AESH : appel régional au 19 octobre pour manifester à Paris

Projet local d’évaluation et bac Blanquer : colère et refus des personnels

Depuis la rentrée, les enseignants tentent de faire cours pour préparer au mieux les élèves malgré des effectifs toujours plus lourds et des emplois du temps souvent chaotiques.

C’est dans ce contexte que le ministre Blanquer a décidé que l’urgence serait de produire un projet local d’évaluation pour fixer des objectifs pédagogiques locaux et des modalités d’évaluations locales.

Les inspecteurs et les chefs d’établissements sont appelés au secours du ministre pour tenter de faire accepter aux enseignants le renoncement à leur liberté pédagogique. Mais ça ne passe pas.

Dans les réunions, l’incompréhension se dispute à la colère

Pourquoi s’infliger une telle usine à gaz alors que ni les recteurs, ni les inspecteurs n’osent prétendre que ce dispositif est obligatoire ?

Pourquoi figer sur le papier nos pratiques d’évaluation alors qu’elles sont connues et expliquées à nos élèves à chaque devoir ?

Pourquoi devrait-on uniformiser nos pratiques alors que nos élèves ne peuvent pas tous être évalués de la même manière, que nos classes sont hétérogènes ?

Pourquoi faudrait-il mettre noir sur blanc nos objectifs communs au sein de l’établissement alors qu’ils existent déjà et s’appellent les programmes nationaux ?

Pourquoi s’exposer à affronter des récriminations sans fin de la part des élèves, à nous justifier sans cesse auprès des parents ?

Pourquoi un tel document si les professeurs sont des professionnels reconnus ?

Pourquoi devrions-nous subordonner la pédagogie à une exigence formaliste d’évaluation plutôt que d’adapter notre pédagogie à la diversité de nos élèves ?

Pourquoi obliger les enseignants à programmer sans cesse des évaluations aux dépens du temps d’apprentissage ?

Qui peut sérieusement croire que la seule préoccupation des parents est le nombre de devoirs plutôt que les effectifs par classe ou les heures d’enseignement disciplinaire supprimées par la réforme du lycée ?

Affirmer que l’urgence du moment serait de se doter du PLE pour « harmoniser » les pratiques d’évaluation, « améliorer la communication » avec les élèves et les parents, « sécuriser » le travail des enseignants, c’est se moquer du monde. Même a minima, le PLE reste local, en contradiction avec les exigences d’un diplôme national.

Présupposer que les enseignants évalueraient à la tête du client alors qu’ils évaluent selon des critères objectifs et explicites est perçu comme une insulte à la profession.

 

Les personnels résistent et refusent le PLE

De diverses façons, les professeurs se réunissent par équipe disciplinaire et en réunion d’information syndicale. Ils s’adressent à leur direction, au recteur et au ministre pour exprimer leur refus de mettre le doigt dans l’engrenage du PLE.

Que ce soit au lycée Saint Criq de Pau (64) avec les syndicats FO, CGT et SNES, au lycée Aliénor d’Aquitaine de Poitiers (86), ou au lycée Malraux de Gaillon (27) avec le SNFOLC, les collègues affirment leur exigence de rétablissement du cadre national du baccalauréat :

« Plutôt que de rédiger dès maintenant un document inutilement contraignant, […]nous préférons affirmer que nous avons à cœur d’assurer notre mission d’enseignement dans le respect des programmes nationaux et de notre liberté pédagogique. »

Au lycée Despiau de Mont-de-Marsan (40) :

« Nous refusons que s’instaure au sein de l’établissement une surveillance réciproque des personnels, au nom d’échanges pédagogiques croisés entre pairs.

Ce projet consacre la mise en place de diplômes maisons et de règles de fonctionnement locales. Il constitue une remise en cause frontale de nos statuts. Nous refusons de participer au travail de réflexion autour du projet local d’évaluation et réaffirmons que l’évaluation relève de la liberté pédagogique de l’enseignant seul capable d’estimer en fonction du niveau de ses élèves, de sa progression, du contexte et des différentes contraintes, la solution la plus adaptée à sa classe. »

Au lycée Victor Hugo d’Hennebont (56) :

Les professeurs avec leurs syndicats SNES, CGT et FO, 

– réaffirment le principe de leur liberté pédagogique y compris dans le cadre de l’évaluation,

– contestent toutes formes d’intrusion du conseil pédagogique, du conseil d’administration, du règlement intérieur dans leur liberté pédagogique y compris concernant l’évaluation,

– réaffirment le droit pour chaque équipe disciplinaire de faire ou non des contrôles communs,

– contestent l’imposition d’un nombre d’évaluations par trimestre ou par année. L’évaluation est un des éléments du processus pédagogique, sa fréquence est décidée par chaque professeur,

– demandent le retour du bac national avec des épreuves terminales et anonymes seule garantie d’égalité de traitement entre tous les élèves et par conséquent de valeur de diplôme national,

– refusent toutes pressions de qui que ce soit (parents, Administrations) sur le processus d’évaluation (fréquence, notes…).

Dans de nombreux autres lycées, Rousseau à Montmorency (95), Vinci à Amboise, Vaucansson, Rabelais (37), Simone Weil au Puy-en Velay (43), Carnot à Paris (75), Tarare et Colbert à Lyon (69), Nord et Perrin à Marseille (13), Soult de Mazamet (81), Jules Ferry de St Dié (88), Monnet de Crépy-en-Valois (60), Magendie, pape Clément, Daguin et Sud Médoc en Gironde… les personnels avec leurs organisations syndicales prennent position contre le PLE. En Moselle des collèges soutiennent la mobilisation des lycées contre le PLE.

Les SNFOLC appelle tous les enseignants de lycée à se réunir avec leurs organisations syndicales pour refuser le PLE et exiger :

– le rétablissement des épreuves terminales, nationales et anonymes du baccalauréat,
– le retrait total du PLE,
– le rétablissement de toutes les heures d’enseignement supprimées par la réforme du lycée,
– le respect de nos statuts.

Le SNFOLC s’adresse à l’ensemble des organisations syndicales pour qu’ensemble ce soit un NON au ministre.

Contractuels alternants MEEF : vous avez des droits

Vous êtes contractuels « alternants » et en même temps étudiants en master MEEF dans le cadre de la « réforme de la formation des enseignants ». Cette année, les contrats ont normalement été réservés aux Masters 2.

Vous vous retrouvez à devoir préparer le concours tout en finissant le Master avec un ou des mémoires, des UE à passer et surtout en ayant des classes en responsabilité. C’est un véritable parcours du combattant.

L’État employeur met en difficulté les enseignants en formation alors que ces derniers devraient être protégés et soutenus ! Si FO s’est opposée à cette nouvelle réforme, dite « réforme de la formation des enseignants », ce n’est pas pour rien.

 

Ne restez pas isolés !

Contrat, rémunération, évaluation, FO vous aide à connaître vos droits, les faire valoir. FO intervient auprès de l’administration face aux obstacles rencontrés dans cette formation hors norme. Elle le fait tout autant pour les stagiaires 2021.

 

Le droit à un contrat

En devenant « contractuel alternant », vous êtes devenus contractuels de droit public de l’Education nationale.

Votre contrat d’agent contractuel garantit un salaire et vous couvre en cas d’accident du travail. Un double portant votre signature et celle de l’employeur doit vous en être remis. Il vous permet de faire valoir des droits.

Droit à une rémunération

Elle est de moins de 700 euros nets, ce qui se passe de commentaire. S’y ajoute le tiers d’indemnité de suivi des élèves (ISAE dans le 1er degré, ISOE dans le 2nd degré). Cette indemnité est versée mensuellement.

Vous avez droit aussi au paiement de l’IR (indemnité de résidence) en fonction de votre lieu d’habitation. Et ce toujours au prorata de votre temps de travail.

Si vous constatez du retard dans le paiement de votre salaire ou de vos indemnités, un calcul qui vous semble incompréhensible, contactez-nous.

 

ATTENTION, GARDEZ BIEN VOS FICHES DE PAIE à télécharger via l’ENSAP : ceci vous sera utile pour reconstituer votre carrière et votre reclassement.

Droit à ne pas être affecté dans des écoles et établissements en REP+, en CP, CM2 ou dans les classes à examens

C’est ce que précise la note de service ministérielle du 27/11/2020.

Si vous êtes néanmoins dans ce cas, contactez-nous pour obtenir que FO intervienne en cas de problème.

Droit à un temps de service défini 

La situation la plus courante pour votre temps de travail en établissement est :

dans le 1er degré : de 8h d’enseignement hebdomadaire + 1h (correspondant au 1/3 des 108h annuelles dues par les Professeurs des Ecoles) ;

dans le second degré : de 6h d’enseignement hebdomadaire, avec la participation aux missions liées et aux conseils de classe.

En tout état de cause, les heures d’enseignement hebdomadaire à assurer ne peuvent dépasser 12h dans le 1er degré, 9h dans le 2nd degré.

Par ailleurs, il n’y a pas d’exigences réglementaires qui puisse conduire à allonger indéfiniment votre temps de service dans l’établissement.

Attention à l’évaluation !

Votre pratique professionnelle sera évaluée dans le cadre du master MEEF et, si l’évaluation est satisfaisante, elle permet la délivrance d’un certain nombre d’ECTS (au minimum 20, en général 30).

L’évaluation est faite en général par les deux tuteurs (« de terrain » et de l’INSPÉ). Ils n’ont aucun pouvoir hiérarchique sur vous.

Si cependant l’évaluation n’est pas satisfaisante, vous courrez le risque de ne pas avoir le Master (même si vous avez le concours par ailleurs).

N’hésitez pas à demander en amont aux tuteurs si tout va bien. Il n’y a aucune raison que votre année de M2 ou votre réussite au concours aient à pâtir de problèmes relationnels.

FO vous conseillera et vous aidera.

Master : ce qui est acquis est acquis !

Vous avez sans doute déjà validé des UE de Master 2. Il n’y a aucune raison d’avoir à recommencer ce que vous avez déjà validé, même sous couvert « d’approfondir votre formation » ou de « renforcer une compétence ».

La Fédération Force Ouvrière de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle (FNEC FP-FO) s’est opposée à cette réforme et a porté ses revendications dans toutes les instances.

Elle a été la seule à voter contre les maquettes de Master MEEF, que le ministère a fait remonter de force alors que les équipes de formations des INSPÉ comme les universitaires des Facultés avaient nettement déclaré leur opposition à la réforme.

Nous demandons un concours au niveau licence et une formation professionnelle sous statut d’élève fonctionnaire, ainsi que le rétablissement des réductions de service lors de l’année de fonctionnaire stagiaire.

Un an après l’assassinat de Samuel Paty : où en est-on ?

Le ministre de l’Education Nationale a adressé une note aux recteurs d’académie afin d’organiser un « moment de recueillement » et un « temps d’échange » dans les établissements scolaires le vendredi 15 octobre 2021.

Le 16 octobre 2020, l’assassinat de notre collègue Samuel Paty a suscité un émoi très vif et légitime. Dès le 19 octobre, et comme le prévoit la réglementation, la FNEC FP-FO des Yvelines – département dans lequel exerçait notre collègue – a demandé la saisie du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de travail (CHSCT). Ce comité, dans lequel siègent notamment les organisations syndicales dites représentatives, et dont la loi de transformation de la Fonction publique programme la disparition à partir de 2022, est en effet la seule instance permettant d’établir « l’arbre des causes » et de préconiser des mesures de prévention.

Ouverture d’une enquête administrative : un combat syndical de plusieurs mois

Rappelons-le, cette demande s’est heurtée à tous les obstacles, en particulier le refus de l’administration qui jugeait qu’elle ne devait pas se faire « à chaud ». C’est pourtant bien « à chaud » que, trois jours après l’assassinat de notre collègue, le ministre ordonnait l’ouverture d’une mission de l’Inspection Générale donnant lieu à la publication d’un rapport – à grands renforts de communication – en décembre dernier.

En parallèle, le rectorat de Versailles a refusé d’ouvrir l’enquête du CHSCT faute de « feu vert » du ministre de l’Education Nationale !

Finalement, après des interventions multiples de la FNEC FP-FO au plan départemental, académique, et aussi en direction de l’inspection du travail avec l’Union départementale FO des Yvelines, et directement auprès du ministre (courriers, interventions au Comité technique et au CHSCT ministériels), l’aval du ministre a été donné à la Rectrice de l’académie de Versailles pour ouvrir l’enquête… huit mois après l’assassinat de notre collègue ! En l’absence d’enquête, les personnels auraient-ils dû se satisfaire de la communication officielle du ministre et de ses représentants locaux ?

En juin dernier, l’académie de Versailles a désigné le cabinet d’expertise chargé de diligenter les entretiens et d’établir le compte-rendu finalisé de l’enquête du CHSCT. La FNEC FP-FO a exprimé les plus vives réserves quant au dit cabinet, au regard de sa proximité avec l’exécutif et de questionnements sur le plan éthique.

De ces réserves, il n’a pas été tenu compte…

Un an après, personne n’a oublié Samuel Paty

L’immense majorité des personnels – dès le 2 novembre 2020 – s’était réunie pour discuter, échanger, contre les décisions du ministre qui limitaient de facto l’expression des revendications dans les écoles, les collèges et lycées.

Les personnels, de plus en plus fragilisés par les conditions de travail imposées, veulent être entendus, protégés.

Ce n’est pas en imposant des contre-réformes rejetées, et en remettant en cause la laïcité de l’Ecole comme continue de le faire le ministre que la colère des personnels s’apaisera !

C’est pourquoi, avec tous les personnels dans les écoles, les établissements scolaires et les services, la FNEC FP-FO continuera d’agir sur le terrain qui est le sien – celui de l’indépendance syndicale vis-à-vis de tout gouvernement, du patronat, des Eglises – pour la satisfaction de toutes les revendications.