Personnels de Labo : revalorisation ou mauvaise plaisanterie ?

Le SNFOLC et le SPASEEN-FO ont participé à une réunion ministérielle portant sur le réexamen triennal de l’IFSE des personnels de la filière ITRF exerçant dans l’enseignement scolaire. En introduction, le représentant du ministère a indiqué le vœu du ministère qu’aucune filière ne soit exclue de l’agenda social de l’éducation.

Le ministère tente donc de faire passer pour une revalorisation dans le cadre de l’ « agenda social » ce qui était déjà programmé de longue date, à savoir le réexamen triennal du RIFSEEP.

 

Le montant de l’ensemble des mesures proposées représente moins de 2 millions d’euros, quand le ministre Blanquer a annoncé à grand bruit une enveloppe de 400 millions d’euros pour son « Grenelle » dont sont exclus les personnels de la filière ITRF.

Ramenée au mois, le gain mensuel moyen sera de 12 € pour un ATRF et 17 € pour un Technicien, bien loin des 183 € qu’ont obtenu les personnels des établissements de santé avec le Ségur de la santé. Ce n’est pas une revalorisation, c’est une aumône !

Skip to PDF content

Retraites, salaires, conditions de travail, école à distance : AG à la rentrée !

« On ne peut avoir devant nous des mois inutiles » a avancé le Président Macron le 6 juillet face aux représentants des confédérations syndicales et du patronat sur la question des retraites, précisant qu’il s’exprimerait bientôt sur cette question.

Après que la réforme de l’assurance chômage ait été momentanément suspendue par le Conseil d’État, certains membres du gouvernement, craignant une explosion sociale, restent prudents en ce qui concerne « la mère des réformes ». Ce n’est cependant pas le cas d’Amélie de Montchalin, ministre de la Fonction Publique, qui, la veille, sur BFTM s’en est prise violemment à notre système des retraites.

Indemnités modulables en REP+ : des critères édifiants !

La circulaire concernant la part modulable de l’indemnité REP + est parue (600 à 1000 euros annuels net de plus avec la même part modulable pour tous les personnels d’une même école ou d’un même établissement). La hiérarchie aura donc à « évaluer » chaque année les écoles et les établissements en REP+.

Que sera-t-il évalué ? La capacité des personnels à transmettre les savoirs et les connaissances ? L’instruction et les apprentissages n’apparaissent à aucun moment dans la grille d’évaluation. Mais est-ce que le ministre s’en soucie ?

 

Les critères d’évaluation sont édifiants :

 

Cette mesure s’inscrit pleinement dans le « Grenelle » de Blanquer : pilotage par l’évaluation, « management de proximité » avec ses nouvelles fonctions (directeur supérieur hiérarchique, enseignants-inspecteurs en service partagé, RH de proximité…), le renforcement de « l’accompagnement PPCR » qui pourrait notamment concerner les moins bien évalués en REP+ …

La FNEC FP-FO s’oppose au principe des parts variables, processus d’individualisation des carrières contre les garanties collectives, et demande l’augmentation de l’indemnité à part égale, en commençant par pallier les injustices actuelles concernant les personnels exclus (AESH, AED, assistants sociaux, CPC…).

Elle appelle les personnels à se réunir dès la rentrée pour faire obstacle aux attaques statutaires du « Grenelle » et pour la satisfaction de toutes nos revendications.

CSE du 8 juillet : le ministère veut instaurer un « projet d’évaluation par établissement » pour la rentrée 2022

Au Conseil Supérieur de l’Education du 8 avril, le ministre a présenté un projet de décret et un arrêté renforçant le contrôle continu. Il s’agit de supprimer les E3C pour les remplacer par les notes du bulletin. La place des notes du bulletin pèserait donc non plus pour 10% mais pour 40% dans la moyenne du baccalauréat. FO a voté CONTRE.

Dans un vœu commun, la FNEC FP-FO, le SNES-FSU, le SNALC, la CGT éduc’action, SUD éducation et la CFE-CGC ont demandé le rétablissement des épreuves nationales, terminales et anonymes, seules à même de garantir l’égalité des candidats face à l’examen.

 

Le ministre a préféré écouter le SE-UNSA et intégrer l’amendement suivant :

L’organisation du contrôle continu pour le baccalauréat général et technologique fait l’objet d’un projet d’évaluation travaillé en conseil d’enseignement, validé en conseil pédagogique et présenté au Conseil d’administration. 

Remise en cause de l’indépendance de l’enseignant et de sa liberté pédagogique individuelle

Instaurer un projet d’évaluation en conseil d’établissement et validé en conseil pédagogique, c’est subordonner l’enseignant à une uniformisation et un formatage dénué de sens. C’est aussi l’esprit du « Grenelle ». Sous couvert de « travail en équipe », c’est la mise en œuvre d’une hiérarchie intermédiaire de professeurs, chargés d’exercer un contrôle sur leurs collègues.

Le projet d’évaluation serait « présenté » en CA. Qu’il soit voté ou seulement présenté ne change rien au fond de l’affaire. Tous les membres du CA, y compris les élus, auraient leur mot à dire sur l’évaluation. L’enseignant serait donc mis sous tutelle du politique et de tous les groupes de pression.

 

Le ministre pérenniserait le cauchemar vécu par les enseignants dans le cadre de la circulaire du 6 novembre intitulée « poursuite de la continuité pédagogique », qui préconisait des « harmonisations » en raison de la généralisation du contrôle continu. La multiplication des réunions de concertation et des évaluations a atrophié les temps de préparation des cours et de transmission des connaissances. Les relations entre collègues et de l’enseignant à l’élève se sont dégradées.

Territorialisation de l’école

Un projet d’évaluation par établissement décidé en CA revient à rendre caducs les programmes nationaux et à déqualifier massivement.

C’est aussi mettre en place une évaluation sur des critères locaux, donc géographiques et sociaux avec, à l’arrivée, le tri Parcoursup. Selon la Cour des Comptes 20% des établissements d’enseignement supérieur font de l’établissement d’origine un critère de sélection.

Les organisations syndicales SNES-FSU, FNEC FP-FO, Sud Education et CGT Educ’Action et SNALC ont indiqué qu’ « elles organiseront rapidement, avec les personnels, la mobilisation. » pour le rétablissement des épreuves nationales, terminales et anonymes du baccalauréat pour la session 2022.

La FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir dès la pré-rentrée, en heure d’information syndicale et en AG, pour décider des moyens de faire aboutir les revendications.