Loi Blanquer le 17 juin 2019 : la mobilisation continue pour le retrait du texte

Le SNUDI FO 35, le SNFOLC 35, la CGT Educ’action 35 ont appelé à la grève reconductible à partir du 13 juin pour le retrait du projet de loi Blanquer. 

Le lundi 17 juin 2019, la mobilisation continue : nos organisations syndicales appellent les personnels à tenir des assemblées générales dans leurs établissements, et à participer au rassemblement à 12h devant les locaux de France 3 (avenue Janvier à Rennes). Toujours ce lundi 17 juin, des rassemblements devant les lycées sont organisés à partir de 7h30, à l’appel du SNES 35 et de collectifs (Rennes Sud, Descartes, CRBP 35).

Lundi 17 juin, ainsi que durant les jours qui suivront, le SNFOLC 35 et le SNUDI FO 35 continueront d’informer et de mobiliser les personnels non grévistes : par l’organisation avec les collègues en grève de tournées dans les écoles, les collèges et les lycées, et par la tenue de réunions d’information syndicale.

 

Il est essentiel de ne pas séparer la mobilisation des personnels du premier degré et celle du second degré. C’est pourquoi le SNFOLC et le SNUDI FO travaillent ensemble, sans séparer les luttes dans des journées d’action distinctes. Ce n’est que tous ensemble, 1er et 2nd degrés, que nous parviendrons à gagner. 

Il est capital de poursuivre la grève amorcée aujourd’hui jeudi 13 juin et de la reconduire la semaine prochaine…

Nous vous donnons rdv lundi 17 juin à 7h30 devant le lycée Descartes à Rennes (métro Poterie) pour poursuivre la grève reconductible, jusqu’à satisfaction des revendications : 

ABROGATION DES REFORMES BLANQUER

 

Appel intersyndical FO et CGT pour la grève reconductible à partir du jeudi 13 juin 2019

Depuis plusieurs mois, les personnels de l’éducation se mobilisent dans de nombreux établissements et se sont rassemblés dans des actions nationales d’ampleur.

Que ce soit du côté des parents d’élèves ou des enseignants, l’inquiétude et la colère sont grandes devant les réformes du lycée et du baccalauréat, de la voie professionnelle, la loi dite de la « confiance » et l’ensemble des transformations du système éducatif imposées par le Ministre.

Devant le mal-être croissant des personnels, paupérisés et toujours en proie à l’austérité salariale, mis devant de graves difficultés professionnelles, le Ministre n’a jusque-là répondu que par le refus de toute discussion. Pire, des collègues faisant part de leurs critiques ont été victimes de rappels à l’ordre et de mesures d’intimidation ; les pressions et les méthodes de gestion autoritaires se développent.

A cela s’ajoute le contexte de suppressions de postes alors que les conditions de travail n’ont cessé de se dégrader, dans le premier comme dans le second degré.

Le 13 juin, le projet de loi sur « l’école de la confiance » sera étudié par la commission parlementaire mixte paritaire (7 sénateurs, 7 députés). Le 17 juin, débutent les épreuves du baccalauréat. Si le Ministre persistait dans son refus d’ouverture de discussions rapides il porterait la responsabilité d’une perturbation dans le déroulement des examens.

Devant la gravité de la situation, les organisations syndicales le SNUDI-FO 35, le SNFOLC 35 et la CGT Educ’action, après de nombreuses alertes au Ministre, déposent un préavis de grève sur le mois de juin. Elles appellent tous les personnels des écoles, des collèges, des lycées à poursuivre les actions locales, à se réunir en assemblées générales pour organiser la grève à partir du 13 juin pour :

– le retrait des projets de loi « école de la confiance » et « fonction publique ».

– le retrait des réformes des lycées et du baccalauréat ;

– une revalorisation des rémunérations

Sortir de la confusion !

Les média bruissent depuis quelques jours des menaces qui pèseraient selon eux sur le baccalauréat. Qu’on se rassure : le ministre de l’Education nationale dort sur ses deux oreilles depuis de longues semaines. Depuis le mois de décembre précisément.

C’est le moment où la mobilisation enseignante pouvait prendre le relais de celle des lycéens et se lancer dans la grève jusqu’à satisfaction des revendications ; les collègues en lutte à l’époque réclamaient l’abandon des réformes des lycées professionnel et général, de l’enseignement au lycée, des modalités de passation du baccalauréat, d’accès à l’enseignement supérieur ( Parcours’sup), ils avaient raison. C’aurait été  un coup d’arrêt donné à la loi dite « Ecole de la confiance ». Le corps enseignant avait alors une opportunité stratégique,  une chance réelle-l’unique- de gagner avant que le calendrier des vacances par zone ne vienne leur compliquer la tâche. Las, le coche a été loupé. A l’époque, la grève était exclue pour la quasi-totalité des organisations syndicales, le SNFOLC35 s’était inscrit en faux contre cette attitude, force est de constater que les faits ne nous ont pas donné tort…

Et voici qu’une intersyndicale appelle à une énième journée d’action le 17 juin, début symbolique des épreuves du baccalauréat. Dans l’esprit de ses promoteurs, cette action porte uniquement sur la surveillance des épreuves de ce seul jour, et ne sera ni précédée ni suivie d’une grève reconductible jusqu’à la victoire. Le SNFOLC35 ne saurait donner la tête la première dans un panneau aussi grossier…

Le ministre-qui dort toujours aussi bien, merci- dispose de tous les leviers nécessaires pour contrecarrer les velléités d’action des signataires de l’appel : il peut compter sur le renfort de collègues que la perspective d’un rendez-vous de carrière rend plus réceptifs à la demande d’un chef d’établissement, il peut puiser dans les personnels d’éducation, de gestion, il peut compter sur le zèle des préfets, qui ont le pouvoir de réquisitionner des personnels, comme ils l’avaient fait en 2003. La dernière perturbation du bac digne de ce nom remonte à 1968, le rapport de force à l’époque reposait sur une puissante grève interprofessionnelle, aux antipodes de la situation de 2019.

Nous n’avons rien, au SNFOLC35, contre la constitution d’un tel rapport de forces, mais les signataires de l’appel du 17 juin, en refusant la reconduction de la grève, lui ont planté un poignard dans le dos.

Pis, ils ont donné au ministre le fouet pour faire battre les enseignants (rassurez-vous, ce ne sont jamais les appareils syndicaux qui trinquent…). Car, à bien y regarder, que reproche Monsieur Blanquer au baccalauréat national, terminal, ponctuel et anonyme : d’être lourd à organiser ? Sa nouvelle mouture le sera davantage. D’amputer le temps d’enseignement de précieuses heures en fin d’année ? Le contrôle continu, les grands oraux perturberont infiniment plus l’organisation des cours. Non, Monsieur Blanquer, comme ses homologues avant lui, ne supporte pas qu’un enseignant ait son mot à dire dans l’attribution du baccalauréat à un élève.

D’ores et déjà, et selon un scénario bien huilé, Monsieur Blanquer va se répandre dans les média ces prochains jours : il va stigmatiser la «  prise en otage orchestrée par une infime minorité qui se discrédite elle-même », il peut compter pour cela sur les éditorialistes de la pensée unique, sur les organisations de parents d’élèves et sur deux « syndicats » enseignants qui disent amen à tout. Nous nous trouvons donc pris dans la logique du chien accusé d’avoir la rage et qui n’en a plus pour longtemps ; c’est pourquoi, nous, enseignants, et nous seuls, avons le pouvoir d’enrayer la machine Blanquer. Et, avec elle, celles de la loi de « modernisation de la Fonction publique » et de la casse des retraites par répartition qui vont lui emboiter le pas.

C’est la raison pour laquelle le SNFOLC35, avec les camarades du SNUDI-FO 35 (premier degré), appelle à la tenue d’assemblées générales de grévistes pour lancer la grève dans les écoles, les lycées, les collèges dès le 13 juin  jusqu’à satisfaction des revendications, que le bac soit ou non perturbé le 17 passe désormais au second plan.

Etre dans l’action le 17 juin, sans l’être avant ni après revient à s’arrêter au milieu du gué, ce n’est pas ainsi que nous concevons le travail syndical à Force ouvrière.

Didier Gaillard, secrétaire départemental.