Lycée pro : le ministère recycle en pire l’échec du bac général

Le ministère a dévoilé cette semaine son projet scandaleux d’une réforme systémique du baccalauréat professionnel dont la casse de la classe terminale pour la rentrée 2024.

Dans le contexte social tendu où personnels comme élèves ont besoin de sérénité, de plus et mieux d’école pour faire réussir tous les jeunes, ce projet constitue une véritable provocation contre les collègues et met en péril l’avenir des jeunes.

En l’état actuel du projet, la période de septembre à mars serait exclusivement consacrée aux cours, sans aucune période de formation en milieu professionnel (PFMP). Durant cette période, se dérouleraient également les épreuves d’examen des disciplines générales en contrôle en cours de formation (CCF) en Maths-Sciences, LV1, LV2, Arts Appliqués et EPS. Les épreuves ponctuelles de Français, Histoire-Géographie-EMC, Éco-Gestion ou Éco-Droit seraient également avancées en mars. Alors que le ministère a reculé sur la réforme du bac GT devant le fiasco des épreuves anticipées, il s’apprête à récidiver.

D’avril à mai, les élèves enchaîneraient avec 6 semaines de PFMP obligatoires pour toutes et tous. Après quoi, ils passeraient les épreuves ponctuelles en enseignement professionnel et les derniers CCF dans cette discipline – sans aucune période de révision avec leurs enseignantes et enseignants, alors même que ces épreuves ont un coefficient élevé.

 

Pendant cette césure de deux mois, les PLP vont se transformer en machine à certifier et devront évaluer les élèves en stage mais aussi les 109 000 candidats libres (chiffre qui va augmenter) des CFA et écoles de production ou autres officines privées qui pullulent depuis la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel.

Cette loi a libéralisé le marché de la formation enfonçant plus encore l’avenir des jeunes des classes populaires.

 

À partir de la mi-mai, deux options se présenteraient :
– Pour celles et ceux désirant une insertion professionnelle post-bac : 6 semaines supplémentaires de PFMP, soit au total 12 semaines de stages quasiment de façon continue entre mars et juillet. Les semaines de PFMP étant désormais gratifiées, les élèves seront probablement plus nombreux à choisir cette possibilité.
– Les autres élèves, soi-disant pour mieux préparer leurs poursuites d’études, assisteraient à 30 heures hebdomadaires de cours de méthodologie, de culture générale et de compétences psychosociales.

 

Enfin, début juillet, tous les élèves devraient passer l’oral du chef d’oeuvre et les épreuves de PSE.

 

Concrètement, le parcours commun des élèves de lycées pros s’arrêterait pour la terminale dès le mois de mars. Les parcours diversifiés envisagés sont une usine à gaz dans les LP et SEP. C’est toute l’architecture du bac pro qui est laminée. Après un bac pro 3 ans, c’est un bac pro 2,5 ans, voire 2 ans.

 

Inacceptable quand nos élèves ont besoin de plus d’école et mieux d’école.

Au prétexte de diversification, le ministère détournerait un grand nombre d’heures de cours pour répondre à une commande présidentielle : augmenter le nombre de semaines de stages (PFMP).

 

Ce n’est ni l’intérêt des élèves ni celui des personnels qui conduit cette réforme.

Avec les personnels, nous ne pouvons pas accepter que ce projet aboutisse : le ministère portera la lourde responsabilité d’un accroissement du décrochage scolaire, de résultats en baisse aux examens et de personnels totalement pressurés quand ils ont d’abord besoin de reconnaissance et de sens dans leur métier.

C’est clairement une annualisation du temps de travail des PLP qui se profile et une attaque en règle contre nos statuts.

 

Le ministère veut prendre de court les PLP, les élèves et leurs organisations représentatives dans un agenda très rapide : les textes devraient passer au Conseil supérieur de l’Éducation en décembre. C’est une nouvelle fois du mépris envers les PLP et de leurs syndicats.

 

Pour stopper ce démantèlement organisé de nos lycées pros, l’intersyndicale prendra ses responsabilités lors de l’Intersyndicale lycées pros la semaine du 6 novembre.

 

Paris, le 20 octobre 2023

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Israël – Palestine : la paix, maintenant !

Force ouvrière exprime sa plus grande inquiétude face à la dégradation de la situation à Israël et dans les territoires palestiniens.

Horrifiée par les actes terroristes et le nombre de morts qui ne cesse d’augmenter à Israël et à Gaza, FO appelle à nouveau à l’arrêt des bombardements, au cessez le feu immédiat et à l’application du droit humanitaire international.

 

Pour lire la suite du communiqué :

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Hommage à Dominique Bernard

250 personnes étaient rassemblées à Rennes ce lundi 16 octobre pour rendre hommage à notre collègue Dominique Bernard.

Communiqué de la FNEC-FP FO 35 :

« Un homme est mort » disait Paul Eluard au sujet de Gabriel Péri en 1945.

Ce vendredi 13 octobre 2023, un homme est mort et il s’appelait Dominique Bernard. Il y a trois ans, jour pour jour, un homme déjà était mort et il s’appelait Samuel Paty. 

La suite ci-dessous :

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Prise de parole de FO devant la DSDEN 35 le 16 octobre 2023 :

Assassinat dans un lycée d’Arras ce vendredi 13 octobre 2023

Ce vendredi 13 octobre 2023, un professeur d’un établissement d’Arras a été assassiné durant son service. Deux autres personnels (un professeur, un agent technique) ont été gravement blessés.

 

La FNEC-FP-FO adresse ses sincères condoléances et tout son soutien aux familles, aux proches, aux personnels et aux élèves de l’établissement dont elle partage l’effroi.

 

Pour la FNEC-FP-FO, cet évènement tragique souligne une nouvelle fois la nécessité de protéger, autrement que par des discours, l’Ecole publique et ses personnels qui mettent leur vie au service du droit à l’instruction des élèves.

Trois ans après le meurtre de Samuel Paty, comment se fait-il que l’on puisse entrer dans un lycée avec une arme ? Comment se fait-il que l’on puisse tuer un professeur de l’enseignement public, blesser des personnels ? Comment se fait-il que le ministre Jean-Michel Blanquer se soit opposé pendant 8 mois après l’assassinat de Samuel Paty à ce que le Comité Hygiène, Sécurité et Conditions de travail (CHSCT) se réunisse dans l’académie de Versailles pour mener l’enquête prévue dans les prérogatives de cette instance ?

 

L’Ecole publique doit être une enceinte protégée.

Pour cela il faut les postes statutaires nécessaires et arrêter d’en supprimer.

 

Nous avons maintes fois rappelé que le Statut général des fonctionnaires est le garant de leur indépendance. Chercher à détruire le Statut, ce n’est pas un service rendu aux personnels qui, au contraire, exigent d’être protégés et que leurs droits soient renforcés. Et pourtant, trois ans après l’assassinat de Samuel Paty, la Loi de Transformation de la Fonction publique demeure…

Nous demandons au ministère de prendre ses responsabilités en donnant le message clair que la Formation spécialisée sera convoquée dans les plus brefs délais, et que tous les moyens soient donnés pour accompagner les familles, les personnels et les élèves.

 

La FNEC FP-FO soutient tous les personnels qui décident de se réunir pour établir toutes leurs revendications en défense de l’Ecole publique et exiger l’appui inconditionnel de l’employeur lorsqu’une protection fonctionnelle est demandée.

 

Le ministre a décidé une journée d’hommage à Samuel Paty lundi prochain.  Nous demandons que la liberté pédagogique des personnels soit respectée.

Pour que de tels événements ne se reproduisent pas, il faut que tous les moyens exigés par les personnels et leurs syndicats soient donnés : c’est de la responsabilité du ministre.

La FNEC FP-FO quitte le groupe de travail sur le « harcèlement »

Le ministère avait convié le 4 octobre 2023 les organisations syndicales à un nouveau groupe de travail faisant suite à la présentation par le gouvernement de son plan de lutte contre le harcèlement dit « scolaire ».

 

Les représentants du ministre ont présenté leurs propositions :
– Des outils sont élaborés : 3 questionnaires (école, collège, lycées) qui se déclinent chacun en deux versions (une anonymisée, une nominative) mais dont les questions sont identiques…
– Le questionnaire nominatif peut être utilisé en cas de suspicion de harcèlement.
Le 9 novembre, une grande journée de sensibilisation au harcèlement est organisée dans toutes les classes (lycées, collèges et écoles à partir du CE2). Un courrier aux familles sera rédigé par le ministre. Deux heures doivent être consacrées (par l’enseignant à l’école, dans le cadre de journées banalisées au collège et lycée en mobilisant les professeurs principaux). Des « kits pédagogiques » sont proposés sur Eduscol pour organiser ces séances. Pendant ces deux heures, le questionnaire anonymisé doit être distribué et rempli par les élèves… Les enseignants ou professeurs principaux ramassent les questionnaires et engagent une démarche famille par famille,
possiblement en lien avec les informations données par la plateforme téléphonique mise à disposition des familles (3020) …
– Les informations issues de ces questionnaires doivent être remontées.
– A l’issu de cette journée et sur la base des renseignements récoltés dans les questionnaires, les enseignants et les professeurs principaux doivent organiser une restitution aux parents

 

Face à ces annonces, la totalité des organisations syndicale a vivement réagi.

Pour sa part, la FNEC FP-FO a indiqué :

« Force est de constater qu’aucune des mesures annoncées ne va dans le sens de redonner les moyens permettant à l’Éducation nationale, à la santé scolaire, à la Protection judiciaire de la Jeunesse ou à l’éducation populaire de fonctionner. Au contraire : le PLF 2024 programme 2500 nouvelles suppressions de postes d’enseignants pour l’année prochaine, après avoir supprimé 2000 postes à la rentrée 2023.

Ce dont les élèves ont besoin, ce sont des milliers de postes d’infirmières, de médecins scolaires, d’assistantes sociales, d’enseignants spécialisés, de PsyEN, de CPE, c’est le rétablissement des maîtres d’internat – surveillants d’externats, des AED avec un vrai statut et une vraie formation ! Les élèves et les parents n’ont pas besoin de plus de plateforme numérique, mais de personnels qui peuvent leur consacrer du temps. Et comme chacun le sait, le temps c’est de l’argent. L’argent a bien été trouvé pour le SNU et le PACTE ! De même, nous revendiquons la création des postes nécessaires, l’arrêt des suppressions de postes pour faire baisser significativement le nombre d’élèves par classe, ce qui serait bien plus efficace que des cours « d’empathie », ou que des « référents » chargés de « coacher » les personnels.

Or, le ministre veut former les personnels de son ministère et les placer en première ligne, c’est- à-dire les rendre responsables de la mise en œuvre du slogan « 100% prévention, 100 % détection, 100 % solution. »

La suite ci-dessous (page 2) :

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