Un an après

Le 16 octobre 2020, notre collègue Samuel Paty était décapité à la sortie de son établissement scolaire.

Le Ministre, dans son Info aux personnels N°25 envoyée sur les boites mails professionnelles, suggère aux enseignants d’ « organiser un temps de recueillement en mémoire de Samuel Paty », et de « consacrer une heure de cours du vendredi 15 octobre 2021 à un temps d’échanges, dont le contenu sera laissé au choix des équipes en fonction de leur situation respective » ? Suggestion lancée à quelques jours de la commémoration, comme si un sujet aussi sensible et si difficile à appréhender avec les élèves pouvait se faire en un simple claquement de doigts…

Dans quelques établissements d’Ille-et-Vilaine, des commémorations organisées par le rectorat et la DSDEN ont lieu, sans les enseignants, qui eux, resteront en cours, sauf peut-être quelques profs sélectionnés pour l’occasion.

Et bien souvent, il ne se passe rien… Rien, un an après une attaque sans précédent.

PLE : un exemple de mobilisation dans un lycée d’Ille et Vilaine

Vous êtes dans l’obligation de rédiger le PLE de votre établissement. On cherche à vous imposer très certainement les deux demi-journées consacrées à la rédaction de ce document. Vous ne savez pas comment réagir ?

Ci-dessous un exemple de mobilisation qui a permis de vider le PLE  de son contenu. Pour le moment, le PLE est donc neutralisé, reste à voir quelle sera la réaction de l’administration.

Il est essentiel de réunir les collègues en heure d’information syndicale pour les informer des implications toxiques du PLE, de la nécessité de réagir et d’élaborer une stratégie collective.

Voici un exemple de mobilisation d’enseignants d’un lycée d’Ille et Vilaine dont vous pouvez vous saisir.

Lors d’une heure d’information syndicale déposée avant la deuxième demi-journée dédiée à la rédaction du projet local d’évaluation, les enseignants présents ont rédigé ce que devait contenir le PLE de leur lycée : ces quelques lignes et c’est tout !

Tenant compte des nouvelles modalités d’évaluation, en particulier l’introduction du contrôle continu dans le Baccalauréat, les professeurs continuent de veiller à l’égalité de traitement des élèves.

L’égalité de traitement des élèves n’implique pas des évaluations identiques en nature et en nombre : elle suppose au contraire une réponse adaptée à la diversité des situations et des publics, dont la liberté pédagogique, inscrite dans la loi (article L 912-1-1 du 24 avril 2005), est l’unique garante.

L’évaluation contribue ainsi sereinement au parcours de chaque élève, ainsi qu’à sa préparation à l’enseignement supérieur, en s’appuyant sur l’expertise fine de l’enseignant dans sa classe.

Dans l’exercice de la liberté pédagogique des enseignants, et conformément aux programmes et aux instructions officielles, un nombre congru et approprié d’évaluations de natures différentes est organisé en toute transparence pour les élèves.

En conclusion la communauté éducative continue de faire pleinement confiance à la compétence des équipes pédagogiques pour définir les modalités d’évaluation.

Lors de la deuxième demi-journée, lors de la phase de rédaction, répartis dans des salles par discipline, tous ont rempli le même tableau et joint le texte ci-dessus. Voici ce qu’ils ont fait figurer sur le document officiel :

  • Nombre d’évaluations : approprié
  • Type d’évaluations : varié 

Il est essentiel de ne rien chiffrer et de rester le plus vague possible afin de ne pas entraver la liberté pédagogique de chacun. Contrairement aux éléments de langages diffusés par le ministre, le PLE n’est pas sécurisant : c’est un carcan liberticide ! 

 

Nous en sommes à la première étape dans cette mobilisation. Continuons à demander :

  • le retrait du PLE
  • l’abandon du contrôle continu
  • le rétablissement des épreuves nationales ponctuelles terminales et anonymes, seules garantes d’un baccalauréat national et égalitaire

Contactez-nous pour vous aider dans cette mobilisation !

Mouvement inter 2022 : vers la casse du mouvement

Le ministère a présenté une version modifiée de son projet de LDG ( lignes directrices de gestion) en ce qui concerne la « mobilité » qui régissent les mutations.

Alors que la quasi-unanimité des organisations syndicales s’était prononcée contre la mise en place du mouvement national de postes à profil, le ministère persiste et a présenté deux nouvelles mesures pour renforcer ce dispositif : après 3 ans sur un même poste à profil, une bonification de 120 points sur tous les vœux et le droit au retour dans son académie d’origine hors barème…

Le mouvement national des postes à profil permettra d’être affecté sur un poste précis, d’une autre académie, avec un recrutement direct, sur profil, sur CV, sur entretien par son futur chef d’établissement.

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Evaluation des établissements : nouvelle campagne Blanquer

Aggravation de la territorialisation et de l’autonomie contre les garanties statutaires des personnels et l’École
 
Le « conseil d’évaluation de l’école », créé par la loi Blanquer dite « pour une école de la confiance » de 2019, est chargé « d’évaluer en toute indépendance l’organisation et les résultats de l’enseignement scolaire. ». « En toute indépendance » (sic), ce conseil, comprenant des économistes, des personnalités politiques ainsi que plusieurs anciens recteurs et des responsables du ministère, organise l’évaluation annuelle de 20 % des collèges et des lycées. Chaque établissement serait évalué tous les 5 ans.
 
Cette année encore, dans des centaines d’établissements, il passera au crible les fonctionnements, les résultats des élèves, les pratiques professionnelles des uns et des autres pour, selon le conseil lui-même, « enrichir le débat public sur l’éducation ».
 
Après le chaos de cette rentrée et les déclarations présidentielles à Marseille, le ministre installe la logique de l’audit permanent pour tous les personnels.
 
Pour le SNFOLC, c’est inacceptable !
 

Un management comme dans le privé : rendre les personnels seuls responsables des résultats de leurs élèves et des problèmes rencontrés

Début septembre, dans un établissement soumis à cette évaluation, une délégation de personnels mandatés par leur AG est venue demander au Chef d’établissement d’un collège les moyens de travailler (maintien d’une classe supprimée, affectation de remplaçants sur 5 postes manquants).
 
Elle s’est vue opposer la réponse suivante :
 
« Il existe des dysfonctionnements dans l’établissement qu’il convient de solutionner comme […] la question des résultats au DNB qui appellent une remise en cause dans le cadre des moyens qui sont alloués à l’établissement pour son fonctionnement. C’est la raison pour laquelle le Rectorat procède à une auto-évaluation du collège, qui se terminera par la venue d’une délégation rectorale. ».
 
La logique poursuivie est limpide : aucune revendication des personnels n’est recevable, aucun moyen supplémentaire ne sera accordé, les personnels doivent revoir leurs méthodes de travail, le tout dans le cadre d’une DHG déjà contrainte.
 
Des classes à 30 élèves, des AESH qui ont en charge jusqu’à 7 élèves dans la semaine parfois dans plusieurs établissements avec les PIAL, et même plusieurs élèves simultanément et sans matériel, des professeurs non remplacés, des compléments de service généralisés, des assistants d’éducation en sous-effectifs et sous tension permanente, des locaux vétustes… Combien d’établissements connaissent cette situation ?
 
Pour le ministre, ce n’est pas le problème, les personnels n’ont pas à revendiquer, ils doivent juste travailler davantage !
 

Des conditions de l’évaluation qui participent à la déréglementation et à l’augmentation de la charge de travail

Les personnels concernés sont souvent convoqués en soirée à de multiples réunions sous couvert de la deuxième journée de pré-rentrée ou sous couvert des 1607 heures annuelles du décret Hamon de 2014 contre lequel FO, CGT et Sud ont voté. Tout est bon pour exploser le temps de travail des personnels déjà épuisés. Il n’y aucune équité dans la conduite de l’évaluation.
 
Parfois, des questionnaires sont remis, parfois non. Souvent ils sont largement intrusifs avec des questionnements du type :
 
« Je donne des devoirs à la maison », « tous mes élèves parviennent à tirer profit des activités proposées », « je ne peux pas prendre en compte de la diversité des élèves dans mes cours », « je consulte régulièrement ma messagerie ENT », « êtes-vous équipé d’un ordinateur et d’un accès internet ? » etc …
 
Les personnels, à juste titre, refusent d’avoir à justifier leur valeur professionnelle, comme ils refusent de devoir informer sur leur matériel personnel, et ce qu’ils font à leur domicile.
 

Auto-évaluation et évaluation externe : soumettre les personnels au projet d’établissement et aux pressions extérieures pour territorialiser l’Ecole

Tous les personnels sont soumis à cette évaluation. Le conseil d’évaluation de l’école (CEE) préconise « l’institution d’un comité de pilotage » au sein de l’établissement pour la partie « auto-évaluation ».
 
Des collègues sont mis en situation d’évaluer leurs collègues. C’est anticipé par le Grenelle de J-M Blanquer qui voudrait rendre « mixtes » les missions des enseignants pour y intégrer le contrôle hiérarchique.
 

Dans la foulée, les projets d’établissements devraient être réécrits, pour y faire figurer des choix contraints par les DHG en matière d’offre d’enseignements. L’opération doit donc intégrer les personnels à des choix susceptibles de diminuer leurs heures d’enseignement, de les faire partir en complément de service, voire de supprimer leur poste. C’est ni plus ni moins que le management à la France-Télécom, avec les conséquences que l’on connaît. Comme si ça ne suffisait pas, une évaluation externe est conduite par une délégation rectorale censée être « sans lien avec l’établissement » (sic) ainsi que par d’autres acteurs, dont le CEE demande que soit vérifiée l’absence de conflit d’intérêt… Des parents d’élèves ? Des politiques ? Des militants associatifs ? Le ministre franchit un pas de plus vers la fragmentation de l’École républicaine, la même pour tous.

Pour le SNFOLC, la logique d’évaluation permanente doit cesser ! Les missions statutaires des personnels doivent être respectées et le ministre doit cesser toutes les suppressions de postes et de classe et rendre les 500 postes qu’il prévoit encore de supprimer pour 2022.
 
 
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