Le BAC doit rester national ; libre accès à la filière de son choix !

Avec les réformes Blanquer du lycée et du Baccalauréat, rien n’a été épargné ni aux professeurs, ni aux élèves de lycées : nouveaux programmes, enseignements de spécialité, E3C imposés à marche forcée.

Après avoir confiné et privé de cours les lycéens et les étudiants pendant des mois, plutôt que de prendre des mesures sanitaires et matérielles pour qu’ils puissent étudier dans de bonnes conditions, les ministres Blanquer et Vidal maintiennent et aggravent leurs orientations à la faveur de la crise sanitaire…

Nous réclamons l’abandon du Service National Universel

Lors du dernier Comité technique ministériel, un projet de décret qui doit servir de base à la mise en place généralisée du service national universel (SNU) a été soumis au vote.

Alors qu’il coupe les vivres aux associations en supprimant les emplois aidés (plus de 16 000 emplois supprimés dans les associations en deux ans), le gouvernement veut, par le biais du SNU, faire travailler les jeunes gratuitement dans celles-ci et leur demande de les encadrer.

Alors qu’il détruit les services dédiés à la jeunesse et aux sports, casse les statuts des personnels, projette de privatiser une partie des missions, réduit le budget dédié à ces champs, poursuit la réduction des emplois « jeunesse et sports » et prépare une énième réforme pour réduire à néant les missions d’Etat dans les domaines de la jeunesse, de l’éducation populaire, de la vie associative et des politiques sportives en créant les « DRAJES », le gouvernement instaure le SNU et demande à ces personnels de le mettre en place.

 

Pour FO, c’est non.

Comme l’ensemble des organisations syndicales qui siègent au CTMEN,

FO a voté contre ce projet de décret.

FO refusera d’être un instrument au service de la mise en place de cette politique d’exploitation de la jeunesse et de destruction de la vie associative et des missions de ses personnels. C’est pourquoi FO n’a pas soutenu le vœu défendu par certaines organisations syndicales pour l’accélération de l’intégration des personnels Jeunesse et Sports dans les services de l’Education nationale. En toute logique, les représentants FO ne siègeront pas au CTMEN de repli induit par le vote unanime contre le projet de décret et convoqué ce mardi 2 juin.

FO n’abandonne pas sa revendication pour le retour à un ministère Jeunesse et Sport de plein exercice et n’accepte pas la dissolution des personnels de la Jeunesse, des Sports, de la vie associative et de l’éducation populaire par le biais de la création des DRAJES.

Modifier le Code de l’action sociale et des familles pour créer ces nouveaux accueils collectifs de mineurs, dont l’Etat serait désormais à la fois le déclarant, l’organisateur et le contrôleur est contraire au droit. L’Etat ne peut garantir la sécurité physique et affective des mineurs s’il est par le même temps contraint d’organiser ces séjours sous des formes qu’il n’aurait, en d’autres temps, pas acceptées. Il ne peut plus assurer ses missions premières.

Demander aux personnels jeunesse et sports, conseillers d’éducation populaire et de jeunesse, professeurs de sports, inspecteurs jeunesse et sports, conseillers techniques et pédagogiques supérieurs, de mettre en place et d’organiser ces séjours ce qui peut s’apparenter à de l’embrigadement de la jeunesse est contraire à leur déontologie professionnelle.

Ces personnels ont des statuts assimilés à ceux des enseignants de l’Education nationale. Ils ont des missions éducatives, tournées vers le développement de l’esprit critique, l’émancipation et l’éducation à la citoyenneté. Le gouvernement ne peut pas leur ordonner de mettre en place un séjour « militaire », en inventant le concept d’« engagement obligatoire » alors que dans le même temps, il réduit le budget dédié à leurs missions premières, supprime des postes et ne leur permet plus de faire leur travail.

FO réitère ses revendications pour :

  • l’abandon du SNU,
  • l’attribution des crédits suffisants pour mettre en place les politiques éducatives déjà existantes en matière de jeunesse, de vie associative et d’éducation populaire, FO refuse que le SNU vampirise ces politiques,
  • la création de postes statutaires de conseillers d’éducation populaire et de jeunesse, professeurs de sports, conseillers techniques et pédagogiques supérieurs pour combler les pertes de ces dernières années, et ainsi permettre aux personnels d’assurer pleinement leurs missions.

Épreuve orale de français : l’indignation des professeurs et des lycéens face au mépris du ministre

Le 27 mai 2020, la DGESCO a consulté les organisations syndicales sur l’oral au baccalauréat de français à l’avant-veille des annonces du ministre Blanquer.

Unanimement, elles ont réitéré leur demande d’annulation de l’épreuve (SNFOLC, SNES-FSU, CGT-Educ’ation, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNALC, FCPE, UNL, Lycéens Au centre, en date du 20 avril).

L’absence de mesures sanitaires adéquates, de cadrage national, de préparation réelle des conditions de réalisation de l’épreuve à la fin du mois de mai ne peuvent conduire qu’à un déroulement chaotique et inégalitaire de l’examen. La pétition initiée par plusieurs professeurs de Lettres a recueilli plus de 93 000 signatures. Elle exprime l’incompréhension et la colère des enseignants. Le ministre est resté sourd à cette revendication légitime.

Un déroulement hypothétique dans des conditions extrêmement dégradées

540 000 lycéens doivent passer l’oral, les professeurs les ont suivis toute l’année dans des conditions de travail très difficiles. A quelques semaines de l’examen, personne ne connait le déroulement des épreuves ! Dans la presse le ministre évoque aussi la visio-conférence, système tout aussi inégalitaire, 25% des élèves de lycée disposant d’un ordinateur personnel. Système qui mettrait tout le monde en tension puisque pour des raisons de santé nombre de professeurs ne pourront participer aux jurys, tension aussi pour respecter 11 élèves par jour (vœu CHSM, novembre 2016). Ajoutons les risques de fraude, le matériel insuffisant dans les lycées, etc.

Le bac oral de français sous le signe du chaos, une propédeutique au grand oral ?

Le ministère justifie le maintien de l’oral de français envers et contre tout par la nécessité de préparer le grand oral Blanquer.

Pour FO, c’est la confirmation que le baccalauréat Blanquer, ce n’est plus le baccalauréat, mais un diplôme dégradé maison version système D.

Le lycée et le baccalauréat Blanquer : c’est l’inégalité, le contraire de l’instruction et le ministre décide de poursuivre !

Rien n’a été épargné ni aux professeurs, ni aux élèves de Premières : nouveaux programmes, enseignements de spécialité, E3C, oral de français préparé dans des conditions très difficiles. Il faut abroger d’urgence sur la réforme Blanquer du baccalauréat et du lycée.

Ce n’est pas la réduction du nombre de textes à 15 dans une communication à la presse le 4 avril qui change la nature des déclarations du ministre sur le baccalauréat et cette année sur l’oral de français. Ce sont ses réformes.

La FNEC FP-FO et le SNFOLC appellent les professeurs et personnels de lycées à se réunir : le Covid-19 pour accélérer la destruction du baccalauréat et de l’enseignement, personne ne l’accepte. Le droit à l’instruction ne se négocie pas au prétexte de la pandémie.

Une rentrée 2020 sans école ?

Parallèlement, le ministère, qui ne perd pas le fil de la politique du gouvernement, annonce en plus un calendrier de réunions pour préparer la rentrée 2020.

S’agit-il d’une rentrée sous le signe du « nouveau système » par le biais de l’enseignement hybride en distanciel et en présentiel ? Des activités 2S2C en lieu et place de l’enseignement disciplinaire ? De nouvelles séries d’E3C dont ni les élèves ni leurs professeurs ne veulent ?

Pour FO, le cœur de l’école républicaine, publique et laïque, c’est l’instruction, les savoirs disciplinaires, les horaires et les programmes nationaux.

Le SNFOLC avec la FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir, par tous les moyens à leur disposition, pour dresser la liste de leurs revendications :

  • annulation de l’épreuve orale du baccalauréat,
  • abrogation de la réforme Blanquer du lycée et du baccalauréat, ce baccalauréat 2020 qui se tient dans des conditions très particulières, ne doit pas entériner les réformes de destruction des diplômes, le contrôle continu et les E3C,
  • les professeurs défendent les lycéens afin qu’ils puissent avoir un accès égal à l’instruction partout,
  • les jurys d’examen, les commissions d’harmonisation ne peuvent pas être sous toutes les pressions possibles comme lors de la session du baccalauréat 2019 suite à la grève contre le bac-Blanquer,
  • rétablissement du baccalauréat comme premier grade universitaire,
  • droit de s’inscrire dans la filière de son choix, ce ne sont pas les algorithmes de Parcoursup qui doivent décider de l’avenir des lycéens.

Communiqué de l’UD FO 35 sur la réforme des retraites : Assignés à résistance !

FO Ille-et-Vilaine demande solennellement aux députés et élus du département, et plus précisément à ceux de la majorité présidentielle, de clarifier les perspectives sociales pour les salariés et agents publics.

De beaux discours ont été faits sur « le monde d’après » qui ne devait pas ressembler au monde d’avant. Sera-t-il pire en fait ? Le « quoiqu’il en coûte » de Mr Macron signifiait-il  » quoiqu’il en coûte  » aux travailleurs ?

De nombreux signaux négatifs s’accumulent en coulisse.

Certains lobbies ultra libéraux, très influents, évoquent la nécessité de remettre en cause une partie des congés payés, proposent une précarisation supplémentaire des contrats de travail (nouvelle ordonnance qui favorise le recours aux CDD et au travail en intérim) et expliquent que la réforme des retraites par points aujourd’hui suspendue, doit être réactivée ! Les mêmes qui semblent « avoir l oreille » du gouvernement expliquent que c’est le bon moment pour faire payer l’addition de la crise aux salariés et agents publics puisque la liberté de manifester et les prérogatives syndicales sont limitées.

Ils misent de plus sur la peur de perdre son emploi ou son poste et la peur de la répression. Le slogan et la propagande gouvernementale sur la résilience correspondraient donc à la volonté de faire taire tous ceux qui portent la revendication de justice sociale, à commencer par les syndicalistes indépendants.

D’où cette question précise aux parlementaires d’Ille et vilaine, notamment ceux d’ « en marche » :

Pouvez-vous nous assurer que la réforme des retraites

initiée juste avant la crise sanitaire est définitivement abandonnée ?

La réponse donnera le ton social pour la suite…

Pour l’instant, les militants FO Ille-et-vilaine, en toute indépendance et responsabilité, sont assignés à résistance.

19.05.2020