Prenons nos responsabilités!

Nous n’avons cessé de le répéter en AG : les enseignants doivent prendre en main leur destinée s’ils veulent mettre en échec la réforme des lycées professionnel / général et de Parcoursup, s’ils veulent obtenir le retrait du projet de loi sur l’Ecole de la « confiance », l’abandon du projet de réforme de la fonction publique dans son ensemble et celui de la réforme des retraites.

Madame le Recteur (certes sur le départ) et le Ministre nous ont rappelé que toutes les actions alternatives à la grève plaçaient individuellement les collègues en situation de faute professionnelle (avec la double peine : sanction et retrait de salaire).

N’HESITONS PLUS !

Dans d’autres départements et académies, des collègues sautent le pas : en région parisienne, les AG ne cesssent de croître, les écoles sont massivement en grève reconductible à compter de ce 28 mars. A Rouen, le Recteur est hué par ses propres chefs de service.  La mairie de Nantes prévient les parents d’élèves que le mouvement déjà lancé dans le département peut s’étendre à partir du vendredi 29. (informations dont nous disposons à ce jour… mais la liste va s’allonger dans les heures à venir)

Il ne tient qu’à nous de retrouver la confiance que nous avions perdue en la force du nombre.

 

TOUS EN GREVE RECONDUCTIBLE !!!

(Préavis déposé jusqu’au 4 avril au soir pour couvrir les collègues qui choisiraient de se mettre en grève.)

 

MERCREDI 3 AVRIL : POT D’ADIEU A LA RECTRICE (informations à venir)

JEUDI 4 AVRIL : GREVE ET MANIFESTATION

  • Départ à 10h30 devant le rectorat , en direction de la DSDEN
  • PIQUE-NIQUE  MILITANT après la manifestation dans les jardins du Palais Saint-Georges
  • Assemblée Générale à 13h30 (sur les marches devant l’entrée des Champs Libres)

 

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles. »

Sénèque

Mensonges,violence et mépris!

 

Difficile de ne pas avoir le cœur au bord des lèvres quand on est un syndicaliste libre et indépendant dans l’académie de Rennes en des temps où les politiques d’austérité sont délégitimées et contestées comme jamais !

Révoltés, nous le sommes à chaque instant, c’est même notre raison d’être à Force ouvrière. Et comment ne pas ne laisser éclater notre indignation au vu des derniers projets du ministère et de la façon dont une rectrice ultra zélée ( qui n’hésite pas à dire en Comité Technique académique qu’il faut savoir « s’affranchir des textes »…) applique dans l’académie de Rennes les directives nationales… en allant bien au-delà de ce que préconise le ministère !

A preuve, la mise en place à marche forcée de l’Ecole du socle (rebaptisée «  établissements des savoirs fondamentaux » dans le projet de loi de M. Blanquer), vieille lune extirpée de la naphtaline où elle dormait depuis la loi Fillon de 2005. Les chefs d’établissement, à la demande de  Madame le Recteur, ont donc déclenché une série interminable de réunions où les collègues affectés en collège sont censés mettre en place un réseau de plusieurs écoles autour de leur établissement et faire passer le conseil école-collège à la vitesse supérieure. A en juger par «  l’outil d’autopositionnement » concocté à leur intention par des adeptes des usines à gaz, l’inflation d’évaluation et la réunionite sont en passe d’occuper l’essentiel du temps de travail d’un enseignant, dont Madame le Recteur rappelle à l’envi qu’il est de 1607 heures dans une année. Elle indique en outre que les vacances scolaires sont destinées aux élèves ( cinq semaines de congés payés, c’est ce à quoi ont droit leurs professeurs aux termes du décret n° 2000-815 du 25 août 2000, elle ne se prive pas de le faire savoir). Petit florilège de cet outil d’autoflagellation : « Des références à des tableaux de bord sont développées, y compris dans le premier degré. », « Une réflexion collective s’appuyant sur une démarche de co-observation entre enseignants est engagée », « Des stratégies sont mises en place pour associer les familles aux apprentissages ». Outre l’absurdité technocratique des propos, ce qui ressort, c’est le mépris des dispositions statutaires en vigueur ; l’école du socle, c’est la mort des statuts particuliers et des deux degrés de l’enseignement scolaire.

Désormais, les personnels des écoles et des collèges ne seront plus ni  professeurs des écoles, ni certifiés, ni agrégés, ni PLP ; tout cela sent par trop son vieux monde : ils seront enseignants de cycle 3, et le projet de loi «  Ecole de la confiance », qui prévoit de faire disparaître peu à peu le recrutement par concours au profit du contrat, favorisera cette évolution par la création de contrats de cycle comme il existe des contrats de mission dans le privé. Loin de correspondre à une revendication des personnels, ce projet rectoral vise à rendre irréversible l’autonomie des établissements et constitue  un levier utile pour continuer à supprimer davantage de postes ; il est inenvisageable de la laisser faire. Surtout quand on considère que la rentrée 2019 ne promet que de la sueur , du sang et des larmes à tous les collègues que la réforme du lycée impacte : titulaires contraints à des compléments de service sur des communes différentes (ceux qui ont fait croire que le décret Hamon ne changeait rien et qu’il reconnaissait le travail invisible devront bien un jour rendre des comptes), TZR privés de la possibilité d’être affectés à l’année, contractuels au chômage, inacceptable et violent!

Mais le cynisme semble ne pas avoir de limites au 96 rue d’Antrain. Chacun sait que la CSG a connu une hausse de 1,7%. Ce que chacun sait moins, c’est que cette hausse est partiellement atténuée dans la Fonction publique par une indemnité compensatrice à laquelle ont droit les fonctionnaires titulaires et les contractuels de droit public recrutés avant le 1er septembre 2018. Les AED en renouvellement de contrat y ont droit, mais Madame le Recteur estime sans doute que ces collègues sont grassement payés et les a privés du bénéfice de cette indemnité en considérant qu’un avenant de contrat revient à l’établissement d’un nouveau contrat, ce qui est totalement contraire au droit. Madame le Recteur concourt pour le titre de Robin des rois, qui vole les pauvres pour donner aux riches, inacceptable et violent ! Interrogée en Comité Technique Académique sur le sujet, Madame le Recteur n’a pas daigné répondre aux représentants des personnels. Quand on se rappelle l’affaire de l’annonce de recrutement d’une employée de maison qu’elle avait fait paraître dans un grand quotidien régional- puis disparaître le lendemain de ces mêmes pages face au tollé qu’elle avait provoqué-  on ne peut s’empêcher de penser que son mépris des salariés les moins bien payés est insondable.

Non contente d’aggraver comme jamais les conditions de travail des enseignants et de prendre l’argent dans la poche des collègues les moins bien payés, Madame le Recteur nie leur valeur professionnelle en revoyant systématiquement à la baisse les appréciations des collègues pris dans la nasse d’un rendez-vous de carrière. On peut recueillir des avis « excellent » à chacun des items de l’évaluation, bénéficier d’appréciations dithyrambiques de la part du chef d’établissement, de l’inspecteur, on sera au mieux «  très satisfaisant ». On peut être rétabli dans son droit grâce à l’intervention déterminée des commissaires paritaires Force ouvrière, Madame le Recteur fera fi du travail syndical et annulera la décision de la CAPA. Quand le mépris s’affiche avec aussi peu de complexes, quand la morgue des puissants s’abat sur «  ceux qui ne sont rien », il devient urgent de relever la tête.

Quand on use de violence, quand on méprise, on n’est jamais bien loin de l’état du menteur qui accuse les autres de déformer la vérité : c’est ainsi que nous, Force ouvrière, avons été accusés par Madame le Recteur de diffuser des fake news, car Madame le Recteur parle le Trump dans le texte. Il faut avouer que nous avions eu le culot de dire que la rentrée 2019 du second degré ne serait plus examinée comme les précédentes à l’échelon départemental en Comité Technique Spécial Départemental. De fait, cette prérogative est transférée au Comité Technique Académique, qui dans sa grande mansuétude consent à communiquer au CTSD le résultat de ses travaux. La réalité est tenace : le CTSD n’a plus la main sur la rentrée du second degré, mais le dire relève de la divulgation de fausse nouvelle, pour parler la langue de Rabelais. Quand dire la vérité revient pour l’autorité administrative à énoncer un mensonge, c’est que l’ère de la post-vérité est bien installée !

Un dernier exemple, édifiant au-delà de ce qu’il est permis d’imaginer. Lors de la récente CAPA de contestation de l’appréciation finale des rendez-vous de carrière, nos commissaires paritaires ont demandé aux représentants de l’administration comment se faisait le départage des deux collègues bénéficiant d’un même avis, si un algorithme permettait de le faire. Il leur a été répondu que les dossiers faisaient l’objet d’un examen approfondi sans recours à l’outil informatique. Mais à nos camarades de l’académie de Lyon, la DRH locale a expliqué que «  les avis finaux avaient été attribués par un paramétrage de l’algorithme de l’application SIAE, avec un nombre précis d’items à convertir en appréciation finale.» Décidément, la vérité n’a pas sa place dans l’académie de Rennes !

Et c’est pourquoi nous continuons à dire ce qui dérange : l’évaluation mise en place dans le cadre de PPCR est une machine implacable destinée à ralentir les carrières pour mieux comprimer la masse salariale, quoi d’étonnant de la part d’un gouvernement qui affiche clairement son objectif de réduire la dépense publique ? Force ouvrière se dressera continuellement contre ceux qui désinforment les salariés pour mieux faire passer les politiques d’austérité, il n’est pas d’engagement plus nécessaire, pas de tâche plus utile, c’est ce à quoi sert le syndicalisme libre et indépendant.

Didier Gaillard, secrétaire départemental.

L’éléphant et le pistolet à bouchon.

Fidèle à sa ligne d’indépendance, le SNFOLC d’Ille et Vilaine combat les politiques d’austérité de quelque pouvoir qu’elles émanent et défend au quotidien les intérêts matériels et moraux de ses mandants. De ce point de vue, 2018 a été une année intense : il a fallu ferrailler  contre les projets du ministre Blanquer concernant les lycées général, technologique et professionnel, et il va falloir repartir au front en 2019 ; il a également fallu défendre les dossiers individuels en matière de mutation, avec un sérieux  reconnu; il nous a aussi fallu intervenir pour  protéger les collègues de l’arbitraire né de la mise en place de l’évaluation des enseignants , véritable arme létale contre la liberté pédagogique et l’esprit critique, et nous avons réaffirmé, contre le discours dominant, que PPCR,  puisqu’il a vocation à comprimer les salaires en ralentissant les carrières, est dans son esprit l’opposé d’une augmentation générale des salaires.

Nous espérions traduire ces actions en termes électoraux, mais les résultats n’ont pas été à la hauteur de nos attentes,  puisque nous enregistrons dans le département un tassement  de 1,8 en pourcentage, ce qui nous ramène à notre niveau de 2011 sans pour autant impliquer de changement dans notre représentation au sein des instances départementales de l’Education nationale (CTSD, CDEN, CHSCT-D). Il n’empêche, en cette année 2019 commençante, que je vous souhaite riche en victoires et en satisfactions de toute sorte, nous ne ferons pas mentir notre réputation : Force ouvrière se bat sans relâche pour faire aboutir les revendications !

Et nous allons avoir du pain sur la planche. Les DGH vont incessamment être communiquées aux établissements, elles feront grincer les dents, et pas qu’en lycée, et il va falloir remettre sur le métier la mobilisation que les vacances ont temporairement suspendue. Au SNFOLC d’Ille et Vilaine, nous le disons en toute clarté : faire plier Monsieur Blanquer nécessite un conflit dur, une grève reconductible jusqu’à satisfaction des revendications, car on n’abat pas un éléphant avec un pistolet à bouchon ! Nous appelons donc à la tenue d’assemblées générales dont le seul point d’ordre du jour serait la grève reconductible ; un préavis national est déposé, il est désormais temps de se lancer dans l’action avant que le calendrier des vacances par zones ne vienne compliquer une tâche déjà malaisée en soi. Nous soutenons toutes les initiatives venues des établissements et qui visent à fédérer les actions, qu’elles soient menées par les lycéens ou les enseignants ; en bref, nous appelons à la grève, c’est notre responsabilité, c’est même une question de cohérence !

A bientôt dans les assemblées générales de reconduction de la grève, bonne année à tous !

 

Didier Gaillard, secrétaire départemental.

Zone de turbulences

« Le génie du soupçon est venu au monde » (Stendhal)
Ces quelques mots extraits de Souvenirs d’égotisme sont certes détournés de l’intention qu’y mettait l’écrivain, mais ils expliquent avec éloquence le regain de combativité que retrouve le pays ces derniers temps.
Oui, nous sommes entrés dans l’ «ère du soupçon» (l’expression cette fois est de Nathalie Sarraute) et personne ne peut plus désormais faire croire aux travailleurs que le monde de demain est taillé pour eux. Plus personne n’est dupe : avec chaque réforme du code du travail vient une kyrielle de reculs des droits collectifs et des pertes de pouvoir d’achat. Avec chaque réforme imposée à la Fonction publique vient le gel du point d’indice, les suppressions de postes par dizaines de milliers.
Au moment où débute une période cruciale d’élections professionnelles dans l’Education nationale, il est utile de rappeler ce qu’est Force ouvrière, et notre syndicat des Lycées et Collèges d’Ille et Vilaine en particulier… Nous ne confondons pas, nous, action et agitation : les collègues des établissements rennais touchés par la resectorisation des collèges le savent, avoir FO à ses côtés, c’est la certitude de pouvoir s’organiser dans la lutte. Nous n’avons pas, nous, un discours à l’usage des collègues, et un autre, beaucoup plus conciliant celui-là, que nous tenons devant notre employeur. Quand FO a voté contre PPCR( Parcours Professionnel Carrière Rémunération), c’était avec la certitude que les enseignants n’avaient rien d’autre à y gagner qu’une… perte de pouvoir d’achat, car c’est bien cela qui se passe, et que l’évaluation lors des rendez-vous de carrière serait une machine à broyer toute velléité d’esprit critique. Contrairement à un quarteron de syndicats partisans de l’accompagnement des contre réformes, nous ne faisons pas croire à nos mandants, nous, que le fait d’avoir évité le pire est en soi une victoire…
Le pouvoir est au beau milieu d’une zone de turbulences, et un rapport de forces susceptible- enfin- de déboucher sur une victoire des salariés est en voie de constitution. Dans une telle situation, le syndicalisme libre et indépendant est loin d’avoir fait la preuve d’une quelconque inefficacité, mieux : il est à même de défendre la seule revendication qui vaille : l’ « augmentation générale des salaires, des traitements et de la valeur du point d’indice, des retraites et des pensions ainsi que des minima sociaux » (extrait de la résolution de la Commission exécutive de l’Union départementale d’Ille et Vilaine du 23 novembre 2018). Non, décidément non, face à la cherté de la vie, du prix du mètre carré de logement, du litre de carburant, l’augmentation générale des salaires n’est pas une question à mettre en débat avant de la jeter aux oubliettes, c’est la seule réponse valable ! Procéder, comme le fait le Président de la République, en diminuant le salaire différé et le salaire socialisé que constituent nos cotisations sociales pour nous faire croire que, grâce à lui, nos salaires augmentent est une escroquerie intellectuelle. C’est faire croire que ce que nous avons immédiatement, nous l’aurons aussi plus tard ! C’est la casse de toutes les solidarités ouvrières, c’est le basculement vers un univers parallèle régi par des lois totalement ineptes qu’il présente comme le monde de demain.

dav

Mais il n’aura échappé à personne que notre propre organisation est, elle aussi, passée par des moments difficiles, et que les tenants de la ligne incarnée jusqu’en avril 2018 par un Jean-Claude Mailly devenu champion toutes catégories de la macron-compatibilité ont repris le contrôle d’une organisation qui les avait pourtant désavoués au congrès confédéral de Lille. Notre combat au quotidien, au SNFOLC35, avec l’Union départementale et les syndicats des autres secteurs professionnels, consiste à convaincre ceux qui seraient tentés de le faire que les résolutions combatives du congrès de Lille sont notre fil à plomb, et que les militants sincères et indépendants qui sont la majorité à Force ouvrière ne doivent pas être dépossédés de l’orientation adoptée en avril 2018 dans la capitale nordiste.
Le vote Force ouvrière du 29 novembre au 6 décembre 2018 prend donc une double signification. A l’externe, c’est un message clair envoyé aux prétendues organisations syndicales qui cautionnent les régressions : le monde enseignant est entré dans l’ère du soupçon. A l’interne, progresser significativement dans notre département ne sera pas un message moins clair : Force ouvrière est la propriété de ses adhérents et de ses militants de base, pas d’un appareil occupé à prospérer à leur détriment.

Didier Gaillard, secrétaire départemental du SNFOLC35

Déclaration de FO lors du CDEN du 13 novembre 2018

Cette déclaration liminaire a été lue par Force ouvrière (syndicat FNEC-FP-FO) lors du CDEN du mardi 13 novembre 2018 pour rappeler les coupes budgétaires qui ont accompagné la rentrée 2018-2019  :

  • la nouvelle carte scolaire qui touche de nombreux collèges rennais et les aberrations qu’elle implique
  • le projet de fermeture du site Malifeu (collège Rosa Parks)
  • l’abandon qui est fait du centre médical Rey-Leroux
  • le non-remplacement des agents travaillant dans les collèges
  • les différentes réformes qui touchent les lycées généraux, technologiques et professionnels, sans oublier Parcoursup…

Suite à cette lecture, FO a affirmé son refus de siéger à ce CDEN, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour entamer un véritable dialogue avec les instances.

Précisons qu’une proposition de boycott du CDEN avait été lancée par FO auprès des autres organisations syndicales siégant en CDEN. Aucune réponse n’a, à ce jour encore, été exprimée par aucun syndicat sollicité.

 

 

 

Monsieur le Secrétaire Général de la Préfecture,
Monsieur le Directeur Académique,
Monsieur le Vice-président du Conseil Général,
Mesdames et Messieurs les membre du CDEN,

 

Nous sommes réunis aujourd’hui mardi 13 novembre pour participer au premier Comité Départemental de l’Éducation Nationale 2018-2019 qui abordera notamment le bilan de la rentrée 2018 pour les 1er et 2nd degrés.

Les services de l’Éducation Nationale nous feront alors remarquer combien cette rentrée scolaire 2018-2019 s’avère techniquement réussie. Mais ce serait oublié le contexte de pénurie générale qui frappe notre service public d’éducation : car des coupes budgétaires et des cures d’amincissement, nous en voyons tous les jours à l’œuvre ou en chantier de construction.

Nous avions alerté sur les dangers que constituait la nouvelle carte scolaire qui touche un certain nombre de collèges de la ville de Rennes depuis le mois de septembre. Rappelons que cette nouvelle sectorisation a été mise en place à marche forcée, sans concertation, malgré les contestations des enseignants, des parents d’élèves, des associations de citoyens, de la FCPE et de certaines organisations syndicales.
 Car cette sectorisation pose de nombreux problèmes, que l’on ne peut nier : temps de trajet des élèves, changements brutaux d’effectifs dans certains collèges, surcharge à venir dans d’autres, fermeture du site scolaire Malifeu à Rosa Parks. Cette fermeture (qui revient purement et simplement à fermer un nouveau collège dans le département) conduira à entasser 550 élèves sur un seul site alors que nous connaissons les difficultés d’enseignement qui existent déjà dans cet établissement classé REP. Si la violence est déjà présente dans les locaux de Montbarrot et Malifeu, qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Déconvenue supplémentaire pour ces enseignants. Alors qu’on leur avait promis une carte scolaire structurée et organisée, ils se retrouvent face à des incohérences manifestes : jusqu’à onze écoles d’origine dans une même classe de sixième, des élèves envoyés dans des établissements n’appartenant pas au fameux secteur multi-collèges… Peut-on encore parler de carte scolaire lorsque l’exception devient la règle ?
Qu’il s’agisse du remplissage des établissements (dût-on en passer par la dislocation de la carte scolaire), de la rentabilisation des cantines scolaires, de la location d’un site, ou de la fermeture du collège Montbarrot, il ne s’agit-là, sous couvert de mixité sociale, que d’économies et de coupes budgétaires.

Autre procédé efficace en matière d’austérité : le centre médical Rey-Leroux. Lors du CTSD de juin dernier les représentants des personnels ont été informés de la dénonciation de la convention qui liait jusqu’à présent les services départementaux de l’Education nationale à ceux de l’Agence Régionale de la Santé en matière d’organisation de l’enseignement destiné aux élèves hospitalisés au Centre Rey-Leroux à la Bouexière.
Force ouvrière avait fait part de son opposition à cette décision.
Les informations qui nous sont parvenues de Rey-Leroux font état de grandes difficultés pour les collègues : les informations sur les supports pédagogiques (Monsieur l’IEN de la circonscription a évoqué verbalement, mais ne l’a jamais fait par écrit, la possibilité d’un recours au matériel du CNED) ont été démenties au bout d’un mois. Les professeurs ont eu à faire face à la problématique de la classe à niveau multiple et l’ont découverte au mieux le jour de la prérentrée ; ce n’est que le 1er octobre que Monsieur l’IEN a proposé des pistes d’aide (contact de conseillers pédagogiques ASH) qui ne s’avèrent pas véritablement adaptées.
En outre, les affectations effectuées par la DPE l’ont été sur la base de compléments de service dont plusieurs font intervenir les collègues ailleurs qu’au collège Martin Luther King de Liffré, certains sur trois établissements. Même si l’organisation retenue était destinée à assurer une période de transition, les personnels enseignants ont le sentiment d’être abandonnés en rase campagne.
Les personnels de la structure hospitalière s’organisent pour que cet établissement, qui pourrait effectuer un travail de qualité, soit pérennisé, il serait, du point de vue de la FNEC-FP-FO, de bonne méthode de ne pas hâter la fermeture de Rey-Leroux.

Mais n’oublions pas qu’une rentrée scolaire se fait correctement si tous les personnels des établissements marchent ensemble et œuvrent au mieux, chacun dans leurs services. Que dire quand une cantine fonctionne au ralenti ? Que dire quand les salles de classe ne sont pas nettoyées comme elles l’auraient dû ? Que dire quand les grilles du collège ne s’ouvrent pas en temps et en heure car l’agent d’accueil n’est pas remplacé depuis plus de quatre semaines ? Car c’est la situation vécue dans plusieurs collèges du département. Dans nombre d’entre eux, un agent, parfois deux, voire trois, sont absents pour des raisons médicales sérieuses depuis plusieurs semaines, et ne sont pas remplacés ! La charge de travail qui incombe alors aux collègues en place est exténuante et conduit bien souvent à de nouveaux arrêts de travail. Cette situation est inacceptable, comme l’ont prouvé les différentes grèves menées par les agents dans le département. Il devient urgent que le Conseil départemental prenne au sérieux les revendications de ses personnels, en cessant de privilégier les restrictions budgétaires sur le bien-être des salariés et sur les conditions de rentrée des élèves du département.

Enfin, nous ne pouvons parler d’austérité et de coupes budgétaires sans évoquer les différentes réformes qui se discutent aujourd’hui dans les couloirs de l’Éducation Nationale : dans les lycées généraux et technologiques, la réforme de notre Ministre M. Blanquer implique la baisse des horaires d’enseignement, la hausse des effectifs, une mise en concurrence des lycées, et une organisation du baccalauréat plus complexe, baccalauréat qui ne sera plus national. Dans les lycées professionnels, la réforme, qui constitue une attaque sans précédent contre le statut des PLP, conduit à une présence accrue du privé dans l’enseignement professionnel, à une réduction du Bac-Pro à deux ans, à une mixité des parcours et des publics qui permet le remplissage des classes, à une réduction importante des heures et à des suppressions de postes.
Comment dire que la rentrée 2018-2019 s’avère réussie et positive quand le baccalauréat ne constitue plus le premier grade universitaire, que les élèves sont sélectionnés après l’obtention de leur diplôme, et que Parcoursup a écarté du système scolaire plusieurs milliers d’élèves tandis que d’autres se trouvent inscrits dans des filières qui ne les intéressent pas qu’ils ont cochées, contraints et forcés, pour ne pas rester sur le carreau en septembre 2018 ?

Pour Force Ouvrière, il est hors de question de laisser faire.

Ce CDEN se tient donc dans un contexte budgétaire et d’attaques contre les statuts et les personnels qui rend vaines les discussions avec les représentants d’un gouvernement sourd à toutes les revendications.

Pour toutes ces raisons, la FNEC-FP-FO refuse de siéger et quitte ce CDEN.