
J’ai 37 ans, parent isolé, je suis AESH depuis 8 ans dans les écoles de Rennes. A ce jour, je n’ai toujours pas de CDI.
Je m’appelle Mireille, 62 ans et bientôt à la retraite. Je suis AESH depuis 9 ans, payée 680 euros nets par mois. Pour m’en sortir (payer mes factures, mon logement, la nourriture et l’essence), j’ai dû travailler non-stop de 8h45 à 19h00, tous les jours sans pause légale, pour 2 employeurs et avec 3 casquettes (EVS la journée, animatrice sur le temps du midi puis surveillante d’étude le soir pour la ville de Rennes).
Je suis AESH depuis 5 ans, toujours en CDD. Mon contrat est de 62% , payé 810 € nets par mois. J’ai fait une demande pour travailler davantage. La DSDEN 35 s’y est opposée, 4 élèves ont alors vu leurs heures d’accompagnement diminuer.
Nous sommes 117 000 personnels AESH en France, les invisibles de l’Education Nationale ; nous restons essentiels au fonctionnement des écoles. Nous accompagnons les élèves en situation de handicap dans les écoles, les collèges et les lycées.
Nous sommes payés sous le seuil de pauvreté avec des conditions de travail extrêmement difficiles qui se dégradent suite à la mise en place d’un système de gestion appelé PIAL (Pôles inclusifs d’Accompagnement Localisés). Avant le PIAL, 1 AESH accompagnait 1 ou 2 élèves. Avec le PIAL, 1 AESH accompagne une multiplicité d’élèves ( 6 voire plus dans plusieurs établissements).
De plus, de nombreux AESH signalent des situations de violence physique et verbale vécues de manière quotidienne (griffures, coups, morsures, burn out…) sans qu’aucune solution ne soit proposée par l’institution.
Qu’attend l’Education Nationale pour réagir ?
Mobilisé(e)s depuis plus d’un an, nous étions en grève le jeudi 27 janvier 2022 pour réclamer un vrai statut, un vrai salaire, de la reconnaissance et un recrutement massif.
Nous appelons à poursuivre la lutte pour obtenir ce qui nous revient de droit.
