Protéger l’Ecole, ses personnels et ses élèves, c’est d’abord arrêter l’austérité !

Depuis les déclarations de la ministre Borne le 21 février annonçant des fouilles de sacs à l’entrée des établissements et le discours va-t-en guerre du président Macron le 5 mars, l’étau de la répression se resserre sur la jeunesse.

 

Le 6 mars, le Sénat a adopté la proposition de loi « Protéger l’école de la République et les personnels qui y travaillent » dont l’article 6 dispose :

« En cas de menace pour l’ordre et la sécurité » au sein d’un établissement, les personnels de direction et le CPE (qui ne sont pas demandeurs) pourront procéder à « l’inspection » voire à « la fouille des effets personnels » d’un élève.

Le 26 mars, un « télégramme » conjoint des ministres Borne et Retailleau aux préfets et recteurs les exhorte à :

« mettre en oeuvre immédiatement », dans le cadre d’une « dynamique globale de lutte contre les violences », des mesures visant « la réalisation d’un continuum « dissuasion, sanction », parmi lesquelles l’organisation de « contrôles aléatoires aux abords des établissements scolaires par les forces de sécurité intérieure sous l’autorité des parquets et en relation étroite avec la communauté éducative ».

Lutter contre les violences aux abords des établissements ?

 

Parlons-en : les 19 et 21 mars, des parents et enseignants du lycée Diderot à Paris, mobilisés contre la carte scolaire 2025 avec la FCPE, la FSU, SUD, la CGT et FO ont assisté aux interpellations brutales de plusieurs lycéens rassemblés pour un blocage symbolique de l’établissement. Plusieurs lycéens ont été placés en garde à vue.

Si les ministres Borne et Retailleau veulent lutter contre les violences aux abords des établissements, qu’ils commencent donc par faire cesser cette répression débridée contre les lycéens qui se mobilisent.

 

Pour protéger l’école de la République, ses personnels et ses élèves, l’urgence c’est d’abord de répondre aux revendications ! Des écoles aux universités, les personnels ne veulent pas d’une surenchère de répression contre les élèves dont ils ont la charge, mais le respect de leurs statuts, de leurs missions, l’annulation des suppressions de postes, des fermetures de classes et la création de tous les postes statutaires nécessaires de toutes catégories.

Dans ces conditions, la FNEC FP-FO renouvelle son appel aux personnels à se tenir aux côtés des lycéens et étudiants qui refusent de sacrifier leur droit à l’instruction, leur droit à suivre les études de leur choix dans l’enseignement supérieur à l’économie de guerre et à la marche à la guerre et à la barbarie !

 

Bas les pattes devant nos jeunes ! À bas l’austérité ! Création des postes nécessaires ! De l’argent pour l’Ecole, pas pour la guerre !

Communiqué de l’UD FO 35 contre la marche à la guerre, pour la justice sociale.

Ni généralisation, ni refonte : Abrogation du SNU !

Le 25 mars 2025, la FNEC FP-FO a été reçue par la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale de la mission d’information portant sur les conditions d’accueil et d’encadrement des séjours de cohésion du service national universel (SNU).

La FNEC FP-FO a réaffirmé son opposition au SNU, son exigence d’abandon de son ancienne version comme d’une éventuelle « refonte ».

La vocation de l’école est de former des citoyens éclairés, pas de la chair à canon.

 

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Communiqué de l’UD FO 35 complet : c’est ici.

Le sénat coupe les vivres au SNU… FO demande son abandon total !

Jeudi 16 janvier, le Sénat a porté un coup supplémentaire au service national universel (SNU), dispositif de militarisation de la jeunesse dès le lycée voulu par le président Macron depuis 2017 et entré en vigueur en 2019.

Il a décidé de rediriger 80 millions d’euros de financement sur les 100 millions prévus pour l’année 2025 vers le budget des Sports.

 

Ce n’est certes pas la crainte de voir la jeunesse embrigadée qui a motivé le vote de la Chambre Haute, mais le fait que « après cinq ans d’expérimentation, le SNU n’apporte pas une plus-value suffisante en comparaison des autres politiques d’engagement de la jeunesse pour justifier la poursuite de son déploiement » et que dans ces conditions, sa généralisation n’est « ni possible, ni souhaitable ».

Parmi les obstacles à cette généralisation a été pointée la difficulté pour trouver « suffisamment de centres pour accueillir l’ensemble des jeunes », et surtout le coût « faramineux » que cela occasionnerait, estimé par la Cour des Comptes entre 3,5 et 5 milliards d’euros, dans son rapport publié en septembre 2024.

Suite à ce rapport, les commissions des finances de l’Assemblée Nationale et du Sénat avaient adopté, en octobre, des amendements pour retirer le SNU du Projet de Loi de Finances (PLF) 2025.

 

Mais le gouvernement n’a pas dit son dernier mot.

En effet, la ministre des Sports et de la Jeunesse, Marie Barsacq, tentant de sauver coûte que coûte le projet présidentiel, s’est opposée au vote des sénateurs en déclarant qu’il n’était « pas opportun de sacrifier le SNU au profit du sport » et en annonçant qu’un « groupe de travail interministériel » serait chargé de proposer « des évolutions pour la rentrée scolaire ».

De son côté, le président Macron, lors de ses vœux aux armées, le 20 janvier à Cesson-Sévigné, a confirmé sa volonté de militariser coûte que coûte la jeunesse en déclarant :

« il faut donner le choix de servir. Non pas rétablir le service national obligatoire mais permettre à une jeunesse volontaire d’apprendre avec les armées et d’en renforcer les rangs ».

Des évolutions ? Mais qui veut encore du SNU ? Qui en a jamais voulu à part le président Macron ?

 

Certainement pas les lycéens qu’il est censé recruter puisque le taux de désistement est passé de 19 % en 2022 à 28 % en 2023. Avec 13 300 inscrits volontaires et 22 400 élèves des « classe engagées », enregistrés à l’automne 2024, on approche péniblement des 36 000 participants alors que le gouvernement en envisageait 66 000 dans le cadre du PLF 2025, soit déjà 14 000 de moins que pour l’objectif 2024.

Pour sa part, la FNEC FP-FO ne cessera de répéter que « la place des jeunes est à l’Ecole, pour accéder à l’instruction et à des qualifications et non dans des lieux d’embrigadement dans la logique de préparation à la guerre ».

 

De l’argent, il en faut pour les postes statutaires nécessaires dans les écoles, collèges, lycées et universités, pour les classes, pour les heures de cours disciplinaires, mais pas un sou pour le SNU !

C’est pourquoi la FNEC FP-FO continue à exiger l’abrogation pure et simple du SNU et l’abandon des « classes défense » et des « classes engagées ».

Pas un sou pour le SNU !

Selon Le Monde du 4 novembre 2024, si le gouvernement continue à s’opposer à la suppression du SNU (Service National Universel), dispositif voulu par le Président Macron et destiné à embrigader l’ensemble des jeunes de 15 à 17 ans d’ici à 2026, il serait « en train de renoncer, de fait, à sa généralisation ».

Et pour cause : à l’heure du plan d’austérité Barnier de 60 milliards d’euros dont 40 milliards de réduction des dépenses publiques, il n’y a pas de petites économies.

 

S’il était effectivement étendu aux 850 000 jeunes de la classe d’âge concernée, pour la plupart scolarisés en seconde, le SNU pourrait coûter 3,5 à 5 milliards d’euros.

Or, dans un rapport du 13 septembre 2024, la Cour des comptes critiquait sévèrement le dispositif mis en place depuis 2019 « dont les objectifs demeurent à ce jour incertain », « sans pilotage budgétaire » et « dont le coût est sous-estimé »…

 

De fait, si la militarisation de la jeunesse enthousiasme le président Macron, ce n’est pas le cas des principaux intéressés : le taux de désistement a augmenté en 2023 avec 28 % contre 19 % en 2022. Devant un tel succès, et à l’heure de la cure d’austérité, rien d’étonnant à ce que le projet présidentiel prenne l’eau.

Les crédits qui lui sont consacrés dans le PLF 2025 diminuent de près de 32 millions d’euros par rapport à 2024. Alors que le gouvernement affichait l’ambition de 80 000 participants à un séjour de cohésion en 2024, la cible n’est plus que de 66 000. Pour l’heure il n’y aurait que 13 300 inscrits volontaires pour 2025, auxquels se joindraient les 22 400 élèves scolarisés dans les « classes engagées » en seconde.

De leur côté, les commissions des finances de l’Assemblée Nationale et du Sénat ont adopté le 31 octobre des amendements pour retirer le SNU du Projet de Loi de Finances (PLF) 2025.

 

Il n’y a plus guère aujourd’hui que le président Macron pour défendre encore le SNU.

Pour sa part, le Conseil National de la FNEC FP-FO réuni les 15 et 16 octobre à Paris a réaffirmé « son exigence d’abrogation du SNU et l’abandon des « classes défense » et des « classes engagées ».

 

Pour la FNEC FP-FO, c’est clair :

« La place des jeunes est à l’Ecole, pour accéder à l’instruction et à des qualifications et non dans des lieux d’embrigadement dans la logique de préparation à la guerre ».

 

De l’argent pour les postes statutaires nécessaires, pour les classes, pour les heures de cours disciplinaires, mais pas un sou pour le SNU !

La FNEC FP-FO rappelle au demeurant que « les personnels de Jeunesse et Sports et leurs missions ont été sacrifiés pour imposer le SNU.

 

Pour créer le rapport de force nécessaire pour satisfaire les revendications de rétablissement d’un ministère de la Jeunesse et des Sports de plein exercice, d’abandon du SNU, de défense de l’Education populaire », la FNEC FP-FO invite les personnels affectés dans les services départementaux et régionaux Jeunesse et Sports à se réunir avec FO afin de dresser les revendications et de discuter des moyens efficaces pour les faire aboutir.

Le scandale du SNU confirmé par le rapport de la Cour des comptes

La Cour des comptes vient de publier un rapport sur le SNU appelé « Un premier bilan, cinq années après son lancement ». Et quel bilan !

Le Service National Universel a été mis en place en 2019 et Emmanuel Macron
essaye de le rendre obligatoire depuis deux ans. Les objectifs du SNU sont
clairement énoncés : « Les objectifs assignés au SNU, décrit dans les documents budgétaires comme un « projet de société », sont nombreux et s’articulent autour des notions de résilience de la Nation, de cohésion nationale, d’engagement, d’orientation et d’insertion des jeunes, avec une communication centrée sur les aspects proches du cadre militaire du dispositif. »

La mobilisation des organisations syndicales et lycéennes qui refusent l’enrôlement de la jeunesse à des fins guerrières a contraint les différents gouvernements à renoncer à la généralisation du SNU et le constat est qu’il ne fait jamais le plein.

 

Alors que l’école manque de tout en cette rentrée avec des classes surchargées, des classes sans professeurs, un manque criant de remplaçants dès les premières semaines, des élèves sans AESH, sans infirmière, sans assistante sociale, des jeunes sans classe, un manque de personnels administratifs, etc, en revanche le SNU ne manque pas de moyens !

Le rapport de la Cour des comptes établit que le SNU représente « un coût par jeune proche de 2900 euros pour l’année 2022 » tout en précisant que « ce chiffrage reste incomplet » et estime le coût de fonctionnement annuel du dispositif à un total de 3,5 à 5 milliards d’euros en cas de généralisation.

 

Le rapport de la cour des comptes se conclut sur diverses recommandations.

Mais pour le SNFOLC, la seule recommandation qui s’impose est l’abrogation du SNU. Pour FO, la place des jeunes est à l’École pour accéder à l’instruction et à des qualifications et non dans des lieux d’embrigadement dans une logique de préparation à la guerre.