Création des postes nécessaires maintenant !

Depuis la reprise du 2 novembre, les personnels se mobilisent, à travers des grèves et des rassemblements, pour exprimer leur inquiétude et dénoncer leurs conditions de travail dégradées. Au centre des revendications : l’urgence d’un recrutement massif de personnels à l’Education nationale, pour alléger les effectifs et faire face à la situation sanitaire.

Que répond le ministre ?

Il communique sur les remplacements mais ne crée aucun poste statutaire. Il renvoie la responsabilité aux personnels, qui seraient chargés de gérer localement la « continuité pédagogique », notamment à travers l’enseignement à distance.

 

Lors du Conseil Supérieur de l’Education du 17 novembre 2020, plusieurs organisations se sont adressées à nouveau au ministre à travers la déclaration intersyndicale suivante :

« Les organisations FSU, FNEC FP-FO, SUD Education, UNSA Education, Sgen-CFDT, SNALC, CGT Educ’action, SNCL-FAEN, FCPE, UNL et FIDL considèrent que la situation actuelle nécessite la présence massive et urgente de personnels dans les écoles, collèges et lycées.
Elles demandent le recrutement de personnels (remplaçants, assistants d’éducation…) comme annoncé par le ministre lors de la conférence de presse du 12 novembre, afin non seulement d’améliorer les conditions d’exercices actuelles, mais également d’anticiper sur les scénarios futurs.
Nos organisations invitent les personnels et les parents d’élèves à se mettre en contact dans les départements et à agir en commun pour porter cette demande en direction des IA-DASEN, des recteurs et du Ministre. »

 

La FNEC FP-FO s’est adressée aux organisations qui portent cette revendication pour leur proposer l’action commune à tous les niveaux.

Le SNFOLC 35 appelle les personnels, les parents et les lycéens à se regrouper et faire valoir ensemble les besoins chiffrés en postes, en classes, en heures d’enseignement en direction du ministre et de ses représentants.

 

D’ores et déjà, des initiatives intersyndicales départementales sont prises avec les représentants des parents d’élèves.

Revalorisation : le ministre se moque de nous !

Le ministre vient de faire ses annonces concernant la « revalorisation des enseignants » dans le cadre du Grenelle. Il n’a pas manqué une fois de plus d’afficher son mépris vis-à-vis des revendications, en faisant connaître ses décisions dans un courrier envoyé aux personnels, avant même que la réunion avec les syndicats le 16 novembre soit terminée. La forme rejoint le fond : pour FO, ses annonces tournent le dos à l’urgence d’un rattrapage des pertes liées au gel du point d’indice.
 

La majorité des personnels exclue de la revalorisation

Alors que les personnels demandent une réelle augmentation de salaire et le rattrapage de leur pouvoir d’achat amputé depuis des années par le gel du point d’indice, alors que les personnels hospitaliers ont obtenu 183 € net d’augmentation indiciaire (soit une hausse du budget pour leur rémunération de 7,5 milliards), le ministre Blanquer propose avec son « Grenelle » de nouvelles indemnités pour un budget de 500 millions d’euros annuels, mais seulement 400 millions en 2021 car la « prime d’attractivité » ne serait effective qu’à partir de mai 2021.
 
Le ministre prétend « revaloriser » les personnels. Cette « revalorisation » est une provocation, tant pour les enseignants (dont la grande majorité est exclue) que pour les autres personnels (rien pour les ATRF et techniciens de labos, rien pour les administratifs, rien pour les personnels médicaux-sociaux !). Si les personnels contractuels ne sont pas exclus, cela ne saurait remplacer une titularisation permettant l’accès au statut ; et il est regrettable que la prime d’attractivité pour les contractuels soit inférieure de plusieurs centaines d’euros à celle des titulaires !
 
Faisant l’aveu du manque d’attractivité de la profession d’enseignant (c’est le résultat de sa politique et de celle des gouvernements avant lui !), le ministre envisage donc d’instaurer une « prime d’attractivité » pour les seuls personnels en début de carrière. Ainsi, 173 millions d’euros seulement en 2021, puis 260 millions annuels (nous promet-il) y seraient consacrés. 
 
La prime ne s’appliquera donc qu’à moins d’un tiers (31%) des personnels, et rien pour les autres puisque pour Jean-Michel Blanquer il ne s’agit de s’occuper que de la tranche de rémunération sur laquelle « la France est le plus en retard quand on compare la rémunération des enseignants français avec celle des autres pays de l’OCDE ». Si on comprend bien, la France est aussi en retard sur les autres tranches … mais moins donc pas besoin de les revaloriser !
 
Qui plus est la prime serait décroissante : plus l’échelon est élevé (et dure plus longtemps) moins la prime est importante. Or, déjà une « revalorisation » précédente intervenue à l’époque où Luc Chatel était ministre de l’EN (2009- 2012) s’était concentrée sur les premiers échelons de manière dégressive. En conséquence, la prime Blanquer d’attractivité aura pour effet un « tassement » des rémunérations : le passage de l’échelon 3 à l’échelon 4 permettra une augmentation de 31,75 € brut mensuel, soit à peine 25 € nets.
 
Sous couvert de revalorisation, le ministre projette « de porter le taux de promotion [à la hors-classe] à 18% ». Quand on sait que le taux actuel est de seulement 17%, cela signifie que là où il y avait 170 promotions pour 1000 promouvables il y en aurait dorénavant 180. Mais comme, dans le même temps, le nombre de promouvables diminue à cause du manque récurrent d’attractivité du métier, cela signifie surtout que le nombre de promotions n’augmentera pas. Cela ne remet, par ailleurs, pas en cause les conditions d’accès à la hors-classe cadrées par PPCR. Le ministère chiffre cette mesure à 4 millions en 2021, 11 millions ensuite. Mais rapportée au nombre de professeurs et CPE, la faiblesse de cette enveloppe ne permet pas d’augmenter de manière significative le taux.

Une prime d’équipement informatique de 150 euros… par an

 
Pour le ministre, ces 150 euros par an suffiraient aux enseignants et PsyEN (mais pas les CPE, pas les AESH…) pour « acquérir ou renouveler en trois ans environ un équipement informatique complet (ordinateur, logiciels, éventuellement imprimante) ». Il est permis de s’interroger sur la qualité du matériel qu’on pourrait acheter avec cette somme… 
 
Le SNFOLC 35 rappelle que pendant le confinement, les personnels ont payé de leur poche : le matériel informatique, l’imprimante, ses consommables et le papier, l’abonnement internet, et le téléphone pour appeler les parents. Les frais déjà engagés par la majorité des collègues dépassent de loin ces quelques centaines d’euros. De qui se moque-t-on ? Plus grave, le ministre n’oublie pas de préciser que cette prime serait allouée dans un contexte de « nécessité qui a été renforcée pendant la crise sanitaire, avec le développement de l’enseignement à distance », c’est-à-dire de la mise en place de l’enseignement hybride (présentiel + télétravail), explosant le temps et la charge de travail.

Sans contreparties, vraiment ?

Le ministre le dit lui-même : « ces mesures ont été prises dans le cadre d’un travail global engagé au sein du Grenelle de l’éducation ». Les mesures du Grenelle sont en effet totalement imbriquées dans l’agenda social ministériel, qui prévoit de réviser les statuts et les missions à travers des dizaines de groupes de travail. A travers de multiples thèmes et entrées, ces GT s’articulent et avancent vers un objectif commun de remise en cause de nos statuts et de nos droits pour mettre en place un « management de proximité », complètement cohérent avec la loi de transformation de la fonction publique (dissolution des CAP, Lignes Directrices de Gestion, GRH de proximité, réforme des concours enseignants,…)
 
C’est aussi la poursuite de la mise en oeuvre de l’accompagnement PPCR sous couvert de formation. Il s’agit bien de poursuivre la déréglementation des missions des personnels, d’augmenter leur charge de travail jusqu’à l’impossible. C’est donc un marché de dupes que le ministre présente aux personnels : des miettes sous forme de primes en échange d’une grave dénaturation des missions des personnels.
Le SNFOLC 35, avec sa fédération la FNEC FP-FO, n’apporte aucune caution à la politique du ministre et entend continuer à informer les personnels sur ses projets afin d’en obtenir l’abandon.

Création de postes tout de suite !

Depuis la reprise, des milliers de personnels se regroupent en réunions syndicales, en AG, avec des grèves. Partout, c’est le ras-le-bol qui s’exprime face à des conditions de travail disloquées, face à l’incurie du gouvernement et son refus de protéger les personnels.
 

Rien pour protéger les personnels et les élèves

Un nouveau confinement est instauré avec de nouvelles restrictions drastiques de nos libertés. Quelles mesures ont été prises pour protéger les personnels ? Des masques réellement protecteurs ? Un dépistage systématique ? La suspension du jour de carence ? L’imputation de la maladie au service ? Aucune de ces revendications n’a été satisfaite par le ministre.

Pas une mesure pour garantir l’égalité d’instruction

L’énième protocole dit « sanitaire » publié à la veille de la rentrée appelle au respect des gestes barrière « si possible » et précise que chaque enfant doit pouvoir se rendre à l’école. Mais comment faire quand aucune mesure n’a été prise pour recruter des enseignants et baisser les effectifs par classe ? Localement, c’est la débrouille. Des dédoublements sont organisés : pendant la moitié de la semaine, une partie des élèves d’une classe est à la maison pendant que l’autre est en cours. Le ministre pousse les personnels de Charybde en Scylla. Si l’on diminue de moitié le temps de cours, comment aller au bout des programmes ? Au lycée, les premières épreuves du bac Blanquer sont en mars, il reste 4 mois pour préparer les élèves. La machine à trier Parcoursup, cette année encore, ne fera pas de cadeau aux candidats, scolarité amputée ou pas.

Le Ministre s’en lave les mains

Interrogé sur ces mesures pour réduire les effectifs, le Ministre s’en lave les mains : « il y a la possibilité de faire des demi-groupes. Mais je ne l’encourage pas. » Le SNFOLC 35 rappelle que M. Blanquer n’est pas commentateur journalistique. Il est ministre de l’Education nationale et, à ce titre, c’est bien lui qui est responsable. Qu’a-t-il à son actif ? La suppression de presque 5 000 postes dans l’Education nationale depuis sa prise de fonction. Dans le même temps, le plan de continuité pédagogique proposé, c’est le cumul du distanciel et du présentiel : plus de limite au temps de travail, plus de vie privée, plus de nuit, plus de week-end. Et un enseignement dégradé parce l’enseignement en distanciel, ce n’est pas de l’enseignement.
 
Ce n’est pas aux personnels de porter la responsabilité des mesures d’austérité imposées depuis des années.
 
Le SNFOLC 35 appelle les personnels à se saisir partout du communiqué intersyndical (FO, FSU, SUD, UNSA, CFDT, SNALC, CGT, SNCL-FAEN, avec la FCPE, l’UNL et la FIDL) pour la création de postes massive et immédiate. Elle invite les personnels à s’adresser aux parents afin d’organiser l’action commune sur cette revendication urgente.
 
Le SNFOLC 35 exige :
 

– Le rétablissement des postes supprimés, création massive de postes en nombre suffisant dès maintenant, ouverture de la liste complémentaire pour faire face aux besoins immédiats (remplacement, allégement des effectifs…)

– L’arrêt immédiat des contre-réformes, abandon de la réforme du lycée et du baccalauréat et de Parcoursup.
 
Alors que l’incurie du gouvernement fait peser la menace d’une fermeture des collèges et des lycées, voire des écoles, le SNFOLC 35 appelle les personnels à poursuivre et amplifier les assemblées générales pour organiser la résistance sur ces exigences.

Rentrée du 02/11 : la colère est immense

Un envoi mail du ministre aux personnels en date du 30 octobre au soir à 17 h pour la rentrée du 2 novembre ! C’est cela sa réponse aux revendications. C’est donc au mépris de la considération des personnels que le ministre s’exprime sans tenir compte des revendications. Ils laissent les personnels livrés à eux-mêmes quant aux conditions sanitaires de rentrée et à l’hommage de notre collègue assassiné. La colère gronde. L’incompréhension domine et un sentiment de mépris encore plus fort, si tant est que cela soit possible, s’exprime.
 

Mépris sur les conditions sanitaires de reprise du 2 novembre

Jour de carence, personnels vulnérables, dépistage, équipements de protection individuelle… toujours aucune réponse du ministre et du gouvernement. Lors des multilatérales, la FNEC FP-FO a rappelé une nouvelle fois ses revendications :
 
  • Mise à disposition de masques protecteurs ;
  • Dépistage des personnels et des élèves ;
  • Recrutement immédiat de médecins de prévention en nombre ;
  • Reconnaissance du Covid 19 comme maladie professionnelle ;
  • Abrogation du jour de carence et remboursement des jours de carence depuis la rentrée scolaire.
Mais le ministre reste sourd aux demandes légitimes des personnels. Suite à la décision présidentielle de reconfiner la population, les personnels sont une nouvelle fois en première ligne et exposés au risque sanitaire. La seule réponse du ministre réside dans le « renforcement » du protocole « sanitaire », qui se résume à « ouvrir les fenêtres » et conserve l’avantage de dégager sa propre responsabilité sur les personnels
 
Chaque établissement est renvoyé à ce qu’il peut faire comme le dit le recteur de Créteil : « Je fais confiance aux chefs d’établissement, ils ont jusqu’au 9 novembre pour trouver une solution. Je n’ai pas de baguette magique, je ne suis pas Mary Poppins, la mise en œuvre de ce protocole ne pourra qu’être progressive ». Chaque lycée a la possibilité de changer les emplois du temps des élèves et donc celui des professeurs. L’autonomie est là du coup renforcée, d’ores et déjà, les services sont modifiés et augmentent le temps de présence des personnels.
 
Pour le SNFOLC et sa fédération la FNEC FP-FO, la seule manière de baisser les effectifs, c’est de créer les classes, des postes. Or, pour la rentrée 2021, le ministre projette toujours de supprimer 4 fois plus de postes dans le second degré qu’en 2020, soient 1 800 postes, avec 20 000 élèves en plus. Qui peut le comprendre ?
 

Mépris du fonctionnement des CHSCT… pour mieux les supprimer en janvier

Le fonctionnement des CHSCT, depuis le début de la crise sanitaire, est entravé. Ils sont vidés de leurs prérogatives réglementaires et transformés en simples points d’information. La FNEC FP-FO des Yvelines n’a reçu aucune réponse à sa demande d’enquête du CHSCT 78 suite à l’assassinat de notre collègue. Le ministre crée les conditions de leur suppression en janvier 2021, comme c’est prévu par la loi Darmanin-Dussopt. Qui peut le comprendre dans la situation actuelle ?

Mépris pour l’hommage légitime à notre collègue assassiné le 16 octobre

Un nième rebondissement pour mettre en place la généralisation du « débrouillez-vous » : « En pratique, tous les élèves reprendront les cours comme à l’habitude. Une minute de silence sera observée lundi à 11h, après la lecture de la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs, dans des conditions respectueuses du protocole sanitaire applicable. Ce temps de recueillement se tiendra de préférence dans les salles de classe, et si les conditions sanitaires le permettent, dans la cour de l’établissement. »
 
L’hommage légitime à notre collègue assassiné le 16 octobre s’accompagne, selon les dernières instructions ministérielles du 30 octobre, d’un cadrage pédagogique autour « des valeurs de la République » : « Aucune classe ni aucun établissement ne peut s’exonérer de cette heure de travail et d’échange dont chaque élève de France doit bénéficier. ». Le SNFOLC 35, qui revendique le respect de la liberté pédagogique individuelle due à chaque professeur, n’en était pas demandeur. Encore une fois, le ministre impose un cadre dans lequel les équipes et les enseignants devront « faire au mieux » : le ministre reporte encore sa responsabilité sur les personnels.
Pour le SNFOLC 35, préserver l’École de la République de toute pression extérieure, passe par la défense des statuts, de la liberté pédagogique individuelle de chaque enseignant. La colère des personnels est légitime ! Ils ne sont pas dupes des intentions du ministre quant à ses tentatives de remise en cause du statut et des missions qu’il voudrait figer dans le marbre de son Grenelle comme toutes ses contre-réformes.
 
Le SNFOLC 35 appelle les personnels à se réunir dès le lundi 2 novembre, à établir leurs revendications et à discuter des moyens pour les faire aboutir. Un préavis de grève à compter du 2 novembre est déposé.