Ce qui nous rassemble !

Dans un contexte d’une énième rentrée pour le moins compliquée, il est toujours utile de se remémorer les raisons de son adhésion au syndicalisme libre et indépendant. Aujourd’hui plus que jamais.

Le ministre Blanquer se pavane à tout-va dans les média pour inculquer à l’opinion publique la croyance que les salaires des enseignants vont augmenter, qu’il a même pour objectif de faire en sorte que personne, promis, juré, craché, ne touchera moins de 2000 euros. La belle affaire…

Ce qu’il ne dit pas à l’opinion publique en question, ce philanthrope invétéré, c’est quel bras de levier il va actionner pour y parvenir, et là, pardon de l’expression mais, ça branle dans le manche !

Passer de une à deux le nombre d’heures supplémentaires obligatoires, les imposer à tous, y compris les agents à temps partiel, élargir la définition des Indemnités pour Missions Particulières (IMP), ce n’est ni plus ni moins que la continuation du « Travailler plus pour gagner plus » cher à un prédécesseur de l’actuel Président de la République. Ajoutons pour enfoncer le clou que l’heure supplémentaire revient moins cher à notre philanthrope employeur que l’heure poste normale, et l’on comprendra que les raisons de la colère n’ont pas disparu à la faveur des congés d’été…

Pis, non content de faire accroire qu’il augmente le salaire dans enseignants, tout en réalisant l’exploit de baisser la masse salariale du ministère dont il a la charge, cet ami du genre humain mène contre l’exercice du droit syndical une guerre insidieuse et lâche. A preuve, le déplacement d’office prononcé contre notre camarade Édouard, professeur d’histoire-géographie au lycée Jean Macé à Rennes, qui a eu le tort aux yeux du Recteur de faire son travail de militant syndical.
Édouard, camarade, que tu sois adhérent d’un autre syndicat ne nous empêche pas, au SNFOLC35, de te redire notre indéfectible solidarité. D’autant que nous avons eu, nous aussi, il y a moins d’un an, à batailler en faveur d’un de nos adhérents du lycée de Montfort sur Meu, qu’un cadre haut placé du rectorat accusait d’avoir manqué à l’éthique au moment le plus fort du mouvement contre la réforme Blanquer du baccalauréat. Nous avions gagné sur ce dossier en montrant de façon incontestable la fausseté de l’accusation, et nous avions savouré cette victoire !

Fait encourageant, des perspectives se tracent pour l’entrée en action. L’intersyndicale des confédérations (CGT- FO – FSU – Solidaires – FIDL – MNL – UNEF – UNL) affirme l’urgence d’augmenter le SMIC et les grilles de classifications, le point d’indice de la Fonction Publique, les pensions, les minima sociaux et les bourses d’études et n’a eu aucune difficulté pour appeler unitairement à une journée d’action interprofessionnelle le mardi 5 octobre.

L’Union départementale vient d’ailleurs de prendre l’initiative d’organiser vendredi 17 septembre à 13H place de la République à Rennes ( dans la foulée de l’AG de l’UD qui se terminera à 12H30 ) un rassemblement-meeting public pour affirmer les revendications sociales et démocratiques et préparer sans attendre la riposte interprofessionnelle du 5 octobre.

Notre boussole, c’est cela, cela uniquement, mais c’est déjà beaucoup. C’est ce qui nous rassemble. Pour le reste, en particulier les débats qui font écran de fumée, l’expression d’une méfiance qu’un pouvoir plus communiquant que pédagogue a suscitée par des mensonges d’État, le règne de la post-vérité dans la sphère publique, nous devons adopter, que nous soyons militants convaincus ou adhérents sans implication particulière, l’attitude d’Ulysse face au chant des sirènes. Attaché au mât de son navire, il entend le chant des certitudes de tous bords, les laisse se perdre dans le lointain tandis que le bateau trace sa route.
Les adhérents du SNFOLC35 sont des femmes et des hommes libres, acteurs de leur vie, qui savent quelle décision ils doivent prendre en conscience dans une crise aussi sérieuse que celle du COVID 19. Une société où le syndicat indiquerait à chacun ce qu ‘il doit faire ou penser en matière de lutte contre le virus nous plongerait dans le cauchemar du 1984 de George Orwell. Notre ligne de conduite ne variera donc pas, elle fera résolument confiance à l’esprit de solidarité et de responsabilité qui vit en l’être humain, pour peu qu’on ne l’infantilise pas : la crise sanitaire ne peut pas servir de prétexte à licenciement si un salarié refuse la vaccination, le Passe sanitaire, qui ne sert qu’à réguler les flux de population comme le font les armées en temps de guerre doit être abandonné.
Le reste n’est que littérature…

Résister, revendiquer, reconquérir !