Le gouvernement réprime les lycéens mobilisés

Le SNFOLC condamne avec la plus grande fermeté la répression dont des lycéens ont été victimes lors du blocus du lycée Colbert (10ème arrondissement) ce mardi 3 novembre.

A coup de bouclier, de matraque et de gaz lacrymogène, la police a cherché à empêcher les lycéens de se rassembler devant le lycée. Une fois encadrés par les forces de l’ordre, des dizaines de lycéens ont été verbalisés d’une amende 135 euros « pour rassemblement ». Comme des milliers de personnels de l’Education nationale, les lycéens se mobilisent aujourd’hui pour dénoncer l’absence de moyens pour faire face à la crise et revendiquer de meilleures conditions d’enseignement.

 

Une nouvelle fois, le gouvernement répond aux revendications par la matraque, au prétexte de maintenir l’ordre dans un contexte de reconfinement.

Cette répression contre la mobilisation légitime des lycéens doit cesser immédiatement.

Le SNFOLC appelle les personnels à organiser l’action commune, à s’adresser aux parents, aux lycéens, sur cette exigence.

Rentrée du 02/11 : préavis de grève déposé

La FNEC FP Force Ouvrière a déposé un préavis de grève à compter du lundi 2 novembre (jusqu’aux prochaines vacances scolaires) afin de permettre aux personnels qui le souhaitent de se mettre en grève.

Au vu de l’organisation de la rentrée, du non respect de l’hommage annoncé en mémoire de Samuel Paty (hommage qui se réduit à peau de chagrin!), du temps trop court laissé aux équipes pour mettre en place un protocole sanitaire renforcé, le SNFOLC 35 invite les personnels à se réunir en AG dès lundi.

Si les conditions de sécurité et de santé des personnels devaient ne pas être assurées dès lundi, les personnels ont toute latitude pour choisir la grève.

 

En cas de grève dans votre établissement, contactez-nous !

 

Évaluation des élèves ou fichage des enseignants ?

Les évaluations nationales ont commencé et surprise pour tous, un questionnaire complémentaire à remplir par les élèves de sixième et seconde se retrouve à la fin de l’épreuve de français. Ce questionnaire n’est en rien une évaluation disciplinaire, si tant est que ces évaluations en sont, mais une vraie enquête sur le travail accompli par les professeurs pendant le confinement.
 
Après une introduction basée sur le ressenti et le vécu, les questions suivantes portent sur l’organisation de la continuité pédagogique, en réalité sur le travail effectué par les professeurs durant cette période. Seul l’élève répond aux questions comme « lorsque vous envoyiez du travail à votre professeur, comment vous faisait-il un retour ?», « Globalement vous diriez que la quantité de travail était : trop légère, adaptée, trop lourde ? »… « En mathématiques, avez-vous eu l’impression de travailler : plus que d’habitude, autant, moins ?» « Comment votre professeur vous donnait-il du travail à faire ? ENT, mail, téléphone, documents papier, plateforme de cours en ligne, réseaux sociaux, tchat ? ».
 
Les personnels qui font passer les évaluations n’ont pas la main, seuls les élèves ont un code d’accès à usage unique. Le ministère et ses services peuvent ainsi se constituer un fichier traçable des professeurs qui n’auraient pas donné suffisamment de travail, puisqu’il est aisé de repérer la provenance des élèves et les enseignants qu’ils ont eu antérieurement. Les professeurs sont légitimement indignés d’un tel procédé qui s’oppose à la liberté pédagogique individuelle, institue un « flicage » généralisé. Il permet à la hiérarchie de préparer l’entretien de carrière lié à PPCR, de faire pression sur tous, de pérenniser le télétravail et l’hybridation.
Le SNFOLC 35 demande le retrait total de ce dispositif et la destruction de toutes les données concernant l’activité professionnelle des enseignants qui auraient été collectées par ces évaluations de sixième et seconde. Il s’adresse en ce sens au ministre de « l’école de la confiance ».