AESH : Compte rendu du GT « Amélioration du service public »

Lors de ce groupe de travail, le ministère a présenté une grille d’avancement à l’ancienneté pour les personnels AESH.

A la mise en œuvre, les AESH seraient classés dans cette grille de la manière suivante : les AESH en premier contrat seraient reclassés à l’indice 335. Les AESH en 2ème contrat, quelle que soit la durée des contrats, seraient reclassés à l’indice 345. Enfin, tous les AESH en CDI seraient reclassés à l’indice 355. Le ministère a justifié cette décision par deux raisons : la revalorisation salariale des AESH d’une part et la volonté de faire des économies de coût de gestion des personnels. Chaque augmentation salariale, qu’elle soit liée à la revalorisation du SMIC chaque 1er janvier ou à la reconnaissance de l’ancienneté oblige l’administration à faire signer un avenant au contrat.

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BAC, DNB, BTS… une session complètement désorganisée, véritable mascarade

Il n’y aura pas eu un examen cette année 2021 organisé sans couac. Tous les personnels concernés, enseignants, chefs d’établissements, personnels administratifs des EPLE et des rectorats, et notamment les personnels des Divisions d’Examen et Concours ont malgré les ordres et contre-ordres résisté à la pression et organisé tant bien que mal cette session. Mais à quel prix ?

Derniers couacs en date : la publication des résultats du baccalauréat.

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Le « Grenelle » : une accélération de l’individualisation des carrières, dans le prolongement du décret PPCR et du RIFSEEP

L’austérité salariale et les attaques contre les statuts engagées par le ministre Blanquer à travers son « Grenelle » s’inscrivent pleinement dans la continuité des mesures mises en place sous les mandatures précédentes avec le décret PPCR et le RIFSEEP. Qu’on en juge :

Salaires : l’austérité inscrite dans le marbre de PPCR

« Une négociation annuelle permettra de dresser un bilan d’étape de la mise en œuvre des mesures triennales et définira, le cas échéant, les mesures d’ajustement à y apporter. Elle permettra d’examiner d’éventuelles mesures d’ajustement au regard des principaux indicateurs macro-économiques (taux d’inflation ; croissance du PIB, évolution des salaires…) » (Accord PPCR)

En clair, l’augmentation du point d’indice et des rémunérations est soumise à la conjoncture économique. C’est ce sur quoi s’appuie le gouvernement Macron-Blanquer en gelant à nouveau le point d’indice.

Loi de transformation de la Fonction publique : l’extension de PPCR

Le décret PPCR a supprimé la note chiffrée, élément constitutif du barème pour les promotions, qui s’effectuent désormais sur la base des rendez-vous de carrière et d‘appréciations subjectives. Cela a ouvert la voie à la remise en cause du contrôle des barèmes exercé au compte des personnels par leurs représentants lors des commissions paritaires, et s’étend à présent également aux mutations.

Statuts : « l’accompagnement » de PPCR comme levier principal

Le « Grenelle » prépare un basculement statutaire. La carrière des agents serait « managée » par des personnels aux fonctions déréglementées : « RH de proximité », enseignants-inspecteurs, directeurs d’école… habilités par « lettre de mission » à évaluer leurs collègues, en lieu et place des corps d’inspection (IEN et IA-IPR) dont le ministre prépare la fusion et le « recentrage » des missions autour du « pilotage pédagogique » autrement dit le pilotage par l’évaluation, mise en place de « collectifs pédagogiques » avec les enseignants-inspecteurs et autour des inspecteurs pour renforcer l’accompagnement. Missions élargies des conseillers pédagogiques de circonscription et des PEMF dans le premier degré, n’ayant rien à voir avec la formation des enseignants. Ce basculement est directement institutionnalisé avec le « conseil de l’évaluation » issu de la loi Blanquer et en REP+ à travers une évaluation annuelle de l’établissement pour décider de la part variable qui serait attribuée aux personnels.

Cette logique de flicage, d’évaluation permanente des personnels s’appuie sur le décret PPCR qui introduit la notion « d’accompagnement » :

« Tout enseignant bénéficie d’un accompagnement continu dans son parcours professionnel. Individuel ou collectif, cet accompagnement répond à une demande des personnels ou à une initiative de l’administration. »(Décret du 5 mai 2017)

Que deviendraient alors les enseignants jugés « déficients » ? Seraient-ils soumis à des mobilités forcées comme le préconise la loi de transformation de la Fonction publique ? Se verraient-ils proposer des ruptures conventionnelles ? Tous ces dispositifs s’articulent et ouvrent la voie aux licenciements pour insuffisance professionnelle…

La FNEC FP-FO n’accepte pas ces attaques du « Grenelle » et n’a pas participé à ses « ateliers ». Elle s’est opposée au décret PPCR* du 5 mai 2017 et au RIFSEEP (régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel).

Elle alerte les personnels et leur propose de se mobiliser pour la satisfaction des revendications :

– Abandon des mesures du Grenelle et de toutes les contre-réformes Blanquer ! Pas touche à nos statuts !
– Abrogation du décret PPCR*, du RIFSEEP, de la loi de transformation de la fonction publique !
– Augmentation générale des salaires !

 

(*) : Au comité technique ministériel du 7 décembre 2016, la FNEC FP-FO a voté contre le décret PPCR avec la CGT et la FGAF, tandis que la FSU, l’UNSA et la CFDT ont voté pour.

Action sociale : du nouveau pour les AESH et AED

L’action sociale est un droit statutaire dont bénéficient tous les agents titulaires de la fonction publique. L’état employeur apporte une aide aux fonctionnaires et diverses prestations. Les agents contractuels bénéficient également de l’action sociale. Cependant, ce n’est pas le cas des personnels employés par les établissements mutualisateurs comme une partie des AED et les AESH qui ne bénéficient pas, à égalité, de l’action sociale.

La FNEC FP-FO revendique un statut pour les AED et les AESH afin qu’ils bénéficient des mêmes droits que les personnels titulaires. Elle intervient à tous les niveaux pour obtenir l’égalité d’accès aux aides et prestations de l’action sociale.

 

L’arrêté du 20 décembre 2021 inscrit les établissements scolaires dans la liste des établissements dont les personnels bénéficient du CESU et des actions sociales mises en œuvre au niveau régional (dispositifs SRIAS, sections régionales interministérielles d’action sociale).

Lors de la Commission nationale d’action sociale qui s’est tenue le 8 juin, la Direction générale des ressources humaines a confirmé que les AESH et les AED recrutés par les établissements mutualisateurs bénéficient bien désormais de ces aides : CESU et dispositifs SRIAS.

Pour connaître les aides CESU et les dispositifs mis en place par les SRIAS, contactez le syndicat.

En cas de refus d’attribution de CESU, contactez FO.

 

La FNEC FP-FO enregistre positivement cet accès élargi à l’action sociale. Cela n’enlève rien à l’urgence de la création d’un statut de la fonction publique pour les AED et les AESH. Le succès des mobilisations des AESH, du 26 janvier, du 8 avril et du 3 avril engage à poursuivre et amplifier le combat.

La FNEC FP-FO exige :
la création d’un statut de la fonction publique pour les AED et les AESH,
l’ouverture de véritables négociations salariales et l’augmentation immédiate de 183€ indiciaire pour tous,comme les personnels de la fonction publique hospitalière,
le versement des primes REP, REP+, informatique pour les AED et les AESH,
un temps complet pour tous les personnels AED et AESH qui le souhaitent, en particulier 24h comptées commeun temps complet, payées 100% pour les AESH,
l’abandon des PIAL.

Grenelle : le ministre veut maintenir les AESH sous le seuil de pauvreté !

De qui se moque le ministre ?

Le ministre Blanquer a rendu 200 millions d’euros au ministère de l’économie cette année. En 2021, il attribuerait, seulement 40 à 60 millions d’euros pour les AESH dont le salaire est inférieur au seuil de pauvreté (1086€ de revenus mensuels). Cela revient à environ 28 à 42€ bruts (23 à 34€ nets) par mois par personne puisque le ministère annonce aujourd’hui 118 000 AESH recrutés par l’Education nationale, à supposer une répartition égale entre les personnels. Rien n’est pour le moment précisé sur les modalités selon lesquelles cette enveloppe sera répartie mais il a été question de « modification de l’espace indiciaire ».

Le ministre ne répond pas aux revendications des personnels qui demandent un temps complet à 24h payé 100%.

Toujours plus de déréglementation

Toute honte bue, le ministre propose aux AESH de compléter leurs temps incomplets imposés par un emploi au service des collectivités territoriales, notamment suite à l’arrêt du Conseil d’Etat du 20 novembre 2020 qui prévoit que les heures de travail correspondant aux repas des élèves soient prises en charge par les collectivités territoriales. Il propose aussi que les AESH occupent des emplois au titre de Jeunesse et Sports. Tout cela se fait au mépris des missions des AESH, des statuts et des missions des personnels de Jeunesse et Sports et des collectivités territoriales.

Les AESH ne demandent pas à accumuler des tâches supplémentaires sans rapport avec leur formation et leurs missions, ni à cumuler les « petits boulots ». Avec les PIAL, cela aboutirait, ni plus ni moins à une nouvelle dégradation de leurs conditions de travail et une aggravation de la maltraitance institutionnelle tant pour les personnels que pour les élèves. Ces combines et ajustements budgétaires montrent, s’il était nécessaire, le peu de cas que font le ministre et le gouvernement de la scolarisation des élèves en situation handicap.

Le ministre a répondu par le mépris à la mobilisation des personnels avec leurs organisations.

 

La FNEC appelle les personnels à poursuivre les réunions et amplifier le rapport de force, dans l’action commune la plus large, y compris avec les parents d’élèves pour contraindre le ministre à satisfaire les revendications : l’abandon des PIAL ; créations de postes et de places dans les établissements spécialisés ; recrutement d’AESH à la hauteur des besoins ; un vrai statut de la fonction publique et un vrai salaire ; la refonte et le déplafonnement de la grille des AESH ; 24h comptées comme un temps complet, payées 100% pour les AESH ; l’ouverture de véritables négociations salariales et l’augmentation immédiate de 183€ indiciaire pour tous, comme les personnels de la fonction publique hospitalière ; le versement des primes REP, REP+, informatique pour les AESH.

La FNEC FP-FO soutient l’appel du comité départemental de liaison des AESH de Haute-Loire à une convention nationale AESH en visioconférence le 30 juin à 14h30 afin de préparer une montée nationale au ministère.