Bonne rentrée, mon oeil !

Les enseignants de ce département ont reçu ces derniers jours de nombreux vœux de rentrée venus tant du ministre et  du recteur que d’organisations dites syndicales. Nous n’avons pour notre part pas sacrifié à ce rituel, quitte à passer pour des mal polis.

En effet, quel sens y a-t-il à souhaiter une bonne rentrée aux 60% de contractuels laissés sans affectation à ce jour, aux TZR nommés sur deux ou trois établissements, avec des services infaisables, comme cet ineffable service partagé de lettres modernes entre Retiers ( sud-est du département) et Saint-Méen ( nord-ouest) ;  aux collègues des lycées général, technologique et professionnel, qui découvrent des emplois du temps démentiels, enfants monstrueux des réformes de Monsieur Blanquer…Lequel déclare sur Europe 1, le 2 septembre avec une perversion mêlée de gourmandise : « C’est l’une des meilleures rentrées que j’ai connues ». Sachez-le, Monsieur le Ministre, votre plaisir est inversement proportionnel  au nôtre, et nous souhaiter une bonne rentrée revient à promettre une longue vie à un malade en soins palliatifs…

A ceux qui seraient tentés de trouver ces propos excessifs, rappelons les faits : le 21 juillet, la loi de transformation de la Fonction publique introduit le recours à la rupture conventionnelle, au recrutement de contractuels hors concours, le contrat de mission pour une durée de six ans, transpose les ordonnances sur le code du Travail pour vider les CAP de leur substance et mettre à mort les CHSCT. Le 3 septembre, M. Delevoye intègre le gouvernement pour piloter la contre réforme des retraites, il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre qu’il n’aura que faire des revendications de Force ouvrière en la matière, et que le résultat sur le montant de nos pensions sera désastreux ( jusqu’à une perte de 800 euros pour un certifié). Si l’on ajoute à cela l’annonce de la suppression de 5600 postes aux Finances publiques au titre des économies permises par l’instauration du prélèvement à la source, on est en droit de se demander ce qui va à court terme subsister de la République sociale à laquelle nous sommes attachés.

C’est pourquoi nous n’allons pas pouvoir faire l’économie d’un conflit social sérieux, nous y sommes prêts, pour reprendre les mots d’Yves Veyrier, Secrétaire général de la Cgt-Force ouvrière. L’initiative d’une manifestation d’ampleur nationale à Paris le 21 septembre sert de ce point vue de branle-bas de combat, chacun peut s’inscrire pour y « monter » en car, il importe de réussir cette action pour pouvoir dire «  J’y étais ! ».

Les camarades du SNFOLC35 et moi-même vous souhaitons pour conclure, une bonne rentrée sociale, déterminée, combative !

IMPOSONS NOTRE CHANCE !

Didier Gaillard, secrétaire départemental.