
L’incurie règne à Joliot : suite de la mobilisation mardi 26 mars
L’incurie règne à Joliot !
Comme tous les professeurs de France et de Navarre, depuis une dizaine d’années, nous sommes confrontés à une avalanche de réformes qui se suivent à un rythme tellement effréné, qu’elles n’ont même pas le temps d’être évaluées avant d’être remplacées.
Comme tous les établissements de France et de Navarre, nous faisons face chaque année à une nouvelle baisse drastique des moyens, accompagnée de l’injonction systématique de « faire mieux avec moins ».
Aujourd’hui dans notre établissement, ce n’est plus possible !

Plus d’une quarantaine de membres de la communauté éducative, professeurs, CPE, représentants de parents d’élèves de la FCPE, représentants des élèves ont occupé le lycée Joliot-Curie mardi 26 mars jusqu’à 22h 30 et ont planifié les actions à venir pour faire monter la contestation d’un cran.
Depuis plusieurs années, les membres de la communauté éducative, qu’ils soient professeurs, CPE, surveillants ou parents d’élèves, alertent sur un risque réel de décrochage de notre établissement, faute de moyens suffisants.
On nous répond que nous sommes « sur-dotés », mais pour assurer le fonctionnement minimal de l’établissement, nous sommes obligés de « détourner » un demi-poste de surveillant pour les besoins du service de scolarité, qui est aux établissements ce que le service d’état civil est aux préfectures : le premier maillon indispensable de la chaîne !
On nous répond que nous sommes « sur-dotés », mais pour assurer le fonctionnement minimal de l’établissement, nous sommes obligés de « détourner » un poste entier d’enseignant pour la gestion du réseau et du service informatique.
Abandonné par l’Institution, le lycée Joliot-Curie est aujourd’hui au bord du naufrage.
Pour la première fois dans les statistiques bretonnes, un même établissement est pour la troisième année consécutive sur le podium académique des plus mauvais taux de réussite au baccalauréat, toutes séries confondues, tous lycées confondus, publics ou privés. À cette dernière session 2023, nous sommes devenus le dernier des 119 établissements bretons en étant l’unique lycée sous la barre symbolique des 90 % et où seuls 76 % des élèves de secondes obtiennent finalement leur baccalauréat !
Depuis plusieurs mois, nous alertons également sur les difficultés rencontrées par notre Direction. Des difficultés visibles de communication et d’organisation au sein même de l’équipe des 3 personnels de direction qui impactent la communication et l’organisation de l’établissement. Le moindre exercice de confinement ou l’organisation d’un examen blanc, qui sont des standards de tout établissement, sont devenus problématiques.
Après un premier rendez-vous en janvier auprès de l’autorité compétente sans retour concret, nous avons été plus de 70% des personnels enseignants, CPE surveillants, … à débrayer jeudi 21 et vendredi 22 mars dernier. Tant et si bien que c’est le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale qui s’est déplacé dans notre établissement hier lundi 25 mars.
Nous pensions naïvement avoir créé les conditions d’une écoute attentive, mais après une maigre heure de discussion, nous nous sommes à nouveau entendus dire que « tout allait bien » et que « les éventuels problèmes internes se résolvaient par nature même en interne ».
Aussi nous, personnels du lycée Joliot-Curie réunis en Assemblée Générale, constatant le désintérêt manifeste de l’Académie pour notre établissement et refusant de sacrifier nos élèves sur l’autel de l’austérité, avons décidé d’occuper notre établissement ce mardi soir 26 mars 2024 en espérant être enfin entendu, car ce sont plus de 1000 élèves qui subissent les conséquences de ces atermoiements.
Et tout cela sans parler bien sûr du mal-être des enseignants, surveillants, CPE, qui, ne pouvant plus aider réellement leurs élèves, en sont profondément malheureux en plus d’être littéralement épuisés !
On ne triera pas nos élèves !

Occupation du collège Brassens au Rheu !
Dans le cadre de la mobilisation contre le choc des savoirs et l’ensemble des mesures qui accompagnent cette réforme, les personnels du collège public Georges Brassens au Rheu ont boycotté le CA jeudi 28 mars puis occupé leur établissement.
Cette occupation fait suite à l’opération collège vide organisée la veille par les parents d’élèves de l’établissement.

Pour un appel à la grève jusqu’à satisfaction des revendications

Depuis le mardi 19 mars, journée de grève dans la Fonction publique, la mobilisation dans l’Éducation nationale a repris avec intensité, notamment dans notre département : grève des personnels sur plusieurs jours, parfois dans la reconduction selon les établissements, occupation de l’INSPE de Rennes plusieurs nuits, rassemblement spontanés devant le rectorat ou la DSDEN 35, mobilisation des parents d’élève qui soutiennent les revendications… La colère monte en Ille-et-Vilaine. Nous savons que de nouvelles actions sont en préparation pour la semaine qui vient.
Notre syndicat a activement participé aux actions menées dans le département et soutient toutes les initiatives qui seront prises par les personnels, les lycéennes et lycéens, les parents d’élèves. Plus que jamais il est temps de construire un rapport de force solide pour faire reculer le gouvernement et obtenir une augmentation des salaires, le retrait de la réforme du choc des savoirs, l’abandon de toutes les mesures nauséabondes qui l’accompagnent et des réformes qui saccagent notre service public d’éducation : bac Blanquer, Parcoursup, réforme de la voie professionnelle, SNU, l’uniforme à l’école, l’inclusion systématique…
Nous nous adressons ici aux organisations syndicales nationales de l’éducation pour leur demander de se coordonner : un appel unitaire clair à la grève jusqu’à satisfaction des revendications est essentiel pour gagner le combat que nous avons engagé.
