Personnels et Vies scolaires en tension : mobilisons-nous !

Le 28 novembre, dans les manifestations contre la loi de sécurité globale qui ont réuni plus de 500 000 personnes en France, à l’appel de nombreuses organisations dont FO, de nombreux jeunes étaient présents.

Parmi eux, les AED, qui sont dans cette situation particulièrement difficile et sont « en première ligne » : manque de protection et déstabilisation des missions en raison des protocoles sanitaires, changement de lieu de travail incessants et abusifs pour faire face aux manques de moyens de remplacement dans les vies scolaires.

Il est inacceptable que les missions des AED soient dévoyées …

 

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Éducation prioritaire : cette expérimentation ne répond pas aux revendications

La FNEC FP-Force Ouvrière a participé à deux audiences concernant l’Éducation prioritaire. La secrétaire d’État à l’Éducation prioritaire et ses représentants ont exposé leurs premières intentions.

Ils indiquent leur volonté d’élargir les territoires, mais ne pas changer la carte de l’Éducation prioritaire et les réseaux REP et REP + existants pour la rentrée 2021. Aucune garantie n’est donnée pour les années suivantes.

La secrétaire d’État souhaite ouvrir une troisième voie par le biais d’expérimentations : les contrats locaux d’accompagnement (CLA). Des « Unités éducatives » (écoles, collège, lycées) seraient ciblées et des moyens alloués de manière progressive en fonction des besoins.

 

L’expérimentation débuterait dès la rentrée 2021 dans trois académies : Aix-Marseille, Lille et Nantes, pour une durée potentielle de trois ans.

Aux questions précises posées par FO concernant les conditions d’exercice liées à la labellisation REP/REP+ en particulier les effectifs et le régime indemnitaire, le secrétariat d’État répond qu’il n’y aura pas pour cette expérimentation « tout un lot de mesure univoque, mais une réponse aux besoins éprouvés par le territoire, avec un intérêt particulier pour la gestion de la carrière des personnels, renforcer les besoins de formation notamment. »

La FNEC FP-FO a indiqué que ces propositions d’expérimentation ne répondaient pas selon nous aux demandes des personnels et a réaffirmé ses revendications :

  • Aucun recul en termes de conditions de travail et de régime indemnitaire pour les personnels : ce qui signifie aucune sortie pour les écoles et collèges actuellement en REP et REP + et maintien du paiement de la prime ZEP pour les lycées ;
  • Ouverture de négociation pour que de nouvelles écoles, de nouveaux collèges, de nouveaux lycées puissent être labellisés ;
  • Refus d’une part variable pour les indemnités REP et REP + ;
  • Indemnités pour tous les personnels, quelle que soit leur catégorie en particulier AESH, AED…
  • Maintien de tous les dispositifs pour que les personnels puissent faire valoir leur ancienneté en Éducation prioritaire, notamment pour les mutations et l’avancement de grade.

Avenir lycéen, le ministre Blanquer doit s’expliquer !

Nous avons appris par voie de presse l’utilisation qui a été faite des subventions accordées à l’organisation Avenir Lycéen. De l’argent public a manifestement été détourné de son usage initial, c’est inadmissible et cela va à l’encontre des principes républicains que nous portons toutes et tous.

Quelques jours plus tard, Mediapart et Libération révèlent que le problème est en réalité plus grave. Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer, des hauts fonctionnaires proches de lui au ministère comme dans les Rectorats, auraient été directement impliqués dans la création de ce syndicat mais auraient aussi utilisé l’appareil d’État pour favoriser des expressions positives et non contestataires des réformes menées, en particulier la réforme du lycée et du bac. Il ne s’agit pas seulement d’une question financière, mais d’une atteinte aux libertés démocratiques, en premier lieu nos libertés syndicales et associatives.

Des élèves mineurs, notamment dans les CAVL, ont été instrumentalisés. Cela est aux antipodes de la démocratie, notamment chez les lycéens, où le débat, l’échange, le droit de s’organiser en syndicat est essentiel pour permettre à chacun de faire l’apprentissage de la démocratie, et donc de l’émancipation.

Ces révélations touchent aux fondements même de la démocratie et des valeurs de la République. Toute la transparence doit être faite. Le ministre et le gouvernement ne peuvent, d’un côté, faire de grands discours sur la transparence et l’exemplarité, et dans les faits s’exonérer de ces impératifs.

Nous exigeons la mise en place d’une enquête indépendante, qui ne soit donc pas pilotée par le Ministère. Nous saisirons également Anticor pour que lumière soit faite sur une possible corruption. Si le rôle du Ministre dans la création et l’instrumentalisation d’Avenir Lycéen, mais aussi l’appareil d’État, venait à être confirmé dans les semaines à venir, toutes les conséquences devront en être tirées.

 

Communiqué national intersyndical du 28 novembre 2020