Contre les violences policières subies par les lycéennes et les lycéens à Bréquigny

Suite aux violences policières qui se sont déroulées aux portes du lycée Bréquigny durant la mobilisation lycéenne, les organisations syndicales FO Lycées Collèges, la CNT, la CGT, Sud Education et le SNES ont demandé une audience au recteur pour exprimer leur désaccord.

Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de cette audience, ainsi que le dernier courrier envoyé au recteur, en conclusion de l’audience.

Plus que jamais le SNFOLC 35 condamne la présence des forces de l’ordre devant les établissements scolaires. Jamais la violence n’a été une solution aux revendications !

 

Les examens et les diplômes : l’affaire de tous

Après avoir laissé le soin aux lycées d’organiser eux-mêmes tout au long de l’année leur propre protection sanitaire et placé les élèves dans des conditions inégalitaires de préparation face à l’examen, le ministre Blanquer a annoncé en toute désinvolture sa décision de maintenir le grand oral, nouvelle épreuve du baccalauréat à laquelle les lycéens n’ont pu être préparés, et de transformer l’épreuve de philosophie du mois de juin en véritable mascarade (sa note ne comptant pas si elle se trouve inférieure à la moyenne du contrôle continu).

Les décisions du ministre suscitent à juste titre l’inquiétude des lycéens. Elles ont conduit de nombreux professeurs de philosophie à se réunir en assemblées générales (à Bordeaux, Lille, Strasbourg, Grenoble…) pour demander l’annulation du grand oral et, étant donné les conditions imposées, pour cette année 2021, celle de l’épreuve de philosophie.

Les professeurs ont tous le sentiment d’avoir été piégés par le ministre et ils dénoncent tous sa responsabilité : il a délibérément laissé la situation pourrir et placé les élèves dans des conditions inégalitaires; il manifeste le plus grand mépris à l’égard des élèves et des professeurs, en se moquant des conditions de préparation des épreuves, en se moquant ouvertement de l’épreuve de philosophie…

Pour lire la suite :

Interpellations policières, gardes à vue : la réponse du gouvernement aux lycéens est inadmissible !

La FNEC FP-FO condamne avec la plus grande fermeté l’interpellation par les forces de l’ordre du président de la FIDL, Sacha HALGAND, le mercredi 5 mai. Il a été interpellé alors qu’il manifestait devant le lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie pour dénoncer les choix du ministre dans la gestion de la situation sanitaire et quant aux examens. Cette arrestation a empêché Sacha Halgand de se rendre au rassemblement organisé l’après-midi par des organisations de lycéens et parents d’élèves devant l’Assemblée nationale.

Ce même jour des lycéens mobilisés ont été confrontés à un important déploiement des forces de l’ordre devant des établissements, source de provocations et d’incidents. Des jeunes ont été placés en garde à vue.

La FNEC FP-FO n’accepte pas que la seule réponse aux lycéens mobilisés soit la répression, comme lors des grèves contre les E3C.

 

Le ministre doit répondre au constat que fait la FIDL et qui est largement partagé : « Les lycéens font face à de très fortes inégalités d’apprentissage selon les classes, les établissements et le milieu sociale et ce d’autant plus qu’ils ont été confrontés à un manque d’accompagnement pédagogique du fait de la tenue de cours en distanciel ou en demi-groupes. Cette situation n’a évidemment pas permis d’aborder la période des examens dans des conditions sereines. »

Il est urgent que le Ministre entende les inquiétudes légitimes des lycéens qui doivent se présenter aux examens dans des conditions de préparation incomplètes et inégalitaires. Les mesures d’ajustement annoncées tardivement par le Ministre ne règlent pas le problème cette inégalité.

Les lycéens ont besoin d’être rassurés quant à leur avenir, ils ont besoin de l’abrogation de Parcoursup, ils ont besoin de professeurs, de salles de cours, de bonnes conditions d’études et de travail, pas de garde à vue.

La FNEC FP-FO exige que le ministre prenne ses responsabilités pour permettre à chaque élève d’accéder à une qualification reconnue nationalement et à la filière post-baccalauréat de son choix.

Communiqué du SNFOLC 35 contre les violences policières

Rennes, le 11.05.2021

Hier, lundi 10 mai, suite à l’appel national d’organisations lycéennes, des élèves de différents établissements rennais se sont mobilisés : lycée Descartes, Victor Hélène Basch, Charles Tillon, Bréquigny… Etablissements bloqués, dans un esprit serein mais déterminé. Des enseignants sur place ont pu montrer leur soutien. Un départ en manifestation a eu lieu par la suite dans les rues de Rennes.

Dans deux de ces établissements, les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser les lycéennes et les lycéens. Au lycée Bréquigny, un lycéen a été mis au sol puis a reçu un coup de matraque.

Le SNFOLC 35 condamne fermement la présence des forces de l’ordre aux portes des établissements scolaires. Les violences policières sont inacceptables. Elles sont bien la preuve de la nature du dialogue imposé par notre Ministre depuis le début de ses réformes.

 

« Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation », affirme l’article 1 de l’Ecole de la Confiance. Quelle confiance, quand les lycéennes et les lycéens prennent des coups de matraque lorsqu’ils exercent leur liberté d’expression et leur droit à s’organiser ? Quelle confiance quand le Ministre de l’Education vide son budget (400 millions d’euros !) pour le rendre à Bercy, alors que partout il faut créer des postes pour permettre aux élèves d’assister à tous les cours en présentiel ? Quelle confiance quand le Ministre supprime 1 800 postes alors que 43 000 élèves supplémentaires feront leur entrée dans le secondaire l’an prochain ? Quelle confiance quand on sait que Parcoursup est une machine implacable de tri social ?

Les blocages des lycées sont la conséquence de l’incurie du Ministre de l’Education nationale : des réformes nocives, destructrices, et une gestion de la crise à moindre coût, au péril de la santé des personnels, des élèves, et de l’avenir de ceux-ci.

Le SNFOLC 35 s’adresse publiquement au ministre pour exiger que cessent les violences policières et la répression contre les lycéennes et les lycéens.

Nous demandons l’abrogation des réformes Blanquer.

Nous revendiquons l’annulation de la suppression des 1 800 postes pour la rentrée prochaine, le recrutement de personnels (enseignants, AED, AESH, CPE, Psy-En EDO, personnels médico-sociaux…) à hauteur des besoins, le réemploi de tous les contractuels, l’allègement des effectifs.

 

Le SNFOLC 35

Parcoursup + tampon « 100 % présentiel » = inégalités multipliées

La FNEC FP-FO a appris que des établissements du second degré apposaient sur les dossiers de lycéens déposés dans Parcoursup la mention que les cours suivis l’avaient été en totalité en présentiel, « 100 % présentiel » !

Ainsi, les bacheliers des lycées publics, qui ne sont en rien responsables des privations de cours décidées par le ministère, se retrouveraient-ils en situation défavorable dans l’examen de leurs dossiers de demandes d’admission dans des formations de l’enseignement supérieur !

 

Le ministre, n’a pas répondu aux revendications de créations de postes pour faire baisser les effectifs par classe et a préféré laisser les personnels se débrouiller avec les moyens du bord. Il est seul responsable de la division des horaires par deux dans la grande majorité des lycées cette année.

FO demande que les ministères de l’Enseignement Supérieur et de l’Education Nationale interdisent que de telles références aux proportions de l’enseignement dispensé « en présentiel » soient portées sur les dossiers déposés par les lycéens dans Parcoursup et que soient annulées celles déjà portées par certains établissements.

Si besoin en était, cette pratique confirme le rôle de Parcoursup : une procédure foncièrement inégalitaire, fondée sur l’arbitraire d’une sélection renvoyant à la réputation d’établissements mis en concurrence, destinée à remette en cause la qualification conférée par le baccalauréat, premier grade universitaire.

La FNEC FP-FO ne peut donc qu’être renforcée dans ses revendications de retrait de Parcoursup et d’abrogation de la loi ORE, d’abrogation de la réforme Blanquer du lycée et de rétablissement du baccalauréat comme premier grade universitaire, donnant le droit des bacheliers d’accéder à la filière de leur choix dans l’établissement de leur choix.