Non renouvellement de contrats d’AESH pendant le confinement : inacceptable !

Force ouvrière intervient actuellement dans plusieurs académies en France pour défendre des AESH dont les contrats n’ont pas été renouvelés pendant la période de confinement.

Il est inacceptable que ces personnels n’aient pas été automatiquement recrutés ou renouvelés sous la forme d’un CDD de 3 ans renouvelable comme cela est prévu dans la circulaire du 5 juin 2019.

D’autre part, dans le contexte de grave crise sanitaire et sociale qui frappe notre pays, il est invraisemblable de mettre fin à des contrats de personnels déjà très précaires et confrontés à de grandes difficultés économiques.

Force ouvrière demande par ailleurs que soit appliqué le vade-mecum ministériel en date du 20 mars 2020 qui précise qu’une affectation de personnel AESH ne peut être modifiée en raison du confinement : « La notification d’une aide humaine ne peut être remise en cause. C’est une décision de la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). » (vade-mecum Covid-19 du 20 mars 2020).

De façon générale, Force ouvrière renouvelle sa demande concernant l’ensemble des personnels non-titulaires : des consignes claires doivent être données aux services déconcentrés et aux établissements mutualisateurs : aucun non-renouvellement de contrat, aucun licenciement.

 

Lire ci-dessous notre courrier adressé au Ministre de l’Education Nationale ainsi qu’au Directeur Général des Ressources Humaines

 

Vous êtes concerné(e) par un non-renouvellement de contrat ?

Contactez-nous au plus vite!

Loi de finances rectificative : la santé des entreprises avant tout!

La loi de finances rectificative vient de réviser la loi de finances 2020 suite aux mesures de restrictions de déplacements et d’activité pour faire face à l’épidémie de Covid-19.

Le gouvernement prévoit provisoirement une baisse du PIB de 1% en 2020, contre 1,3% de croissance prévue en loi de finances initiale (LFI). Il table sur une chute de la consommation des ménages de 2% principalement concentrée sur les services (hébergement, restauration, loisirs, culture, transports). L’investissement des entreprises serait également en recul à cause de la chute de l’activité, tandis que
le commerce extérieur est ralenti par la chute de la demande mondiale suite aux restrictions de déplacements prises simultanément dans de nombreux pays.

En réponse, le gouvernement annonce une série de mesures de soutien pour un montant de 45 Mds€ et une garantie des prêts accordés aux entreprises à hauteur de 300 Mds€.

En plus de la baisse d’activité, l’annonce de nouvelles dépenses et le manque de recettes fiscales augmenteront le déficit public de l’ensemble des administration publiques qui est prévu à 3,9% du PIB en 2020. Le déficit prévisionnel de l’Etat s’établit à 108,5 Mds€ (contre 93,1 Mds€ en LFI) soit un écart de 15,4 Mds€ par rapport à la LFI.

 

Pourtant, compte tenu de l’ampleur de la chute de l’activité, il est fort probable que la récession comme les prévisions de déficit public pour 2020 sont largement sous-estimées et semblent déjà caduques alors que le texte a été adopté le 18 mars 2020. C’est d’ailleurs l’avis du Haut Conseil des finances publiques : « la dégradation du cadre macroéconomique pourrait être plus marquée ». Plus surprenant encore, c’est aussi l’avis du ministre de l’Economie, qui a comparé la crise actuelle à celle de 1929 en précisant que la récession serait supérieure à celle envisagée dans cette loi de finances rectificative.

L’INSEE dans un point de conjoncture publié le 26 mars estime que l’activité a chuté d’environ 35%. Les activités agricoles et les industries agro-alimentaires sont moins affectées que le reste de l’industrie, avec un recul limité à 4 %. En revanche, l’industrie hors agroalimentaire voit son activité réduite de moitié. La construction se trouve quasiment à l’arrêt avec un effondrement d’activité de 89 %.

Les services marchands, qui représentent 56 % du PIB, reculent de 36 %, les plus affectés étant les transports, l’hôtellerie-restauration et les loisirs.

De toute évidence, le gouvernement fait face à ses contradictions appelant au confinement le plus strict tout en demandant que l’activité puisse continuer au mieux. Or, dans un contexte où l’hôpital public est confronté au manque de moyens après des années de restrictions budgétaires, comment contenir l’épidémie par un strict confinement sans mettre en pause l’activité économique, dès lors qu’elle n’est pas essentielle ? A cela s’ajoute qu’une majorité d’employeurs n’a pas les moyens d’assurer de manière satisfaisante la protection et la santé des salariés sur le lieu de travail ou dans leurs déplacements.

 

Alors que beaucoup des activités essentielles reposent sur un grand nombre de professions précaires, insuffisamment protégées et pourtant indispensables, FO a appelé à ce que les moyens soient concentrés sur la protection des salariés mobilisés, à l’encontre en autres des dérogations en matière de durée légale du travail, de repos hebdomadaire et dominical. Enfin, si l’Etat peut jouer son rôle d’amortisseur en compensant la chute de la demande, ses priorités à court terme doivent être la santé des salariés et le maintien de l’emploi. 

 

Par la suite, les défaillances et les échecs de plusieurs décennies de libéralisation économique et financières révélées par l’épidémie de coronavirus, devront être sérieusement questionnés.

 

Lire la suite ci-dessous : le contenu des mesures adoptées.

 

 

 

Ils nous montrent du doigt, regardons la lune !

Quelques mots d’explication ne seront pas de trop devant cet énigmatique détournement de la sagesse confucéenne qui veut que quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt…

La période de pandémie que nous vivons agit comme le révélateur implacable de ce que des dizaines d’années de politique d’austérité peuvent faire subir aux travailleurs du monde entier . De même qu’un séisme de magnitude 6 peut être destructeur en Haïti et anodin pour des constructions aux normes antisismiques, Covid-19 fait des ravages partout où, au nom de la réduction de la dépense publique, on a fermé des lits d’hôpitaux, recruté moins de médecins, réduit les budgets de recherche, détruit les stocks de masques… Et passe son chemin là où les tests de dépistage sont pratiqués autant que de besoin, là où les soignants ne sont pas laissés sans matériel de protection. De ce point de vue, la France, comme l’Espagne et l’Italie, apparaît désormais pour ce qu’elle est : un pays en voie de sous-développement ; le constat est certes cruel, mais il faudra bien que les responsables de cet état de fait finissent par rendre des comptes.

On dit que gouverner, c’est prévoir. Au nom de cet axiome, certains taxent le pouvoir en place d’amateurisme, d’impéritie, de légèreté. Au risque de les décevoir, il n’en est hélas rien. Sur une toute petite planète où l’espace dévolu à la vie sauvage devient si exigu que les migrations de virus d’animaux sauvages vers les espèces domestiques, et des espèces domestiques vers l’homme, sont un risque permanent, il est de notoriété publique que des pandémies nous menacent, il se trouve même des milliardaires pour le prédire. Dans ces conditions, quel gouvernant peut prétexter qu’il ne sait pas que les échanges économiques mondialisés nous placent tous sur un pied d’égalité face à une maladie nouvelle, où qu’elle apparaisse sur terre?

Depuis que le virus a fait ses premiers morts, la France a fait le choix de gérer la crise sanitaire comme un simple volet d’une politique d’austérité aggravée. La méthode est éprouvée : face à un manque criant de moyens, on évoque une mauvaise utilisation des moyens. L’Éducation nationale connaît la musique des classes de trente élèves en collège, trente-six en lycée, où il suffit d’innover pédagogiquement pour oublier comme par magie la lourdeur des effectifs. Vous n’avez pas de tests, pas de masques ? Éternuez dans votre coude, votez en respectant les repères visuels au sol, mettez en place la distanciation sociale, c’est gratuit !

De ce point de vue, le plaidoyer du Président de la République pour une restauration de l’État providence est éminemment suspect : a-t-on jamais vu hyène jurer qu’elle arrêtait la charogne ? Non, dans le «  quoi qu’il en coûte » macronien, il demeure comme toujours un terrible non-dit. S’il devait aller jusqu’au bout de ses paroles, le Président dirait «  quoi qu’il en coûte aux salariés ». C’est ainsi que, faute d’avoir mis en place une onéreuse politique de prévention, le pouvoir a fait ce qu’il sait faire : instaurer l’alliance de la répression et de la collecte de fonds en alourdissant les amendes pour rupture de confinement ; brandir la logique de guerre pour placer le pays entier derrière son chef et tuer dans l’œuf toute velléité de polémique ; suspendre le débat parlementaire sur les retraites pour faire taire toute contestation ; montrer du doigt les salariés qui «  se tournent les pouces » comme l’ont prétendu les sinistres Pénicaud et N’Diaye ; brandir la perspective , comme le fait le ministère de l’Éducation nationale, de rouvrir les établissements sur temps de vacances scolaires ; légiférer par ordonnances pour flexibiliser le travail et réduire provisoirement les droits des salariés . Provisoirement ? On aimerait le croire, mais nous avons tous en tête l’expérience du provisoire qui dure depuis que des mesures d’exception en matière de libertés publiques on été traduites en droit commun (suite aux attentats de 2015 notamment).

Nous sommes donc brutalement passés du pouvoir politique au pouvoir biopolitique tel que le définissait Michel Foucault : ce nouveau type de pouvoir s’exerce sur le corps et sur la vie, et non, suivant un modèle juridique, sur les individus. Ainsi, le corps doit servir à produire, à travailler (et tant pis si l’employeur ne fournit ni solution hydroalcoolique, ni masque), pas à se promener dans un parc…
Qu’on ne s’y trompe pas, c’est cela qui est en jeu : être dépossédé de soi-même, aux ordres de son employeur et de son gouvernant, ou bien, comme nous le faisons à Force ouvrière, vivre et revendiquer en femmes et en hommes libres, regarder la lune des possibles quand on nous montre du doigt.

Alors il faudra bien provoquer le déconfinement des corps et des esprits ; il faudra bien faire rendre gorge à tous ceux qui nous imposent par la loi leurs projets mortifères, et reprendre le chantier là où nous l’avions laissé, à savoir construire la grève interprofessionnelle unitaire public privé. Le SNFOLC35 s’y tient prêt !

Avril 2020

Toujours plus de mépris envers les professeurs : la colère gronde

Les propos de la porte parole du gouvernement Sibeth N’Diaye suscitent dans toute la profession colère, indignation et stupéfaction. Ils confirment le mépris du gouvernement pour les professeurs et les personnels de la vie scolaire.

Affirmer que les enseignants ne travaillent pas parce que les établissement sont fermés alors que malgré le confinement ils tentent de maintenir un enseignement à leurs élèves à longueur de journée, alors que simultanément ils doivent faire face aux contraintes familiales liées au confinement, alors qu’ils doivent s’occuper des cours de leurs propres enfants, alors qu’ils doivent résoudre au quotidien les innombrables insuffisances des outils d’enseignement à distance qui leur ont pourtant été présentés comme le dernier cri de la modernité, alors que les injonctions les plus contradictoires confinent le télétravail aux limites du harcèlement et exposent les collègues au burn out. Alors, oui, les propos de la porte-parole démontrent à l’égard des enseignants un mépris égal, rappelons-le, à celui encore affiché à l’égard de l’hôpital et des soignants eux-mêmes peu avant la crise sanitaire.

Total mépris

La colère est profonde. Emanant du porte-parole du gouvernement, ces déclarations confirment le profond mépris du gouvernement Macron-Philippe-Blanquer vis-à-vis des enseignants.

Mépris exprimé contre les enseignants et les élèves en réprimant avec la plus grande violence la grève contre les E3C à grands renforts de policiers, de CRS, de sanctions, de convocations disciplinaires et de garde à vue arbitraires.

Mépris du ministre qui entend maintenir les suppressions de postes dans le second degré en convoquant des comités techniques pour les entériner.

Mépriscontre les personnels qui défendent leurs revendications quand le ministre ordonne aux recteurs de poursuivre les retraits sur salaire pour grève.

Mépris contre toute la profession avec des promesses de revalorisation indigentes dans les faits conduisant notamment à ce qu’un certifié voie son traitement baisser en passant du 6ème au 7ème échelon !

Mépris encore contre l’ensemble de la population au moment des grèves puissantes contre la réforme des retraites.

Mépris contre les personnels soignants qui, depuis plus d’un an réclament par la grève et par la mobilisation inédite des services d’urgences, des créations de postes, le paiement de leurs millions d’heures supplémentaires et qui réclament maintenant les protections indispensables pour ne pas allonger eux-mêmes la désormais longue liste des victimes du coronavirus.

Mépris contre les personnels de l’Education nationale qui accueillent sans protection les enfants des personnels soignants parce que les milliards de masques dont disposaient tous les services publics sont devenus introuvables !

« Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » *

La technique est bien connue : plus le mensonge est énorme, plus il déstabilise et permet de diviser. En multipliant les déclarations prétendant que tout est prêt et que tout fonctionne pour assurer l’enseignement à distance, en communiquant sur l’état de guerre et l’état d’urgence sanitaire sans pour autant fournir à la population les moyens de se protéger, en prétendant que les enseignants ne travaillent pas en cette période de confinement, c’est toujours la même opération de communication qui vise à jeter le discrédit sur les professeurs et les personnels de la vie scolaire. Les excuses présentées par madame N’Diaye ne suffiront pas.

L’objectif est de préparer l’opinion publique : « les profs ne travaillent pas pendant le confinement, alors c’est normal qu’ils travaillent sur leurs congés d’été ! ». Comme s’ils étaient redevables à leur ministre ! Tout cela procède d’une même volonté de profiter de la situation pour déprotéger les personnels en cassant leurs droits à congés et leurs statuts qui régissent leurs missions et leur temps de travail. C’est aussi insupportable qu’inacceptable !

La loi d’urgence n°2020-290 promulguée lundi 23 mars et la pluie d’ordonnances ne constituent-elles pas les outils sur mesure pour atteindre cet objectif ? Celles qui viennent d’être présentées au conseil des ministres ce 26 mars permettent de déroger aux dispositions applicables en matière de durée du travail (durée maximale quotidienne et hebdomadaire). La confédération FO alerte : « ces possibilités de dérogation pourraient aller jusqu’au 31 décembre, a priori donc au-delà de la situation de crise sanitaire.

 

FO n’acceptera pas que la situation de crise sanitaire puisse ensuite servir pour affaiblir les droits et protections des salariés. »

(communiqué du 26 mars 2020)

Force ouvrière n’acceptera aucune réduction des droits des personnels.

Le SNFOLC 35 le rappelle, la priorité, ce n’est pas la continuité pédagogique. C’est d’enrayer la crise sanitaire, de protéger les salariés, de ne pas les exposer à un épuisement professionnel massif, de donner la garantie que leurs droits sont maintenus. Les circonstances n’autorisent ni à les exposer à des risques supplémentaires, ni à casser le droit du travail, ni à démolir les statuts.

Le syndicat intervient à tous les niveaux.
Contactez le SNFOLC 35, il interviendra pour faire respecter vos droits.

 

 

* Francis Bacon (1561-1626), dans son traité De la dignité et de l’accroissement des sciences (1623), livre VIII, chapitre II

Les revendications demeurent malgré « l’état de guerre » déclaré

Malgré l’appel à l’union nationale du Président de la République, malgré « l’état de guerre » invoqué, malgré « l’état d’urgence sanitaire », dans tous les secteurs, les revendications demeurent et sont clairement exprimées et portées par le syndicat à tous les niveaux.

Le mépris à l’égard des salariés est choquant

Manque de masques, manque de protections, infractions aux règles de protection des personnels, volonté de bafouer les CHSCT et les instances où les syndicats peuvent porter les revendications des personnels. Le gouvernement choisit de donner sans délais des centaines de milliards aux entreprises tout en ne satisfaisant pas les revendications des hospitaliers qui depuis plus d’un an sont mobilisés pour dénoncer leurs conditions de travail et de rémunération, d’accueil et de soins des patients. Ce choix révèle les priorités du gouvernement au moment où le service public hospitalier démontre qu’il est vital pour tous.

Le Coronavirus : un puissant révélateur de ce qui se passe dans les hôpitaux

SAMU saturé, pas de tests, pas de masques, absence de gel, personnels épuisés, etc… Face à cette situation de crise, le gouvernement, comme notre ministère, à tous les niveaux, sont prêts à tout justifier. Ainsi en réponse aux questions de la FNEC de Lyon, le SG, répond en ce qui concerne la protection des personnels volontaires, « il n’y aura pas de matériel, en particulier de masques, pour les personnels » et ajoute que « les derniers éléments médicaux en sa possession expliquent que le masque n’est pas nécessaire pour les personnes non malades ». C’est inacceptable !

Les masques de protection sont soudain décrétés non nécessaires, tout simplement parce que les services de l’Etat sont dans l’incapacité d’en fournir aux personnels concernés (en premier lieu aux soignants, mais aussi aux enseignants, aux policiers…).

Ajoutons la réponse vendredi de la conseillère sociale du ministre : « Il n’y aura pas de masques. Là je m’appuie sur les préconisations du ministère de la santé. Les masques ne sont pas forcément nécessaires. L’application des gestes barrières demeure la mesure la plus efficace pour freiner la diffusion du virus. On veillera à ce qu’il y ait du savon et du gel. » !

A savoir : la France se situe au-dessous de la moyenne des 35 pays « développés » de l’OCDE concernant les lits pour « soins aigus ». L’Allemagne compte ainsi deux fois plus de ces lits par habitant que la France, (données présentées par l’OCDE pour 2017 et 2018).

 

Alors, la pitoyable réponse du gouvernement pour tenter de dissimuler son écrasante responsabilité dans ce désastre humain, c’est de mettre en place ce dimanche un questionnaire en ligne pour savoir si nous sommes porteurs du virus et comment se soigner !

Le peu de cas de la population, le mépris de salariés, apparaît y compris dans le sondage du 21 mars : seulement 43% des français font confiance au gouvernement pour résoudre cette crise (sondage Europe 1 du 21 mars).

La mise en place de « l’état d’urgence sanitaire » : un recul des droits inadmissible

En effet, l’état d’urgence sanitaire permet de modifier les conditions « d’acquisition de congés payés et permettre à tout employeur d’imposer ou de modifier unilatéralement les dates de prise d’une partie des congés payés, des jours de réduction du temps de travail et des jours de repos affectés sur le compte épargne-temps du salarié, en dérogeant aux délais de prévenance et aux modalités d’utilisation définis par le livre 1er de la troisième partie du Code du travail, les conventions et accords collectifs ainsi que par le statut général de la fonction publique. ». Il permet le recours systématique aux ordonnances. Il n’est pas limité dans la durée. Il permet au gouvernement de revenir sur tout le code du travail et remettre en cause tous les statuts.

Il s’agit une nouvelle fois d’une attaque inadmissible contre le statut et les agents de la fonction publique car elle ne répond à aucune nécessité impérieuse liée à la gestion de la crise.

 

C’est pourquoi, dans le communiqué fonction publique du 20 mars, les organisations syndicales « CGT, FO, FSU et SOLIDAIRES dénoncent le décalage entre les discours et la réalité et exigent des mesures concrètes pour les agent-es et la population de notre pays ». En effet, il aura fallu attendre le 21 mars pour que le gouvernement « suspende » le jour de carence ! Dans le même temps, la « loi sur l’état d’urgence sanitaire » prise par le gouvernement donne tous les droits aux préfets, aux employeurs pour remettre en cause le Code du travail et les statuts de la fonction publique et les libertés publiques.

Quant à la CFDT, elle scelle son union avec le patronat dans l’appel commun de messieurs Laurent Berger et Geoffroy Roux de Bézieux paru dans le JDD du samedi 21 mars : « Dans la période cruciale que le pays traverse, nous pensons que l’activité économique doit se poursuivre dans le respect absolu de la sécurité des collaborateurs » estiment-ils.

Dans ce contexte où l’union nationale voudrait faire oublier les acquis des salariés, FO rappelle que la suspension de la réforme des retraites est bien une suspension, mais pas un retrait ! La vigilance s’impose et le retour à la normale sera forcément une période de mobilisation intense afin que les droits ne soient pas bafoués.

Dans la continuité de la loi d’urgence sanitaire, le gouvernement et le ministre envisagent de remettre en cause les congés scolaires. Pour les personnels cela est ressenti comme une provocation supplémentaire. La FNEC FP-FO est intervenue auprès du ministre pour exiger le maintien intégral du calendrier scolaire.

Les exigences de « continuité pédagogique » ou de télétravail affirmées par le ministre dans les médias ne s’appuient sur aucune réglementation ni disposition statutaire. Ils le savent ! C’est pourquoi les exigences démesurées, les injonctions paradoxales doivent cesser !