Le gouvernement réprime les lycéens mobilisés

Le SNFOLC condamne avec la plus grande fermeté la répression dont des lycéens ont été victimes lors du blocus du lycée Colbert (10ème arrondissement) ce mardi 3 novembre.

A coup de bouclier, de matraque et de gaz lacrymogène, la police a cherché à empêcher les lycéens de se rassembler devant le lycée. Une fois encadrés par les forces de l’ordre, des dizaines de lycéens ont été verbalisés d’une amende 135 euros « pour rassemblement ». Comme des milliers de personnels de l’Education nationale, les lycéens se mobilisent aujourd’hui pour dénoncer l’absence de moyens pour faire face à la crise et revendiquer de meilleures conditions d’enseignement.

 

Une nouvelle fois, le gouvernement répond aux revendications par la matraque, au prétexte de maintenir l’ordre dans un contexte de reconfinement.

Cette répression contre la mobilisation légitime des lycéens doit cesser immédiatement.

Le SNFOLC appelle les personnels à organiser l’action commune, à s’adresser aux parents, aux lycéens, sur cette exigence.

Le BAC doit rester national ; libre accès à la filière de son choix !

Avec les réformes Blanquer du lycée et du Baccalauréat, rien n’a été épargné ni aux professeurs, ni aux élèves de lycées : nouveaux programmes, enseignements de spécialité, E3C imposés à marche forcée.

Après avoir confiné et privé de cours les lycéens et les étudiants pendant des mois, plutôt que de prendre des mesures sanitaires et matérielles pour qu’ils puissent étudier dans de bonnes conditions, les ministres Blanquer et Vidal maintiennent et aggravent leurs orientations à la faveur de la crise sanitaire…

Nous réclamons l’abandon du Service National Universel

Lors du dernier Comité technique ministériel, un projet de décret qui doit servir de base à la mise en place généralisée du service national universel (SNU) a été soumis au vote.

Alors qu’il coupe les vivres aux associations en supprimant les emplois aidés (plus de 16 000 emplois supprimés dans les associations en deux ans), le gouvernement veut, par le biais du SNU, faire travailler les jeunes gratuitement dans celles-ci et leur demande de les encadrer.

Alors qu’il détruit les services dédiés à la jeunesse et aux sports, casse les statuts des personnels, projette de privatiser une partie des missions, réduit le budget dédié à ces champs, poursuit la réduction des emplois « jeunesse et sports » et prépare une énième réforme pour réduire à néant les missions d’Etat dans les domaines de la jeunesse, de l’éducation populaire, de la vie associative et des politiques sportives en créant les « DRAJES », le gouvernement instaure le SNU et demande à ces personnels de le mettre en place.

 

Pour FO, c’est non.

Comme l’ensemble des organisations syndicales qui siègent au CTMEN,

FO a voté contre ce projet de décret.

FO refusera d’être un instrument au service de la mise en place de cette politique d’exploitation de la jeunesse et de destruction de la vie associative et des missions de ses personnels. C’est pourquoi FO n’a pas soutenu le vœu défendu par certaines organisations syndicales pour l’accélération de l’intégration des personnels Jeunesse et Sports dans les services de l’Education nationale. En toute logique, les représentants FO ne siègeront pas au CTMEN de repli induit par le vote unanime contre le projet de décret et convoqué ce mardi 2 juin.

FO n’abandonne pas sa revendication pour le retour à un ministère Jeunesse et Sport de plein exercice et n’accepte pas la dissolution des personnels de la Jeunesse, des Sports, de la vie associative et de l’éducation populaire par le biais de la création des DRAJES.

Modifier le Code de l’action sociale et des familles pour créer ces nouveaux accueils collectifs de mineurs, dont l’Etat serait désormais à la fois le déclarant, l’organisateur et le contrôleur est contraire au droit. L’Etat ne peut garantir la sécurité physique et affective des mineurs s’il est par le même temps contraint d’organiser ces séjours sous des formes qu’il n’aurait, en d’autres temps, pas acceptées. Il ne peut plus assurer ses missions premières.

Demander aux personnels jeunesse et sports, conseillers d’éducation populaire et de jeunesse, professeurs de sports, inspecteurs jeunesse et sports, conseillers techniques et pédagogiques supérieurs, de mettre en place et d’organiser ces séjours ce qui peut s’apparenter à de l’embrigadement de la jeunesse est contraire à leur déontologie professionnelle.

Ces personnels ont des statuts assimilés à ceux des enseignants de l’Education nationale. Ils ont des missions éducatives, tournées vers le développement de l’esprit critique, l’émancipation et l’éducation à la citoyenneté. Le gouvernement ne peut pas leur ordonner de mettre en place un séjour « militaire », en inventant le concept d’« engagement obligatoire » alors que dans le même temps, il réduit le budget dédié à leurs missions premières, supprime des postes et ne leur permet plus de faire leur travail.

FO réitère ses revendications pour :

  • l’abandon du SNU,
  • l’attribution des crédits suffisants pour mettre en place les politiques éducatives déjà existantes en matière de jeunesse, de vie associative et d’éducation populaire, FO refuse que le SNU vampirise ces politiques,
  • la création de postes statutaires de conseillers d’éducation populaire et de jeunesse, professeurs de sports, conseillers techniques et pédagogiques supérieurs pour combler les pertes de ces dernières années, et ainsi permettre aux personnels d’assurer pleinement leurs missions.

Épreuve orale de français : l’indignation des professeurs et des lycéens face au mépris du ministre

Le 27 mai 2020, la DGESCO a consulté les organisations syndicales sur l’oral au baccalauréat de français à l’avant-veille des annonces du ministre Blanquer.

Unanimement, elles ont réitéré leur demande d’annulation de l’épreuve (SNFOLC, SNES-FSU, CGT-Educ’ation, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNALC, FCPE, UNL, Lycéens Au centre, en date du 20 avril).

L’absence de mesures sanitaires adéquates, de cadrage national, de préparation réelle des conditions de réalisation de l’épreuve à la fin du mois de mai ne peuvent conduire qu’à un déroulement chaotique et inégalitaire de l’examen. La pétition initiée par plusieurs professeurs de Lettres a recueilli plus de 93 000 signatures. Elle exprime l’incompréhension et la colère des enseignants. Le ministre est resté sourd à cette revendication légitime.

Un déroulement hypothétique dans des conditions extrêmement dégradées

540 000 lycéens doivent passer l’oral, les professeurs les ont suivis toute l’année dans des conditions de travail très difficiles. A quelques semaines de l’examen, personne ne connait le déroulement des épreuves ! Dans la presse le ministre évoque aussi la visio-conférence, système tout aussi inégalitaire, 25% des élèves de lycée disposant d’un ordinateur personnel. Système qui mettrait tout le monde en tension puisque pour des raisons de santé nombre de professeurs ne pourront participer aux jurys, tension aussi pour respecter 11 élèves par jour (vœu CHSM, novembre 2016). Ajoutons les risques de fraude, le matériel insuffisant dans les lycées, etc.

Le bac oral de français sous le signe du chaos, une propédeutique au grand oral ?

Le ministère justifie le maintien de l’oral de français envers et contre tout par la nécessité de préparer le grand oral Blanquer.

Pour FO, c’est la confirmation que le baccalauréat Blanquer, ce n’est plus le baccalauréat, mais un diplôme dégradé maison version système D.

Le lycée et le baccalauréat Blanquer : c’est l’inégalité, le contraire de l’instruction et le ministre décide de poursuivre !

Rien n’a été épargné ni aux professeurs, ni aux élèves de Premières : nouveaux programmes, enseignements de spécialité, E3C, oral de français préparé dans des conditions très difficiles. Il faut abroger d’urgence sur la réforme Blanquer du baccalauréat et du lycée.

Ce n’est pas la réduction du nombre de textes à 15 dans une communication à la presse le 4 avril qui change la nature des déclarations du ministre sur le baccalauréat et cette année sur l’oral de français. Ce sont ses réformes.

La FNEC FP-FO et le SNFOLC appellent les professeurs et personnels de lycées à se réunir : le Covid-19 pour accélérer la destruction du baccalauréat et de l’enseignement, personne ne l’accepte. Le droit à l’instruction ne se négocie pas au prétexte de la pandémie.

Une rentrée 2020 sans école ?

Parallèlement, le ministère, qui ne perd pas le fil de la politique du gouvernement, annonce en plus un calendrier de réunions pour préparer la rentrée 2020.

S’agit-il d’une rentrée sous le signe du « nouveau système » par le biais de l’enseignement hybride en distanciel et en présentiel ? Des activités 2S2C en lieu et place de l’enseignement disciplinaire ? De nouvelles séries d’E3C dont ni les élèves ni leurs professeurs ne veulent ?

Pour FO, le cœur de l’école républicaine, publique et laïque, c’est l’instruction, les savoirs disciplinaires, les horaires et les programmes nationaux.

Le SNFOLC avec la FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir, par tous les moyens à leur disposition, pour dresser la liste de leurs revendications :

  • annulation de l’épreuve orale du baccalauréat,
  • abrogation de la réforme Blanquer du lycée et du baccalauréat, ce baccalauréat 2020 qui se tient dans des conditions très particulières, ne doit pas entériner les réformes de destruction des diplômes, le contrôle continu et les E3C,
  • les professeurs défendent les lycéens afin qu’ils puissent avoir un accès égal à l’instruction partout,
  • les jurys d’examen, les commissions d’harmonisation ne peuvent pas être sous toutes les pressions possibles comme lors de la session du baccalauréat 2019 suite à la grève contre le bac-Blanquer,
  • rétablissement du baccalauréat comme premier grade universitaire,
  • droit de s’inscrire dans la filière de son choix, ce ne sont pas les algorithmes de Parcoursup qui doivent décider de l’avenir des lycéens.

Répression : notre fédération s’adresse au Ministre

En Ille-et-Vilaine, ce matin (le 28/01/2020), 4 lycées de nouveau perturbés en raison de la tenue des E3C :
 
  • Lycée Anita Conti (Bruz) : rassemblement des enseignants grévistes pour le deuxième jour consécutif contre les épreuves des E3C. Les élèves ont été moins présents que la veille, pas de blocage. L’administration, pour dissuader les élèves mobilisés, a appelé hier soir tous les parents des élèves absents aux épreuves la veille. Une AG se tient dans l’après-midi pour déterminer des suites du mouvement dans l’établissement.

  • Lycée Bréquigny (Rennes) : blocage important des lycéens, profs grévistes rassemblés devant l’établissement. Intervention musclée des forces de l’ordre (CDI), qui a débloqué l’établissement. Une fois le début des épreuves, la police a levé le camp, pour rejoindre un autre établissement bloqué (lycée VHB). Après leur départ, les grilles du lycée ont été ouvertes aux élèves, qui sont entrés en masse pour perturber les épreuves : couloirs envahis, vitres brisées, deux adjointes ont été bousculées. Les épreuves ont été reportées.

  • Lycée Victor Hélène Basch (VHB – Rennes) : blocage des élèves. Rassemblement des professeurs grévistes devant le lycée. Intervention sévère de la police (CDI) : plusieurs lycéens ont été molestés à coups de matraque télescopique. Un lycéen, venant de recevoir un coup de matraque, a fait un malaise et a dû être évacué par les pompiers en direction de l’hôpital.

  • Lycée Descartes (Rennes) : un blocage important mis en place par les lycéens tôt le matin, établissement totalement bloqué, profs grévistes rassemblés devant le lycée, en nombre. Les épreuves ont été reportées.
L’intervention quasi systématique des forces de l’ordre dans le cadre du déroulement des E3C en Ille-et-Vilaine est inadmissible. Elle provoque des débordements de la part des lycéens (Bréquigny) et conduit à des faits de violence sur des lycéens (VHB) et sur des personnels de l’éducation (Bréquigny). Les violences que nous vivons dans le 35 sont inacceptables, et découlent du refus de voir et d’entendre, tant de Monsieur Blanquer que de Messieurs Macron et Delevoye.
 
Notre Gouvernement met en danger les personnels de l’éducation et les lycéens en choisissant de passer en force !
Dans le 35, la mobilisation contre les E3C s’inscrit pleinement dans la lutte contre le projet de réforme des retraites. Le rassemblement qui aura lieu demain matin devant la DSDEN 35 a tout son sens, en interpro. Plus que jamais unis, public, privé, contre le projet Macron-Delevoye et contre l’autoritarisme de notre ministre de l’éducation.

 

Face à ce climat de répression dans notre département et dans l’ensemble du pays, notamment face à la mobilisation des salariés, des étudiants, des lycéens dans le cadre de l’opposition à la réforme des retraites et des réformes Blanquer, notre fédération (la FNEC-FP-FO) s’est adressée au Ministre.

Voici cette lettre :

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