexifs.

Non renouvellement de contrats d’AESH pendant le confinement : inacceptable !

Force ouvrière intervient actuellement dans plusieurs académies en France pour défendre des AESH dont les contrats n’ont pas été renouvelés pendant la période de confinement.

Il est inacceptable que ces personnels n’aient pas été automatiquement recrutés ou renouvelés sous la forme d’un CDD de 3 ans renouvelable comme cela est prévu dans la circulaire du 5 juin 2019.

D’autre part, dans le contexte de grave crise sanitaire et sociale qui frappe notre pays, il est invraisemblable de mettre fin à des contrats de personnels déjà très précaires et confrontés à de grandes difficultés économiques.

Force ouvrière demande par ailleurs que soit appliqué le vade-mecum ministériel en date du 20 mars 2020 qui précise qu’une affectation de personnel AESH ne peut être modifiée en raison du confinement : « La notification d’une aide humaine ne peut être remise en cause. C’est une décision de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). » (vade-mecum Covid-19 du 20 mars 2020).

De façon générale, Force ouvrière renouvelle sa demande concernant l’ensemble des personnels non-titulaires : des consignes claires doivent être données aux services déconcentrés et aux établissements mutualisateurs : aucun non-renouvellement de contrat, aucun licenciement.

 

Lire ci-dessous notre courrier adressé au Ministre de l’Education Nationale ainsi qu’au Directeur Général des Ressources Humaines

 

Vous êtes concerné(e) par un non-renouvellement de contrat ?

Contactez-nous au plus vite!

Réforme des concours : un projet de plus en plus régressif

Le SNFOLC 35, depuis le début, s’est opposé à la masterisation des concours. Il a dénoncé le projet de réforme Blanquer-Vidal des concours d’enseignement et de la formation des enseignants : passage du concours au 2ème semestre de la 2ème année de master, baisse considérable des exigences disciplinaires car l’évaluation des connaissances disciplinaires n’occupant plus que 1/5ème des épreuves du concours, précarisation accentuée des candidats, véritable «entretien d’embauche» en lieu et place des concours disciplinaires.

Étudiants en master MEEF = professeurs sous-payés

Le projet d’arrêté des formations dispensées au sein des masters MEEF communiqué par le ministère aggrave encore la situation faite aux étudiants de master MEEF.
 
Pour les étudiants qui seraient en alternance à 1/3 temps, celle-ci pourrait prendre place en M1, en M2 ou à cheval sur les deux années, avec un contrat de douze mois consécutifs dont la base juridique serait a priori un contrat de formation professionnelle.
 
Qu’on ne s’y trompe pas, l’alternance prévue par le ministère n’est pas de la formation, comme le révèle une réécriture du ministère, remplaçant dans le projet d’arrêté l’expression « périodes de formation en milieu professionnel par le terme « alternance ». Pour environ le tiers d’un SMIC, le ministère disposera ainsi d’une main d’œuvre de remplaçants à peu de frais.

Étudiants en master MEEF = auxiliaires non payés

Pour les étudiants qui ne seront pas sous le régime de l’alternance, ils se verront infliger des durées de stage allongées, jusqu’à 18 semaines sur l’ensemble du master (soit 18/36 semaines d’une année scolaire ou sur 18/24 semaines d’une année universitaire). Les stagiaires dans les établissements pourront à n’en pas douter servir de main d’œuvre auxiliaire gratuite.
 
Le choix pour les étudiants de master MEEF sera donc cornélien : être sous-payé comme contractuel à 1/3 temps ou servir de main d’œuvre auxiliaire gratuite ? Percevoir une bourse en travaillant gratuitement ou se résoudre à être un «travailleur pauvre» ?

Concours, lois de programmation, retraites : un même combat contre la régression sociale

Précarisation, généralisation de la contractualisation portées par la loi de Transformation de la Fonction publique et les projets de lois de programmation pluriannuelle dans l’Éducation nationale et la recherche sont aussi à l’œuvre dans la réforme des concours et des masters MEEF. L’objectif n’est autre que la mise en extinction du statut de la Fonction publique. La réforme des retraites, en faisant disparaître le salaire continué que constitue la pension, liée au statut de fonctionnaire, viendrait verrouiller le dispositif.

Les réformes Macron-Philippe ne passent pas, il est possible de gagner ! 

Concours régressifs, allongement du temps de travail au nom de la pseudo-revalorisation Blanquer, mise au pas des personnels dans les lycées, intimidations des élèves, répression, baisse des pensions et retraites de 30 à 40%, LPPR dans l’enseignement supérieur, généralisation de la précarité contre la recherche, c’est insupportable pour tous.
 
Le SNFOLC 35 appelle les personnels à se réunir dans chaque école, chaque établissement, chaque service, chaque INSPE et chaque UFR pour réaffirmer les revendications et discuter de l’action efficace pour en finir avec les réformes régressives.
 
On peut gagner. On ne lâche rien, dans l’unité, jusqu’au retrait de toutes les réformes régressives !

Bilan catastrophique de l’inclusion scolaire systématique

Mardi 11 février, le président Macron a présidé, en grande pompe, la « Conférence nationale du handicap » quinze ans après la loi « Montchamp ».

En ce qui concerne l’Education Nationale, le bilan est catastrophique. Plus de 340 000 enfants étaient scolarisés en milieu ordinaire en 2018 pour 43 041 emplois d’accompagnement, soit, en moyenne, 8 enfants en situation de handicap par accompagnant. Ce sont des milliers d’enfants privés de l’accompagnement dont ils ont besoin. Ce sont des lenteurs insupportables pour les familles, les élèves et les personnels dans les procédures de la MDPH. Ce sont des centaines d’enfants avec des orientations dans des structures spécialisées (ITEP, IME, Hôpitaux de jour…) non honorées du fait de la fermeture des instituts et du manque de places.

M. Macron propose la réouverture de 1 000 places en structures spécialisées. Ce n’est pourtant pas ce que vise la loi Blanquer, à savoir 80% des élèves d’ITEP et IME en classe ordinaire.

1 500 enfants sont aujourd’hui obligés de migrer en Belgique pour trouver une place dans une structure spécialisée.

L’annonce du Président arrive bien tardivement dans une situation dramatique que la FNEC FP-FO n’a cessé de signaler. Elle a au moins le mérite de résonner comme un aveu : des structures spécialisées adaptées au type et au degré de handicap sont nécessaires. On ne peut se cacher derrière le dogme de l’inclusion systématique.

La FNEC FP-FO demande le rétablissement et le maintien de toutes les structures spécialisées.

Aucune annonce concernant le statut

Selon la ministre Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap, « les accompagnants ne sont plus en contrat aidés mais en contrat Education Nationale » !

Mme Cluzel parle d’un contrat qui implique une rémunération mensuelle de 720€. Les AESH sont, le plus souvent, à temps incomplet, en charge de plusieurs élèves sans formation adaptée dans le cadre des PIAL de la loi Blanquer. Pour faire face financièrement, ils doivent multiplier les contrats et les employeurs. Les AESH ont dû se battre, accompagnés par FO, pour percevoir leur salaire non-perçus pendant les premières semaines de l’année scolaire. Ce sont des conditions de travail et de vie intolérables qui poussent beaucoup d’entre eux, dont les personnels en CDI à la démission.

Est-ce cela le contrat Education nationale vanté par Mme Cluzel ?

Aucune annonce sur les salaires

L’augmentation de l’enveloppe budgétaire annoncée par le ministre Blanquer, servira à financer l’embauche de 11 500 AESH d’ici 2022. Rien n’est prévu pour l’augmentation des salaires.

Pendant ce temps-là, la flexibilité est confirmée

Et en attendant les hypothétiques recrutements de 2022, des milliers d’élèves notifiés n’ont pas l’accompagnement dont ils devraient bénéficier.

Côté cour, M. Macron fait des promesses. Côté Jardin, la loi Blanquer s’applique : les mutualisations des personnels dans le cadre des PIAL se poursuivent et les mutations forcées d’AESH du jour au lendemain vont s’amplifier.

Tout ce tapage médiatique ne peut masquer une réalité : accompagner les élèves en situation de handicap demande de rétablir les structures spécialisées. Cela demande de créer un vrai statut avec un vrai salaire et une véritable formation pour les personnels accompagnants.

Messieurs Macron et Blanquer doivent répondre aux revendications des personnels AESH :

  • Un vrai statut et un vrai salaire avec un vrai déroulement de carrière ;
  • Une revalorisation immédiate de la rémunération ;
  • Pour des affectations choisies sur un seul établissement et transparentes avant la fin de l’année scolaire ;
  • Abrogation de la loi Blanquer, abandon des PIALs ;
  • Arrêt des mutualisations et des mutations en cours d’année ;
  • Abrogation de la circulaire du 5 juin 2019 ;
  • Le respect des notifications des MDPH et l’accélération des procédures ;
  • L’abandon de la notion d’aide mutualisée dans les notifications et des notifications précises en nombre d’heures d’accompagnement ;
  • Le remboursement des frais de déplacement ;
  • Le reversement à tous les personnels de l’indemnité compensatrice de hausse de CSG ;
  • L’intégration de tous les AESH dans un corps de la fonction publique.

 

13/02/2020

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