Pour le recrutement massif de personnels sous statut : contre la masterisation, retour au recrutement à BAC + 3

Le ministre Blanquer annonce que ce sont des milliers de classes qui sont fermées chaque jour, le plus souvent faute de remplaçants.

Dans le même temps, les annonces tombent dans les académies et les départements avec des fermetures dans les écoles, établissements, services… cela alors que le ministre Blanquer a rendu des
centaines de millions d’euros au budget. Les personnels n’acceptent pas et se mobilisent.

La grève historique du 13 janvier l’a rappelé : ce qu’il faut, c’est un recrutement massif de personnels sous statut !

La grève historique du 13 janvier a ébranlé le gouvernement. Le ministre et le premier ministre ont été contraints de concéder le recrutement de la totalité des plus de 800 candidats aux concours inscrits sur la liste complémentaire dans le 1 er degré afin de répondre aux problèmes de remplacement.

Ce recours aux listes complémentaires, qui était refusé par le ministre depuis plusieurs années, est à mettre au crédit de la mobilisation et de la revendication constamment réaffirmée par la FNEC FP-FO.

Ouverture et réabondement de toutes les listes complémentaires

Toutefois, ce recours aux listes complémentaires ne permet pas de résoudre les problèmes de remplacement dans le premier degré. Le recrutement par liste complémentaire doit pouvoir se faire
également pour chaque corps car les besoins sont criants partout !

La FNEC FP-FO exige l’ouverture immédiate de toutes les listes complémentaires des concours, leur réabondement si nécessaire ou la mise en place de concours exceptionnels pour recruter des personnels sous statut.

 

La mastérisation et la réforme Blanquer assèchent les concours

En 2009-10 la FNEC-FP FO a été la seule à demander l’abandon de la mastérisation de la formation et des concours d’enseignement (*) ,qui a eu pour conséquence de diviser le nombre de
candidats au concours par deux. Dans certaines matières ou certaines académies pour le premier degré, le nombre de lauréats est systématiquement inférieur au nombre de postes offerts au concours.

Cela développe de fait la contractualisation, ce qui s’inscrit parfaitement dans la mécanique de la loi de transformation de la Fonction publique ! Il faut par ailleurs noter qu’il n’y a bien souvent pas de candidats pour ces postes de contractuels précaires, et pour cause !

La réforme du ministre Blanquer dite « de la formation des enseignants » poursuit la destruction. La situation pour la prochaine rentrée est encore plus inquiétante puisqu’avec le retardement du
concours à Bac+5, seuls ceux qui auront échoué au concours l’an dernier seront en mesure de candidater. Ce faible vivier de candidat prépare un recrutement encore plus faible. Les personnels
vont manquer à l’appel pour la rentrée 2022 alors que cela craque déjà de partout !

La solution pour éviter le crash : en finir avec la mastérisation et la réforme Blanquer !

 

Retour à un recrutement à BAC + 3 !

Si l’on ne veut pas d’une rentrée 2022 qui vire à la catastrophe, si l’on veut des recrutements massifs de personnels sous statut dès maintenant, il faut en finir avec la mastérisation qui programme
l’assèchement du recrutement statutaire. Il faut en finir avec la réforme Blanquer de la formation initiale qui supprime la formation des stagiaires et organise leur contractualisation.

Les promoteurs de la mastérisation vantaient la « revalorisation des salaires à l’entrée dans le métier ». 12 ans plus tard, la titularisation s’effectue à BAC+6 et le salaire du néo-titulaire s’élève
royalement à 1,2 SMIC ! Dans des conditions pareilles, les candidats vont se bousculer au portillon !

Il faut donc ouvrir d’urgence le recrutement statutaire à Bac+3 pour rouvrir les vannes des concours, en finir avec ce parcours du combattant pour les jeunes qui se destinent à exercer dans l’Éducation nationale et leur garantir une véritable formation pendant l’année de stage, avec de réelles augmentations de salaires pour tous !

 

La FNEC FP-FO a demandé audience au ministère. Elle portera les revendications suivantes :

– Un recrutement immédiat et à hauteur des besoins de personnels sous statut !
– Ouverture et réabondement des listes complémentaires ! Mise en place de concours exceptionnels si nécessaire !
– Le réemploi et la titularisation de tous les contractuels qui le souhaitent !
– Les ouvertures de postes nécessaires et l’arrêt des fermetures !
– Abrogation de la masterisation et de la réforme Blanquer des concours !
– Recrutements sous statut à Bac+3 avec une véritable formation pendant l’année de stage !
– Augmentation générale des salaires ! + 22,68 % d’augmentation du point d’indice pour rattraper le pouvoir d’achat perdu !

 

La FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir pour établir précisément les cahiers de revendications et décider des initiatives à prendre pour l’arrêt des suppressions de postes, la création de tous les postes nécessaires et le recrutement massif de personnels sous statut dès maintenant.

 

(*) : Lors de l’examen des textes sur la mastérisation, au Comité Technique Paritaire Ministériel du 28 mai 2009, au Conseil supérieur de l’Éducation du 11 juin, au Conseil supérieur de la Fonction publique de l’État du 16 juin, seule FO a non seulement voté contre chacun des projets de décrets mais maintenu son exigence de maintien du recrutement à bac+3 sans mastérisation de la formation. Les organisations (en particulier la FSU) qui n’ont pas voté contre tous les projets de décrets au CTPM, au CSE puis au CSFPE ont pris une lourde responsabilité. Elles ont permis ainsi au ministre DARCOS d’afficher une majorité pour ses décrets.

Blanquer, zélé serviteur de la Cour des Comptes

Le pas de deux de Blanquer et de la Cour des Comptes, complices pour en finir avec le cadre national et républicain de l’Ecole

 

Fin 2021, la Cour des Comptes a publié coup sur coup un rapport sur la gestion des absences des enseignants prétendant « garantir la continuité pédagogique », et une note sur l’enseignement scolaire préconisant « une école plus efficacement organisée au service des élèves ».

Après avoir inspiré, par des rapports antérieurs, l’alourdissement de nos obligations de service (décret du 20 août 2014), ou encore la réforme du baccalauréat, la Cour des Comptes entend désormais définir les prochaines « réformes » pour aller encore plus loin dans la remise en cause des statuts et de l’instruction. Le moins que l’on puisse dire est que ses préconisations sont Blanquer-compatibles.

Toutes les infos ci-dessous.

Pour télécharger le document qui suit : c’est ici.

 

DGH vent de révolte dans les collèges et les lycées

Le ministre Blanquer se targue de recevoir les organisations syndicales, comme il l’a fait vendredi 12 février, afin de présenter son énième protocole… mais sur les postes, les listes complémentaires dans le second degré, aux revendications de FO, c’est silence radio.

Pourtant c’est lui et le gouvernement qui sont responsables du chaos créé en supprimant 1 800 postes en 2021 puis encore 440 en 2022, en multipliant les HSA devenues obligatoires, en supprimant des milliers d’heures de cours avec la réforme du lycée et du baccalauréat. Les personnels en ont assez et s’appuient sur la grève majoritaire du 13 janvier.

 

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Point « sanitaire » du 11 février et nouveau protocole : l’autosatisfecit du ministre

Jean-Michel Blanquer lors du point « sanitaire » du 11 février :

« Pendant la seconde guerre mondiale, les habitants de Londres ne se plaignaient pas auprès de Winston Churchill du bruit des avions la nuit… »

La FNEC FP-FO a participé au point « sanitaire » organisé par le ministre le 11 février. Ce dernier s’est félicité de la nette amélioration de la situation sanitaire et a précisé les mesures prises :
– La fin du port du masque en extérieur pour les élèves et les personnels ;
– La possibilité d’effectuer les séances d’EPS sans masque en intérieur (dans le respect des distances donc pas d’activité de contact) ;
– Le retour au niveau 2 du protocole donc la fin de la limitation du brassage par classe pour le premier degré ;
– Un seul test sera demandé aux parents en cas de covid dans la classe et plus d’attestation sur l’honneur ; cela se fera sur une base de confiance ;
– La Foire Aux Questions sera mise à jour en fonction de ces annonces.

La FNEC FP-FO a indiqué pour sa part que la situation était toujours extrêmement chaotique dans les écoles, établissements et services et que la question centrale était celle des postes et du recrutement immédiat des personnels sous statut pour faire face. L’annonce du retour au niveau 2 du protocole dans le premier degré doit s’accompagner des moyens de remplacements nécessaires, ce qui n’est absolument pas le cas actuellement.

 

La FNEC FP-FO a demandé en particulier :
– L’arrêt de l’obligation vaccinale et la réintégration de tous les personnels sur leurs postes (infirmières, médecins, psyEN, enseignants spécialisés…) ; il est injuste autant qu’absurde d’évincer ces personnels qui font cruellement défaut sur le terrain ;
– L’ouverture des listes complémentaires pour tous les corps (2nd degré, infirmières, personnels administratifs, privé…) ;
– Le réabondement des listes complémentaires ;
– Le réemploi et la titularisation des contractuels qui le souhaitent ;
– Les créations de postes nécessaires pour la rentrée 2022 et l’annulation de toutes les fermetures ;
– Le retour à un recrutement BAC +3 pour les enseignants pour permettre ces recrutements de personnels sous statut, et pour éviter la catastrophe annoncée pour la rentrée 2022.

 

La FNEC FP-FO a également rappelé ses revendications en matière de salaire, de retour à un baccalauréat avec épreuves nationales, terminales et anonymes dès la session 2022 (comme l’exige la pétition FO SNES SNEP CGT SUD SNALC soutenue par des associations de spécialistes et des syndicats lycéens), d’abrogation de la loi Rilhac, d’arrêt des pressions et injonctions managériales (évaluation d’établissement, évaluation CP, formations imposées type « constellations » …).

 

Le ministre a répondu aux organisations syndicales que la gestion de la crise sanitaire de l’ École en France était un modèle reconnu dans le monde entier et a vanté les choix du gouvernement et de son ministère.

 

En réponse à certaines des revendications de la FNEC FP-FO, le ministre a précisé :

« – qu’il poursuivrait à l’Éducation nationale la doctrine générale concernant l’obligation vaccinale, dont la remise en cause n’était pas pour l’heure à l’ordre du jour ;
– que toutes les demandes ministérielles comme par exemple les évaluations CP étaient utiles, y compris en cette période de crise ;
– que les dotations pour la rentrée sont tout à fait suffisantes au vu de l’évolution démographique ;
– que des recrutements ont déjà été réalisés et qu’on allait pouvoir faire face pleinement grâce à ces recrutements,
– qu’il n’était pas favorable à la demande de rallonger les listes complémentaires car on ne pouvait pas recruter pour 40 ans des enseignants qui n’avaient pas le niveau suffisant, que ce n’était pas rendre service au système éducatif. »

A noter que ce dernier argument avait déjà été utilisé suite à notre demande d’ouvrir la liste complémentaire lors du point sanitaire du 6 janvier. La grève massive du 13 janvier (qui a conduit au recrutement de plus de 800 collègues sur liste complémentaire dans le premier degré) l’avait visiblement amené à reconsidérer sa position…

Le ministre n’a pas répondu à nos autres demandes, y compris celle sur le baccalauréat.

Il a rappelé que nous étions en période exceptionnelle de Covid et que dans ces conditions difficiles qui ne relevaient pas de sa responsabilité, le ministère avait tout mis en œuvre pour que tout se passe au mieux… En bref : « nous sommes en guerre » donc il faudrait cesser de revendiquer (cf. la référence à W. Churchill).

 

La grève historique du 13 janvier a ébranlé le gouvernement qui a été contraint de concéder le recrutement de listes complémentaires.

Alors que les instances de carte scolaire se réunissent en ce moment, que les dotations sont catastrophiques, qu’elles se traduisent par des centaines de fermetures de classes, les personnels n’acceptent pas et se mobilisent devant les IA, les rectorats et le ministère.

La FNEC FP-FO appelle les personnels à se réunir, à décider et poursuivre les initiatives et les mobilisations pour la satisfaction des revendications.

Pétition : le Pass éducation pour tous les personnels du CNED !

Depuis le 3 janvier, le nouveau Pass Éducation 2022 est attribué à tous les personnels rémunérés par l’Éducation nationale – stagiaires, titulaires ou contractuels – exerçant de manière effective en école, collège, lycée publics et privés sous contrat, c’est-à-dire les professeurs, les personnels de direction, d’éducation, les personnels administratifs, sociaux et de santé, les personnels d’orientation, AESH, etc.

De tous les personnels exerçant dans un établissement public d’enseignement, seuls ceux affectés au CNED en sont exclus.

 

Pétition à télécharger et à signer ci-dessous :