Evaluation des établissements : nouvelle campagne Blanquer

Aggravation de la territorialisation et de l’autonomie contre les garanties statutaires des personnels et l’École
 
Le « conseil d’évaluation de l’école », créé par la loi Blanquer dite « pour une école de la confiance » de 2019, est chargé « d’évaluer en toute indépendance l’organisation et les résultats de l’enseignement scolaire. ». « En toute indépendance » (sic), ce conseil, comprenant des économistes, des personnalités politiques ainsi que plusieurs anciens recteurs et des responsables du ministère, organise l’évaluation annuelle de 20 % des collèges et des lycées. Chaque établissement serait évalué tous les 5 ans.
 
Cette année encore, dans des centaines d’établissements, il passera au crible les fonctionnements, les résultats des élèves, les pratiques professionnelles des uns et des autres pour, selon le conseil lui-même, « enrichir le débat public sur l’éducation ».
 
Après le chaos de cette rentrée et les déclarations présidentielles à Marseille, le ministre installe la logique de l’audit permanent pour tous les personnels.
 
Pour le SNFOLC, c’est inacceptable !
 

Un management comme dans le privé : rendre les personnels seuls responsables des résultats de leurs élèves et des problèmes rencontrés

Début septembre, dans un établissement soumis à cette évaluation, une délégation de personnels mandatés par leur AG est venue demander au Chef d’établissement d’un collège les moyens de travailler (maintien d’une classe supprimée, affectation de remplaçants sur 5 postes manquants).
 
Elle s’est vue opposer la réponse suivante :
 
« Il existe des dysfonctionnements dans l’établissement qu’il convient de solutionner comme […] la question des résultats au DNB qui appellent une remise en cause dans le cadre des moyens qui sont alloués à l’établissement pour son fonctionnement. C’est la raison pour laquelle le Rectorat procède à une auto-évaluation du collège, qui se terminera par la venue d’une délégation rectorale. ».
 
La logique poursuivie est limpide : aucune revendication des personnels n’est recevable, aucun moyen supplémentaire ne sera accordé, les personnels doivent revoir leurs méthodes de travail, le tout dans le cadre d’une DHG déjà contrainte.
 
Des classes à 30 élèves, des AESH qui ont en charge jusqu’à 7 élèves dans la semaine parfois dans plusieurs établissements avec les PIAL, et même plusieurs élèves simultanément et sans matériel, des professeurs non remplacés, des compléments de service généralisés, des assistants d’éducation en sous-effectifs et sous tension permanente, des locaux vétustes… Combien d’établissements connaissent cette situation ?
 
Pour le ministre, ce n’est pas le problème, les personnels n’ont pas à revendiquer, ils doivent juste travailler davantage !
 

Des conditions de l’évaluation qui participent à la déréglementation et à l’augmentation de la charge de travail

Les personnels concernés sont souvent convoqués en soirée à de multiples réunions sous couvert de la deuxième journée de pré-rentrée ou sous couvert des 1607 heures annuelles du décret Hamon de 2014 contre lequel FO, CGT et Sud ont voté. Tout est bon pour exploser le temps de travail des personnels déjà épuisés. Il n’y aucune équité dans la conduite de l’évaluation.
 
Parfois, des questionnaires sont remis, parfois non. Souvent ils sont largement intrusifs avec des questionnements du type :
 
« Je donne des devoirs à la maison », « tous mes élèves parviennent à tirer profit des activités proposées », « je ne peux pas prendre en compte de la diversité des élèves dans mes cours », « je consulte régulièrement ma messagerie ENT », « êtes-vous équipé d’un ordinateur et d’un accès internet ? » etc …
 
Les personnels, à juste titre, refusent d’avoir à justifier leur valeur professionnelle, comme ils refusent de devoir informer sur leur matériel personnel, et ce qu’ils font à leur domicile.
 

Auto-évaluation et évaluation externe : soumettre les personnels au projet d’établissement et aux pressions extérieures pour territorialiser l’Ecole

Tous les personnels sont soumis à cette évaluation. Le conseil d’évaluation de l’école (CEE) préconise « l’institution d’un comité de pilotage » au sein de l’établissement pour la partie « auto-évaluation ».
 
Des collègues sont mis en situation d’évaluer leurs collègues. C’est anticipé par le Grenelle de J-M Blanquer qui voudrait rendre « mixtes » les missions des enseignants pour y intégrer le contrôle hiérarchique.
 

Dans la foulée, les projets d’établissements devraient être réécrits, pour y faire figurer des choix contraints par les DHG en matière d’offre d’enseignements. L’opération doit donc intégrer les personnels à des choix susceptibles de diminuer leurs heures d’enseignement, de les faire partir en complément de service, voire de supprimer leur poste. C’est ni plus ni moins que le management à la France-Télécom, avec les conséquences que l’on connaît. Comme si ça ne suffisait pas, une évaluation externe est conduite par une délégation rectorale censée être « sans lien avec l’établissement » (sic) ainsi que par d’autres acteurs, dont le CEE demande que soit vérifiée l’absence de conflit d’intérêt… Des parents d’élèves ? Des politiques ? Des militants associatifs ? Le ministre franchit un pas de plus vers la fragmentation de l’École républicaine, la même pour tous.

Pour le SNFOLC, la logique d’évaluation permanente doit cesser ! Les missions statutaires des personnels doivent être respectées et le ministre doit cesser toutes les suppressions de postes et de classe et rendre les 500 postes qu’il prévoit encore de supprimer pour 2022.
 
 
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Contractuels alternants MEEF : vous avez des droits

Vous êtes contractuels « alternants » et en même temps étudiants en master MEEF dans le cadre de la « réforme de la formation des enseignants ». Cette année, les contrats ont normalement été réservés aux Masters 2.

Vous vous retrouvez à devoir préparer le concours tout en finissant le Master avec un ou des mémoires, des UE à passer et surtout en ayant des classes en responsabilité. C’est un véritable parcours du combattant.

L’État employeur met en difficulté les enseignants en formation alors que ces derniers devraient être protégés et soutenus ! Si FO s’est opposée à cette nouvelle réforme, dite « réforme de la formation des enseignants », ce n’est pas pour rien.

 

Ne restez pas isolés !

Contrat, rémunération, évaluation, FO vous aide à connaître vos droits, les faire valoir. FO intervient auprès de l’administration face aux obstacles rencontrés dans cette formation hors norme. Elle le fait tout autant pour les stagiaires 2021.

 

Le droit à un contrat

En devenant « contractuel alternant », vous êtes devenus contractuels de droit public de l’Education nationale.

Votre contrat d’agent contractuel garantit un salaire et vous couvre en cas d’accident du travail. Un double portant votre signature et celle de l’employeur doit vous en être remis. Il vous permet de faire valoir des droits.

Droit à une rémunération

Elle est de moins de 700 euros nets, ce qui se passe de commentaire. S’y ajoute le tiers d’indemnité de suivi des élèves (ISAE dans le 1er degré, ISOE dans le 2nd degré). Cette indemnité est versée mensuellement.

Vous avez droit aussi au paiement de l’IR (indemnité de résidence) en fonction de votre lieu d’habitation. Et ce toujours au prorata de votre temps de travail.

Si vous constatez du retard dans le paiement de votre salaire ou de vos indemnités, un calcul qui vous semble incompréhensible, contactez-nous.

 

ATTENTION, GARDEZ BIEN VOS FICHES DE PAIE à télécharger via l’ENSAP : ceci vous sera utile pour reconstituer votre carrière et votre reclassement.

Droit à ne pas être affecté dans des écoles et établissements en REP+, en CP, CM2 ou dans les classes à examens

C’est ce que précise la note de service ministérielle du 27/11/2020.

Si vous êtes néanmoins dans ce cas, contactez-nous pour obtenir que FO intervienne en cas de problème.

Droit à un temps de service défini 

La situation la plus courante pour votre temps de travail en établissement est :

dans le 1er degré : de 8h d’enseignement hebdomadaire + 1h (correspondant au 1/3 des 108h annuelles dues par les Professeurs des Ecoles) ;

dans le second degré : de 6h d’enseignement hebdomadaire, avec la participation aux missions liées et aux conseils de classe.

En tout état de cause, les heures d’enseignement hebdomadaire à assurer ne peuvent dépasser 12h dans le 1er degré, 9h dans le 2nd degré.

Par ailleurs, il n’y a pas d’exigences réglementaires qui puisse conduire à allonger indéfiniment votre temps de service dans l’établissement.

Attention à l’évaluation !

Votre pratique professionnelle sera évaluée dans le cadre du master MEEF et, si l’évaluation est satisfaisante, elle permet la délivrance d’un certain nombre d’ECTS (au minimum 20, en général 30).

L’évaluation est faite en général par les deux tuteurs (« de terrain » et de l’INSPÉ). Ils n’ont aucun pouvoir hiérarchique sur vous.

Si cependant l’évaluation n’est pas satisfaisante, vous courrez le risque de ne pas avoir le Master (même si vous avez le concours par ailleurs).

N’hésitez pas à demander en amont aux tuteurs si tout va bien. Il n’y a aucune raison que votre année de M2 ou votre réussite au concours aient à pâtir de problèmes relationnels.

FO vous conseillera et vous aidera.

Master : ce qui est acquis est acquis !

Vous avez sans doute déjà validé des UE de Master 2. Il n’y a aucune raison d’avoir à recommencer ce que vous avez déjà validé, même sous couvert « d’approfondir votre formation » ou de « renforcer une compétence ».

La Fédération Force Ouvrière de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle (FNEC FP-FO) s’est opposée à cette réforme et a porté ses revendications dans toutes les instances.

Elle a été la seule à voter contre les maquettes de Master MEEF, que le ministère a fait remonter de force alors que les équipes de formations des INSPÉ comme les universitaires des Facultés avaient nettement déclaré leur opposition à la réforme.

Nous demandons un concours au niveau licence et une formation professionnelle sous statut d’élève fonctionnaire, ainsi que le rétablissement des réductions de service lors de l’année de fonctionnaire stagiaire.