En grève : bloquons les E3C

Le gouvernement ne craint pas les journées saute-moutons qui aboutissent à l’épuisement des grévistes, il craint la reconduction de la grève contre la retraite par points et le blocage des épreuves du baccalauréat. Il sait que les professeurs en sont capables, ils en ont fait la démonstration en juillet dernier. C’est de sa responsabilité de retirer ses contre-réformes.

Ni retraites par points, ni E3C

 
Depuis des semaines les professeurs, aux côtés des salariés de tous les secteurs se battent contre l’individualisation des carrières et des salaires qu’imposerait la réforme Macron-Philippe de la retraite par points. Depuis des semaines les professeurs sont confrontés au casse-tête des E3C qui individualisent les épreuves du baccalauréat et dénaturent cet examen.
 
Les réformes que nous combattons font système. Refuser la retraite par points c’est refuser le chacun pour soi, c’est refuser d’être la génération qui aura sacrifié les suivantes. Le baccalauréat perd sa valeur nationale à cause de la réforme Blanquer qui impose des épreuves le contrôle continu toute l’année. Nos élèves, qui entreront sur le marché du travail à leurs 18 ans en 2022, se verraient appliquer la réforme par points plein pot ! Une fois sur le marché du travail, nos élèves perdraient les garanties qu’apporte le système actuel ? Nous refusons ce système révoltant qui relègue la jeunesse dans une future sous-catégorie de salariés avec moins de droits. Nous n’acceptons ni la destruction du diplôme du baccalauréat, ni la destruction de notre système de retraite.
 

Dans tous les lycées, le même constat

Les conditions d’organisation des E3C aboutissent à anéantir la valeur du diplôme et exposer les professeurs au burn out : délais trop courts, explosion de la charge de travail, redéfinition du bac par lycée et par élèves, épuisement et stress des élèves, pression permanente sur les équipes pédagogiques pour préparer les élèves à ces épreuves alors que les conditions pour y parvenir ne sont pas réunies. Les collègues se sont adressés à leurs IPR, au recteur, au ministre.
 
Ils les ont alertés sur le fait qu’ils sont placés dans l’incapacité de passer les épreuves. La seule réponse : les injonctions paradoxales et les tentatives pour diviser les équipes pédagogiques. C’est insupportable ! Dans tous les lycées, le constat est le même : les professeurs sont placés dans l’incapacité de faire passer des épreuves dignes de porter le nom de baccalauréat. Ils constatent que leur santé est directement menacée.
 

Ce que demandent certains syndicats

La réforme Blanquer du baccalauréat général et technologique prévoit une première session de 3 ou 4 épreuves communes de contrôle continu (E3C) en janvier-février 2020 : histoire-géographie, langues vivantes A et B + mathématiques pour les séries technologiques.

Certains syndicats demandent la suppression de ces épreuves et leur transformation en épreuves terminales nationales en fin d’année. Pour les élèves de première, ce sera non plus 2 ou 3 épreuves anticipées qui auront lieu en juin comme dans l’ancien bac (français écrit, oral et sciences pour les anciennes séries L et ES), mais 6 ou 7 épreuves qu’ils devront passer en fin d’année de première (français écrit, oral, histoire-géographie, langues vivantes A et B, enseignement scientifique et la spécialité abandonnée en fin de première (ou mathématiques pour les séries technologiques) : cette demande est inacceptable !

Ce que demande Force Ouvrière

FO ne demande pas le report, mais l’annulation pure et simple des E3C. C’est un moyen d’action pour montrer notre opposition jusqu’au retrait du projet de réforme des retraites.

En grève depuis le 5 décembre,  saisissons-nous du blocage des E3C comme moyen pour faire flancher le gouvernement afin qu’il retire sa réforme des retraites ! 

Nos revendications sont claires :

  • annulation des E3C
  • abrogation des réformes des lycées, du baccalauréat et de Parcoursup
  • abrogation de la loi pour l’école de la confiance
  • abrogation de la loi de transformation de la fonction publique
  • retrait du projet de réforme des retraite
 
En grève depuis le 5 décembre, en AG le 6 et les jours suivants, le SNFOLC 35 considère qu’il est possible de bloquer les E3C pour montrer notre opposition jusqu’au retrait du projet de réforme des retraites.
 
Le SNFOLC 35 rappelle que la fédération FO de l’enseignement, la FNEC FP-FO, a déposé un préavis de grève, que le droit de grève est constitutionnel. Il pose un cadre légal qui dégage les grévistes de leurs obligations de service. Toute pression ou menace de sanction est alors dénuée de fondement.
 
Le SNFOLC 35 apportera tout son soutien aux collègues engagés dans ce combat décisif pour résister, pour reconquérir nos droits et pour garantir les droits des générations futures.

Le SNFOLC 35 appelle à poursuivre la grève !

Alors que l’année commence en pleine grève historique pour le retrait de la contre-réforme des retraites, nous avons entendu les vœux du Président de la République : au-delà des slogans et des formules creuses ressassées depuis des mois, il a décidé d’ignorer ce qui s’exprime depuis le 5 décembre.

Macron et son gouvernement nous méprisent

  • Mépris à l’égard de l’immense majorité des salariés qui refuse la destruction des droits collectifs, et ne veut pas léguer aux générations futures un système basé sur la capitalisation, géré par les fonds de pensions.

     

  • Mépris à l’égard des organisations syndicales accusées de « mensonges et de manipulations », et sommées d’accompagner la contre-réforme dans le cadre d’un pseudo compromis.

Au même moment le gouvernement poursuit la casse des statuts et des services publics

En quelques jours, le gouvernement vient de publier plusieurs décrets de régression sociale, malgré l’opposition de la majorité des organisations syndicales, dont FO :
 
  • Trois décrets d’application de la loi de transformation de la Fonction publique permettant d’une part l’ouverture de la Fonction publique à des non fonctionnaires et d’autre part l’expérimentation de ruptures conventionnelles, comme c’est déjà le cas dans le privé ; un décret sur le transfert définitif de parties des services des Dronisep aux régions ; un décret d’application de la loi anti-laïque pour « une école de la confiance » sur le financement des écoles maternelles privées par les communes ; deux décrets donnant encore plus de pouvoirs aux recteurs de région académique.

     

  • Publication de la loi de financement de la sécurité sociale, avec notamment un nouveau plan d’économies de plusieurs milliards dans la santé et la poursuite de la sous-indexation des pensions de retraite et de la plupart des prestations familiales (+ 0,3 % à comparer à une inflation de 1,2 %) c’est à dire une baisse du pouvoir d’achat.

Il faut les arrêter ! Nous pouvons les arrêter !

Le gouvernement espérait une trêve, pour casser la mobilisation qui dresse des millions de salariés contre son projet. Il a perdu son pari. La grève pour le retrait de la réforme des retraites se poursuit à la SNCF, à la RATP, dans des raffineries… Pendant les congés, de nombreux personnels de l’Education nationale ont participé aux actions de soutien à la grève, aux rassemblements, aux blocages, aux collectes pour les caisses de grève…
 
Le SNFOLC 35 appelle les personnels à se réunir en AG dès le jour de la rentrée, pour décider la poursuite de la grève.
 
Le gouvernement ne nous laisse pas d’autre choix que la grève unie jusqu’au retrait du projet gouvernemental.

Communiqué du SNFOLC 35 contre les violences policières à Rennes

Mardi 17 décembre dernier, au sortir du métro de Villejean à Rennes, des étudiants qui revenaient de la manifestation contre le projet de réforme des retraites, ont été molestés par les forces de l’ordre.
 
Un étudiant raconte : « Après la manifestation, la CDI (Compagnie Départementale d’Intervention) nous attendait à la sortie du métro en haut des marches. Ils sont descendus et nous ont plaqués contre le mur. Ils nous ont insultés, fouillés et palpés, les gars comme les filles. Ils ont pris nos affaires, nos sacs, nos clés, de l’argent. Ils ont mis nos affaires dans le camion. Ils nous ont dit que pour les récupérer, nous devrions aller au commissariat et présenter des justificatifs, des factures. »
 
Peu après, devant l’université Rennes 2, des étudiants faisaient face aux forces de l’ordre qui ne respectaient pas la franchise universitaire en entrant sur le site sans y avoir été autorisées. Les étudiants ont alors été rejoints par les participants à l’AG Education qui se tenait dans un des amphis de la faculté. Le Président de l’Université de Rennes 2 est intervenu et a obtenu le départ des policiers. 
Le SNFOLC 35 condamne ces faits, ainsi que la répression et les tentatives d’intimidation que subissent les étudiants depuis le début du mouvement contre le projet de réforme Macron-Delevoye.
 
En France, l’usage de la force semble devenir monnaie courante, que ce soit dans les cortèges des manifestants, aux abords des lieux de défilé, mais également en périphérie (là où les manifestants sont attendus car rentrant chez eux, à l’exemple du métro Villejean à Rennes). 
 
Le désormais fameux délit de participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations – créé en 2010 à l’initiative du député Christian Estrosi pour lutter contre ce qu’il appelait les « violences de groupe » – permet de punir la seule intention, sans qu’aucune violence ou dégradation matérielle ait même commencé : ce délit sert désormais aux parquets à embastiller de simples manifestants.
Le SNFOLC 35 revendique la liberté de pensée, la liberté d’expression et la liberté de manifestation : elles constituent des droits fondamentaux et inaliénables qui ne peuvent être piétinées.

Pas de trêve jusqu’au retrait ! Soutien total à tous les secteurs en grève !

A l’issue de sa rencontre avec les organisations syndicales et patronales, E. Philippe et son gouvernement disent : « il y a des avancées ». Ils se moquent du monde !

Le gouvernement maintient tout : la fin des 42 régimes de retraites, dont le Code des Pensions civiles, l’augmentation de la durée de cotisation… le tout assaisonné d’annonces fumeuses comme la possibilité pour les enseignants de partir en retraite progressive. Ce qui ne change rien au problème : la baisse drastique des pensions dans le cadre du régime universel par points.

Malgré les mensonges, malgré les simulateurs de retraites truqués, malgré le matraquage gouvernemental indigne sur la trêve de Noël, malgré la répression, les salariés ont reconduit la grève dans de nombreux secteurs.

La grève pour le retrait, c’est maintenant.

 

Le 17 décembre, des millions de salariés du public et du privé ont à nouveau montré leur détermination : « nous irons jusqu’au bout, jusqu’au retrait du projet de loi Macron-Delevoye. Delevoye est parti : sa réforme doit partir avec lui ! Grève jusqu’au retrait ! »

Dans de nombreux départements, les personnels de l’Education nationale ont reconduit grève jusqu’aux congés. Ils se sont réunis en AG tous les jours. Le 19 décembre, ils ont adopté des motions et des appels intersyndicaux qui disent : « Depuis le 5 décembre nous sommes en grève. Le 21, les personnels de l’éducation nationale ne feront plus cours. L’AG décide de s’adresser aux agents de la RATP et aux cheminots pour leur apporter leur total soutien dans la grève légitime qu’ils reconduisent depuis le 5. Nous serons présents avec vous parce que votre grève est la nôtre et elle est
légitime. Nous sommes disponibles pour toutes les initiatives que vous prendrez. »

Des dispositions sont prises pour un soutien actif et organisé à la grève : participation aux piquets de grève, tractages, rassemblements et blocages, réunions publiques…
Aujourd’hui 20 décembre, la grève est reconduite dans toute une série d’AG à la RATP, chez les cheminots, parfois jusqu’au 25 décembre. La grève se poursuit dans de nombreux secteurs (dans les raffineries, à EDF…).

Le gouvernement ne nous laisse pas le choix : la grève unie et reconductible jusqu’au retrait. C’est pourquoi la FNEC FP-FO s’adresse à nouveau aux autres fédérations de l’Education nationale pour leur proposer une intersyndicale au plus vite.

La FNEC FP-FO appelle ses syndicats à apporter leur total soutien à tous les secteurs en grève, à répondre aux initiatives interprofessionnelles pour le retrait de la réforme Macron-Delevoye. Elle appelle les personnels à se réunir en AG dès le lundi de la rentrée.

 

Montreuil, le 20 décembre 2019