Contractuels alternants M1 : le contrat contre le statut

Depuis cette année, les concours de recrutement des enseignants sont placés à bac+5, aggravant encore la réforme de la masterisation. Pendant leur année de M2, les étudiants ont pu choisir de devenir « contractuels alternants » ayant ainsi à assurer les cours, préparer leur concours et valider le Master la même année, tout ça pour 722€.

Le ministère a donc retiré des postes aux mouvements intra 2021 pour créer des « berceaux » pour ces nouveaux contractuels. Dans de nombreuses académies, les étudiants ne s’y sont pas trompés et n’ont pas accepté de subir de telles conditions. Beaucoup de postes sont donc restés vacants, désorganisant la rentrée.

 

Dans un établissement de l’académie de Rouen, un étudiant en M1 MEEF a commencé son contrat d’un an en janvier 2022. Le rectorat lui réserve ce support jusqu’en janvier 2023. Conséquence, un titulaire de sa discipline subit une carte scolaire car il n’y a plus assez d’heures à la rentrée prochaine. C’est ni plus ni moins un support de contractuel qui supprime un poste de titulaire.

Les étudiants alternants sont surchargés de travail et n’ont pas le temps de préparer correctement le concours. Ils sont deux jours par semaine dans leur établissement d’affectation avec des classes en responsabilité. Ils doivent donc jongler avec les préparations de cours, les copies à corriger et les attentes de l’INSPE pour valider leur master MEEF. Comment préparer correctement le concours tout en débutant dans l’enseignement ? Mis en difficulté aussi bien dans leur projet de concours, que face aux élèves, ils sont fragilisés jusqu’à leur année de stage qu’ils devront réaliser à temps plein face à élèves. Le ministère exploite délibérément ces personnels et compromet leur avenir.

 

Malgré l’opposition unanime des syndicats, le ministère veut développer le nombre d’alternants contractuels. La nouvelle épreuve d’entretien à l’oral permettra de privilégier les étudiants qui auront pu subir cette insupportable année de Master 2 mais les étudiants contractuels alternants n’ont pas le temps de préparer les écrits…

 

Par ailleurs, de nouvelles règles d’affectation des stagiaires seront communiquées en juin.

Le SNFOLC revendique le rétablissement des fonctionnaire-stagiaires et l’abrogation de la réforme des concours et de la masterisation rejetées aussi bien par les étudiants que les personnels.

Pour le recrutement massif de personnels sous statut : contre la masterisation, retour au recrutement à BAC + 3

Le ministre Blanquer annonce que ce sont des milliers de classes qui sont fermées chaque jour, le plus souvent faute de remplaçants.

Dans le même temps, les annonces tombent dans les académies et les départements avec des fermetures dans les écoles, établissements, services… cela alors que le ministre Blanquer a rendu des
centaines de millions d’euros au budget. Les personnels n’acceptent pas et se mobilisent.

La grève historique du 13 janvier l’a rappelé : ce qu’il faut, c’est un recrutement massif de personnels sous statut !

La grève historique du 13 janvier a ébranlé le gouvernement. Le ministre et le premier ministre ont été contraints de concéder le recrutement de la totalité des plus de 800 candidats aux concours inscrits sur la liste complémentaire dans le 1 er degré afin de répondre aux problèmes de remplacement.

Ce recours aux listes complémentaires, qui était refusé par le ministre depuis plusieurs années, est à mettre au crédit de la mobilisation et de la revendication constamment réaffirmée par la FNEC FP-FO.

Ouverture et réabondement de toutes les listes complémentaires

Toutefois, ce recours aux listes complémentaires ne permet pas de résoudre les problèmes de remplacement dans le premier degré. Le recrutement par liste complémentaire doit pouvoir se faire
également pour chaque corps car les besoins sont criants partout !

La FNEC FP-FO exige l’ouverture immédiate de toutes les listes complémentaires des concours, leur réabondement si nécessaire ou la mise en place de concours exceptionnels pour recruter des personnels sous statut.

 

La mastérisation et la réforme Blanquer assèchent les concours

En 2009-10 la FNEC-FP FO a été la seule à demander l’abandon de la mastérisation de la formation et des concours d’enseignement (*) ,qui a eu pour conséquence de diviser le nombre de
candidats au concours par deux. Dans certaines matières ou certaines académies pour le premier degré, le nombre de lauréats est systématiquement inférieur au nombre de postes offerts au concours.

Cela développe de fait la contractualisation, ce qui s’inscrit parfaitement dans la mécanique de la loi de transformation de la Fonction publique ! Il faut par ailleurs noter qu’il n’y a bien souvent pas de candidats pour ces postes de contractuels précaires, et pour cause !

La réforme du ministre Blanquer dite « de la formation des enseignants » poursuit la destruction. La situation pour la prochaine rentrée est encore plus inquiétante puisqu’avec le retardement du
concours à Bac+5, seuls ceux qui auront échoué au concours l’an dernier seront en mesure de candidater. Ce faible vivier de candidat prépare un recrutement encore plus faible. Les personnels
vont manquer à l’appel pour la rentrée 2022 alors que cela craque déjà de partout !

La solution pour éviter le crash : en finir avec la mastérisation et la réforme Blanquer !

 

Retour à un recrutement à BAC + 3 !

Si l’on ne veut pas d’une rentrée 2022 qui vire à la catastrophe, si l’on veut des recrutements massifs de personnels sous statut dès maintenant, il faut en finir avec la mastérisation qui programme
l’assèchement du recrutement statutaire. Il faut en finir avec la réforme Blanquer de la formation initiale qui supprime la formation des stagiaires et organise leur contractualisation.

Les promoteurs de la mastérisation vantaient la « revalorisation des salaires à l’entrée dans le métier ». 12 ans plus tard, la titularisation s’effectue à BAC+6 et le salaire du néo-titulaire s’élève
royalement à 1,2 SMIC ! Dans des conditions pareilles, les candidats vont se bousculer au portillon !

Il faut donc ouvrir d’urgence le recrutement statutaire à Bac+3 pour rouvrir les vannes des concours, en finir avec ce parcours du combattant pour les jeunes qui se destinent à exercer dans l’Éducation nationale et leur garantir une véritable formation pendant l’année de stage, avec de réelles augmentations de salaires pour tous !

 

La FNEC FP-FO a demandé audience au ministère. Elle portera les revendications suivantes :

– Un recrutement immédiat et à hauteur des besoins de personnels sous statut !
– Ouverture et réabondement des listes complémentaires ! Mise en place de concours exceptionnels si nécessaire !
– Le réemploi et la titularisation de tous les contractuels qui le souhaitent !
– Les ouvertures de postes nécessaires et l’arrêt des fermetures !
– Abrogation de la masterisation et de la réforme Blanquer des concours !
– Recrutements sous statut à Bac+3 avec une véritable formation pendant l’année de stage !
– Augmentation générale des salaires ! + 22,68 % d’augmentation du point d’indice pour rattraper le pouvoir d’achat perdu !

 

La FNEC FP-FO invite les personnels à se réunir pour établir précisément les cahiers de revendications et décider des initiatives à prendre pour l’arrêt des suppressions de postes, la création de tous les postes nécessaires et le recrutement massif de personnels sous statut dès maintenant.

 

(*) : Lors de l’examen des textes sur la mastérisation, au Comité Technique Paritaire Ministériel du 28 mai 2009, au Conseil supérieur de l’Éducation du 11 juin, au Conseil supérieur de la Fonction publique de l’État du 16 juin, seule FO a non seulement voté contre chacun des projets de décrets mais maintenu son exigence de maintien du recrutement à bac+3 sans mastérisation de la formation. Les organisations (en particulier la FSU) qui n’ont pas voté contre tous les projets de décrets au CTPM, au CSE puis au CSFPE ont pris une lourde responsabilité. Elles ont permis ainsi au ministre DARCOS d’afficher une majorité pour ses décrets.

Blanquer, zélé serviteur de la Cour des Comptes

Le pas de deux de Blanquer et de la Cour des Comptes, complices pour en finir avec le cadre national et républicain de l’Ecole

 

Fin 2021, la Cour des Comptes a publié coup sur coup un rapport sur la gestion des absences des enseignants prétendant « garantir la continuité pédagogique », et une note sur l’enseignement scolaire préconisant « une école plus efficacement organisée au service des élèves ».

Après avoir inspiré, par des rapports antérieurs, l’alourdissement de nos obligations de service (décret du 20 août 2014), ou encore la réforme du baccalauréat, la Cour des Comptes entend désormais définir les prochaines « réformes » pour aller encore plus loin dans la remise en cause des statuts et de l’instruction. Le moins que l’on puisse dire est que ses préconisations sont Blanquer-compatibles.

Toutes les infos ci-dessous.

Pour télécharger le document qui suit : c’est ici.

 

Suppression des postes encore et encore pour la rentrée de septembre 2022

Alors que le second degré est sacrifié, que le ministre refuse d’ouvrir de nouvelles listes complémentaires pour les certifiés et agrégés, il poursuit la casse en supprimant des postes et des classes partout.

Pour le second degré, ce ne sont pas des postes donnés, ni de listes complémentaires mais des AED en moyens de remplacement, 1 500, qui peuvent faire les missions des professeurs pour 11€ lorsqu’ils sont payés en heures supplémentaires. Et en plus ce qu’introduit le CTM du 26 janvier : des PLP exerçant en lycées et collèges, introduits et voulus par la CFDT et validés par l’UNSA. Une honte sur le détricotage des statuts.

FO a demandé de surseoir aux suppressions de postes annoncées : les 1 800 de 2021 et les 440 de 2022. C’est NON pour le ministre, son objectif est comme l’a annoncé le Président Macron, de faire travailler plus, autrement, et de recruter directement comme dans les écoles de Marseille.

 

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Conférence de presse Force ouvrière avec Ouest-France – AESH, les invisibles et les précaires

Courant janvier, Michèle Victory, députée de l’Ardèche, a tenté de faire passer une proposition de loi pour améliorer le sort des AESH, ces Accompagnants d’élèves en situation de handicap que l’on appelait il y a encore quelques années les Accompagnants de vie scolaire (AVS). Peine perdue, son initiative n’a pas recueilli suffisamment de voix.

1 800 en Ille-et-Vilaine

« C’est le statu quo depuis plusieurs années déjà, tout est bloqué », déplorent Justine Marti, secrétaire départementale Force Ouvrière pour les lycées et les collèges ; et son collègue Mickaël Bezard, pour les écoles du premier degré. En Ille-et-Vilaine, on compte 1 800 accompagnants. En France, ils sont 117 000, pour environ 400 000 enseignants. Parmi eux, la quasi-totalité (92 %) sont des femmes.

Leur travail ? Accompagner les élèves en situation de handicap en classe, pour leur fournir une aide humaine et leur permettre de progresser comme leurs camarades valides. Ces agents contractuels de l’État sont recrutés par contrat de droit public, sans avoir pour autant le statut de fonctionnaires.

À peine 800 € sur la fiche de paie

Derrière la fiche de poste, la réalité est toute autre. Les AESH souffrent d’un profond manque de reconnaissance. « Si on devait demander une seule chose, ce serait un vrai statut, explique Lisa de Beaulieu, qui travaille sur Rennes. Au lieu de cela, nous sommes dans la précarité, sans perspective d’avenir. En moyenne, on gagne à peine 800 € par mois, autant dire qu’on vit en dessous du seuil de pauvreté. »

Leur contrat, d’une durée de trois ans, est renouvelable une fois, avec la possibilité d’obtenir à terme un contrat à durée indéterminée. « Une possibilité théorique, corrige aussitôt Mireille Salaün, domiciliée à Châteaubourg, très peu d’AESH travaillent en CDI. On vit dans l’incertitude. Parmi nous, beaucoup finissent par abandonner. »

« Certaines finissent par craquer »

En août dernier, rien qu’en Ille-et-Vilaine, 80 AESH ont démissionné de leur poste. Et la crise sanitaire n’a rien arrangé. « Dès qu’un AESH est touché par le Covid, il n’y a personne pour le remplacer », constate Nelly Gonzalez, elle aussi en poste à Rennes.

Pour ceux qui restent, leur mission pourtant essentielle aux familles, à l’ensemble de la communauté éducative, s’effectue dans des conditions très difficiles. « On a de plus en plus d’élèves à accompagner sur plusieurs établissements, décrivent ces AESH. Certaines d’entre nous ont quatre, voire six élèves à suivre. Parfois, elles craquent, ça peut aller jusqu’au syndrome d’épuisement professionnel, c’est-à-dire au burn-out. »

Ces accompagnantes se décrivent volontiers comme « invisibles et précaires » à l’image d’ailleurs de leurs collègues Assistants d’éducation, qui surveillent et encadrent les élèves dans les lycées. En octobre 2021, elles avaient été plusieurs milliers à manifester à Paris, pour apparaître enfin au grand jour. « On demande un statut, une formation, des recrutements massifs et un salaire qui soit au moins au niveau du Smic. »

Elles sont dans la rue ce jeudi

Le 13 janvier, elles sont descendues à nouveau dans la rue, et on les retrouvera ce jeudi, à l’occasion de la Journée de mobilisation interprofessionnelle organisée par l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, Union Pirate, Solidaires étudiant·es et FSE.

Plusieurs manifestations sont prévues en Ille-et-Vilaine à Rennes (11 h, esplanade Charles-de-Gaulle), Saint-Malo (11 h, devant la médiathèque), Fougères (17 h, place Aristide-Briand), Redon (17 h, devant la sous-préfecture), Vitré (17 h, devant la gare).