Proposition de loi : un CDI après 3 ans pour les AESH, après 6 ans pour les AED

En séance le 20 janvier 2022, les députés ont adopté la proposition de loi visant à lutter contre la précarité des AESH et des AED.

Cette loi permettra aux AESH de signer un CDI après avoir exercé 3 ans et aux AED après 6 ans.

 

Initialement, le texte prévoyait de recruter automatiquement les AESH en CDI et les AED en CDD ou en CDI.

En outre, il instaurait une indemnité pour ces personnels exerçant en éducation prioritaire, mettait en place un coefficient de pondération du temps de travail des AESH et définissait un taux d’encadrement minimal des AED.

 

Autant de dispositions que la majorité a supprimées en commission et n’a pas réintroduites en séance, malgré les amendements proposés.

Pour que la loi soit applicable, le Sénat doit maintenant l’inscrire à son ordre du jour (ce qui n’est pas gagné) et voter cet article conforme.

Les invisibles de l’Education Nationale

 

J’ai 37 ans, parent isolé, je suis AESH depuis 8 ans dans les écoles de Rennes. A ce jour, je n’ai toujours pas de CDI.

 

Je m’appelle Mireille, 62 ans et bientôt à la retraite. Je suis AESH depuis 9 ans, payée 680 euros nets par mois. Pour m’en sortir (payer mes factures, mon logement, la nourriture et l’essence), j’ai dû travailler non-stop de 8h45 à 19h00, tous les jours sans pause légale, pour 2 employeurs et avec 3 casquettes (EVS la journée, animatrice sur le temps du midi puis surveillante d’étude le soir pour la ville de Rennes).

Je suis AESH depuis 5 ans, toujours en CDD. Mon contrat est de 62% , payé 810 € nets par mois. J’ai fait une demande pour travailler davantage. La DSDEN 35 s’y est opposée, 4 élèves ont alors vu leurs heures d’accompagnement diminuer.

Nous sommes 117 000 personnels AESH en France, les invisibles de l’Education Nationale ; nous restons essentiels au fonctionnement des écoles. Nous accompagnons les élèves en situation de handicap dans les écoles, les collèges et les lycées.

Nous sommes payés sous le seuil de pauvreté avec des conditions de travail extrêmement difficiles qui se dégradent suite à la mise en place d’un système de gestion appelé PIAL (Pôles inclusifs d’Accompagnement Localisés). Avant le PIAL, 1 AESH accompagnait 1 ou 2 élèves. Avec le PIAL, 1 AESH accompagne une multiplicité d’élèves ( 6 voire plus dans plusieurs établissements).

De plus, de nombreux AESH signalent des situations de violence physique et verbale vécues de manière quotidienne (griffures, coups, morsures, burn out…) sans qu’aucune solution ne soit proposée par l’institution.

Qu’attend l’Education Nationale pour réagir ?

Mobilisé(e)s depuis plus d’un an, nous étions en grève le jeudi 27 janvier 2022 pour réclamer un vrai statut, un vrai salaire, de la reconnaissance et un recrutement massif.

Nous appelons à poursuivre la lutte pour obtenir ce qui nous revient de droit.

Fuites intentionnelles du Gouvernement : en finir avec le statut des enseignants pour préparer la privatisation

Des proches du président ont laissé fuiter dans les médias les mesures qu’envisage de prendre Macron, s’il est élu en 2022 :

  • fusion du ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports avec ceux de la Culture et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
  • suppression du CAPES
  • « fin du recrutement à vie » dans l’Éducation nationale.

 

Les équipes de Macron lâchent cette bombe un mois après la grève massive du 13 janvier et au moment où les personnels se mobilisent dans les départements face aux suppressions de postes et de classes prévues pour la rentrée. Un responsable national de l’UNSA cherche à relativiser : « cela ressemble à une fake news ».

Pourtant, aucun démenti n’a été apporté par l’Elysée. Et pour cause, la politique menée depuis 5 ans a démontré que le « candidat » Macron sert d’autres intérêts que celui de l’Ecole publique et de ses personnels.

Des mesures destinées à parachever les réformes mises en œuvre par Blanquer

Depuis 2021, le concours pour devenir professeur est repoussé d’un an, à la fin de la deuxième année de Master. Comme la Loi de Transformation de la Fonction publique, la réforme Blanquer répond à la logique gouvernementale qui consiste à réduire le nombre de fonctionnaires. Elle atteint cet objectif puisque les Master deuxième année ne seront plus professeurs fonctionnaires mais étudiants en alternance.

Ce décalage d’un an représente environ 9 000 fonctionnaires de moins et donc de substantielles économies à la clé. Des étudiants qui se destinent à l’enseignement sont envoyés seuls et sans formation dans des classes pour y enseigner 8h par semaine, pour un salaire dérisoire de 865 euros brut par mois…

Blanquer a privilégié le recrutement contractuel tout au long du quinquennat

La baisse du nombre de postes aux concours, la précarisation grandissante et les contre-réformes (en particulier la masterisation des concours) ont découragé des milliers de candidats. En outre, les suppressions de postes ont conduit à des fermetures de classes en cascades, à l’explosion des effectifs par classe et à un manque criant de remplaçants.

Face à cette pénurie qui s’est exacerbée pendant la crise sanitaire, Blanquer, plutôt que de créer des postes statutaires, a eu recours à des contractuels, moins chers et corvéables à merci. Et il a refusé de répondre aux revendications des AESH mobilisées pour un vrai statut et un vrai salaire…

Contractualiser, pour préparer la privatisation de l’Ecole

La fin des concours ouvrirait la voie au recrutement local, dans la logique de l’expérimentation marseillaise et des propositions du « Grenelle » de Blanquer. Celles-ci prévoient de renforcer l’autonomie des écoles et des établissements. Recrutés comme contractuels directement par les chefs d’établissement ou les directeurs, les personnels seraient soumis à toutes les pressions locales, politiques et économiques.

La destruction du cadre national de l’Ecole a constitué un premier front pour Macron et ses prédécesseurs. Les réformes du baccalauréat et du lycée, la réforme du collège et les projets éducatifs de territoire ont renforcé l’autonomie des établissements, les plaçant en concurrence directe avec le privé.

Supprimer les concours signifierait la fin du recrutement statutaire. La fin des statuts nationaux, qui garantissent l’indépendance des personnels, signifierait la fin de l’Ecole publique et laïque.

 

Macron envisage d’ailleurs de fusionner l’Éducation nationale avec le ministère de l’Enseignement supérieur et celui de la Culture, où les logiques de territorialisation, de désengagement de l’Etat et, finalement, de privatisation ont également été engagées depuis des années.

Après la fusion avec le ministère de la Jeunesse et des Sports, c’est l’existence même de tous les statuts particuliers qui est en jeu.

Face à ce basculement, la FNEC FP-FO reste plus que jamais aux côtés des personnels qui ont fait grève le 13 janvier contre le chaos provoqué par les mesures Macron-Blanquer.

Cette grève a imposé un recul partiel au gouvernement qui a été contraint de recruter la totalité des listes complémentaires dans le 1er degré.

Une brèche a été ouverte, on peut les faire reculer !

La FNEC FP-FO soutient toutes les mobilisations en cours contre les suppressions de postes et de classes, pour un recrutement massif de personnels sous statut, pour de véritables augmentations de salaires, pour l’arrêt des contre-réformes qui mettent à mal les statuts et les conditions de travail, pour le rétablissement du Baccalauréat avec ses épreuves terminales et nationales.

 

Pour télécharger ce communiqué : c’est ici.

Les revendications de la confédération Force ouvrière

AUJOURD’HUI, DEMAIN, PAS DE TRÊVE POUR NOS REVENDICATIONS

AED et AESH en colère et mobilisés en 2022

Le 13 et le 27 janvier, des milliers de vies scolaires étaient en grève à 100% dans les collèges et les lycées. Des milliers d’AESH étaient en grève et dans les manifestations, signe d’une exaspération sans précédent face aux conditions de travail de plus en plus dégradées et l’absence de réponses à leurs revendications.

Le succès de la mobilisation démontre la détermination de ces personnels qui doivent maintenant être entendus.

 

Depuis 2 ans, les AED sont en première ligne pour la mise en œuvre des 51 différents protocoles sanitaires qui se sont enchaînés. Charge à eux de s’adapter, d’assumer de plus en plus de missions,
souvent dans des équipes réduites par l’absence de remplacements. Et tout cela sans aucune reconnaissance salariale, ni recrutement suffisant. Le ministre a déclaré recruter 1500 AED d’ici la fin de
l’année. Le compte n’y est pas au regard des services sinistrés. Les AED sont épuisés et en colère.

Même colère chez les AESH maintenus dans la précarité avec des salaires insuffisants pour pouvoir vivre correctement. Le 8 février, les AESH du Val-de-Marne en grève illimitée depuis le 10 janvier étaient une centaine devant le ministère pour réclamer le retrait des avenants qui leur imposent des temps partiels, l’abandon des PIAL, un vrai statut et un vrai salaire à temps complet pour 24h par semaine.

Le SNFOLC 35 soutient les personnels AED et AESH. Nous organisons des heures d’information syndicale strictement réservées à ces personnels. Nous proposons des stages syndicaux pour les informer sur leurs droits, leurs contrats, et les revendications qui sont portées aujourd’hui par l’ensemble des personnels.

 

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