Évaluation des élèves ou fichage des enseignants ?

Les évaluations nationales ont commencé et surprise pour tous, un questionnaire complémentaire à remplir par les élèves de sixième et seconde se retrouve à la fin de l’épreuve de français. Ce questionnaire n’est en rien une évaluation disciplinaire, si tant est que ces évaluations en sont, mais une vraie enquête sur le travail accompli par les professeurs pendant le confinement.
 
Après une introduction basée sur le ressenti et le vécu, les questions suivantes portent sur l’organisation de la continuité pédagogique, en réalité sur le travail effectué par les professeurs durant cette période. Seul l’élève répond aux questions comme « lorsque vous envoyiez du travail à votre professeur, comment vous faisait-il un retour ?», « Globalement vous diriez que la quantité de travail était : trop légère, adaptée, trop lourde ? »… « En mathématiques, avez-vous eu l’impression de travailler : plus que d’habitude, autant, moins ?» « Comment votre professeur vous donnait-il du travail à faire ? ENT, mail, téléphone, documents papier, plateforme de cours en ligne, réseaux sociaux, tchat ? ».
 
Les personnels qui font passer les évaluations n’ont pas la main, seuls les élèves ont un code d’accès à usage unique. Le ministère et ses services peuvent ainsi se constituer un fichier traçable des professeurs qui n’auraient pas donné suffisamment de travail, puisqu’il est aisé de repérer la provenance des élèves et les enseignants qu’ils ont eu antérieurement. Les professeurs sont légitimement indignés d’un tel procédé qui s’oppose à la liberté pédagogique individuelle, institue un « flicage » généralisé. Il permet à la hiérarchie de préparer l’entretien de carrière lié à PPCR, de faire pression sur tous, de pérenniser le télétravail et l’hybridation.
Le SNFOLC 35 demande le retrait total de ce dispositif et la destruction de toutes les données concernant l’activité professionnelle des enseignants qui auraient été collectées par ces évaluations de sixième et seconde. Il s’adresse en ce sens au ministre de « l’école de la confiance ».