Rentrée sous coronavirus COVID-19 : réaction du SNFOLC 35 face aux dispositions annoncées par le Recteur
La reprise des cours au mois de mars va se faire au moment d’une épidémie importante au coronavirus COVID-19.
Le 25 février dernier, le Recteur a envoyé aux chefs d’établissement et aux directeurs d’école un courrier dans lequel il précise les dispositions relatives au COVID-19, dispositions parfois peu claires, ambiguës ou bien en-dessous de ce qui est attendu par les collègues.
Courrier du Recteur à lire ici.
Ci-dessous le courrier envoyé par le SNFOLC 35 à Monsieur l’Inspecteur d’Académie le 27 février dernier, avec nos demandes et nos doutes quant à cette rentrée qui se prépare.
(Au moment de l’envoi de ce courrier, les collègues n’avaient encore pas reçu le mail du Recteur sur les boites professionnelles.)
Aller au contenu PDF
Nous attendons à présent de voir si de nouvelles directives seront données
pour davantage assurer la sécurité des personnels de l’éducation.
40% de retraite en moins en échange d’un plat de lentilles et l’augmentation du temps de travail en prime
C’est en présence de la conseillère sociale de Jean-Michel Blanquer et du Directeur des Ressources Humaines que les organisations syndicales ont été réunies le 7 février. Il s’agissait de présenter les différentes « pistes » de revalorisation censées compenser la suppression du Code des pensions civiles et militaires et la fin du calcul de la pension sur les 6 derniers mois, pour les enseignants. En effet, il faut rappeler que les personnels non-enseignants sont exclus de la prétendue « revalorisation », mais ils verront, comme tous les fonctionnaires, leur pension baisser.
Que proposent le gouvernement et son ministre de l’Education nationale ?
Une première « marche » de 500 millions d’euros. Une partie de cette somme servirait à verser une indemnité dégressive sur toute la classe normale pour les débuts et milieux de carrière allant, selon les différents scénarios, de 156 € à 15 € nets par mois. La FNEC FP-FO a opposé au régime indemnitaire l’augmentation du point d’indice (18%) pour compenser la perte du pouvoir d’achat.
Le Ministère va même plus loin pour décliner son indemnité qui serait différente entre les professeurs des écoles, les certifiés et les agrégés. Il s’agirait d’opposer les personnels entre eux, les jeunes contre les moins jeunes. La FNEC FP-FO refuse de cautionner cette mise en concurrence des personnels.
▪ Exemple 1 : 14 % des enseignants « revalorisés » : ils toucheraient, quel que soit le corps, une prime allant de 156 euros nets mensuels (échelon 2) à 64 euros (au 5ème échelon) et rien pour les autres.
▪ Exemple 2 : 44 % des enseignants « revalorisés ». Le PE toucherait une prime de 114 euros nets mensuels (échelon 2) à 14 euros (échelon 8). Un certifié toucherait une prime allant de 106 euros nets mensuels (échelon 2) à 7 euros (8ème échelon). L’agrégé toucherait une prime allant de 99 euros nets mensuels (échelon 2) à zéro euros (échelon 8).
Il ne s’agit donc pas d’une augmentation de salaire. Et c’est loin, très loin, de limiter la baisse drastique du montant des pensions, dans le cadre de la réforme Macron.
Le marché de dupes ne s’arrête pas là…
Une autre partie des 500 millions servirait à rémunérer la formation des personnels… sur le temps de vacances, et des heures supplémentaires à effectuer pour remplacer les professeurs absents dans le 2nd degré !
Et ce n’est pas l’augmentation annoncée de 2 points (15% à 17%) du nombre de promus à la Hors-Classe pour les professeurs des écoles qui va permettre de faire passer la pilule de la réforme des retraites !
Pour Blanquer, il faudra travailler plus pour gagner un tout petit peu plus et surtout en finir avec le Code des Pensions.
Les scénarios proposés seraient valables un an, les autres « marches » seraient négociées chaque année comme dans le privé. Le ministre propose aux personnels une indemnité en contrepartie d’une baisse du montant des pensions à hauteur de plusieurs centaines d’euros par mois (jusqu’à moins 40 %) : une honte !
Le ministre est bien un menteur quand il dit que le montant des pensions ne baissera pas
La FNEC FP-FO exige toujours avec les millions de salariés le retrait de la réforme de retraite par points et s’oppose au détricotage du statut de le Fonction Publique d’Etat auquel le Ministre veut associer les organisations syndicales. Le dispositif prévu par le Ministre confirme les craintes des personnels et le rejet de la réforme Macron.
C’est pourquoi, la FNEC FP-FO appelle l’ensemble des personnels à poursuivre la tenue des réunions et des Assemblées Générales et à prendre toutes les initiatives pour faire échouer la réforme Macron-Philippe.
Ci-dessous : une annexe qui récapitule les 4 propositions du Gouvernement.
Aller au contenu PDFE3C et retraite par points : le rejet est total
Le déni du ministre sur les E3C
Le ministre Blanquer peut toujours dire qu’il ne se passe rien dans les lycées sur les E3C alors que deux tiers des académies sont en vacances scolaires et que les établissements sont fermés… Mais, dès que la rentrée des congés a lieu, le mécontentement resurgit. Le ministre responsable de cette situation n’a pas répondu aux milliers d’enseignants et de personnels sur le refus des E3C. C’est toujours la politique de la répression, outil généralisé par le gouvernement pour faire taire les revendications.
Sur Paris, dans plus de 40 lycées les E3C ont été reprogrammées à partir du 24 février. Aujourd’hui, la réalité est celle-ci : lycée Colbert, bloqué, présence des forces de l’ordre et les élèves obligés de composer sous la pression au lycée Balzac, les lycéens ont déchiré leur copie. Impossibilité de faire passer les E3C dans les lycées Bergson, J. Decour, V. Hugo, par exemple.
Le ministre peut affirmer que ce mouvement de refus est localisé dans certaines académies, il n’y aurait pas tant d’inquiétude de sa part si le mouvement était totalement minoritaire : nouveau report à Joliot Curie, à Nanterre, grève des E3C au lycée J-J. Rousseau à Sarcelles, au lycée de Beauvoir à Garges, les personnels et lycéens se sont aussi mobilisés, au lycée Feyder d’Epinay-sur-Seine, etc. Au lycée Mozart, en Seine-Saint-Denis, les enseignants ont fait massivement grève le 24 février contre les E3C. Les trois quarts des élèves n’ont pas composé. Au lycée J. Brel à La Courneuve, les forces de l’ordre n’ont pas permis le blocage, mais pour autant, aucun élève n’a composé ! Et le ministre de dire qu’il ne se passe rien !
Le mensonge du ministre sur les retraites
Le ministre passe son temps à asséner aux professeurs que les montants des retraites ne baisseront pas, que les nouveaux professeurs gagneront en 2021, 100 € de plus par mois… mais dans le cadre de la réforme des retraites par points, dans le cadre d’une augmentation de la charge de travail. N’en déplaise à monsieur le ministre, les professeurs ne sont pas dupes, car depuis plus de deux mois, nous avons fait grève, nous sommes toujours pour le retrait, tout le monde a bien compris de quoi il s’agissait. Le principal souci du gouvernement est d’imposer avec le 49-3 la réforme rejetée majoritairement.
La FNEC FP-FO et le SNFOLC restent déterminés à maintenir la mobilisation engagée par la grève depuis le 5 décembre aux côtés des autres salariés.
Il est possible de gagner : réunissons-nous en AG partout pour décider
Tout le monde en a fait l’expérience : les temps forts à répétition, les journées saute-mouton risquent d’épuiser les salariés, personne n’en veut. Alors continuons ce que nous avons commencé. Les congés se terminent dans plusieurs académies. La FNEC FP-FO et le SNFOLC appellent à la tenue d’assemblées de secteurs, de services et d’établissements pour discuter et décider des initiatives à prendre pour dresser des dizaines et des centaines de milliers de salariés en même temps dans tout le pays pour que le gouvernement abandonne sa réforme.
La réforme Macron-Philippe ne tient qu’à un fil, la panique du ministre falsifiant la réalité en sont les preuves
Pour les faire plier et obtenir satisfaction sur les autres revendications, partout réunissons-nous pour décider la grève tous ensemble, dans l’unité !
Communiqué du 23 février (télécharger ici)
Bilan catastrophique de l’inclusion scolaire systématique
Mardi 11 février, le président Macron a présidé, en grande pompe, la « Conférence nationale du handicap » quinze ans après la loi « Montchamp ».
En ce qui concerne l’Education Nationale, le bilan est catastrophique. Plus de 340 000 enfants étaient scolarisés en milieu ordinaire en 2018 pour 43 041 emplois d’accompagnement, soit, en moyenne, 8 enfants en situation de handicap par accompagnant. Ce sont des milliers d’enfants privés de l’accompagnement dont ils ont besoin. Ce sont des lenteurs insupportables pour les familles, les élèves et les personnels dans les procédures de la MDPH. Ce sont des centaines d’enfants avec des orientations dans des structures spécialisées (ITEP, IME, Hôpitaux de jour…) non honorées du fait de la fermeture des instituts et du manque de places.
M. Macron propose la réouverture de 1 000 places en structures spécialisées. Ce n’est pourtant pas ce que vise la loi Blanquer, à savoir 80% des élèves d’ITEP et IME en classe ordinaire.
1 500 enfants sont aujourd’hui obligés de migrer en Belgique pour trouver une place dans une structure spécialisée.
L’annonce du Président arrive bien tardivement dans une situation dramatique que la FNEC FP-FO n’a cessé de signaler. Elle a au moins le mérite de résonner comme un aveu : des structures spécialisées adaptées au type et au degré de handicap sont nécessaires. On ne peut se cacher derrière le dogme de l’inclusion systématique.
La FNEC FP-FO demande le rétablissement et le maintien de toutes les structures spécialisées.
Aucune annonce concernant le statut
Selon la ministre Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap, « les accompagnants ne sont plus en contrat aidés mais en contrat Education Nationale » !
Mme Cluzel parle d’un contrat qui implique une rémunération mensuelle de 720€. Les AESH sont, le plus souvent, à temps incomplet, en charge de plusieurs élèves sans formation adaptée dans le cadre des PIAL de la loi Blanquer. Pour faire face financièrement, ils doivent multiplier les contrats et les employeurs. Les AESH ont dû se battre, accompagnés par FO, pour percevoir leur salaire non-perçus pendant les premières semaines de l’année scolaire. Ce sont des conditions de travail et de vie intolérables qui poussent beaucoup d’entre eux, dont les personnels en CDI à la démission.
Est-ce cela le contrat Education nationale vanté par Mme Cluzel ?
Aucune annonce sur les salaires
L’augmentation de l’enveloppe budgétaire annoncée par le ministre Blanquer, servira à financer l’embauche de 11 500 AESH d’ici 2022. Rien n’est prévu pour l’augmentation des salaires.
Pendant ce temps-là, la flexibilité est confirmée
Et en attendant les hypothétiques recrutements de 2022, des milliers d’élèves notifiés n’ont pas l’accompagnement dont ils devraient bénéficier.
Côté cour, M. Macron fait des promesses. Côté Jardin, la loi Blanquer s’applique : les mutualisations des personnels dans le cadre des PIAL se poursuivent et les mutations forcées d’AESH du jour au lendemain vont s’amplifier.
Tout ce tapage médiatique ne peut masquer une réalité : accompagner les élèves en situation de handicap demande de rétablir les structures spécialisées. Cela demande de créer un vrai statut avec un vrai salaire et une véritable formation pour les personnels accompagnants.
Messieurs Macron et Blanquer doivent répondre aux revendications des personnels AESH :
- Un vrai statut et un vrai salaire avec un vrai déroulement de carrière ;
- Une revalorisation immédiate de la rémunération ;
- Pour des affectations choisies sur un seul établissement et transparentes avant la fin de l’année scolaire ;
- Abrogation de la loi Blanquer, abandon des PIALs ;
- Arrêt des mutualisations et des mutations en cours d’année ;
- Abrogation de la circulaire du 5 juin 2019 ;
- Le respect des notifications des MDPH et l’accélération des procédures ;
- L’abandon de la notion d’aide mutualisée dans les notifications et des notifications précises en nombre d’heures d’accompagnement ;
- Le remboursement des frais de déplacement ;
- Le reversement à tous les personnels de l’indemnité compensatrice de hausse de CSG ;
- L’intégration de tous les AESH dans un corps de la fonction publique.
13/02/2020
