Loi de finances rectificative : la santé des entreprises avant tout!

La loi de finances rectificative vient de réviser la loi de finances 2020 suite aux mesures de restrictions de déplacements et d’activité pour faire face à l’épidémie de Covid-19.

Le gouvernement prévoit provisoirement une baisse du PIB de 1% en 2020, contre 1,3% de croissance prévue en loi de finances initiale (LFI). Il table sur une chute de la consommation des ménages de 2% principalement concentrée sur les services (hébergement, restauration, loisirs, culture, transports). L’investissement des entreprises serait également en recul à cause de la chute de l’activité, tandis que
le commerce extérieur est ralenti par la chute de la demande mondiale suite aux restrictions de déplacements prises simultanément dans de nombreux pays.

En réponse, le gouvernement annonce une série de mesures de soutien pour un montant de 45 Mds€ et une garantie des prêts accordés aux entreprises à hauteur de 300 Mds€.

En plus de la baisse d’activité, l’annonce de nouvelles dépenses et le manque de recettes fiscales augmenteront le déficit public de l’ensemble des administration publiques qui est prévu à 3,9% du PIB en 2020. Le déficit prévisionnel de l’Etat s’établit à 108,5 Mds€ (contre 93,1 Mds€ en LFI) soit un écart de 15,4 Mds€ par rapport à la LFI.

 

Pourtant, compte tenu de l’ampleur de la chute de l’activité, il est fort probable que la récession comme les prévisions de déficit public pour 2020 sont largement sous-estimées et semblent déjà caduques alors que le texte a été adopté le 18 mars 2020. C’est d’ailleurs l’avis du Haut Conseil des finances publiques : « la dégradation du cadre macroéconomique pourrait être plus marquée ». Plus surprenant encore, c’est aussi l’avis du ministre de l’Economie, qui a comparé la crise actuelle à celle de 1929 en précisant que la récession serait supérieure à celle envisagée dans cette loi de finances rectificative.

L’INSEE dans un point de conjoncture publié le 26 mars estime que l’activité a chuté d’environ 35%. Les activités agricoles et les industries agro-alimentaires sont moins affectées que le reste de l’industrie, avec un recul limité à 4 %. En revanche, l’industrie hors agroalimentaire voit son activité réduite de moitié. La construction se trouve quasiment à l’arrêt avec un effondrement d’activité de 89 %.

Les services marchands, qui représentent 56 % du PIB, reculent de 36 %, les plus affectés étant les transports, l’hôtellerie-restauration et les loisirs.

De toute évidence, le gouvernement fait face à ses contradictions appelant au confinement le plus strict tout en demandant que l’activité puisse continuer au mieux. Or, dans un contexte où l’hôpital public est confronté au manque de moyens après des années de restrictions budgétaires, comment contenir l’épidémie par un strict confinement sans mettre en pause l’activité économique, dès lors qu’elle n’est pas essentielle ? A cela s’ajoute qu’une majorité d’employeurs n’a pas les moyens d’assurer de manière satisfaisante la protection et la santé des salariés sur le lieu de travail ou dans leurs déplacements.

 

Alors que beaucoup des activités essentielles reposent sur un grand nombre de professions précaires, insuffisamment protégées et pourtant indispensables, FO a appelé à ce que les moyens soient concentrés sur la protection des salariés mobilisés, à l’encontre en autres des dérogations en matière de durée légale du travail, de repos hebdomadaire et dominical. Enfin, si l’Etat peut jouer son rôle d’amortisseur en compensant la chute de la demande, ses priorités à court terme doivent être la santé des salariés et le maintien de l’emploi. 

 

Par la suite, les défaillances et les échecs de plusieurs décennies de libéralisation économique et financières révélées par l’épidémie de coronavirus, devront être sérieusement questionnés.

 

Lire la suite ci-dessous : le contenu des mesures adoptées.