Formation pendant les vacances : inacceptable !

Le Ministre a publié le décret 2019-935 du 6 septembre 2019 (ainsi qu’un arrêté) avec effet rétroactif au 1er avril 2019. Ces textes mettent en place une allocation pour rémunérer les enseignants effectuant une formation pendant « les vacances des classes » « à l’initiative de l’autorité compétente ou après [leur] accord ».

Il est donc indiqué explicitement que les personnels pourront être convoqués en stage de formation pendant les vacances, même sans leur accord, pour une durée de 5 jours par an. En outre, ce décret remet en cause les congés de formation et leur indemnisation à 85% en rémunérant de manière forfaitaire la formation d’une demi-journée à 60€ et d’une journée à 120€.

Lors du Comité Technique Ministériel du 12 juin, les organisations syndicales avaient voté unanimement contre ce projet. Une nouvelle fois, le gouvernement passe en force et publie ce décret alors que le schéma directeur sur la formation continue est toujours en cours de discussion.

De qui se moque le Ministre quand il prétend d’un côté négocier avec les représentants du personnel l’organisation de la formation continue et de l’autre publier un décret unanimement rejeté qui attaque nos droits à congé ?

Le SNFOLC 35 ne peut accepter une telle remise en cause de nos droits à congé et à formation et exige l’abrogation du décret du 6 septembre 2019 et de son arrêté.

Le SNFOLC 35 revendique le rétablissement du droit à la formation continue comme droit statutaire défini pour chaque corps, par exemple pour les Professeurs des Ecoles les 36 semaines de formation continue pendant le temps de travail.

Le SNFOLC 35 exige que la formation continue soit maintenue dans le cadre réglementaire actuellement en vigueur c’est‐à‐dire sur le temps de travail devant élèves et revendique que le remplacement soit systématiquement assuré.

Le SNFOLC 35 n’accepte pas ce nouveau passage en force et réaffirme ses revendications :
. NON à la formation continue sur le temps des vacances ;
. OUI à une véritable formation continue, choisie, sur le temps de travail.

Nos retraites en danger !

L’objectif du projet Macron-Delevoye est limpide : liquider le système des retraites par répartition tel qu’il a été conquis au XXe siècle pour instaurer un système par points. De quoi s’agit-il ? Une fois n’est pas coutume, laissons la parole à François Fillon sur ce sujet :
 
Le système par points, en réalité, ça permet une chose qu’aucun homme politique n’avoue : ça permet de baisser chaque année le montant des points, la valeur des points, et donc de diminuer le niveau des pensions.
 
Grand oral de François Fillon, candidat à «la primaire de la droite », devant les patrons le 10 mars 2016 (Public Sénat).

Carrière complète de 43 ans

 
Le gouvernement avance comme argument que la prise en compte des indemnités et primes dans le calcul par points compensera le lissage sur 43 ans. C’est faux ! Les fonctionnaires de l’Etat perdront selon les catégories de 22 % à presque 37 % de pension malgré une carrière complète de 43 ans.
 
La prise en compte du régime indemnitaire ne compensera nullement le lissage du calcul des pensions sur 43 ans en lieu et place d’un calcul sur l’indice détenu les 6 derniers mois. Il est vrai que plus le régime indemnitaire est conséquent plus la perte est moindre, mais dans des proportions vraiment négligeables.
 
Pour s’en convaincre, prenons le cas d’un professeur certifié célibataire et sans enfant avec : 
 
– Tous les trimestres cotisés (pas de décote). 
– Un régime indemnitaire : ISOE de 1.213,56 euros par an, une HSA par an soit une moyenne de 1.413,10 euros (30 ans CN et 13 ans HC), ISS REP de 1.734 euros, soit un total de 4.360,66 euros par an.
 
Ce professeur certifié en 43 ans de carrière sans interruption (30 ans en classe normale et 13 ans en hors classe) peut atteindre le 6ème échelon de la hors classe, soit l’indice majoré de 798.
 
Dans le système actuel, ce collègue peut prétendre à une pension de 2.804,58 euros bruts mensuels. Avec le système par points, sa pension sera de 1.929,48 euros bruts mensuels, soit une baisse de 31,2%.

Les carrières non complètes

Le gouvernement avance comme autre argument que les carrières hachées ou incomplètes seront mieux prises en compte. En effet les collègues qui subissent de la décote dans le régime du code des pensions ont moins de perte. Mais encore une fois, comme on part de tellement bas, la perte reste importante. 
 
Ainsi, comme on l’a vu, un certifié avec une carrière complète de 43 ans subirait une perte de 875,10 euros mensuels, soit une perte de 31,20 %. Dans une situation de fin carrière similaire, un certifié à qui il manquerait 10 trimestres, perdrait quand même 433,20 euros mensuels, soit 18,74 %.
 
Prenons le cas d’un professeur certifié célibataire avec un enfant avec :
 
– Tous les trimestres qui ne sont pas cotisés : il manque 10 trimestres (162 au lieu de 172 en intégrant les 4 trimestres de bonifications pour enfant), et il y a donc une décote de 12,5%. 
 
– Un régime indemnitaire : ISOE de 1.213,56 euros par an, une HSA par an soit une moyenne de 1.407,20 euros (30 ans CN et 10 ans et 6 mois HC), ISS REP de 1.734 euros, soit un total de 4.354,76 euros par an.
 
Ce professeur certifié en 40 ans et 6 mois de carrière sans interruption (30 ans en classe normale et 10 ans 6 mois en hors classe) peut atteindre le 6ème échelon de la hors-classe, soit l’indice majoré de 798.
 
Dans le système actuel, ce collègue peut prétendre à une pension de 2.311,35 euros bruts mensuels. Avec le système par points, sa pension sera de 1.878,15 euros bruts mensuels, soit une baisse de 18,74%.
 

L a confédération Force Ouvrière, opposée à la future contre-réforme des retraites qui veut transformer les quarante-deux régimes existants en un système universel par points, entend le faire savoir.

Elle lance une campagne d’information et de mobilisation sur les retraites, avec à la rentrée un rassemblement d’ampleur nationale à Paris, le samedi 21 septembre.

Bonne rentrée, mon oeil !

Les enseignants de ce département ont reçu ces derniers jours de nombreux vœux de rentrée venus tant du ministre et  du recteur que d’organisations dites syndicales. Nous n’avons pour notre part pas sacrifié à ce rituel, quitte à passer pour des mal polis.

En effet, quel sens y a-t-il à souhaiter une bonne rentrée aux 60% de contractuels laissés sans affectation à ce jour, aux TZR nommés sur deux ou trois établissements, avec des services infaisables, comme cet ineffable service partagé de lettres modernes entre Retiers ( sud-est du département) et Saint-Méen ( nord-ouest) ;  aux collègues des lycées général, technologique et professionnel, qui découvrent des emplois du temps démentiels, enfants monstrueux des réformes de Monsieur Blanquer…Lequel déclare sur Europe 1, le 2 septembre avec une perversion mêlée de gourmandise : « C’est l’une des meilleures rentrées que j’ai connues ». Sachez-le, Monsieur le Ministre, votre plaisir est inversement proportionnel  au nôtre, et nous souhaiter une bonne rentrée revient à promettre une longue vie à un malade en soins palliatifs…

A ceux qui seraient tentés de trouver ces propos excessifs, rappelons les faits : le 21 juillet, la loi de transformation de la Fonction publique introduit le recours à la rupture conventionnelle, au recrutement de contractuels hors concours, le contrat de mission pour une durée de six ans, transpose les ordonnances sur le code du Travail pour vider les CAP de leur substance et mettre à mort les CHSCT. Le 3 septembre, M. Delevoye intègre le gouvernement pour piloter la contre réforme des retraites, il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’il n’aura que faire des revendications de Force ouvrière en la matière, et que le résultat sur le montant de nos pensions sera désastreux ( jusqu’à une perte de 800 euros pour un certifié). Si l’on ajoute à cela l’annonce de la suppression de 5600 postes aux Finances publiques au titre des économies permises par l’instauration du prélèvement à la source, on est en droit de se demander ce qui va à court terme subsister de la République sociale à laquelle nous sommes attachés.

C’est pourquoi nous n’allons pas pouvoir faire l’économie d’un conflit social sérieux, nous y sommes prêts, pour reprendre les mots d’Yves Veyrier, Secrétaire général de la Cgt-Force ouvrière. L’initiative d’une manifestation d’ampleur nationale à Paris le 21 septembre sert de ce point vue de branle-bas de combat, chacun peut s’inscrire pour y « monter » en car, il importe de réussir cette action pour pouvoir dire «  J’y étais ! ».

Les camarades du SNFOLC35 et moi-même vous souhaitons pour conclure, une bonne rentrée sociale, déterminée, combative !

IMPOSONS NOTRE CHANCE !

Didier Gaillard, secrétaire départemental.

 

300 € annuels d’augmentation…merci patron !

Quelques jours avant la rentrée scolaire, le ministre Blanquer s’est répandu sur les ondes et les écrans en annonçant pour 2020 que les professeurs engrangeront 300 € bruts d’augmentation « en moyenne ». Ce qui reviendrait à 25 € par mois, soit 17 € nets, toujours en moyenne.

Le ministre a oublié d’expliquer qu’il s’agit en fait d’un effet retard du protocole PPCR du gouvernement Hollande, protocole dont la mise en œuvre avait été suspendue pendant une année. La pseudo-revalorisation PPCR promue et défendue par le syndicat majoritaire repose sur deux leviers : l’augmentation du nombre de points attribués à certains échelons de la carrière d’une part allant, par exemple, de 0 pour les certifiés 2ème échelon classe normale (soit zéro euro), à 11 points supplémentaires pour les certifiés hors-classe au 4ème échelon (soit 52 € mensuels bruts supplémentaires).

D’autre part, la création, en 2017, d’un nouveau grade, la classe exceptionnelle aboutit, pour une infime minorité de personnels à une augmentation de moins de 180 € bruts pour les mieux lotis. Pour résumer : il n’y en aura pas pour tout le monde et tout était déjà prévu et budgété. C’est à ce même protocole PPCR – dont le ministre Blanquer popularise les miettes et que FO n’a pas signé – que les fonctionnaires doivent la pérennisation du blocage du point d’indice (bloqué depuis 10 ans). Les personnels de l’Éducation nationale lui doivent aussi la généralisation des « entretiens de carrière » instituant l’arbitraire dans les évolutions de carrière et les rémunérations.

Encore faudrait-il soustraire de ces annonces l’augmentation des retenues pour pension civile, abusivement appelées « cotisations » puisque les pensions des fonctionnaires sont inscrites au budget de l’État. Ces pseudo-cotisations sont en réalité un impôt qui n’a cessé d’augmenter. De 7,85 % en 2010, il est passé à 11,10 % en 2020 ! Ce qui explique que PPCR ou pas, certains verront leur salaire stagner voire baisser au 1er janvier 2020.

La FNEC FP-FO avec la fédération générale des fonctionnaires Force Ouvrière (FGF-FO) revendique 18 % d’augmentation de la valeur du point d’indice qui doit être immédiatement débloqué. C’est avec cette revendication que la FNEC FP-FO entrera dans les discussions annoncées par le gouvernement sur les rémunérations des enseignants. Pour FO, les personnels de l’Éducation nationale sont fonctionnaires d’État et ils doivent le rester.

400 euros par MOIS en moins de pouvoir d’achat : c’est l’effet conjugué du gel du point d’indice et de l’inflation depuis 2000, pour un personnel de catégorie A !

Le ministre et le gouvernement ne nous feront pas taire !

Depuis des mois, les personnels sont mobilisés sur les revendications pour défendre leurs statuts, les postes, les conditions de travail, les diplômes nationaux. Ces derniers jours encore, ils se sont réunis en assemblées générales – disciplinaires, interdisciplinaires, dans les établissements et les localités – ils ont décidé les moyens d’action y compris la grève, comme à Dijon, Amiens, Toulouse, Paris… De nouvelles assemblées générales sont convoquées cette semaine pour discuter de la poursuite des initiatives discutées et décidées.

C’est un fait, personne n’accepte les conditions de la rentrée. Publication de la loi Blanquer pendant les vacances, présentation du régime de retraites universel par points par le Haut-commissaire Delevoye prévue cette été, mise en œuvre de la réforme du lycée et du baccalauréat, explosion des effectifs par classe dans les collèges comme dans les lycées…

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