La vie avant la bourse !

Communiqué de l’UD FO 35 mardi 24 mars

Dix jours après la première allocution du Président de la République, le gouvernement a fait adopter une loi instaurant un état d’urgence sanitaire dans tout le pays, imposant dérogations et restrictions considérables sur les lois fondamentales et les droits des salariés. Les mesures d’urgence économique de la loi habilitent le gouvernement à prendre par ordonnance toute mesure afin de prévenir et limiter la cessation d’activité des entreprises.

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Communiqué intersyndical du 19 mars sur la gestion de la crise COVID-19

Depuis le début de l’épidémie du COVID-19 qui a entraîné une crise sanitaire sans précédent, les services publics, et tout particulièrement le service public de la santé sont en première ligne.

Alors que seuls les services de santé sont salués dans leur engagement quotidien par E. Macron et le gouvernement, l’ensemble des fonctionnaires et les missions qu’ils servent continuent dans les faits d’être abandonnés.

Toujours pas ou trop peu de moyens. Toujours trop peu de personnels.

Aucune mesure d’urgence décidée.

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Ajout post communiqué : depuis le 21 mars 2020 suspension du jour de carence.

«Télétravail», «continuité pédagogique ou administrative» : assez de pression et d’exigences non-réglementaires !

Les exigences de «continuité pédagogique ou administrative» ne peuvent entrer en contradiction avec les mesures de confinement données par le Président de la République et son Premier Ministre.

Le ministre de l’Education nationale a indiqué que les enseignants pourraient se déplacer et assurer des «permanences» pour remettre des documents pédagogiques aux parents qui n’ont pas accès à internet. Il serait demandé aux chefs d’établissement et aux directeurs d’école de signer des attestations de sortie pour ces parents !

 

Alors que tous les responsables de santé publique préconisent un renforcement des mesures de confinement, alors que les personnels volontaires pour assurer la garde des enfants des soignants demandent le matériel de protection nécessaire, le SNFOLC 35 rappelle que ces injonctions contradictoires ne peuvent revêtir de caractère obligatoire. Les sorties ne peuvent se faire que sur la base du volontariat et dans le respect des consignes sanitaires.

«Télétravail», «continuité pédagogique ou administrative» : assez d’exigence non-réglementaire

En premier lieu, aucun travail à distance ne peut être envisagé pour les collègues en congé maladie ou en autorisation spéciale d’absence pour garde d’enfants.

De plus, le SNFOLC 35 rappelle que le «télétravail» est encadré par des dispositions réglementaires (lire cet article sur le décret 2016-151 et le suivant).

L’Introduction du Guide fonction publique du télétravail indique : «Ce mode de travail repose à la fois sur le volontariat et la confiance. C’est une opportunité d’améliorer la qualité de vie au travail et l’efficacité des organisations. Jamais imposé, toujours réversible, le télétravail permet à l’agent de mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle

Il est bien évident qu’aucune de ces dispositions (volontariat, matériel mis à disposition, formation, limitation à 3 jours par semaine, consultation du médecin de prévention pour l’aménagement du poste de travail à domicile…) ne sont respectées dans la situation de crise sanitaire majeure dans laquelle nous nous trouvons.

 

Le plan de continuité des activités (PCA) est parfois évoqué pour imposer le «télétravail». Il répondrait au besoin de maintenir un niveau minimal d’activité en cas de survenance d’événements exceptionnels. Aucune base réglementaire n’indique clairement son cadre. Les seules préconisations précisent qu’il doit être élaboré en amont du problème. Nous constatons là-aussi que cela n’a pas été le cas.

Les personnels se retrouvent donc confrontés à une situation dans laquelle les décisions prises par le gouvernement n’ont pas été anticipées par l’Education nationale.

Il convient par conséquent dans ces circonstances de non-préparation que le ministre, les recteurs, les DASEN arrêtent les pressions et les injonctions.

Nombreux sont les collègues qui nous indiquent travailler, compte tenu de ces circonstances difficiles, et bien plus que lorsqu’ils sont sur leur poste de travail (en répondant à des centaines de mails, en élaborant des outils informatiques…), alors que :

  • Les outils sont inexistants ou fonctionnent mal (ENT…).

  • Les réseaux sont saturés.

  • Des collègues n’ont pas à leur domicile les outils ou les connections informatiques qui permettent de travailler dans de bonnes conditions.

  • Des collègues ont leurs propres enfants à charge à la maison.

  • Des collègues se sont portés volontaires pour prendre en charge les enfants des personnels soignants.

  • Des collègues peuvent être eux-mêmes malades ou garder un proche qui l’est.

Le SNFOLC 35 rappelle que les données personnelles numériques sont encadrées par le RGPD et conseille de s’en tenir aux outils mis à disposition par l’administration.

Aucun télétravail ne peut être imposé, même au nom de la «continuité pédagogique ou administrative» ! Aucune réglementation ou disposition statutaire ne le permet.

Dès lors, le SNFOLC 35 réaffirme fermement que dans cette situation, il ne peut y avoir aucune exigence de la hiérarchie en termes de moyen ou de résultat.

L’administration ne peut demander aux personnels de l’Education nationale (enseignants, professeurs, AED, AESH, administratifs…) ni de téléphoner aux familles une à deux fois par semaine avec leur téléphone personnel, ni de s’assurer par un moyen ou un autre que tous les élèves ont bien compris les exercices et les leçons, ni d’expliquer aux parents de leurs élèves comment s’y prendre pour «enseigner» à la maison, ni de travailler comme si la situation était normale…

 

L’hypothèse avancée dans le projet de loi «état d’urgence» selon laquelle le ministre pourrait décider unilatéralement de transformer cette période de confinement en période de vacances est à ce titre vécues par les personnels comme une provocation : la FNEC FP-FO est intervenue auprès du ministre pour exiger le maintien intégral du calendrier scolaire.

Les injonctions non-réglementaires doivent cesser !

 

Le SNFOLC 35 interviendra à tous les niveaux pour le rappeler

et défendre les collègues qui seraient soumis à des pressions.

N’hésitez pas à nous contacter

Loi instaurant l’état d’urgence sanitaire

La loi instaurant l’état d’urgence sanitaire a finalement été adoptée dimanche 22 mars suite à l’accord trouvé en commission mixte paritaire réunissant sept députés et sept sénateurs.

Aucun recours devant le conseil constitutionnel n’a été déposé. La loi est promulguée lundi 23 pour une entrée en vigueur immédiate. Elle renvoie à plusieurs ordonnances qui devraient être publiées dans les tous les prochains jours.

La circulaire ci-dessous complète la précédente (du 18 mars 2020).

Cette nouvelle circulaire vise à rappeler les principales dispositions de la loi, notamment en ce qui concerne le droit du travail et la négociation collective et à souligner les modifications qui ont été apportées par la procédure parlementaire.

Projet de loi d’état d’urgence : 49.3 permanent contre le Statut et le droit du travail

Le gouvernement voudrait profiter de la crise sanitaire et sociale, prévisible, pour liquider tous les droits et les garanties collectives des salariés, au seul bénéfice des patrons. Il faudrait également tirer un trait sur les libertés publiques. Le ministre Blanquer le répète depuis plusieurs jours : « des circonstances exceptionnelles justifient un droit exceptionnel… » Ils ont envisagé le recours à l’article 16 de la Constitution pour donner les pleins pouvoirs au gouvernement. C’est tout le contenu de la loi d’urgence sanitaire, adoptée en première lecture, et qui n’a rien à voir avec la lutte contre le virus.

Une bombe à fragmentation contre le Statut et le droit du travail

La loi « d’état d’urgence » habilite le Gouvernement à déroger par ordonnances au Code du travail et au Statut général de la fonction publique : congés payés, temps de travail, repos sont déréglementés.

Par exemple, la loi prévoit de transformer la période du confinement en congés. Ainsi elle permet « à tout employeur d’imposer ou de modifier unilatéralement les dates de prise d’une partie des congés payés, des jours de réduction du temps de travail et des jours de repos affectés sur le compte épargne-temps du salarié, en dérogeant aux délais de prévenance et aux modalités d’utilisation définis par le livre 1er de la troisième partie du code du travail, les conventions et accords collectifs ainsi que par le statut général de la fonction publique. » La Conseillère sociale l’a d’ailleurs confirmé à la FNEC FP-FO jeudi soir : le ministère travaille sur plusieurs hypothèses, y compris la réduction des congés d’été.

La seule issue : répondre aux revendications

Le plus court chemin pour sortir de cette crise, c’est d’entendre les salariés et fonctionnaires qui veulent se protéger et assurer leurs missions, c’est de répondre à leurs revendications et leur donner les moyens de faire face.

Alors que les services publics ont été saccagés par des années d’austérité, il est nécessaire de débloquer des moyens financiers et humains à la hauteur de la crise sanitaire. Au moment où le gouvernement parvient soudainement à dégager 300 milliards « pour sauver l’économie, » les personnels de l’Education nationale, sont appelés à accueillir les enfants de soignants sans la moindre protection (gants, masques,…), comme dans les hôpitaux.

 

Le Président ne tarit pas d’éloges sur les fonctionnaires actuellement au charbon, mais comment comprendre que les milliers de suppressions de postes sont maintenues et annoncées dans des comités techniques bidons, par mail et par téléphone ? C’est inacceptable : toutes les suppressions de postes doivent être annulées.

L’Education nationale ne compte que 63 emplois temps plein de médecins de prévention pour plus d’un million d’agents. La médecine de prévention doit être renforcée, les droits d’alerte et de retrait doivent être assurés et consolidés, les CHSCT doivent être maintenus.

Certes, le président Macron annonce la suspension de toutes les réformes. FO en appelle au retrait de celles-ci et à commencer par la réforme des retraites et l’abrogation de la loi de transformation de la Fonction publique.

 

Pas de confinement pour les revendications :

la FNEC FP-FO et le SNFOLC 35 continuent d’intervenir à tous les niveaux