Conférence de presse du SNFOLC 35 rentrée 2022 : saccage organisé de la rentrée scolaire ?

Nouveau ministre, nouvelles mesures… Nous aurions pu croire qu’avec l’arrivée de M N’Diaye, la rentrée 2022 aurait été plus sereine que la précédente. Force est de constater qu’il n’en est rien.

Dans le premier degré, à une semaine du jour J, de nombreux collègues ne connaissent toujours pas l’école où ils seront affecté(e)s. Les directeurs et directrices ne connaissent pas non plus leur jour de décharge. Les ATSEM, de leurs côtés, ont déjà prévu une journée de grève le jeudi 1er septembre, notamment en raison de leurs conditions de travail.

Dans le second degré, les conséquences du jobdating du mois de juillet, doublé de la modification des règles d’affectation des professeurs remplaçants et des contractuels, sont déjà visibles :

affectations non satisfaisantes (proprement scandaleuses dans certaines situations), et tardives (finalisation des affectations vendredi 26 août au soir, ce qui laisse deux jours aux chefs d’établissement pour réviser tous les emplois du temps des professeurs, et trop peu de temps aux enseignantes et enseignants pour préparer leurs cours!)…

 

De leurs côtés, les personnels AESH se retrouvent encore une fois sur des zones d’affectation extra larges, sans parfois connaître leur établissement scolaire d’exercice à quelques jours de la rentrée.

De nombreuses demandes ont été faites par ces salarié(e)s pour voir leur quotité de travail augmenter (et pouvoir vivre ainsi plus décemment), demandes toutes refusées à ce jour par le service de la DSDEN 35.

 

La rentrée 2022 se fait encore une fois sous le signe de l’indigence et de la précipitation désorganisée…

Une désorganisation des services à tous les niveaux…

Quoi de mieux pour placer sous un mauvais jour la Fonction Publique et légitimer toutes les coupes budgétaires à venir et, à terme, sa privatisation ?

 

Conférence de presse le jeudi 1er septembre à 17h dans les locaux à l’UD FO 35

pour informer les médias et alerter.

Macron confirme ses objectifs et sa méthode pour disloquer l’Ecole de la République

Ce n’est pas le ministre Ndiaye, mais le président Macron lui-même qui a ouvert la réunion de rentrée des recteurs jeudi 25 août.

L’école n’est pas à la hauteur, leur a expliqué le chef de l’Etat :

« Nous avons trop d’élèves malheureux, trop de parents anxieux, de professeurs désabusés ou qui ont le sentiment de ne pas être reconnus et trop d’entreprises qui ne trouvent pas de jeunes formés. »

Ce sombre constat, cela fait des années que les personnels le font. C’est le résultat des contre-réformes et des politiques de réductions budgétaires imposées par Macron, Blanquer et leurs prédécesseurs. Ce sont eux les responsables. C’est le gel des salaires et la masterisation des concours qui ont conduit à cette rentrée catastrophique où l’on va manquer partout d’enseignants sous statut. Quant aux perspectives économiques, comme toute la population, les personnels se demandent comment ils pourront faire face à l’inflation qui ne cesse de grimper…

 

Mais le Président Macron balaie ces « difficultés » d’un revers de main, et voudrait, à travers ses débats dans les écoles, dans les établissements, associer les personnels au dynamitage du cadre national de l’Ecole et des statuts.

Il voudrait, à travers son Conseil National de la Refondation, associer les syndicats et les politiques à la poursuite de ses projets :
– achever toutes les mesures de territorialisation et de privatisation de l’École en s’appuyant sur le modèle de l’expérimentation marseillaise,
– continuer à remplacer les fonctionnaires par des contractuels,
individualiser les rémunérations en les conditionnant à toujours plus de tâches,
– mettre le lycée professionnel et ses personnels directement sous le joug du patronat pour former des apprentis,
– « adapter les diplômes et les formations au marché du travail », c’est-à-dire en finir avec les qualifications reconnues dans les conventions collectives

 

Les débats dans les écoles et les établissements devront aboutir à la rédaction d’un projet local, en lien avec les élus, les associations locales et les parents pour passer un contrat avec l’Etat, pour déroger au cadre national des programmes et des statuts. Cette autonomie de l’Ecole s’accompagnera d’une distribution de moyens et de droits différents suivant les politiques locales.

La FNEC FP-FO combat le cadre territorialisé des expérimentations et « concertations » diverses qui ne visent qu’à disloquer l’École de la République, à Marseille et ailleurs.

 

FO se félicite de la mobilisation des lauréats pour le recrutement de toutes les listes complémentaires, qui a commencé à faire reculer le ministre : on continue !

 

Elle invite tous les personnels à se réunir en heure d’information syndicale dès la première semaine de rentrée pour organiser la mobilisation sur leurs revendications, pour le recrutement de personnels sous statut, pour l’augmentation des salaires et le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat, pour le rétablissement du cadre national de l’Ecole.

Résolution de la Commission exécutive nationale

Mr Macron ça suffit !

Le président de la République a cru bon d’expliquer dans son discours d’avant conseil des ministres que le temps de l’abondance et de l’insouciance était fini et il a annoncé un « basculement ».

Quel mépris, quelle arrogance et surtout quelle provocation vis à vis de millions de salariés, de privés d’emploi, de retraités, d’étudiants qui ne connaissent ni abondance, ni insouciance notamment vis à vis de leur pouvoir d’achat qui s’effondre, du maintien des services publics qu’on affaiblit ou des libertés qu’on réduit. Ce sont déjà largement eux qui ont payé le « quoiqu’il en coûte » pendant que d’autres continuent de se déplacer en jet privé.

Mr Macron persiste et signe dans sa politique de régression sociale et démocratique et veut même de toute évidence l’accélérer. Face à ce « basculement » et aux manœuvres indignes pour faire illusion et diversion (Conseil National de la Refondation), seul le rapport de force peut redonner l’espoir de justice sociale sans laquelle il n y pas de jours heureux possibles.

FO Ille et Vilaine appelle à préparer une réelle mobilisation interprofessionnelle et intergénérationnelle dans l’unité la plus large. Les travailleurs anglais nous montrent la voie .

Communiqué de presse de l’UD FO 35, le 24 août 2022

CDIsation des AED : on est loin du compte !

La CDIsation est une revendication des AED pour laquelle ils ont fait grève à de multiples reprises, et encore cette année. Et la date tardive du décret a mis en difficulté tous les personnels concernés.

FO a dû intervenir auprès du rectorat et du ministre pour permettre aux AED qui devaient bénéficier de la CDIsation de voir leur contrat renouvelé.

 

Si la CDIsation est bien inscrite dans le décret présenté le 6 juillet aux organisations syndicales, nombre de dispositions sont extrêmement contestables et fragilisent l’avenir des AED en CDD et en CDI. En effet, le ministère a profité de l’écriture de ce texte pour durcir certaines dispositions du décret du 6 juin 2003.

 

– Entretien professionnel conduit par le chef d’établissement ou par le CPE ou le directeur d’école. Or les CPE et les directeurs d’école n’ont pas, et ils le revendiquent, de pouvoir hiérarchique sur les AED. Le ministère maintient ces dispositions malgré l’intervention de FO et en profite pour modifier les missions statutaires des CPE et des directeurs d’école.

– Mise en place d’une grille d’évaluation. FO s’oppose d’ores et déjà à celles qui ont déjà surgi dans des académies. Les grilles d’évaluation mettent les AED en difficulté et sont surtout créées pour faciliter les non renouvellements de contrat.

– Le crédit de 200 heures pour les étudiants disparaît pour les AED en CDI. Un étudiant entamant sa septième année d’AED devrait donc travailler plus et sans augmentation de salaire. De même, un AED qui souhaiterait reprendre ses études après quelques années d’exercice, devrait alors travailler plus de 41 heures par semaine tout en poursuivant son cursus ! FO a demandé le maintien de cette disposition.

– Une rémunération largement insuffisante avec un salaire à l’indice brut de 398, soit le minimum fonction publique.

– Aucune grille de salaire. Les AED n’ont pas, au moment de signer leur contrat, de perspectives salariales. Le ministère se dédouane en invoquant la mise en place de groupes de travail. Mais connaître son salaire et son évolution, c’est quand même normal !

Aucun déroulement de carrière automatique, seul un « réexamen » aura lieu, sans obligation de passer à l’indice supérieur.

Avec sa confédération, la FNEC FP-FO exige qu’aucun salaire ne soit en-dessous de 1 500 euros.

 

– Aucun examen des dossiers des AED prépro par une CCP : licenciement « de plein droit ». Or la CCP doit être consultée pour tout licenciement de contractuel.

– Toujours pas de versement de la prime REP et REP+

FO continue de revendiquer l’intégration dans le statut de la Fonction publique des AED qui le souhaitent avec un vrai statut et un vrai salaire. Les AED CDIsables ou non, doivent bénéficier d’une augmentation immédiate des salaires ainsi que du versement de la prime REP/REP+.

 

Certaines dispositions prises fragilisent encore les AED, comme le dispositif permettant de les utiliser pour remplacer des enseignants devant les classes ou en distanciel, ainsi que la mise en place de la préprofessionnalisation des AED, en lieu et place d’un vrai statut d’étudiant surveillant qui leur permettrait de suivre leurs études et de les réussir.

L’heure est aujourd’hui au recrutement massif d’AED, avec un temps plein de 28 heures hebdomadaires payé 100%, 32 heures pour ceux qui font de l’internat.

 

Tract à télécharger ici.