Mineurs isolés interdits de stage ! Le scandale venu du Recteur

Dans un courrier daté du 17 janvier 2020, adressé aux proviseurs des LP et LGT publics ainsi qu’aux DASEN de l’Académie de Rennes, monsieur le Recteur Emmanuel Ethis invite « chaque établissement à vérifier que les élèves qui y sont affectés sont en situation régulière ».  Il demande, au cas où des élèves mineurs seraient  »en situation irrégulière sur le territoire », de  »leur interdire l’accès aux ateliers » et de  »ne pas les engager dans des stages et PFMP ». Il conclut sa missive par ces mots :  »il apparaît désormais nécessaire de vérifier, dès l’inscription, la situation du jeune ».

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De ce texte, plusieurs éléments se dégagent :


1- la notion introduite par le Recteur d’  »élève migrant mineur en situation irrégulière ». Elle est moralement indigne et juridiquement infondée puisque la circulaire ministérielle no 2002-063 du 20-03-2002 indique qu’il  »n’appartient pas au Ministère de l’Education nationale de contrôler la régularité de la situation des élèves étrangers et de leurs parents au regard des règles régissant leur entrée et leur séjour en France ».

2- interdire l’accès aux ateliers et aux stages de formation, c’est réduire à néant la scolarité, la possibilité d’obtenir un diplôme et la possibilité de s’intégrer professionnellement et socialement à ces jeunes, pourtant inscrits dans les établissements scolaires (LP et LGT) de l’Académie.

3- l’instruction scolaire est obligatoire en France pour les enfants de 3 à 16 ans, et de droit jusqu’à 18 ans. Que ces enfants soient ou non de nationalité française.

Le recteur entend-il se substituer aux fonctionnaires du Ministère de l’intérieur ?
Est-ce une invitation à faire des proviseurs et DASEN des supplétifs de la police aux frontières ?

 

Le SNFOLC 35 ne peut accepter les préconisations du recteur.

Il semblerait d’ailleurs que Monsieur Ethis lui-même ait compris le caractère abject de son courrier du 17 janvier. En effet, le 24 janvier, un second texte adressé aux mêmes destinataires affirme que son premier courrier  »n’a pas vocation à remettre en cause la scolarisation de nombreux jeunes allophones dans notre région ». Il demande  »de surseoir aux mesures préconisées dans le courrier qui vous a été adressé le 22 janvier ».

Avec cette nouvelle directive, le Recteur semble faire marche arrière. Ne nous y méprenons pas : rien n’est dit sur la situation des jeunes mineurs sans papiers ! Le Recteur n’évoque que les élèves étrangers allophones, mais ne se prononce aucunement sur le sort des mineurs isolés sans papiers. La porte reste donc ouverte à tous les abus.

Malgré sa volte-face bien tardive, deux manquements du Recteur sont à déplorer : il a introduit, d’une part, l’idée nauséabonde que les DASEN et les proviseurs de LP et LGT auraient à  »vérifier que les élèves qui y sont affectés sont en situation régulière ». D’autre part, il n’a toujours pas pris position pour défendre l’accès aux formations et aux stages des jeunes mineurs isolés sans papiers : pire, il précise qu’il reviendra vers les personnels « dès qu’une position aura été déterminée en concertation avec les services de l’état » !

Le SNFOLC35 condamne ces multiples manquements ; il demande à ce que le recteur de l’Académie de Rennes s’engage à permettre à tout élève mineur, quelle que soit sa situation administrative au regard du séjour, d’accéder aux formations et aux stages auxquels il a droit. Il doit garantir l’intégrité, la sérénité, la sécurité de la scolarité de tous les élèves inscrits dans les établissements, comme la loi l’y oblige, et veiller en particulier aux élèves en situation précaire, fragile, et isolée.

 

ici : lien pour lire le communiqué envoyé à Monsieur Ethis, Recteur de l’Académie de Rennes.

Communiqué sur le mouvement lycéen victime des violences policières

En ce mois de janvier 2019, les lycéens luttent depuis plusieurs semaines pour obtenir l’abrogation des réformes Blanquer du lycée et du bac (général et professionnel) et l’abrogation de Parcoursup.

Ils agissent car ils ont conscience de la gravité de l’attaque portée contre notre service public d’éducation. Ils ont conscience que leurs conditions de « travail » seront détériorées, avec des classes de 35, un contrôle continu anxiogène relevant du parcours du combattant (23 épreuves!). Ils ont conscience que Parcoursup constitue une machine à sélection qui continue et amplifie le tri social déjà exercé par la société. Ils ont conscience que la réforme du bac constitue la mort du bac national et qu’elle renforcera les inégalités de territoire.

En décembre 2018, plusieurs jours à suivre, à Rennes, St Malo, Combourg, Bain de Bretagne, Vitré, Fougères, les lycéens étaient à pied d’œuvre dès 5 heures le matin pour bloquer leurs établissements. Ils dressaient des barrières avec des grilles, des poubelles, autant d’objets hétéroclites trouvés autour des lycées. Les chefs d’établissement ont pu constater que ces blocages ont été non violents, construits et organisés.

Alors que dans un premier temps, ces blocages se sont déroulés avec sérénité et dans le calme, le jeudi 13 décembre 2018, en Ille-et-Vilaine, un virage s’est opéré, virage dont le pouvoir politique est à l’origine : au lendemain de la convocation des Recteurs par le Ministre de l’Education nationale, le ton s’est durci, des consignes ont été passées. Les forces de l’ordre ont été envoyées en grand nombre sur les points de blocage, avec des consignes claires : des lycéens menacés verbalement d’être placés en garde à vue s’ils cherchaient à bloquer les entrées, flash-balls et gazeuses sortis et tendus vers eux alors que rien ne justifiait ce déballage d’artillerie. De plus en plus, des lycéens se sont vus menacés par les personnels de direction de sanctions ou d’exclusions définitives s’ils étaient repérés comme participant aux blocages.

Le vendredi 14 décembre, un nouveau pas a été franchi : à Bréquigny, une lycéenne était traînée au sol par un membre des forces de l’ordre car elle s’était assise devant son établissement. A Jean Macé, « sans sommation préalable, les jeunes ont été bousculés, molestés, victimes de propos déplacés voire sexistes par des membres de la BRI particulièrement virulents dès leur arrivée sur les lieux. Un personnel d’éducation présent sur place car finissant son service a également été poussé violemment par un policier » (Communiqué de presse du Collectif des professeurs et des personnels d’éducation du lycée Jean Macé, du 17.12.18). Un lycéen était interpellé et placé en garde à vue plusieurs heures pour des faits non reconnus par le jeune en question, mais également par des membres du personnel présents lors de l’interpellation.

Rappelons qu’à Mantes-la-Jolie (78), le 6 décembre, 151 lycéens étaient interpellés « collectivement », « alignés en rangs, genoux à terre, en silence, mains derrière la nuque, tête baissée, encadrés par des policiers en tenue, debout, casqués, armés de matraques et de boucliers » (article Le Monde du 6.12.2018).  A Bordeaux, à la même époque, un jeune homme en classe de seconde, a été blessé à la tête par un tir de « lanceur de balles de défense » (flash-ball) (article Journal du dimanche). Le lycéen a été transporté aux urgences.
De toute évidence, les intimidations dont ont été victimes les lycéens, les violences qu’ils ont subies, visent à éviter l’extension d’un mouvement lycéen qui s’est propagé à grande vitesse à l’échelle du pays.

Dans un courrier du 7 décembre à consulter ici, Madame Le Recteur d’Ille-et-Vilaine s’est adressée aux organisations syndicales : « Le message de raison et de sagesse que les personnels doivent tenir aux lycéens qui manifestent un intérêt pour les événements est bien celui de débattre et de s’exprimer sans violence. En effet, toutes les formes d’incitation à manifester exposent, au vu des circonstances actuelles, les lycéens à de réels dangers. […] Les personnels, dont vous êtes les représentants, sont tenus à cette obligation de neutralité qui leur appartient de respecter en toute circonstance. »

Notre fédération a répondu à ce courrier en rappelant que « le désordre et le climat de violence qui règnent sont de la responsabilité du gouvernement ». Ce n’est pas aux organisations syndicales de « raisonner les lycéens », qui sont d’ailleurs dans le juste : ils ont la raison et la justice morale pour eux. Ils se mobilisent pour défendre des revendications justes et essentielles. A nous, organisations syndicales de les aider dans leur lutte plutôt que de les freiner ! C’est ce que fait le syndicat Force ouvrière Lycée Collège 35 depuis le début du mouvement : aide aux photocopies de tracts, présence syndicale lors des blocages pour soutenir les lycéens qui craignent les forces de l’ordre. Et c’est ce qu’il continuera de faire, malgré la nouvelle loi, toujours plus autoritaire, qui se prépare contre le droit à manifester.

Encore une fois, Force ouvrière SNFOLC 35 s’adresse publiquement au ministre pour exiger que cessent les violences policières et la répression contre les lycéens, et que s’ouvrent sans délai des discussions avec les organisations syndicales des lycéens et des enseignants sur leurs revendications.

        

Il y a urgence sociale !

Depuis  des années, FO alerte et se bat  inlassablement contre les politiques d austérité meurtrières économiquement, socialement et démocratiquement. Depuis un an et demi le président  Macron , « le robin des rois » a opposé mépris, arrogance et aveuglement. Qui sème le vent récolte la tempête ! 

FO considère qu’il n y a qu’une seule issue pour avancer sans récupération politicienne ni trahison de leaders autoproclamés, c’est que le gouvernement réponde enfin aux revendications des salarié(e)s, des retraité(e)s, des jeunes et privé(e)s d’emploi : augmentation générale des salaires tant dans le privé que dans le public, des retraites et des minima sociaux, suppression de la hausse de la CSG, abandon de Parcoursup et de la réforme des lycées, abandon du projet de retraite par points, maintien et développement des services publics sans lesquels la République n’a ni corps ni cœur.

FO appelle tous ses adhérents et militants à réunir partout dans les entreprises, services, administrations, des AG pour discuter des moyens pour faire aboutir ces revendications urgentes, y compris la gréve reconductible. La colère n’est ni jaune ni rouge. Tout doit être fait dans l’unité et la clarté des revendications  pour qu’elle débouche sur une véritable justice sociale.

 

Communiqué de l’UD 35 du 4 décembre 2018

Appel du collectif du 35 contre les Réformes Blanquer

Ce collectif réunit des personnels, des professeurs, des lycéens, des étudiants, des parents d’élèves d’Ille-et-Vilaine contre les réformes Blanquer, réformes touchant les lycées d’enseignement général, technologique et professionnel, contre la réforme du Bac, et contre Parcoursup.

Ce collectif, soutenu par plusieurs organisations syndicales – dont Force ouvrière,  a vocation à s’étendre au maximum de personnes et d’établissements, et fonctionne sur le principe d’une assemblée générale.

La première assemblée générale s’était réunie le mercredi 17 octobre au lycée de Combourg : une quarantaine de personnes y avaient participé. La deuxième, qui s’est tenue à Rennes le lundi 12 novembre dernier, a réuni cette fois 170 personnes.

Soutenons-les pour demander l’abrogation des réformes Blanquer et Parcoursup !

 

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collectifcrbp35.blogspot.com

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collectifCRBP@gmail.com

Parce que les lycéens et les étudiants ont raison de se mobiliser

Un mouvement de contestation organisé…

 Dès l’annonce du « Plan étudiant » et de la réforme du Bac et du Lycée en octobre 2017, des mouvements de contestation lycéens et étudiants ont vu le jour sur l’ensemble du territoire français : Paris, Nantes, Montpellier, Toulouse, Tours, Limoges, Nancy, Pau… et bien sûr Rennes. Organisation d’assemblées générales, comités de mobilisation, blocage d’universités et de lycées, manifestations (bien souvent interprofessionnelles)…

En Ille-et-Vilaine, de nombreux établissements universitaires et lycées ont été bloqués et se sont organisés contre la sélection, avec notamment le blocage des C.F.V.U. (Commission Formation et Vie Universitaire : instance qui a en charge l’élaboration des critères de sélection).

A Rennes 2, les Assemblées Générales ont pu atteindre jusqu’à 5.000 personnes réunies sur le parvis de Villejean devant le Hall B : des étudiants, des lycéens, des personnels des universités (enseignants et non enseignants), des professeurs du second degré, mais aussi des postiers, des cheminots, des salariés en lutte. Car tous ont compris la nécessité de coordonner les mouvements de résistance.

De novembre 2017 à juin 2018 à Rennes, les blocages se sont multipliés. Des diffusions de tracts ont permis d’interpeller les lycéens, les étudiants et les enseignants non mobilisés. Car il est essentiel d’informer pour élargir le mouvement, qui ne s’arrêtera pas en juin 2018.


Un mouvement systématiquement réprimé

Dans toute la France, ce mouvement de contestation a été systématiquement réprimé par des forces  de l’ordre en nombre et bien équipées :

  • Dans la nuit du 8 au 9 mai 2018, quelques 200 CRS et policiers de terrain ont évacué les 60 à 80 étudiants qui occupaient l’université Jean Jaurès (ex-Mirail). « Plusieurs camions de CRS ont débarqué vers 4 heures du matin aux abords de l’université, survolée par un hélicoptère pendant l’évacuation. L’entrée principale donnant accès au bâtiment de l’Arche, l’autre bâtiment occupé, a été très vite bloqué par un cordon de CRS, casqués et équipés de boucliers. Les étudiants sortaient par groupes. « (source : Le Parisien)
  • Vendredi 20 avril, sur le site universitaire de Tolbiac, 150 CRS sont intervenus au petit matin pour évacuer la cinquantaine de personnes qui occupaient les lieux pour protester contre la sélection. En moins de quarante-cinq minutes, l’opération policière a mis fin à trois semaines de mobilisation sur un site où se tenaient chaque jour ateliers, projections, conférences et soirées.
  • L’évacuation particulièrement violente de l’université de Montpellier dans la nuit du 23 au 24 mars a marqué les esprits : des hommes cagoulés armés de tasers et de bâtons sont entrés dans l’amphithéâtre où se réunissaient les étudiants et lycéens mobilisés. Plusieurs personnes ont été blessées, dont trois hospitalisées. Sous la pression une enquête a été ouverte. Le doyen porte la responsabilité de cette violence inouïe envers des étudiants réunis en assemblée générale. Celui-ci a été mis en examen et contraint à la démission.

A Rennes, les lycéens et étudiants mobilisés pendant plusieurs mois ont fait face à une répression à la fois policière et administrative :

  • Journées d’exclusion, exclusions de stage, heures de retenue abusives prononcées contre les lycéens engagés dans le mouvement…
  • Horaires des partiels décalés au dernier moment pour les étudiants, surcharge de dossiers à rendre, des étudiants à qui l’on a fait comprendre qu’il serait inutile de se présenter dans certaines filières en raison de leur activité militante…
  • Aux portes des lycées lors des blocages, des interventions policières souvent musclées… A titre d’exemple, le jeudi 19 avril 2018, nous étions plusieurs délégués syndicaux (Force ouvrière, Sud Éducation, CNT, AG Interpro) présents devant le lycée Joliot Curie pour aider les lycéens et les étudiants à bloquer l’établissement. Nous avons alors pu constater que non seulement les policiers étaient autorisés à pénétrer dans les établissements scolaires, véhicules inclus, mais qu’ils n’hésitaient pas non plus à enfoncer avec leur voiture un des barrages mis en place par les manifestants, malgré la présence de personnes devant ce barrage.
  • L’évacuation de Rennes 2 par les forces de l’ordre le lundi 14 mai 2018.
  • Un cortège étudiant et lycéen régulièrement gazé et nassé… Lors de la manifestation du 1er mai à Rennes, les forces de l’ordre se sont montrées particulièrement agressives. Avant même le début de la manifestation, les étudiants et les lycéens (autour de 300 personnes), partis de Rennes 2 pour rejoindre le cortège intersyndical rassemblé Place de la Mairie, se sont fait charger par la police sur le pont entre le Mail et les quais de la Vilaine. Les vidéos qui ont été prises lors de cette intervention (disponibles sur Internet) témoignent de la violence de cette charge, avec des manifestants bousculés et jetés au sol sous les coups de matraque des forces de l’ordre. Un étudiant a été interpellé et placé en garde à vue, plusieurs autres ont été blessés, la banderole a été saisie. Un peu plus tard, à la hauteur du boulevard de la Liberté, alors que l’ensemble du cortège intersyndical et étudiant défilait, les CRS ont isolé le cortège de tête et malmené un groupe de manifestants (essentiellement composé d’étudiants et de lycéens, qui défilaient dans le calme) à coups de matraques et de gaz lacrymogènes, faisant ainsi plusieurs dizaines de blessés.

PARCE QUE FORCE OUVRIÈRE CONDAMNE LES VIOLENCES DONT A ÉTÉ VICTIME LE MOUVEMENT LYCÉEN ET ÉTUDIANT,

PARCE QUE FORCE OUVRIÈRE SOUTIENT LES LYCÉENS / ÉTUDIANTS ENGAGÉS DANS CETTE LUTTE,

PARCE QUE FORCE OUVRIÈRE REFUSE LE PLAN ÉTUDIANT, PARCOURSUP ET LA RÉFORME DU LYCÉE,

PARCE QU’À FORCE OUVRIÈRE, NOUS SOMMES CONVAINCUS QUE LA SOLIDARITÉ ENTRE LYCÉENS / ÉTUDIANTS ET SALARIÉS EST ESSENTIELLE POUR GAGNER LE COMBAT,

Nous continuerons de prêter main forte aux lycéens et étudiants comme nous l’avons fait cette année : participation aux assemblées générales de Rennes 2, diffusion des revendications des différents comités de mobilisation auprès des personnels de l’éducation, participation aux blocages de lycée, intervention auprès du Préfet et des forces de l’ordre durant les manifestations pour demander la levée des nasses…

CAR LA LUTTE CONTINUE.

Tous ensemble