Pétition pour libérer Cécile et Jacques

Cécile Kohler et Jacques Paris sont otages en Iran depuis le 7 mai 2022, détenus dans des conditions destructrices. Maintenus séparément dans une section de haute sécurité de la prison d’Evin à Téhéran, ils sont coupés du monde. Les maltraitances qu’ils subissent nous font redouter de graves répercussions sur leur santé.

Cécile Kohler est professeure de français en lycée et Jacques Paris est professeur de mathématiques retraité. Ils sont partis visiter les sites touristiques d’Iran pendant les vacances de printemps il y a deux ans. Ils ont été arrêtés brutalement à l’issue de leur voyage.

 

Ils ont passé plusieurs mois à l’isolement cellulaire complet. De nombreux témoignages décrivent l’isolement comme une expérience profondément traumatique. Ils partagent aujourd’hui chacun une cellule de 9m² avec plusieurs autres détenus qui changent constamment, sans lits, sans table, sans chaises. En deux ans de détention, les autorités iraniennes ne leur ont accordé que trois brèves visites consulaires et ils n’ont pu voir aucun avocat indépendant.

Les rares appels que Cécile et Jacques sont autorisés à passer à leur famille ne durent que quelques minutes et se déroulent sous haute surveillance, les empêchant de s’exprimer librement. La connexion est si mauvaise qu’elle empêche tout dialogue, alors que la prison dispose de téléphones parfaitement fonctionnels. Tout est mis en œuvre pour les briser.

Cécile et Jacques sont emprisonnés sans avoir été jugés. Ils sont victimes de la diplomatie des otages pratiquée par la République Islamique d’Iran, simples pions pris dans le piège d’enjeux géopolitiques qui les dépassent.

 

Pour la sécurité de Cécile et Jacques, nous vous invitons à la signer à titre personnel, en vous abstenant de mentionner dans les commentaires toute appartenance syndicale ou politique.

FO est aux côtés des familles de Cécile et Jacques, pleinement solidaire, dénonce vigoureusement leur arrestation et leur détention, sans fondement, et appelle à leur libération immédiate et à leur retour en France auprès de leurs familles et proches.

Pour signer la pétition : c’est ici.

Bilan de la mobilisation nationale : Conférence de FO du 29 mars

Les 200 délégués de 50 départements réunis à la Confédération FO à Paris ce 29 mars, personnels enseignants des premier et second degré, de l’enseignement supérieur, CPE, AED, AESH, personnels administratifs et de direction, parents d’élèves, lycéens, ont dressé le constat suivant :

 

Depuis début janvier, une colère immense dresse les personnels et les parents contre le « choc des savoirs » qui remet gravement en cause les enseignements disciplinaires et l’égal accès à l’instruction des élèves, et que le
gouvernement a décidé de passer en force, seul contre tous, en publiant les textes au Journal Officiel le 17 mars.

Ils refusent également les conditions chaotiques dans lesquelles se prépare la rentrée 2024, dans le cadre d’un budget d’austérité supprimant des centaines de postes, et des 10 milliards de coupes budgétaires décidées par Bruno Lemaire le 22 février (moins 700 millions d’euros à l’Education nationale, moins 900 millions d’euros dans l’enseignement supérieur…), sacrifiant l’Ecole publique aux exigences de l’économie de guerre.

Cherchant les moyens de bloquer ces mesures destructrices, ils se mobilisent dans tout le pays par la grève et les manifestations (le 25 janvier contre l’acte 2 de l’école inclusive, le 1er février contre le « choc des savoirs »), par les opérations « école ou établissement mort », par les rassemblements devant les DSDEN et rectorats, par des occupations de locaux…

Dans cette situation, les délégués réaffirment les revendications :
• Retrait du « choc des savoirs », en particulier des groupes de niveau (abrogation de l’arrêté du 17 mars) ; Rétablissement de toutes les heures de cours disciplinaires (Technologie, dédoublements, options…) ; Abandon de tous les dispositifs réduisant l’enseignement disciplinaire (SNU, stages de fin de seconde…) ; Des moyens pour l’école pas pour le SNU ou les uniformes ;
• Annulation de toutes les suppressions de postes ; Création des postes statutaires nécessaires ; Annulation des 10 milliards d’euros de coupes budgétaires supplémentaires ;
• Rétablissement du baccalauréat comme premier grade universitaire fondé sur des épreuves disciplinaires, nationales, ponctuelles, terminales et anonymes ; Abrogation de Parcoursup ;
• Respect des statuts et missions des personnels ; Respect de la liberté pédagogique des professeurs ; Abrogation du Pacte enseignant ; Augmentation du point d’indice (10 % tout de suite, rattrapage des 28,5 %
perdus depuis 2000) !
• Abrogation de la réforme voie professionnelle.

 

Le bilan de la mobilisation nationale ci-dessous :

Pour télécharger l’intégralité du document : c’est ici.

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Forte mobilisation en Ille-et-Vilaine ce mardi 2 avril

Ce mardi 2 avril, à l’appel de l’intersyndicale nationale, les personnels, les parents et les lycéennes et lycéens se sont mobilisés en Ille-et-Vilaine contre le choc des savoirs et toutes les meures qui accompagnent cette réforme.

 

Trois actions en parallèle étaient menées tôt le matin :

  • blocage du lycée Zola (Rennes) par des lycéennes et lycéens, protégés par leurs professeurs.  Le SNFOLC 35 était présent devant le lycée pour s’assurer que les élèves n’encouraient pas de danger. Nous sommes notamment intervenus lorsque la police, bien présente, a voulu dégager des lycéennes assises devant les portes en signe de protestation. Les lycéennes et les lycéens doivent pouvoir s’exprimer et faire connaître leur opposition à la réforme qui les attend (SNU, stages en entreprise, uniforme, tri des élèves…).
  • distribution de tracts au rond-point de la Poterie à Rennes : une quinzaine de personnes ont arrêté les véhicules pour échanger avec les automobilistes. Un accueil plutôt positif et de l’écoute.
  • blocage du rectorat par une vingtaine de professeurs venus directement du Morbihan (collège de Riantec, Hennebont et Plouay). Des collègues remontés et motivés, qui ont ensuite rejoint les personnels du 35 en AG à Villejean.

Article du Télégramme sur le rectorat ici !

AG Education ce matin 9h30 à Villejean à l’appel de l’intersyndicale 35

Nous étions 80 personnes réunies, dont 20 personnes du Morbihan.

Des échanges constructifs sur la situation actuelle dans le département et au plan national.

Le constat a été fait de la nécessité de poursuivre les actions déjà menées dans le département, et de les faire connaître.

Le SNFOLC 35 a pris la parole : 

« Nous étions en grève contre le choc des savoirs le 1er février, le 6 février, le 19 mars, bien souvent une autre journée dans la semaine du 19 mars, puis aujourd’hui 2 avril. Nous sommes donc à 5 jours de grève, soit une semaine complète. Peut-être eût-il fallu faire ces journées à la suite plutôt qu’en mode perlé ? Cela aurait eu plus d’impact si une semaine complète nationale avait mis à l’arrêt les écoles, collèges et lycées partout en France. Pour se coordonner à cette échelle, seules les organisations syndicales nationales ont la capacité de le faire. Toutes évoquent dans leurs tracts la nécessité de reconduire la grève mais n’actent pas de point de départ commun. Proposition : que chaque adhérente et adhérent contacte son syndicat national pour lui demander de faire un appel coordonné à la grève reconductible;  Seul un mouvement dur, un blocage de nos « outils de travail » sur plusieurs jours, nous permettra de faire reculer le gouvernement. »

Actions à venir actées en AG :

  • l’opération « collèges vides » est en cours de reconduction dans plus établissement dès le mercredi 3 avril (annonce de la FCPE 35)
  • une nuit des établissements se prépare jeudi 4 avril dans beaucoup d’établissements du département et peut-être aussi du côté du Morbihan.
  • AG Education le jour même à 15h dans les locaux de l’INSPE

Une manifestation intersyndicale fournie et festive

La manifestation rennaise a réuni autour de 600 personnes.

Départ de l’INSPE jusqu’à la direction départementale académique.

Le SNFOLC 35 était présent en force.

Des slogans et diffusion de tracts, des personnels, des parents, des élèves, toutes et tous en marche contre le choc des avoirs.

Des prises de parole percutantes, souvent applaudies, notamment lorsque le SNFOLC 35 a évoqué la nécessité de reconduire la grève jusqu’à satisfaction des revendications.

 

La mobilisation se poursuit !

On ne lâchera pas!

 

Article Ouest-France sur la manifestation rennaise

Article Actu Rennes sur la manifestation

Classe prépa 2nde : attaque contre les lycées

Le décret, l’arrêté et la note de service du 16 mars 2024 organisant « la mise en place, pour l’année scolaire 2024-2025, d’une phase pilote de l’instauration d’un cycle préparatoire à la classe de seconde » ont été publiés.

 

Présentés au Conseil Supérieur de l’Education, le projet de décret avait été massivement rejeté (50 voix contre pour 3 voix pour et 1 abstention). Comme pour les autres textes du « choc des savoirs » combattus par les personnels et les parents d’élèves, la ministre Belloubet passe en force et les textes ne font que confirmer la nécessité de faire barrage au « choc des savoirs ».

A partir de la rentrée 2025, les élèves admis en seconde générale ou professionnelle qui n’auront pas obtenu le DNB devraient obligatoirement passer un an en classes prépa seconde avant de rejoindre leur affectation en seconde générale ou professionnelle.

Pour la rentrée 2024, seuls les élèves volontaires seront affectés dans le lycée du département qui sera désigné par le recteur pour ouvrir une classe préparatoire à la seconde.

Aucun programme, aucun contenu disciplinaire. C’est la déréglementation, la territorialisation et le déni de l’instruction !

 

La note de service prévoit ainsi que 20 heures hebdomadaires seront consacrées à des « enseignements disciplinaires » et 7 heures au «renforcement des méthodes de travail ou à la découverte des métiers».

 

Le ministère a été contraint de préciser le volume horaire par discipline, mais a laissé les 7 heures « d’enseignements méthodologiques et préparatoires à la suite du parcours ». Il s’agit de « confirmer ou mieux définir le projet d’orientation par des présentations sur les formations ou les métiers et des opportunités de rencontres avec le monde professionnel. » Par qui seront assurées ces heures ?

Les enseignants, désignés sur ces classes, se verront imposer de participer à la mise en place d’une « démarche de projet.

« l’équipe pédagogique met en oeuvre une pédagogie spécifique à la classe et conçue collectivement à l’échelle de l’établissement ». « Les projets s’inscrivent dans une ou des thématiques définies par le chef d’établissement et les équipes pédagogiques tout en s’adaptant aux besoins des élèves. »

Les élèves seront évalués uniquement pour « valoriser les points forts ». Une attestation de fin de cycle préparatoire à la classe de seconde sera remise à chaque élève comprenant 3 catégories : « les progrès, les projets suivis et l’implication, l’assiduité ».

Les enseignants de lycée sont déjà pressurisés par les réformes successives, par la réforme du lycée, du baccalauréat Blanquer et de la voie professionnelle, par la mise en place rejetée des stages d’observation en milieu professionnel et du SNU, les PLP sont menacés par un plan social et il faudrait ajouter ce nouveau dispositif?

 

Aucune liberté pédagogique, mise en place et participation obligatoires à des projets, contenu des « enseignements » fixés avec le chef d’établissement, des réunions à n’en plus finir… C’est inacceptable pour les enseignants et le projet ne permettra pas aux élèves de préparer une bonne scolarité au lycée.

Pour les élèves qui n’auront pas obtenu le brevet, dont actuellement 45 000 sont orientés vers la voie professionnelle, seule solution pour échapper à la case « prépa seconde » : s’inscrire en CAP ou, on l’aurait parié, s’orienter vers l’apprentissage. Cette réforme va contribuer à fragiliser la voie professionnelle tout comme la réforme Macron-Grandjean dont la FNEC FP-FO exige le retrait.

Dans la logique de la réforme de la voie professionnelle, des stages en entreprises en fin de 2nde et de la généralisation du Service National Universel, il s’agit pour le gouvernement d’éjecter des millions d’élèves de l’Ecole publique. Il s’agit de leur barrer l’accès à l’instruction et à des qualifications.

 

Le SNFOLC 35 appelle à la grève dans sa reconduction

jusqu’à l’abrogation des textes sur le « choc des savoirs » !

Pour un choc des moyens et des salaires !

Choc des savoirs ou la liquidation de nos statuts : recrutement de PE et de retraités !

Confronté à une résistance acharnée des personnels et des parents d’élèves, en Seine-Saint-Denis et ailleurs, le gouvernement, seul contre tous, a publié le décret et la note de service relatifs à la mise en place des groupes de niveau en mathématiques et en français au collège.

 

C’est dans cette situation que le Directeur Général des Ressources Humaines du ministère s’est adressé aux recteurs le 28 mars dans le cadre de la préparation de la rentrée 2024.

Rentrée 2024 : moins de postes, moins de listes complémentaires, plus de contractuels !

Le ministère indique d’emblée son inquiétude :

« La forte tension sur la ressource enseignante que nous connaissons appelle un travail de préparation rigoureux en vue de la rentrée 2024 afin de disposer du nombre de personnels suffisant dès le jour de la rentrée ».

Mais qui est responsable de cette « tension » annoncée sinon les gouvernements Macron qui ont successivement supprimés 7900 postes dans le 2nd degré lors du premier quinquennat, 2000 postes à la rentrée 2023 et encore 650 postes dans le 1er degré à la rentrée 2024 ?

 

Pour faire face au désastre annoncé, le ministère n’envisage aucune création de postes supplémentaires, ni même un recours accru aux listes complémentaires, au contraire :

« Si les exercices 2022 et 2023 ont permis une très large mobilisation des listes complémentaires, l’exercice 2024 pourrait s’avérer plus tendu en raison des contraintes qui pèsent sur le schéma d’emploi de certaines académies. »

Seule option envisagée par le ministère, un recours accru aux contractuels :

« En plus de la fidélisation des contractuels existants, de nouveaux contractuels devront être recrutés. » 

Choc des savoirs : des « solutions innovantes » pour liquider nos statuts et avancer vers le corps unique ! 

Mais la rentrée 2024 est placée pour le ministère sous le signe de la mise en place des groupes de niveau, massivement rejetés par les personnels et les parents d’élèves.

 

Et si ces groupes de niveau en mathématiques et en français vont engendrer un véritable tri social ainsi qu’une désorganisation totale du fonctionnement des collèges, ils vont également être l’occasion pour le ministère, au travers de « solutions innovantes », d’avancer vers la mise en œuvre d’autres objectifs… Jugez vous-mêmes !

« Afin d’accompagner les académies dans la recherche d’enseignants dans ces deux disciplines, une campagne complémentaire de détachement du corps de professeur des écoles vers le corps des professeurs certifiés est organisée par la DGRH début avril.

Les académies auront la possibilité de réaliser une campagne de communication et de recrutement de professeurs des écoles volontaires pour un détachement dans les deux disciplines ciblées en direction :
– des professeurs des écoles issus des départements de leur académie. La DGRH établira les arrêtés de détachement des professeurs des écoles retenus par les académies. Afin de compenser ces départs dans le premier degré, des recrutements supplémentaires pourront être effectués sur liste complémentaire ;

– des professeurs des écoles actuellement en disponibilité pour convenance personnelle, notamment pour rapprochement de conjoint, qui pourraient rejoindre leur académie de préférence via un détachement dans le corps des professeurs certifiés. »

Ainsi, en faisant appel – pour l’instant – aux professeurs des écoles volontaires et en s’appuyant sur les résultats catastrophiques des mutations interdépartementales dans le 1er degré, le ministère entend procéder à un recrutement massif d’enseignants du 1er degré au collège !

 

Mais le ministre a d’autres « solutions innovantes » comme :

– le recours aux professeurs retraités :

« Un peu plus de 1 000 enseignants de lettres et de mathématiques sont partis à la retraite au cours de la précédente année scolaire, sur l’ensemble du territoire. Afin de mobiliser ce vivier  habituellement peu enclin à se réinvestir, les académies pourront leur proposer un temps d’intervention limité dans le temps, mais assorti d’une rémunération attractive »

– le recrutement de « professeurs associés » non diplômés :

« Les professeurs associés sont recrutés par le recteur sur proposition des chefs d’établissement sans condition de diplôme, notamment pour les disciplines professionnelles dont le domaine d’activité est rare. Un modèle de contrat élaboré par la DGRH est à la disposition des académies. Leur recrutement est possible pour une durée de trois ans renouvelable une fois. Les directeurs opérationnels des campus des métiers et des qualifications et les chefs des bureaux des entreprises peuvent être sollicités sur les besoins de recrutement. » 

Ainsi, la mise en place du « choc des savoirs » et des groupes de niveau n’est pas seulement un tri social, c’est aussi le prétexte pour détruire les statuts des enseignants et avancer vers la mise en place d’un corps unique !

 

AG partout le 2 avril pour discuter de la reconduction de la grève ! 

Ce courrier du ministère aux recteurs ne fait que conforter la FNEC FP-FO dans sa revendication de retrait des mesures du « choc des savoirs » et d’abrogation du décret du 17 mars et de la note de service du 18 mars qui les mettent en œuvre.

Dans cette situation, la FNEC FP-FO appelle les personnels, et dès mardi 2 avril à amplifier la tenue d’assemblée générale dans les établissements, les communes, les secteurs, avec les parents d’élèves, et de discuter des moyens efficaces de faire reculer ce gouvernement isolé et provocateur, notamment par la reconduction immédiate de la grève