Étudiants contractuels alternants MEEF : une usine à gaz pour exploiter, contractualiser, détruire les postes

Actuellement se discutent dans les académies les modalités d’« accueil » des futurs étudiants contractuels MEEF dits « alternants ».

Il est prévu qu’une partie au moins d’entre eux seront « alternants », en 2021-22 seulement durant l’année de M2. Pour ceux pour lesquels il n’aura pas été prévu de « berceaux » d’accueil, ils seront en stage (observation et accompagnement). C’est l’inégalité officialisée dans la formation professionnelle.

Une usine à gaz … pour exploiter les étudiants

Partout il apparaît que la mise en œuvre de l’insertion des « alternants » relève de l’usine à gaz.

En effet, ils auront à faire un tiers-temps de service en responsabilité. Mais ce tiers-temps est annualisé, il peut donc être décliné sous une forme hebdomadaire (8H+1H dans le premier degré, 6H dans le second degré) ou sous une forme « massée », avec des services hebdomadaires de 50 %, 75 %, voire 100 %… En certains cas, comme dans l’académie de Lyon, il est même imaginé un mixte filé/massé ! Concrètement les « alternants » vont servir de moyens de remplacements bouche-trous.

Comment leurs emplois du temps seront-ils organisés pour faire en sorte qu’ils puissent tous suivre les cours ou formations prévus en université ou à l’INSPÉ ? C’est presque mission impossible !

Aucune garantie n’est par ailleurs donnée que les alternants puissent ne pas avoir à se déplacer dans une même journée entre leur lieu de travail et leurs lieux de formation.

Et tout ceci pour 664 € nets par mois !

Pour les collègues dans les établissements : surcharge de travail, désorganisation des emplois du temps, pressions sur les temps partiels, blocage du mouvement

Il va falloir encadrer ces « alternants ». Il est prévu pour les tuteurs 600 € de rémunération annuelle (contre1500 € pour les anciens fonctionnaires stagiaires) ! À ce tarif, il n’est pas du tout sûr que tous les contractuels aient un tuteur. Quant aux simples « stagiaires », aucune rémunération n’est à ce jour prévue.

D’autres conséquences apparaissent également :

-Dans le 2nd degré, aménager les emplois du temps pour que les alternants puissent suivre l’essentiel de leur formation en INSPÉ ou à l’université impliquerait de modifier au moins en partie les emplois du temps dans les disciplines concernées.

-Dans le 1er degré, les directeurs seraient chargés d’ «accompagner » les alternants pour qu’ils acquièrent des connaissances « relevant de l’organisation administrative et pédagogique de l’école » ! Ceci sans aucune décharge ou rémunération ! Comme si les directeurs n’avaient que ça à faire !

-Il est aussi fait pression sur les temps partiels, en sorte que les niveaux de temps partiels soient adaptés aux pourcentages d’interventions des « alternants ».

-Partout, le fait de devoir ménager des « berceaux » pour placer les alternants va concrètement bloquer des postes mis au mouvement.

L’objectif réel : économiser des postes, généraliser et pérenniser la contractualisation

Le fait que le concours passe en fin de 2e année de master retarde encore l’entrée dans la carrière. Ceci sans aucune augmentation : en revanche, les nouveaux fonctionnaires stagiaires n’auront plus de réduction de leur service hebdomadaire, ils seront à 100 % !

Si l’on ajoute l’apport que représente les contractuels alternants, l’objectif apparaît clairement : ce sont des milliers de postes qui disparaissent :9000 pour le passage de 50 à 100 % des lauréats stagiaires, environ 4000 pour les « alternants » qui seraient 12 000 l’an prochain, peut-être plus encore les années suivantes…

 

Il faudrait encore ajouter les morceaux de postes qui vont être affectés dans les INSPÉ pour satisfaire à l’exigence d’une intervention renforcée des collègues « de terrain » (le tiers du volume de la formation) : PEMF, PFA, temps partagés… ce qui représente au moins une vingtaine d’ETP par académie, qui vont dégarnir d’autant les rangs des collègues enseignant dans les écoles, collèges et lycées.

Par ailleurs les étudiants « alternants », qui seront une partie du temps en classe pour enseigner pour la première fois, auront des chances encore plus faibles de réussir le concours, que ce soit en 2021-22 (où concrètement les alternants de M2 seront ceux qui ont échoué aux concours 2021) ou après.

Que pourra-t-il être proposé à tous ces étudiants ex-contractuels « alternants » ainsi mis en échec, si ce n’est de rempiler comme contractuels ?

Plus que jamais, les revendications de la FNEC-FP FO sont justifiées :

Abandon de la réforme des concours et de la formation des enseignants, abrogation de la masterisation » des concours (que les syndicats de la FNEC-FP FO étaient les seuls à demander explicitement en 2009-2010) et dont on voit à quoi elle conduit
Recrutement au niveau Bac+3
Maintien des exigences disciplinaires (pluri-disciplinaires pour les PE) des concours, en particulier contre l’ « entretien de motivation » qui représente dans la réforme la moitié de l’oral (soit 30 % du total des coefficients)
Une formation professionnelle initiale rémunérée sous statut, incluant la préparation aux concours, financée par le MEN.

Ce qui nous rassemble !

Dans un contexte d’une énième rentrée pour le moins compliquée, il est toujours utile de se remémorer les raisons de son adhésion au syndicalisme libre et indépendant. Aujourd’hui plus que jamais.

Le ministre Blanquer se pavane à tout-va dans les média pour inculquer à l’opinion publique la croyance que les salaires des enseignants vont augmenter, qu’il a même pour objectif de faire en sorte que personne, promis, juré, craché, ne touchera moins de 2000 euros. La belle affaire…

Ce qu’il ne dit pas à l’opinion publique en question, ce philanthrope invétéré, c’est quel bras de levier il va actionner pour y parvenir, et là, pardon de l’expression mais, ça branle dans le manche !

Passer de une à deux le nombre d’heures supplémentaires obligatoires, les imposer à tous, y compris les agents à temps partiel, élargir la définition des Indemnités pour Missions Particulières (IMP), ce n’est ni plus ni moins que la continuation du « Travailler plus pour gagner plus » cher à un prédécesseur de l’actuel Président de la République. Ajoutons pour enfoncer le clou que l’heure supplémentaire revient moins cher à notre philanthrope employeur que l’heure poste normale, et l’on comprendra que les raisons de la colère n’ont pas disparu à la faveur des congés d’été…

Pis, non content de faire accroire qu’il augmente le salaire dans enseignants, tout en réalisant l’exploit de baisser la masse salariale du ministère dont il a la charge, cet ami du genre humain mène contre l’exercice du droit syndical une guerre insidieuse et lâche. A preuve, le déplacement d’office prononcé contre notre camarade Édouard, professeur d’histoire-géographie au lycée Jean Macé à Rennes, qui a eu le tort aux yeux du Recteur de faire son travail de militant syndical.
Édouard, camarade, que tu sois adhérent d’un autre syndicat ne nous empêche pas, au SNFOLC35, de te redire notre indéfectible solidarité. D’autant que nous avons eu, nous aussi, il y a moins d’un an, à batailler en faveur d’un de nos adhérents du lycée de Montfort sur Meu, qu’un cadre haut placé du rectorat accusait d’avoir manqué à l’éthique au moment le plus fort du mouvement contre la réforme Blanquer du baccalauréat. Nous avions gagné sur ce dossier en montrant de façon incontestable la fausseté de l’accusation, et nous avions savouré cette victoire !

Fait encourageant, des perspectives se tracent pour l’entrée en action. L’intersyndicale des confédérations (CGT- FO – FSU – Solidaires – FIDL – MNL – UNEF – UNL) affirme l’urgence d’augmenter le SMIC et les grilles de classifications, le point d’indice de la Fonction Publique, les pensions, les minima sociaux et les bourses d’études et n’a eu aucune difficulté pour appeler unitairement à une journée d’action interprofessionnelle le mardi 5 octobre.

L’Union départementale vient d’ailleurs de prendre l’initiative d’organiser vendredi 17 septembre à 13H place de la République à Rennes ( dans la foulée de l’AG de l’UD qui se terminera à 12H30 ) un rassemblement-meeting public pour affirmer les revendications sociales et démocratiques et préparer sans attendre la riposte interprofessionnelle du 5 octobre.

Notre boussole, c’est cela, cela uniquement, mais c’est déjà beaucoup. C’est ce qui nous rassemble. Pour le reste, en particulier les débats qui font écran de fumée, l’expression d’une méfiance qu’un pouvoir plus communiquant que pédagogue a suscitée par des mensonges d’État, le règne de la post-vérité dans la sphère publique, nous devons adopter, que nous soyons militants convaincus ou adhérents sans implication particulière, l’attitude d’Ulysse face au chant des sirènes. Attaché au mât de son navire, il entend le chant des certitudes de tous bords, les laisse se perdre dans le lointain tandis que le bateau trace sa route.
Les adhérents du SNFOLC35 sont des femmes et des hommes libres, acteurs de leur vie, qui savent quelle décision ils doivent prendre en conscience dans une crise aussi sérieuse que celle du COVID 19. Une société où le syndicat indiquerait à chacun ce qu ‘il doit faire ou penser en matière de lutte contre le virus nous plongerait dans le cauchemar du 1984 de George Orwell. Notre ligne de conduite ne variera donc pas, elle fera résolument confiance à l’esprit de solidarité et de responsabilité qui vit en l’être humain, pour peu qu’on ne l’infantilise pas : la crise sanitaire ne peut pas servir de prétexte à licenciement si un salarié refuse la vaccination, le Passe sanitaire, qui ne sert qu’à réguler les flux de population comme le font les armées en temps de guerre doit être abandonné.
Le reste n’est que littérature…

Résister, revendiquer, reconquérir !

Comité de soutien à Edouard Descottes

Un comité réunissant des personnels du lycée Jean Macé de Rennes a vu le jour pour soutenir notre collègue Edouard Descottes frappé par une mutation d’office.

Vous pouvez contacter le collectif à l’adresse suivante : collectifsoutien.edjm1@gmail.com

 

Vous pourrez lire ci-dessous le communiqué officiel du collectif de soutien à Edouard Descottes.

Le comité de soutien a créé une cagnotte  pour aider à faire face aux frais engagés pour la défense juridique d’Edouard.

Le SNFOLC 35 y a participé et vous invite à en faire de même.

Pour la cagnotte : cliquer ici.

 

Communiqué officiel du collectif de soutien :

 

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AESH Convention nationale du 15 septembre 2021

Il y a eu de nombreuses mobilisations dans les académies et les régions il y a quelques mois. Suite à cela, deux appels à la grève au niveau national ont eu lieu, à l’initiative des différents syndicats. Un grand nombre d’AESH s’est mis en grève et a manifesté. Des AG et RIS se sont tenues et des motions appelant à la mobilisation sur ces revendications ont été adoptées.

Le ministre, sourd à nos revendications, a changé notre grille indiciaire, avec une trop légère augmentation de salaire.

Nous restons sous le seuil de pauvreté !

Ces pseudo revalorisations ne nous feront pas taire !

Convention nationale AESH le 15 septembre à 14h en visioconférence !

 

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Vous souhaitez participer à cette convention mercredi 15 septembre?

Contactez le SNFOLC 35 pour obtenir le lien de la visio.

Hausse des salaires des AESH au 1er septembre : le compte n’y est pas !

Un nouveau cadre de recrutement de rémunération des AESH sera instauré au 1er septembre 2021.

Le décret et l’arrêté ont été publiés au journal officiel du 24 août. Ces textes prévoient un avancement automatique des AESH tous les 3 ans, une nouvelle grille qui se traduit par une augmentation indiciaire pour chaque niveau, le reclassement de tous les AESH en fonction de leur ancienneté.

C’est à mettre au compte de la mobilisation des AESH,

avec leurs organisations syndicales, qui n’a cessé de s’amplifier.

 

Pour autant, pour la FNEC FP-FO, le compte n’y est pas. Le ministre décide de maintenir les AESH sous le seuil de pauvreté, fixé par l’INSEE à 1080 € par mois. Après une carrière complète, un AESH employé sur une quotité horaire de 62% ne gagnerait pas plus de 1015,73 € par mois.

Les contrats de droit privé (CUI, PEC) ne sont pas comptabilisés dans l’ancienneté.

Lors du Comité technique ministériel du 21 juillet la FNEC FP-FO a réaffirmé les revendications des personnels : la reconnaissance de l’intégralité de l’ancienneté de service ; un vrai statut, avec l’intégration dans un corps de la Fonction publique ; un vrai salaire, avec l’accès, pour tous les AESH qui le souhaitent, à un temps complet sur la base de 24h, payé 100% ; l’ouverture immédiate de négociation salariale et l’augmentation indiciaire de 183€ pour tous les personnels, comme l’ont obtenue les personnels hospitaliers.

 

Poursuivre la mobilisation : réussir la convention nationale pour organiser la montée au Ministère

 

La FNEC FP-FO se félicite du succès de la réunion nationale des AESH du 30 juin et soutient l’appel à la convention du 15 septembre qui vise à organiser la montée des personnels au ministère. Elle appelle ses syndicats à préparer cette échéance par l’organisation de réunions, si possible dans un cadre intersyndical, avec désignation de délégués mandatés pour participer à cette convention.

La FNEP FP-FO invite les personnels à se réunir dans le cadre de l’appel de la convention nationale AESH du 30 juin, qui déclare :

« nous estimons nécessaire d’amplifier la mobilisation en préparant activement, avec les organisations syndicales, une montée au ministère des AESH de tout le pays et de tous ceux, parents, enseignants, qui se sentent concernés par nos revendications, notamment l’abandon des PIAL. Aussi, nous appelons les AESH à se constituer en comités départementaux, avec les organisations syndicales, à désigner leurs délégués en vue de l’organisation d’une nouvelle convention nationale le mercredi 15 septembre et à préparer dans les meilleurs délais la montée au Ministère. »

Rappel : le SNFOLC 35 et le SNUDI FO 35

organisent une réunion dans leurs locaux à Rennes

le mercredi 8 septembre à 14h pour préparer la montée à Paris. 

Contactez-nous si vous souhaitez participer à cette réunion !

Infos pour cette réunion : ici !