Les revendications demeurent malgré « l’état de guerre » déclaré

Malgré l’appel à l’union nationale du Président de la République, malgré « l’état de guerre » invoqué, malgré « l’état d’urgence sanitaire », dans tous les secteurs, les revendications demeurent et sont clairement exprimées et portées par le syndicat à tous les niveaux.

Le mépris à l’égard des salariés est choquant

Manque de masques, manque de protections, infractions aux règles de protection des personnels, volonté de bafouer les CHSCT et les instances où les syndicats peuvent porter les revendications des personnels. Le gouvernement choisit de donner sans délais des centaines de milliards aux entreprises tout en ne satisfaisant pas les revendications des hospitaliers qui depuis plus d’un an sont mobilisés pour dénoncer leurs conditions de travail et de rémunération, d’accueil et de soins des patients. Ce choix révèle les priorités du gouvernement au moment où le service public hospitalier démontre qu’il est vital pour tous.

Le Coronavirus : un puissant révélateur de ce qui se passe dans les hôpitaux

SAMU saturé, pas de tests, pas de masques, absence de gel, personnels épuisés, etc… Face à cette situation de crise, le gouvernement, comme notre ministère, à tous les niveaux, sont prêts à tout justifier. Ainsi en réponse aux questions de la FNEC de Lyon, le SG, répond en ce qui concerne la protection des personnels volontaires, « il n’y aura pas de matériel, en particulier de masques, pour les personnels » et ajoute que « les derniers éléments médicaux en sa possession expliquent que le masque n’est pas nécessaire pour les personnes non malades ». C’est inacceptable !

Les masques de protection sont soudain décrétés non nécessaires, tout simplement parce que les services de l’Etat sont dans l’incapacité d’en fournir aux personnels concernés (en premier lieu aux soignants, mais aussi aux enseignants, aux policiers…).

Ajoutons la réponse vendredi de la conseillère sociale du ministre : « Il n’y aura pas de masques. Là je m’appuie sur les préconisations du ministère de la santé. Les masques ne sont pas forcément nécessaires. L’application des gestes barrières demeure la mesure la plus efficace pour freiner la diffusion du virus. On veillera à ce qu’il y ait du savon et du gel. » !

A savoir : la France se situe au-dessous de la moyenne des 35 pays « développés » de l’OCDE concernant les lits pour « soins aigus ». L’Allemagne compte ainsi deux fois plus de ces lits par habitant que la France, (données présentées par l’OCDE pour 2017 et 2018).

 

Alors, la pitoyable réponse du gouvernement pour tenter de dissimuler son écrasante responsabilité dans ce désastre humain, c’est de mettre en place ce dimanche un questionnaire en ligne pour savoir si nous sommes porteurs du virus et comment se soigner !

Le peu de cas de la population, le mépris de salariés, apparaît y compris dans le sondage du 21 mars : seulement 43% des français font confiance au gouvernement pour résoudre cette crise (sondage Europe 1 du 21 mars).

La mise en place de « l’état d’urgence sanitaire » : un recul des droits inadmissible

En effet, l’état d’urgence sanitaire permet de modifier les conditions « d’acquisition de congés payés et permettre à tout employeur d’imposer ou de modifier unilatéralement les dates de prise d’une partie des congés payés, des jours de réduction du temps de travail et des jours de repos affectés sur le compte épargne-temps du salarié, en dérogeant aux délais de prévenance et aux modalités d’utilisation définis par le livre 1er de la troisième partie du Code du travail, les conventions et accords collectifs ainsi que par le statut général de la fonction publique. ». Il permet le recours systématique aux ordonnances. Il n’est pas limité dans la durée. Il permet au gouvernement de revenir sur tout le code du travail et remettre en cause tous les statuts.

Il s’agit une nouvelle fois d’une attaque inadmissible contre le statut et les agents de la fonction publique car elle ne répond à aucune nécessité impérieuse liée à la gestion de la crise.

 

C’est pourquoi, dans le communiqué fonction publique du 20 mars, les organisations syndicales « CGT, FO, FSU et SOLIDAIRES dénoncent le décalage entre les discours et la réalité et exigent des mesures concrètes pour les agent-es et la population de notre pays ». En effet, il aura fallu attendre le 21 mars pour que le gouvernement « suspende » le jour de carence ! Dans le même temps, la « loi sur l’état d’urgence sanitaire » prise par le gouvernement donne tous les droits aux préfets, aux employeurs pour remettre en cause le Code du travail et les statuts de la fonction publique et les libertés publiques.

Quant à la CFDT, elle scelle son union avec le patronat dans l’appel commun de messieurs Laurent Berger et Geoffroy Roux de Bézieux paru dans le JDD du samedi 21 mars : « Dans la période cruciale que le pays traverse, nous pensons que l’activité économique doit se poursuivre dans le respect absolu de la sécurité des collaborateurs » estiment-ils.

Dans ce contexte où l’union nationale voudrait faire oublier les acquis des salariés, FO rappelle que la suspension de la réforme des retraites est bien une suspension, mais pas un retrait ! La vigilance s’impose et le retour à la normale sera forcément une période de mobilisation intense afin que les droits ne soient pas bafoués.

Dans la continuité de la loi d’urgence sanitaire, le gouvernement et le ministre envisagent de remettre en cause les congés scolaires. Pour les personnels cela est ressenti comme une provocation supplémentaire. La FNEC FP-FO est intervenue auprès du ministre pour exiger le maintien intégral du calendrier scolaire.

Les exigences de « continuité pédagogique » ou de télétravail affirmées par le ministre dans les médias ne s’appuient sur aucune réglementation ni disposition statutaire. Ils le savent ! C’est pourquoi les exigences démesurées, les injonctions paradoxales doivent cesser !