FO contre Parcoursup

Les résultats de la phase principale d’admission sur Parcoursup ont commencé à être publiés mardi 2 juin 2026.

Cette phase, qui concerne 1 046 000 candidats, s’achèvera le 11 juillet. La phase complémentaire, concernant les candidats n’ayant reçu que des réponses négatives, commencera le 11 juin.

En juillet 2025, plus de 103 000 candidats (dont 50 826 lycéens, 34 826 étudiants et 17 930 candidats scolarisés à l’étranger) s’étaient trouvés sans affectation, contre 85 000 en juillet 2024.

En deux ans, plus de 50 000 places ont été supprimées sur Parcoursup et près de 25 000 sur Monmaster.

 

Il y a donc tout lieu de craindre qu’à nouveau cette année, des dizaines de milliers de bacheliers resteront bloqués à l’entrée de l’enseignement supérieur.

D’ores et déjà, ce sont des dizaines de milliers de candidats qui ont des réponses négatives à leurs voeux. Une fois de plus, c’est un véritable désastre pour l’avenir de milliers de jeunes.

L’opacité des critères présidant à la sélection des candidatures dans les différentes filières, l’incompréhension, l’anxiété, le sentiment d’injustice, d’arbitraire que cela provoque chez les élèves et les étudiants concernés, mais aussi chez un certain nombre de leurs enseignants, ne peuvent que nourrir et renforcer la colère des uns et des autres contre cette machine à trier, à broyer les élèves.

Dans le même temps, le gouvernement Macron-Lecornu met tout en oeuvre pour diriger les jeunes vers des formations payantes, ou bien vers l’armée, notamment dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), avec l’octroi de divers avantages comme des crédits ECTS aux « volontaires » du service militaire rénové et à ceux qui accepteront d’être réservistes.

Le SNFOLC 35, avec le syndicat national, réaffirme son exigence d’abrogation de la loi ORE et l’abandon de Parcoursup, inscrite dans la résolution du 23ème congrès du SNFOLC réuni à Angers les 17 et 18 décembre 2025 et qui déclare :

« l’accès de tout élève à une formation qualifiante débouchant sur des diplômes nationaux doit être rétabli. Parcoursup et la loi ORE n°2018-166 du 8 mars 2018 remettent en cause le baccalauréat comme diplôme national, fondé sur des épreuves terminales et anonymes, premier grade universitaire et empêchent chaque année environ 130 000 bacheliers de poursuivre leurs études à l’université publique ».

Ainsi, nous exigeons :

  • L’ouverture massive de places dans le supérieur et l’inscription
    immédiate de chaque lycéen(ne) dans la filière de son choix ;
  • La création de postes dans l’enseignement supérieur à hauteur des besoins ;
  • L’abrogation des plateformes Parcoursup et MonMaster ;
  • L’abrogation de la loi ORE instaurant la sélection à l’entrée à l’université ;
  • L’abrogation de la réforme Blanquer du lycée et du baccalauréat et le rétablissement du baccalauréat comme diplôme national et premier grade universitaire ouvrant droit à l’inscription dans la filière universitaire et l’université de son choix ;
  • L’abandon de la Loi de Programmation Militaire et l’abrogation du Service Militaire Volontaire ;
  • De l’argent pour l’Ecole, l’Université, pas pour l’armée !

Embrigadement de la jeunesse : quand l’école devient une antenne puissante de recrutement de l’armée

Dans le contexte délétère et inquiétant que nous vivons, Force ouvrière ne peut que dénoncer l’augmentation du budget de l’armée, supérieur à celui de l’Education nationale.

L’Ecole publique est sacrifiée au profit de l’armée et devient même une antenne puissante de recrutement de l’armée.

 

Ainsi, nos camarades de Gironde dénoncent le partenariat prévu entre l’Education nationale et la Marine nationale pour promouvoir l’armée dans 2 classes élémentaires de Libourne : des classes défense avec des élèves moins de 10 ans.

Dans l’Eure, le 17 octobre dernier, à l’occasion du Salon de la Défense qui se tenait dans les locaux du Conseil départemental de l’Eure à Evreux, des élèves étaient invités à visiter les stands de la gendarmerie, de l’armée, de la police et des pompiers. Les militaires du stand de l’armée avaient apporté un fusil d’assaut qu’ils ont fait tenir par les élèves qui pouvaient faire semblant de tirer avec. Les élèves pouvaient enfiler un gilet pare-balle ou porter un casque.

En Indre-et-Loire, le rectorat a organisé une formation académique intitulée « Education à la Défense » :  journée classes de défense et sécurité globale, séminaire sur « les femmes dans les Armées », « visite d’un site militaire et rencontre avec des militaires ».

Tout ceci est inquiétant et fleure la marche à la guerre et l’embrigadement de la jeunesse à la défense de la patrie. Est-ce bien le rôle de l’école que de pousser les jeunes élèves vers les rangs de l’armée ?

FO rappelle que la place des jeunes est à l’Ecole pour accéder à l’instruction et à des qualifications et non dans des lieux d’embrigadement pour se préparer à la guerre.

Le SNFOLC 35 restera vigilant à ce qu’aucune opération de ce type ne soit menée dans notre département.

Mort d’un lycéen sur son lieu de stage

Une nouvelle tragédie vient de frapper un élève d’un lycée polyvalent de Saint-Lô en stage chez un employeur. Elle n’est que la dernière d’une série d’accidents similaires survenus ces derniers mois ayant conduit au décès ou à des blessures aux conséquences irréversibles.

Pour la FNEC FP-FO, ces accidents sont le produit d’un choix politique à double entrée : mettre les jeunes le plus vite possible à la disposition des patrons et faire passer les mesures de santé et sécurité au travail au second plan, dans une logique d’économie.

 

En 2022, ce sont 43 jeunes de moins de 25 ans qui sont décédés à la suite d’un accident du travail et 33 jeunes en 2023.

Le gouvernement lui-même affirme :

Les jeunes sont un « public particulièrement vulnérables aux accidents » du fait, notamment, de « l’absence d’ancienneté sur le poste » qui est « un facteur déterminant de la sinistralité ».

Pourtant, le ministère de l’Education nationale décide d’augmenter le nombre d’élèves et de jeunes en stage en développant et augmentant les périodes d’observation ou de formation en entreprise. Alors que dans le même temps, les mesures de protection et les contrôles se réduisent et les dérogations aux travaux interdits aux jeunes de 15 ans à 18 ans ont été facilités, puisque l’accord de l’inspection du travail n’est plus nécessaire.

Depuis 2018, la loi Pénicaud pour « choisir son avenir professionnel » a renversé le paradigme éducatif en plaçant l’entreprise comme un élément central du cursus de l’élève et en libéralisant l’apprentissage pour faciliter la création de centaines de CFA d’entreprise.

 

Le ministère poursuit cette logique en développant les stages d’observation en 3ème et 2nde ou en désorganisant la voie professionnelle avec sa réforme chaotique et sa terminale en Y, cela au détriment de la sécurité des élèves.

Ce passage au second plan de la sécurité n’est pas un fait isolé dans la manière dont le ministère envisage la santé et la sécurité au travail, notamment des personnels. Il fait écho à l’inconséquence avec laquelle sont traitées leurs conditions de travail et les instances représentatives. Au sein même de ses propres services, des milliers de situations révélant de la souffrance au travail sont ignorées, des centaines de situations de danger grave sont écartées, comment attendre dès lors que la sécurité des élèves au sein de l’entreprise soit assurée et contrôlée ?

Pour la FNEC FP-FO, il faut en finir avec ces stages dits « d’observation » en entreprise : la place des élèves est à l’École, pas sous la coupe des patrons. De même, notre fédération exige l’abrogation de la loi Pénicaud et le retrait de la réforme de la voie professionnelle qui augmente les périodes de formation en entreprise et introduit un chaos sans précédent vecteur de danger pour les élèves.

Il faut en finir avec Parcoursup !

Interrogé sur France Info le 2 juin, jour des premiers résultats de la principale phase d’affectation sur Parcoursup, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, déclarait :

… Qu’il « (aimerait) bien qu’on ait déjà, à peu près, les deux tiers des élèves de lycées qui aient un premier choix disponible dès ce soir », avec comme but ultime « qu’avant le bac, neuf élèves sur dix aient au moins une première proposition qui soit déjà là, concrète, palpable. »

Une véritable provocation pour les dizaines de milliers de jeunes et leurs familles que cette plateforme de tri mise en place en janvier 2018 plonge dans l’angoisse tous les ans, et pour tous ceux dont les voeux sont refusés.

L’objectif du ministre rapporté aux 980 000 candidats inscrits sur Parcoursup cette année suppose d’admettre que près de 100 000 n’auront pas de « proposition concrète » avant le bac.

 

De fait, au terme des premiers résultats de cette phase d’admission qui durera jusqu’au 10 juillet, le ministère a annoncé que 66 % des lycéens ont reçu « au moins une proposition », ce qui signifie que plus d’un tiers d’entre eux, c’est-à-dire des dizaines de milliers, n’en ont encore reçu aucune.

En juillet 2024, près de 85 000 élèves n’avaient toujours pas trouvé de place dans une formation du supérieur. Les premiers résultats tombés le 2 juin font craindre le pire.

 

Tous les ans, des dizaines de milliers de bacheliers restent sur le carreau. Et le ministre ose dire que tout va bien, que sa mission est que tous les jeunes puissent suivre des études supérieures !

Non, monsieur le ministre, la réalité c’est que Parcoursup est une machine à trier, une machine à barrer la route aux études supérieures et à broyer la jeunesse !

 

C’est aussi un outil pour la privatisation galopante de l’enseignement supérieur. Outre le fait de laisser des dizaines de milliers de jeunes sur le bas-côté, l’une des principales conséquences de ce dispositif, c’est en effet de livrer des lycéens de plus en plus nombreux à l’enseignement supérieur privé. Depuis 2018, les inscriptions dans le privé progressent de telle manière qu’en 2024 elles concernaient 27 % des étudiants (contre 19 % en 2012).

Face aux provocations du ministre, face à cette situation révoltante faite à la jeunesse, la FNEC FP-FO continue à exiger l’abrogation de Parcoursup et le rétablissement du droit pour les bacheliers à accéder à la filière de leur choix, ce qui nécessite que le baccalauréat demeure le premier grade universitaire et donc d’abroger les réformes Blanquer du Bac et du lycée.

 

La FNEC FP-FO appelle ses syndicats à s’adresser aux lycéens, étudiants et parents d’élèves pour organiser l’action commune avec les personnels pour en finir avec cette sélection inacceptable.