Gestion du coronavirus dans le département : jeudi 12 mars 2020

Les enseignants du lycée et du collège de Bruz ont reçu mercredi 11 mars tard le soir des messages via Pronote pour les informer de la fermeture de leur établissement à compter du jeudi 12 mars en raison de cas de coronavirus diagnostiqués sur une des écoles de la commune.

Dans ces messages, à chaque fois, il était précisé que les enseignants étaient attendus dans leurs établissements « selon leurs emplois du temps habituels afin d’organiser la suite des événements et les modalités de la gestion de crise ». « En fonction de la situation, nous aurons besoin de vous pour communiquer les décisions prises aux élèves présents et nous nous réunirons afin d’organiser la continuité pédagogique le temps de la fermeture du lycée. »

Les enseignants ont été étonnés d’être eux-mêmes convoqués dans leur lycée et/ou collège alors que l’ensemble des établissements de la commune sont fermés. Cette incohérence, confiner les élèves mais pas les enseignants alors qu’il existe un fort risque de contamination, n’est pas du fait des principaux et proviseurs. Ce matin, le rectorat nous confirmait la consigne du ministère validée par l’ARS (Agence Régionale de santé) : « Pas de confinement pour les adultes » ! D’ailleurs, au lycée de Bruz, les conseils de classe et autres réunions seront maintenus.

D’autres incohérences sont apparues : ce matin, les enseignants de certains lycées du département ont appris par la DSDEN que les élèves en pré-bac seraient confinés tandis que les élèves en post-bac continueraient d’aller en cours. S’agit-il véritablement de confiner pour endiguer la contamination ? Ou de faire des demi-mesures qui ne permettent pas d’assurer la sécurité des élèves et des personnels de l’éducation ?

Dans l’Académie de Rennes, Force Ouvrière était à l’origine du CHSCT Académique extraordinaire qui s’est tenu lundi 9 mars dernier, sous la présidence de Monsieur le Recteur (compte-rendu du CHSCT A ici). Il est manifeste qu’un nouveau CHSCT s’impose pour discuter de la gestion de la situation dans le département. Le SNFOLC 35 a contacté ce matin les représentants des autres syndicats siégeant en CHSCT Départemental pour demander en urgence la tenue d’un CHSCT D extraordinaire.

Par ailleurs, à l’heure où le Ministre de l’Education Nationale affirme que la continuité pédagogique sera assurée en cas de fermeture d’établissement, il est bon de rappeler que, concernant le télétravail, deux textes réglementaires existent : le décret de 2016 et l’arrêté de 2018.

Dès lors nous demandons qu’ils soient respectés : volontariat, fourniture de matériel, organisation du travail, décompte du temps de travail. Cela signifie, par exemple, que si l’Education nationale ne fournit pas à chaque enseignant le matériel informatique nécessaire à ce télétravail, alors il ne pourra y avoir de continuité pédagogique.

 

Lire les deux extraits cités ci-dessous :

 Dans le décret n° 2016-151 du 11 février 2016 relatif aux conditions et modalités de mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique et la magistrature, l’article 6 précise que « l’employeur prend en charge les coûts découlant directement de l’exercice des fonctions en télétravail, notamment le coût des matériels, logiciels, abonnements, communications et outils ainsi que de la maintenance de ceux-ci ».

 

Dans l’arrêté du 3 avril 2018 portant application dans les services déconcentrés du ministère du travail des dispositions du décret n° 2016-151 du 11 février 2016 relatif aux conditions et modalités de mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique et la magistrature, l’article 9 précise que « l’administration met à disposition l’équipement informatique, matériel et logiciel, et l’accès à la documentation professionnelle nécessaires au télétravail […] ».

 

Nous vous tiendrons informés des suites.

Réforme des concours : un projet de plus en plus régressif

Le SNFOLC 35, depuis le début, s’est opposé à la masterisation des concours. Il a dénoncé le projet de réforme Blanquer-Vidal des concours d’enseignement et de la formation des enseignants : passage du concours au 2ème semestre de la 2ème année de master, baisse considérable des exigences disciplinaires car l’évaluation des connaissances disciplinaires n’occupant plus que 1/5ème des épreuves du concours, précarisation accentuée des candidats, véritable «entretien d’embauche» en lieu et place des concours disciplinaires.

Étudiants en master MEEF = professeurs sous-payés

Le projet d’arrêté des formations dispensées au sein des masters MEEF communiqué par le ministère aggrave encore la situation faite aux étudiants de master MEEF.
 
Pour les étudiants qui seraient en alternance à 1/3 temps, celle-ci pourrait prendre place en M1, en M2 ou à cheval sur les deux années, avec un contrat de douze mois consécutifs dont la base juridique serait a priori un contrat de formation professionnelle.
 
Qu’on ne s’y trompe pas, l’alternance prévue par le ministère n’est pas de la formation, comme le révèle une réécriture du ministère, remplaçant dans le projet d’arrêté l’expression « périodes de formation en milieu professionnel par le terme « alternance ». Pour environ le tiers d’un SMIC, le ministère disposera ainsi d’une main d’œuvre de remplaçants à peu de frais.

Étudiants en master MEEF = auxiliaires non payés

Pour les étudiants qui ne seront pas sous le régime de l’alternance, ils se verront infliger des durées de stage allongées, jusqu’à 18 semaines sur l’ensemble du master (soit 18/36 semaines d’une année scolaire ou sur 18/24 semaines d’une année universitaire). Les stagiaires dans les établissements pourront à n’en pas douter servir de main d’œuvre auxiliaire gratuite.
 
Le choix pour les étudiants de master MEEF sera donc cornélien : être sous-payé comme contractuel à 1/3 temps ou servir de main d’œuvre auxiliaire gratuite ? Percevoir une bourse en travaillant gratuitement ou se résoudre à être un «travailleur pauvre» ?

Concours, lois de programmation, retraites : un même combat contre la régression sociale

Précarisation, généralisation de la contractualisation portées par la loi de Transformation de la Fonction publique et les projets de lois de programmation pluriannuelle dans l’Éducation nationale et la recherche sont aussi à l’œuvre dans la réforme des concours et des masters MEEF. L’objectif n’est autre que la mise en extinction du statut de la Fonction publique. La réforme des retraites, en faisant disparaître le salaire continué que constitue la pension, liée au statut de fonctionnaire, viendrait verrouiller le dispositif.

Les réformes Macron-Philippe ne passent pas, il est possible de gagner ! 

Concours régressifs, allongement du temps de travail au nom de la pseudo-revalorisation Blanquer, mise au pas des personnels dans les lycées, intimidations des élèves, répression, baisse des pensions et retraites de 30 à 40%, LPPR dans l’enseignement supérieur, généralisation de la précarité contre la recherche, c’est insupportable pour tous.
 
Le SNFOLC 35 appelle les personnels à se réunir dans chaque école, chaque établissement, chaque service, chaque INSPE et chaque UFR pour réaffirmer les revendications et discuter de l’action efficace pour en finir avec les réformes régressives.
 
On peut gagner. On ne lâche rien, dans l’unité, jusqu’au retrait de toutes les réformes régressives !

Coronavirus : le révélateur des carences de notre employeur

Dans l’Académie de Rennes, Force Ouvrière est à l’origine d’une demande d’un CHS-CT Académique extraordinaire. Ce dernier a eu lieu, sous la présidence de Monsieur le Recteur, le lundi 9 mars 2020. Vous trouverez ci-dessous un compte-rendu réalisé par nos représentants.

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Par ailleurs, à l’heure où le Ministre de l’Education Nationale affirme que la continuité pédagogique sera assurée en cas de fermeture d’établissement, il est bon de rappeler que dans un Etat de droit, des textes de loi existent…En l’occurrence concernant le télétravail, à notre connaissance seuls deux textes réglementaires sont à la disposition de l’administration : le décret de 2016 et l’arrêté ministériel de 2018.

Dès lors nous demandons qu’ils soient respectés : volontariat, fourniture de matériel, organisation du travail, décompte du temps de travail. Cela signifie, par exemple, que si notre employeur ne fournit pas à chaque enseignant le matériel informatique nécessaire à ce télétravail, alors il ne pourra y avoir de continuité pédagogique…

Le SNFOLC 35 s’adresse à la confédération Force Ouvrière

Le SNFOLC 35 s’est adressé à sa confédération afin que FO lance (enfin…) un appel clair, massif et sans aucune ambiguïté à la grève générale de tous les travailleurs du public et du privé pour bloquer le projet destructeur et mortifère de réformes des retraites.

La bride et la muselière

Au moment où nous écrivons ces lignes, notre confédération vient de signifier au gouvernement qu’elle ne participerait plus à la conférence sur le financement du système prétendument universel de retraite par points, et elle vient d’être rejointe par la CGT. Cela dit, ne pas mettre les pieds du tout dans cette galère aurait constitué un signal au moins aussi fort que nous aurions salué avec enthousiasme.

A ce stade de la mobilisation contre la casse de nos retraites, un bilan d’étape s’impose : la journée d’action du 5 décembre, pour massive qu’elle ait été, n’a débouché sur des grèves reconduites que dans un nombre limité de secteurs (dont l’Education nationale) et certains autres n’ont rejoint le mouvement que longtemps après. L’isolement des camarades de la RATP et de la SNCF les a poussés, comme l’espérait le gouvernement, à suspendre leur mouvement, la mort dans l’âme comme on peut l’imaginer.

Il reste donc à créer les conditions d’un rebond. Il est impératif de remonter au front et tous secteurs confondus cette fois, pour une offensive générale. On peut reprocher tout ce qu’on veut à ce gouvernement, mais pas d’être idiot au point de créer les conditions de sa propre défaite. Il table sur une éphémère indignation quant à son recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, et, pour parachever son dispositif, il use, avec un opportunisme et un cynisme qui forceraient l’admiration s’ils n’étaient pas si odieux, de la peur d’une pandémie qui a permis à la Chine d’expérimenter un contrôle social à l’échelle d’un pays entier.

De Xi Jin Ping à Macron, tous les puissants de ce monde n’ont qu’une préoccupation : museler toute opposition ; et si la loi martiale ne se justifie pas, la crise sanitaire peut utilement la remplacer.

D’ores et déjà, au nom de la guerre contre le virus covid-19, le Préfet du Morbihan vient d’interdire tout rassemblement. A quand le tour de l’Ille et Vilaine ?

Comme celle de son Union départementale, la détermination du SNFOLC35 reste entière : nous nous battrons jusqu’au retrait du projet Macron-Philippe-Berger de casse de nos retraites ! Aucun état de siège, aucune crise sanitaire ne nous fera taire !

Mais si pour réussir un mouvement doit s’appuyer sur des mots d’ordre clairs, il faut également que ces mots d’ordre soient lancés solennellement par les confédérations, toutes les confédérations, en commençant par la nôtre.

« Audaces juvat Fortuna » (La chance vient en aide aux audacieux), écrit Virgile. Et de l’audace, il en faut pour résister à la macroneuse. C’est pour que la confiance, au-delà de nos propres syndiqués, au-delà de l’Education nationale, revienne dans les rangs des salariés, que le SNFOLC35 s’est adressé à Yves Veyrier, Secrétaire général de la Cgt-Force ouvrière, en ces termes : « Le bureau du SNFOLC35 s’adresse à la Confédération Cgt-Force ouvrière pour  lui demander de lancer un appel à la grève générale. »

Ni brides, ni muselières n’entraveront les femmes et les hommes libres qui se sont réunis au sein de Force ouvrière. Le patronat et le gouvernement seraient bien inspirés d’en tenir compte.