Ecole inclusive et AESH : l’enfumage continu

Le 30 juin, le comité national de suivi de l’école inclusive s’est tenu, présidé par le ministre Blanquer et la secrétaire d’Etat au handicap, Sophie Cluzel. Aucune organisation syndicale n’a été invitée. Et pour cause, loin de répondre aux revendications, les annonces du ministre aboutiraient à l’aggravation des conditions de travail pour tous les personnels. Rappelons le bilan catastrophique de l’inclusion scolaire systématique qui n’est, ni plus ni moins, qu’un élément de langage visant à fermer des structures spécialisées dans un objectif de réduction des « coûts ». 1 500 enfants sont aujourd’hui obligés de migrer en Belgique pour trouver une place dans une structure spécialisée.

Les notifications MDPH : le SNFOLC 35 en demande le respect…

Les orientations scolaires et les prestations associées arrivant à échéance d’ici au 31 août (hors changement d’orientation), et pour lesquelles les MDPH n’ont pas pris de décision avant le 31 juillet, sont reconduites automatiquement et pour toute l’année scolaire. A cela s’ajoute la prorogation de 6 mois des droits arrivés à échéance pendant la crise sanitaire, entre le 12 mars et le 31 juillet 2020.

Pour le SNFOLC 35, c’est la reconnaissance, par le ministère de la nécessité d’une continuité dans l’accompagnement de l’enfant en situation de handicap.

Le SNFOLC 35 demande au ministère de donner des consignes aux académies pour que les souhaits des AESH soient respectés, dans leur volonté de suivre le même élève tout au long de sa scolarité.

…et l’abandon des PIAL

Le ministère prévoit que pour la rentrée 2021, tout le territoire sera organisé en Pial. Le Pial, regroupement d’établissements, est un outil RH d’optimisation et de mutualisation des personnels. Avec la mise en place des PIAL, les DSDEN proposent des avenants aux contrats des AESH qui ouvrent la possibilité d’intervenir dans le 1er comme dans le 2nd degré et dans un nombre croissant d’écoles et d’établissements.

Les AESH verraient leur charge de travail s’alourdir, leur temps de trajet s’allonger et seraient privés du remboursement de leurs frais de déplacement. Le SNFOLC 35 revendique que le contrat indique une résidence administrative.

Le SNFOLC 35 demande l’abandon des PIAL et intervient à tous les niveaux pour défendre les droits des personnels. Ne restez pas isolés, contactez-nous.

8 000 nouveaux postes d’AESH : des postes à temps complet dans le cadre d’un statut !

A la rentrée 2020, il y aurait 4 000 nouveaux ETP, portant ainsi à 8 000 le total des créations d’emplois d’accompagnants pour 2020.

Le SNFOLC 35 demande que tous les AESH qui le souhaitent voient leur contrat prolongé et qu’ils soient à temps complet, payés à 100%. Elle demande un vrai statut pour les 84.000 AESH dont l’effectif est un des plus importants du ministère de l’Education nationale.

Non renouvellement de contrats d’AESH pendant le confinement : inacceptable !

Force ouvrière intervient actuellement dans plusieurs académies en France pour défendre des AESH dont les contrats n’ont pas été renouvelés pendant la période de confinement.

Il est inacceptable que ces personnels n’aient pas été automatiquement recrutés ou renouvelés sous la forme d’un CDD de 3 ans renouvelable comme cela est prévu dans la circulaire du 5 juin 2019.

D’autre part, dans le contexte de grave crise sanitaire et sociale qui frappe notre pays, il est invraisemblable de mettre fin à des contrats de personnels déjà très précaires et confrontés à de grandes difficultés économiques.

Force ouvrière demande par ailleurs que soit appliqué le vade-mecum ministériel en date du 20 mars 2020 qui précise qu’une affectation de personnel AESH ne peut être modifiée en raison du confinement : « La notification d’une aide humaine ne peut être remise en cause. C’est une décision de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). » (vade-mecum Covid-19 du 20 mars 2020).

De façon générale, Force ouvrière renouvelle sa demande concernant l’ensemble des personnels non-titulaires : des consignes claires doivent être données aux services déconcentrés et aux établissements mutualisateurs : aucun non-renouvellement de contrat, aucun licenciement.

 

Lire ci-dessous notre courrier adressé au Ministre de l’Education Nationale ainsi qu’au Directeur Général des Ressources Humaines

 

Vous êtes concerné(e) par un non-renouvellement de contrat ?

Contactez-nous au plus vite!

Bilan catastrophique de l’inclusion scolaire systématique

Mardi 11 février, le président Macron a présidé, en grande pompe, la « Conférence nationale du handicap » quinze ans après la loi « Montchamp ».

En ce qui concerne l’Education Nationale, le bilan est catastrophique. Plus de 340 000 enfants étaient scolarisés en milieu ordinaire en 2018 pour 43 041 emplois d’accompagnement, soit, en moyenne, 8 enfants en situation de handicap par accompagnant. Ce sont des milliers d’enfants privés de l’accompagnement dont ils ont besoin. Ce sont des lenteurs insupportables pour les familles, les élèves et les personnels dans les procédures de la MDPH. Ce sont des centaines d’enfants avec des orientations dans des structures spécialisées (ITEP, IME, Hôpitaux de jour…) non honorées du fait de la fermeture des instituts et du manque de places.

M. Macron propose la réouverture de 1 000 places en structures spécialisées. Ce n’est pourtant pas ce que vise la loi Blanquer, à savoir 80% des élèves d’ITEP et IME en classe ordinaire.

1 500 enfants sont aujourd’hui obligés de migrer en Belgique pour trouver une place dans une structure spécialisée.

L’annonce du Président arrive bien tardivement dans une situation dramatique que la FNEC FP-FO n’a cessé de signaler. Elle a au moins le mérite de résonner comme un aveu : des structures spécialisées adaptées au type et au degré de handicap sont nécessaires. On ne peut se cacher derrière le dogme de l’inclusion systématique.

La FNEC FP-FO demande le rétablissement et le maintien de toutes les structures spécialisées.

Aucune annonce concernant le statut

Selon la ministre Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap, « les accompagnants ne sont plus en contrat aidés mais en contrat Education Nationale » !

Mme Cluzel parle d’un contrat qui implique une rémunération mensuelle de 720€. Les AESH sont, le plus souvent, à temps incomplet, en charge de plusieurs élèves sans formation adaptée dans le cadre des PIAL de la loi Blanquer. Pour faire face financièrement, ils doivent multiplier les contrats et les employeurs. Les AESH ont dû se battre, accompagnés par FO, pour percevoir leur salaire non-perçus pendant les premières semaines de l’année scolaire. Ce sont des conditions de travail et de vie intolérables qui poussent beaucoup d’entre eux, dont les personnels en CDI à la démission.

Est-ce cela le contrat Education nationale vanté par Mme Cluzel ?

Aucune annonce sur les salaires

L’augmentation de l’enveloppe budgétaire annoncée par le ministre Blanquer, servira à financer l’embauche de 11 500 AESH d’ici 2022. Rien n’est prévu pour l’augmentation des salaires.

Pendant ce temps-là, la flexibilité est confirmée

Et en attendant les hypothétiques recrutements de 2022, des milliers d’élèves notifiés n’ont pas l’accompagnement dont ils devraient bénéficier.

Côté cour, M. Macron fait des promesses. Côté Jardin, la loi Blanquer s’applique : les mutualisations des personnels dans le cadre des PIAL se poursuivent et les mutations forcées d’AESH du jour au lendemain vont s’amplifier.

Tout ce tapage médiatique ne peut masquer une réalité : accompagner les élèves en situation de handicap demande de rétablir les structures spécialisées. Cela demande de créer un vrai statut avec un vrai salaire et une véritable formation pour les personnels accompagnants.

Messieurs Macron et Blanquer doivent répondre aux revendications des personnels AESH :

  • Un vrai statut et un vrai salaire avec un vrai déroulement de carrière ;
  • Une revalorisation immédiate de la rémunération ;
  • Pour des affectations choisies sur un seul établissement et transparentes avant la fin de l’année scolaire ;
  • Abrogation de la loi Blanquer, abandon des PIALs ;
  • Arrêt des mutualisations et des mutations en cours d’année ;
  • Abrogation de la circulaire du 5 juin 2019 ;
  • Le respect des notifications des MDPH et l’accélération des procédures ;
  • L’abandon de la notion d’aide mutualisée dans les notifications et des notifications précises en nombre d’heures d’accompagnement ;
  • Le remboursement des frais de déplacement ;
  • Le reversement à tous les personnels de l’indemnité compensatrice de hausse de CSG ;
  • L’intégration de tous les AESH dans un corps de la fonction publique.

 

13/02/2020

Texte à télécharger ici.

 

AESH : mobilisation le 20 novembre pour exiger l’amélioration des conditions

Les AESH vivent une dégradation de leurs conditions de travail : temps incomplets subis, non-renouvellements massifs, salaires non versés avec des acomptes souvent indécents, affectations aberrantes, attente insupportable des documents administratifs, services de gestion saturés.

La flexibilité imposée par la mise en place des PIAL et la poursuite des mutualisations pour gérer le manque de recrutements aggravent la situation, tant au niveau de l’accompagnement pour les élèves suivis que des conditions de travail pour les AESH.

Les organisations syndicales de l’enseignement FNEC FP FO, CGT, SUD, FSU, SGEN-CFDT, Se-Unsa, Snalc appellent a participer à une journée de mobilisation nationale  le 20 novembre 2019 pour porter les revendications des AESH :

>     Réemploi de toutes les AESH
>     Pour une meilleure gestion des AESH, des personnels administratifs en nombre et formés : pour des contrats et avenants à jour, des salaires versés, des affectations en fonction des situations des AESH …
>     Le maintien des accompagnements individuels dans le respect des notifications MDPH
>     L’arrêt de la mutualisation forcée aggravée par les PIAL
>     Une formation professionnelle de qualité sur le temps de travail, initiale, continue, spécifique et qualifiante
>     La fin du recrutement par les EPLE
>     La création du nombre d’emplois nécessaire pour couvrir tous les besoins
>     Une revalorisation immédiate des salaires
>     La création d’un véritable statut de la Fonction Publique pour les AESH

RASSEMBLEMENT MERCREDI 20 NOVEMBRE 2019

DEVANT LE RECTORAT DE RENNES

à 14H

 

Stage d’information spécial AED mardi 14 janvier 2020

Cette journée s’adresse à tous les AED, syndiqués, non-syndiqués, en difficulté dans leur établissement (ou pas), en poste depuis plusieurs années (ou en début de contrat)…

Objectifs du stage :

Faire connaître le droit (et comment faire respecter ce droit ! ) : embauche, période d’essai, temps de travail, crédit de formation, missions, renouvellement de contrat, droits à formation, droits à s’absenter, rémunérations, protection…

Revendiquer et conquérir de nouveaux droits : un emploi du temps fixe toute l’année, des contrats de 3 ou 6 ans, une baisse du temps de travail, une augmentation des salaires… et le paiement régulier de l’indemnité compensatrice de la CSG (qui a disparu des fiches de paie des AED depuis septembre 2018 !)

Répondre aux questions spécifiques des AED :  aider à régler une situation délicate (personnelle ou collective) dans un établissement…

Faire connaître les revendications du syndicat : pourquoi la syndicalisation est-elle essentielle pour un AED?

 

 

Lieu, date et horaire du stage : 

Mardi 14 janvier 2020 de 9H à 16H

à l’Union Départementale Force Ouvrière

au 35 rue d’Echange à Rennes (Métro Place Sainte-Anne)

 

POUR PARTICIPER A CE STAGE :

  1. Contactez-nous avant le jeudi 12 décembre 2019 au plus tard : snfolcaed@gmail.com 
  2. Le syndicat vous remettra par mail une convocation que vous devrez déposer au secrétariat du chef d’établissement au plus tard le vendredi 13 décembre 2019.
  3. Le jour du stage nous vous remettrons une attestation de participation au stage.

Cette absence est une absence de droit. Elle est déduite du temps de travail. Vous n’aurez pas à rattraper les heures que vous auriez dû effectuer ce jour-là dans votre établissement.

 

Repas : possibilité de déjeuner sur place, avec une participation financière de 4 euros. (Nous signaler votre présence au repas par mail avant le mardi 7 janvier 2020!)

 

Soyons nombreux !!!

Pour connaître nos droits

et en conquérir de nouveaux…