Nouvelle grève des AED le 22 mars prochain

Ce n’est que le 3 mars au détour de la publication de la loi au JO contre le harcèlement scolaire que l’article 10 précise :

« Le cinquième alinéa est complété par une phrase ainsi rédigée : « Un décret définit les conditions dans lesquelles l’Etat peut conclure un contrat à durée indéterminée avec une personne ayant exercé pendant six ans en qualité d’assistant d’éducation, en vue de poursuivre ses missions. »

Est-ce suffisant : NON, loin de là ! Cela pérennise la précarité et ne répond en rien à l’ensemble des revendications sur les salaires, le statut, les missions.

Aucune date n’est précisée quant à la publication d’un décret, rien n’est prévu à l’ordre du jour du prochain Comité technique ministériel, le 16 mars.

Or les AED veulent avoir une vision claire de leur devenir : poursuivre leurs missions ou aller direct à Pôle emploi ?

 

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Proposition de loi : un CDI après 3 ans pour les AESH, après 6 ans pour les AED

En séance le 20 janvier 2022, les députés ont adopté la proposition de loi visant à lutter contre la précarité des AESH et des AED.

Cette loi permettra aux AESH de signer un CDI après avoir exercé 3 ans et aux AED après 6 ans.

 

Initialement, le texte prévoyait de recruter automatiquement les AESH en CDI et les AED en CDD ou en CDI.

En outre, il instaurait une indemnité pour ces personnels exerçant en éducation prioritaire, mettait en place un coefficient de pondération du temps de travail des AESH et définissait un taux d’encadrement minimal des AED.

 

Autant de dispositions que la majorité a supprimées en commission et n’a pas réintroduites en séance, malgré les amendements proposés.

Pour que la loi soit applicable, le Sénat doit maintenant l’inscrire à son ordre du jour (ce qui n’est pas gagné) et voter cet article conforme.

Les invisibles de l’Education Nationale

 

J’ai 37 ans, parent isolé, je suis AESH depuis 8 ans dans les écoles de Rennes. A ce jour, je n’ai toujours pas de CDI.

 

Je m’appelle Mireille, 62 ans et bientôt à la retraite. Je suis AESH depuis 9 ans, payée 680 euros nets par mois. Pour m’en sortir (payer mes factures, mon logement, la nourriture et l’essence), j’ai dû travailler non-stop de 8h45 à 19h00, tous les jours sans pause légale, pour 2 employeurs et avec 3 casquettes (EVS la journée, animatrice sur le temps du midi puis surveillante d’étude le soir pour la ville de Rennes).

Je suis AESH depuis 5 ans, toujours en CDD. Mon contrat est de 62% , payé 810 € nets par mois. J’ai fait une demande pour travailler davantage. La DSDEN 35 s’y est opposée, 4 élèves ont alors vu leurs heures d’accompagnement diminuer.

Nous sommes 117 000 personnels AESH en France, les invisibles de l’Education Nationale ; nous restons essentiels au fonctionnement des écoles. Nous accompagnons les élèves en situation de handicap dans les écoles, les collèges et les lycées.

Nous sommes payés sous le seuil de pauvreté avec des conditions de travail extrêmement difficiles qui se dégradent suite à la mise en place d’un système de gestion appelé PIAL (Pôles inclusifs d’Accompagnement Localisés). Avant le PIAL, 1 AESH accompagnait 1 ou 2 élèves. Avec le PIAL, 1 AESH accompagne une multiplicité d’élèves ( 6 voire plus dans plusieurs établissements).

De plus, de nombreux AESH signalent des situations de violence physique et verbale vécues de manière quotidienne (griffures, coups, morsures, burn out…) sans qu’aucune solution ne soit proposée par l’institution.

Qu’attend l’Education Nationale pour réagir ?

Mobilisé(e)s depuis plus d’un an, nous étions en grève le jeudi 27 janvier 2022 pour réclamer un vrai statut, un vrai salaire, de la reconnaissance et un recrutement massif.

Nous appelons à poursuivre la lutte pour obtenir ce qui nous revient de droit.