Lettre d’un personnel AESH : de la formation contrainte sur l’école inclusive

Ci-dessous la lettre d’un personnel AESH d’Ille-et-Vilaine suite à une formation imposée sur l’école inclusive.

Les dérives que le collègue souligne ont retenu toute notre attention : ses remarques sont justes, ses revendications légitimes.

Nous remercions vivement le camarade qui nous a fait parvenir cette lettre, qui a une grande importance dans la situation actuelle.

 

Je suis AESH depuis 8 ans dans l’académie de Rennes.

Vous trouverez ci-dessous une lettre au sujet d’une formation sur l’école inclusive qui vient d’être mise en place pour les instituteurs (trices) et les AESH de l’académie de Rennes.

Il me semble que les dérives sont graves :

Non respect des 25h des AESH puisqu’il s’agit de 3h en plus du temps dans l’établissement (pas grave mais c’est un début! Lors de notre formation initiale, il nous avait pourtant été bien répété que nous ne devions pas fournir de travail au-delà de nos 25h.)

Formation totalement hors sujet pour les AESH (tout ceci n’entrant pas dans leurs fonctions ! Est-ce le début de la redéfinition du rôle de l’AESH?)

Ma crainte est de voir les AESH se substituer à un personnel très qualifié (sans en avoir les compétences et encore moins les revenus!)

Voilà, je voulais juste vous alerter. La lettre a été communiquée au responsable de la formation.

Ille-et-Vilaine, mars 2022

 

LETTRE COMMUNIQUEE AU RESPONSABLE DE FORMATION

 

Introduction :

Je ne peux ici fidèlement restituer tous les adjectifs élogieux dont vous nous gratifiez, en oubliant trop souvent de rappeler que notre plus grande qualité réside dans la modicité des sommes qui nous sont versées. (Beaucoup de pommade, conscience de nos médiocres revenus, même chanson depuis huit ans, même inaction depuis huit ans, sauf pardon une 25ème heure……)

La réalité est aujourd’hui qu’avec 8 ans d’ancienneté, 3 ans seulement reconnus, je suis comme la majorité des AESH dans l’attente de savoir si mon CDD sera renouvelé !

Crainte d’autant plus justifiée que la fonction publique a ces dernières années une préférence marquée pour la contractualisation et non la titularisation. (Je vous vois déjà lever les bras au ciel, poussant des cris à la lecture de ces mots salissant l’institution. Il y a pourtant une tendance très marquée, que vous nierez, à tort, j’en suis désolé.)

Le décor planté, abordons cette formation à laquelle je me suis retrouvé inscrit comme par magie. Contraint. Forcé. Pas seul ! Quelques questions ont immédiatement germé.

S’agit-il d’une reprise en main ferme et justifiée du fait d’un fâcheux glissement de notre part vers la médiocrité ? Peut-être. (Vous me répondrez : non certainement pas, vous n’y pensez pas, puis suivra le passage de la traditionnelle pommade qu’il faudra traduire par « des gens aussi peu payés, on ne peut les remplacer ! »)

S’agit-il plutôt d’un début d’élargissement de nos attributions ? Et là, attention ! Sur fond de contraction des IME, il est impensable que des AESH assurent aujourd’hui la prise en charge d’élèves très problématiques, en milieu ordinaire, sans une redéfinition de leurs fonctions, de leurs contrats. (Je sais que vous n’y pensez toujours pas, mais force est de constater que dans nos écoles, le nombre d’enfant ayant des notifications MDPH avec des troubles de plus en plus sévères, est croissant. Le personnel très spécialisé est absent, aux AESH et aux professeurs des écoles de faire ce qu’ils peuvent! Trop souvent, l’environnement scolaire reste inadapté malgré les efforts des municipalités.)
Je vous rassure, enfin !

Nous avons tous besoin d’évoluer donc une formation est toujours bienvenue…. Si elle ne cache pas des loups….

 

La formation :

Surprise ! On ne parlera pas d’environnement [de l’élève] ! Sauf à y passer plus de temps (on nous nous avait pourtant juré que nous ne devions pas dépasser nos 25h de travail ! Il faut s’y habituer, « les promesses ne valent que pour ceux qui les entendent »). Je me trompe certainement, mais il me semble qu’une bonne partie de mon temps est consacré à placer les enfants en situation d’apprendre tant leur environnement familial est compliqué, tant l’environnement de la classe est difficile à supporter, etc…..

Les fonctions cognitives limitées à l’attention, la mémorisation et l’exécution. Nous ne sommes plus dans l’accompagnement, mais dans le diagnostic ! (Cf plus haut, est-ce la nouvelle fonction de l’AESH ?)

Je veux ici souligner avec force que cette formation, nous l’avions en partie acquise, grâce à l’investissement des instituteurs et institutrices avec qui nous échangions au quotidien. Elle a le mérite d’étoffer, de synthétiser, avec une grille d’observation simple. Bon nombre d’astuces étaient déjà mises en place. (bon sens et expérience sont de très bons amis). Mais, sur quoi va-t-elle déboucher ? Je ne suis pas persuadé que le bien-être des élèves en soit l’unique moteur.

Conclusion : Les élèves en situation de handicap méritent mieux qu’un personnel précarisé ! Alors… redéfinition de notre fonction accompagnée d’une modification de contrat nous liant ? Et n’allez pas me dire que ce n’est pas de votre responsabilité, la responsabilité est engagée par l’absence de soutien fort et marqué.

 

Ille-et-Vilaine
Mars 2022

Communiqué FO post second tour

NI TREVE SOCIALE, NI UNION NATIONALE, NI CO-LÉGISLATION !

 

Ensemble nous sommes plus forts.

Indépendants, nous sommes libres de nos actions.

Organisés nous pouvons gagner !

 

DÉFENSE INCONDITIONNELLE DES REVENDICATIONS

Après les résultats de l’élection présidentielle, pour le SNFOLC, les revendications des personnels demeurent. FO, qui n’a pas donné de consigne de vote et ne s’associera à aucune union nationale, continuera d’agir en défense des seuls intérêts matériels et moraux des salariés.

Ces principes garantissent l’indépendance et la liberté d’action du syndicat pour construire le rapport de force nécessaire à la satisfaction des revendications.

AUGMENTATION DU POINT D’INDICE

Le Président Macron confirme les déclarations de sa ministre Amélie de Montchalin qui annonçait une prétendue augmentation du point d’indice à condition que le « métier » l’emporte sur le statut.

Sur Franceinfo, le 15 avril, E. Macron a annoncé :

« A l’été », le futur gouvernement sera chargé de « faire une réforme complète des grilles et de l’organisation de la fonction publique. Et ensuite, il y aura une revalorisation du point de telle sorte qu’il permette d’accompagner les éléments de pouvoir d’achat ».

Tout est sous condition de destruction des garanties statutaires, par exemple pour l’Éducation nationale, le traitement des enseignants est sous la condition de « définir avec eux de nouvelles missions » (le président-candidat, 17 mars).

Pour FO, c’est sans conditions que le point d’indice doit être augmenté de 22,68% ; pour FO, les primes à la tête du client ne répondent en rien aux revendications des personnels.

RETRAITES

« Il faut avoir des concertations avec les organisations patronales et syndicales », « La réforme est nécessaire pour assurer la pérennité du système de retraite, elle est donc importante, il faudra mener cette réforme. » ( E. Borne RTL, 25 avril)

Avec quelles organisations syndicales ? L’UNSA et la CFDT ?

Pour sa part, le SNFOLC comme la confédération FO et sa fédération nationale la FNEC FP-FO, a toujours affirmé son rejet de la réforme, et se battra pour le retour aux 60 ans et aux 37,5 annuités ! Aucune « concertation » pour discuter de la longueur de la chaîne !

 

De son côté, B. Le Maire (France Info, 25 avril) ne « peut pas donner la garantie » qu’il n’y aura pas d’usage de l’article 49-3 pour passer en force… Même méthode qu’en février 2020 où sur cette réforme, le gouvernement avait engagé sa responsabilité avec le 49 ter.

FO est prête à engager toutes ses forces, comme lors de la grève initiée le 5 décembre 2019 : contre la réforme Macron des retraites, pour le maintien pour les fonctionnaires du Code des pensions et des régimes spéciaux.

 

 

L’ÉCOLE, « UNE NOUVELLE MÉTHODE » ? ON LA CONNAÎT, C’EST CELLE DE MARSEILLE

E. Macron veut ouvrir la voie au recrutement local en supprimant les concours, ce qui signifierait la fin du recrutement statutaire, la fin des statuts nationaux, la fin de l’École publique et laïque.

Au lendemain du 2ème tour, « On veut aller beaucoup plus loin, beaucoup plus fort. On veut inventer une méthode nouvelle pour associer plus largement les Français autour de grands chantiers; la santé, l’éducation, construire au plus près du terrain », avec une « méthode nouvelle » « Il n’y a de pause, on va continuer à agir » (G. Attal, BFMTV, le 25 avril).

C’est donc bien l’autonomie des écoles et des établissements, sa territorialisation qui est en marche.

Décliner le statut localement, avec des droits « locaux », des obligations de service « définies » au plus près, des disciplines dont la nature, les programmes seraient décidés en fonction des particularités locales

Cette école, la FNEC FP-FO l’a affirmé et réaffirmé à de nombreuses reprises, elle la rejette et la condamne : c’est la fin d’une même école pour tous avec un même statut pour les professeurs de la République.

 

Le manifeste des instituteurs syndicalistes de 1905 affirmait :

« Notre enseignement n’est pas un enseignement d’autorité. Ce n’est pas au nom du gouvernement, même républicain, ni même au nom du Peuple français que l’instituteur confère son enseignement : c’est au nom de la vérité. Les rapports mathématiques, les règles de grammaire, non plus que les faits d’ordre scientifique, historique, moral, qui le constituent, ne sauraient dès lors être soumis aux fluctuations d’une majorité ».

Ce texte est toujours d’actualité !

POSTES

Toujours moins et pourtant… Classes, heures et postes supprimés, effectifs pléthoriques, le second degré en a assez des milliers de suppressions de postes.

Le SNFOLC est avec les personnels qui se mobilisent et exigent la création de tous les postes nécessaires. Pour rendre « attractive » l’Éducation nationale, il faut d’abord supprimer la masterisation avec un recrutement par la voie des concours à partir de bac+3.

BACCALAURÉAT : LE SOCLE RÉPUBLICAIN À DÉFENDRE ET RECONQUÉRIR

Plus d’autonomie, c’est justement ce que le ministre Blanquer s’est employé à faire en cassant le bac national, en instaurant le contrôle continu, en mettant en place des épreuves de spécialité, en alourdissant les services des professeurs qui corrigent « en même temps » qu’ils préparent et font cours.

La remise en cause du baccalauréat comme diplôme national et 1er grade universitaire apparaît clairement comme un élément de ce dispositif de démolition du statut.

C’est pourquoi le SNFOLC, dans la continuité de la réunion nationale du 4 février « pour le rétablissement du baccalauréat national dès 2022 », décide de poursuivre la campagne nationale pour le retour à un baccalauréat national, s’engage et soutiendra toutes les initiatives pour construire le nécessaire rapport de force.

 

Le SNFOLC réaffirme :

« Il est urgent d’obtenir de ce gouvernement, ou du futur, le rétablissement du Baccalauréat national, comme diplôme national et premier grade universitaire » (déclaration de la conférence du 4 février).

A la veille des épreuves de spécialité du bac Blanquer, que le ministre a déjà été obligé de repousser suite à la grève du 13 janvier, au moment où les services des examens et concours sont en surchauffe et où le contrôle continu accentue la désorganisation des lycées, le SNFOLC informe qu’il dépose un préavis de grève pour couvrir les personnels et soutiendra toutes les initiatives.

Le SNFOLC exige l’abandon des réformes Blanquer du baccalauréat et du lycée, le retour aux épreuves nationales, ponctuelles et terminales du baccalauréat dès juin 2022, l’abrogation de Parcoursup.

ENSEMBLE NOUS SOMMES PLUS FORTS. INDÉPENDANTS, NOUS SOMMES LIBRES DE NOS ACTIONS. ORGANISÉS NOUS POUVONS GAGNER !

La cgt-FO a pris, le 25 avril, l’initiative de s’adresser à l’ensemble des organisations syndicales en application de la déclaration du CCN FO qui « réitère son opposition à toute réforme des retraites visant à supprimer tous les régimes existants, fondés sur la solidarité intergénérationnelle, et à reculer l’âge de départ (âge légal, âge pivot ou d’équilibre, durée de cotisation), comme elle rappelle notre condamnation de la réforme de l’assurance chômage », et de se rencontrer dans les meilleurs délais.

« Nous sommes au lendemain de l’élection présidentielle qui a vu l’élection d’Emmanuel Macron. Nous connaissons les axes principaux de sa politique économique et sociale. Il porte désormais clairement l’objectif du recul de l’âge légal de départ à la retraite, la remise en cause des régimes existants. Les dispositions relatives à la pénibilité et aux carrières longues ne seront pas épargnées par le recul de l’âge possible de départ à la retraite. » (communiqué de presse cgt-FO, 25 avril 2022).

C’est cette démarche que le SNFOLC entreprend sur la réforme du lycée et du Bac en s’adressant aux organisations syndicales du second degré. La FNEC FP-FO s’adresse elle aussi aux fédérations et syndicats de l’Éducation nationale.

 

Le SNFOLC appelle tous les personnels à se réunir sans délai pour lister les revendications urgentes et décider des initiatives à prendre dans la continuité des mobilisations, des grèves et de la grève majoritaire du 13 janvier.

FNEC FP FO : préavis de grève du lundi 25 avril au dimanche 26 juin 2022

Conformément aux dispositions prévues par la loi du 13 juillet 1983, la FNEC FP FO a déposé un préavis de grève du lundi 25 avril au dimanche 26 juin 2022 inclus.

Ce préavis couvre les différentes catégories de personnels de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche qui seraient amenées à décider la grève pour défendre leurs revendications ou faire face à des problématiques liées à des situations locales.

Smircadisation des professeurs, CPE et PSYEN du second degré

C’est un fait, le Code du travail oblige le gouvernement à relever automatiquement le montant du SMIC en fonction de l’inflation. Le SMIC sera augmenté de 2,65% le 1er mai 2022 pour le porter à 1 649,48 € bruts.

Le point d’indice est gelé quasiment depuis 20 ans, et c’est inadmissible car les professeurs certifiés au 6ème échelon ont perdu plus de 600 € par mois. Aujourd’hui, les personnels de catégorie A, dans les collèges et lycées, les certifiés, les P.EPS, les CPE et PsyEN, vont maintenant débuter à 1,11 % du SMIC alors que J-M. Blanquer se targue d’avoir augmenté les salaires en début de carrière et G. Attal qu’un professeur ne gagnera pas moins de 2 000 € avant la fin du quinquennat…

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Droit à mutation : et maintenant le tirage au sort !

Le ministère de l’Education nationale a instauré cette année, pour les mutations du second degré, le tirage au sort comme critère de départage. Selon quelles modalités, avec quels contrôles, lui seul le sait.

 

Depuis la disparition des commissions paritaires en charge de vérifier les décisions de l’administration pour les questions de mutation, les lignes directrices de gestion régissent les règles de mutations. Elles indiquent malgré tout clairement que les critères doivent être communiqués aux participants. Et pourtant, le ministère ne respectant même pas ses propres textes, a changé la pratique existante sans en informer ni les participants au mouvement, ni les organisations syndicales.

LA LOTERIE POUR DÉTERMINER LES AFFECTATIONS

Chaque candidat se serait vu attribuer un numéro utilisé lorsque trop de participants avaient le même barème pour un nombre de postes limités. Par exemple, il fallait 24,1 points pour obtenir Nancy-Metz en lettres modernes cette année. Deux participants ont obtenu cette académie avec ce barème alors que 15 candidats avaient également 24,1 points. Les deux entrants ont donc été déterminés aléatoirement, sans aucune forme de contrôle, les autres se voyant souvent affectés dans une académie éloignée, pas toujours dans leurs vœux.

Le ministère justifie cette décision qui plonge encore un peu plus les mutations dans l’opacité, par une décision du Conseil d’Etat. C’était déjà la raison invoquée pour priver les parents isolés de toute bonification lors de ce mouvement 2022. Le Conseil d’Etat a estimé que le départage à l’âge était trop discriminant. C’était pourtant un critère objectif, vérifiable pour se prémunir de l’arbitraire.

Le tirage au sort serait donc plus juste ? Le SNFOLC a condamné ce processus et exigé de connaître en détail son fonctionnement.

Le SNFOLC intervient à tous les niveaux pour s’opposer à l’application de ces « non-règles » de départage dans le cadre du mouvement intra.

 

Cette politique de décrédibilisation des mutations au barème est calculée. Le ministère détruit petit à petit le droit à mutation. En ne publiant pas les tableaux de mutation, en multipliant les postes à profil, en privilégiant l’emploi de contractuels aux titulaires et en supprimant les postes pour faire exploser les barres, mais aussi en évoquant la possibilité d’extraire du mouvement général les néotitulaires.

LE RESPECT DU DROIT À MUTATION

Le SNFOLC exige des garanties pour le respect du droit à mutation. Il s’adresse au futur ministre pour rappeler que les personnels n’accepteront pas de se voir privés de ce droit. Il organise la résistance pour le maintien des concours nationaux, des statuts, des barèmes.

Le SNFOLC est avec les personnels qui se mobilisent contre les baisses de DHG, contre les suppressions de postes, cause principale de la hausse des barres au mouvement inter académique. Il exige le rétablissement des commissions paritaires en charge des mutations et des carrières seules garantes du respect des droits de chacun.