Collège Les Chalais occupé : une belle victoire !

Les personnels et parents du collège Les Chalais à Rennes sont mobilisés depuis plusieurs semaines contre la nouvelle carte scolaire des collèges de la ville de Rennes, votée par le Conseil Départemental 35 en décembre 2023.

 

Quels problèmes pose cette nouvelle sectorisation ?

Cette nouvelle sectorisation, présentée par le CD 35 comme un levier pour favoriser la mixité sociale, est loin de satisfaire les personnels et usagers de ce collège public, classé REP, dont l’IPS (indice de positionnement social) est l’avant-dernier du département, juste devant Rosa Parks.

En effet, cette nouvelle sectorisation aura des conséquences importantes pour le collège les Chalais : ainsi, à l’horizon 2028, le collège devra accueillir 650 élèves, soit 50 % de plus de l’effectif actuel, sans aucune amélioration, voire une dégradation, de leur mixité sociale.

Cet impact avait déjà été dénoncé par notre syndicat lors du CDEN du 28 novembre dernier, au cours duquel seul le syndicat FO avait voté contre ce projet, qui conduit non seulement à l’explosion des effectifs et perte de mixité sociale pour le collège les Chalais, mais également à la fermeture du collège Rosa Parks, dernier pilier du service public dans le quartier de Villejean.

article sur le CDEN du 28 novembre 2023 : cliquer ici.

Peu de jours après le CDEN, sans que le projet final n’ait été présenté aux personnels concernés,  celui-ci était validé par le vote de l’Assemblée départementale.

 

Historique de la mobilisation des Chalais

1. Dès le mois de décembre, les parents et personnels du collège les Chalais ont interpellé le CD 35 sur le caractère néfaste de ce projet sur leur établissement scolaire .

Ils avaient alors déclenché un CA extraordinaire le 15 décembre 2023, et présenté une motion pour dénoncer le projet de sectorisation.

Motion à lire ici.

Madame Larue, Vice-présidente du CD 35 et pilote du projet, n’était pas venue à ce CA.

Le seul représentant du CD 35 présent au CA n’avait pu apporter de réponses aux interrogations des parents et personnels.

 

2. Le projet a de nouveau été débattu lors du CA du 19 janvier par le biais d’une question diverse.

De nouveau, aucune réponse satisfaisante n’avait été apportée par Madame Larue, présente cette fois-ci.

Seul élément qui leur avait été promis : une visite des conseillers techniques du rectorat pour venir faire l’estimation de la « jauge » du collège, puisque ce passage obligé dans la réflexion du projet avait été omis pour les Chalais.

 

3. Au mois de février, n’ayant pas de nouvelle par la suite, les parents et personnels ont envoyé un courrier au CD 35 pour leur demander que la visite se fasse avant les vacances d’hiver.

Courrier resté lettre morte.

Il s’achevait pourtant ainsi : « Si la visite ne devait pas se dérouler avant les prochains congés, nous prendrions acte de votre silence et nous engageons à prendre les mesures concrètes qui s’imposeraient à nous. Nous ne pouvons accepter sans réagir l’avenir proposé à nos élèves et à nos enfants. »

Une occupation efficace !

Au retour des vacances d’hiver, les parents et personnels se sont donc mobilisés pour obtenir des réponses concrètes.

Le lundi 11 mars 2023, premier jour de reprise après les congés, ils ont occupé les locaux du collège, la nuit, avec en perspective une semaine complète d’occupation. 

 

Un communiqué de presse était envoyé aux médias et une conférence de presse organisée le lendemain, mardi 12 mars, a eu lieu devant les grilles du collège. 

Communiqué de presse du lundi 11 mars 2024 :

Aller au contenu PDF

Articles de presse à lire sur l’action du lundi 11 mars :

Article paru dans Ouest-France

Article paru dans le Télégramme

Dès le lendemain, le mardi 12 mars, sous la pression exercée par l’occupation, Madame Larue se rendait au collège pour rencontrer les parents et personnels.

 

Lors de cet échange, elle a reconnu les erreurs et manque de concertation du CD 35 et a donné plusieurs garanties sur la suite de l’année, avec notamment la possibilité de modifier le projet de sectorisation actuel par des modifications qui seront votées à l’Assemblée départementale, engagement qu’elle devra tenir si elle ne souhaite pas voir le collège se mobiliser de nouveau.

Communiqué de presse du mardi 12 mars 2024 :

Aller au contenu PDF

Articles de presse à lire sur l’action du mardi 12 mars :

Article paru dans Ouest-France

Article paru dans News-day.fr

Le SNFOLC 35 a soutenu et continue de soutenir les personnels et les parents du collège Les Chalais dans leur lutte. ils ont raison de défendre leur outil de travail , pour leurs conditions de travail et celles des élèves qu’ils accueillent.

 

La lutte n’est pas finie. Mais moralité de tout ceci : occuper son lieu de travail la nuit, c’est très efficace !

En grève à partir du 19 mars !

Parce que la journée du 19 mars doit être le point de départ d’une mobilisation forte, et que les personnels doivent discuter de la reconduction de la grève dès le 20 mars…

Les organisations syndicales de l’Éducation nationale FNEC FP FO 35, FSU, UNSA Éducation, SGEN-CFDT, CGT Educ’action, SUD éducation, CNT-STE constatent et condamnent l’absence de toute perspective de mesures générales d’augmentation des rémunérations dans l’Éducation nationale dans un contexte d’inflation encore soutenue. Il est urgent d’ouvrir sans délai des négociations pour améliorer les carrières et prendre des mesures générales pour les salaires, notamment en revalorisant le point d’indice, dans un contexte d’effondrement du niveau des rémunérations des agent·es publics.

Loi Fonction publique : une manœuvre qui ne répond pas aux urgences

Loin de répondre sur la question des rémunérations et des conditions de travail, le Président de la République a réaffirmé la mise en perspective d’une loi, qu’il qualifie « d’historique », pour la fonction publique visant selon lui à mieux reconnaître le « mérite ». Nos organisations dénoncent une manœuvre visant à esquiver l’urgence de la revalorisation et risquant de créer des divisions parmi les agent·es et de nouvelles inégalités, notamment entre les femmes et les hommes. Les agent·es ne sont pas dans l’attente de la reconnaissance de leur « mérite » mais d’une rémunération qui leur permette de vivre dignement et soit prise en compte pour le calcul de leurs pensions. Elles et ils sont aussi dans l’attente des moyens pour accomplir les missions qui sont les leurs dans de bonnes conditions, y compris dans l’intérêt des usagers et usagères.

Non au choc des savoirs, oui au choc des salaires !

C’est aussi ce qu’attendent les personnels de l’Éducation nationale qui font vivre au quotidien le service public d’éducation. Pour défendre l’École publique, une école qui donne à tous les élèves les moyens de réussir qu’importe leur
difficultés sociales, scolaires, leur handicap, leur origine ou leur religion réelle ou supposée, les personnels sont fortement mobilisés contre le Choc des savoirs, contre la dégradation des conditions de travail et pour de vraies augmentations de salaire. Ainsi, depuis plusieurs semaines, avec l’appui de nos organisations, les actions locales sont nombreuses : rassemblements devant les DSDEN ou les rectorats, distribution de tracts, réunions publiques sur l’avenir de l’Ecole publique et contre le Choc des savoirs…

Nos organisations revendiquent les moyens nécessaires en postes pour baisser le nombre d’élèves par classe, assurer les remplacements et assurer l’enseignement spécialisé quand cela s’avère nécessaire. L’annulation de 700 millions d’euros pour le budget de l’Éducation nationale est particulièrement alarmante au regard des besoins.

Mobilisé·és : en grève et dans l’action !

Nos organisations syndicales appellent à continuer la mobilisation pour l’abandon du Choc des savoirs et pour l’annulation des suppressions de postes et la création des emplois nécessaires pour la rentrée 2024, pour refuser la réforme de la voie professionnelle, et obtenir des enseignements ambitieux pour les élèves et de vrais moyens à la hauteur des besoins pour l’école publique.

Pour mettre un terme à l’affaissement du pouvoir d’achat des agents, aux rémunération indigne de nombreux agents de catégorie C, des AESH, des AED et de nombreux agents contractuels et refuser de subir une année blanche en termes d’augmentation de traitement, nos organisations FNEC FP FO 35, FSU, UNSA Éducation, SGEN-CFDT, CGT Educ’action, SUD éducation, CNT-STE appellent à la grève et à la mobilisation par tous les moyens à partir du 19 mars.

Tract départemental d’appel à la grève :

Aller au contenu PDF

Le 26 février : pas de rentrée dans le 93 contre le choc des savoirs !

Depuis le 26 février, les personnels du 93 sont mobilisés pour exprimer leur refus du choc des savoirs, des DHG et des conditions de rentrée 2024 qui leur sont imposées et qui dégradent effroyablement les conditions d’enseignements : « pas de rentrée dans le 93 ! »

Grève dans la reconduction dans certains établissements, grève perlée dans d’autres, ailleurs collèges et lycées morts (et donc avec la solidarité des parents)…

 

Le Rectorat de Versailles a été bloque mardi 5 mars. Les personnels mobilisés ont ainsi obtenu une audience avec le recteur pour porter leurs revendications.

Dans un communiqué, ils expliquent :

« Nous sommes une trentaine de professeurs des lycées, collèges, et écoles de Garges, Sarcelles, Gonesse en grève et à occuper le rectorat de Versailles depuis 7h ce matin. Nous exigeons de rencontrer le recteur de l’académie, Monsieur Étienne Champion, pour obtenir entre autres une diminution du nombre d’élèves par classe, un pôle médico-social renforcé, de véritables moyens pour l’école inclusive. Jusqu’à maintenant le recteur refuse de nous rencontrer, accentuant le mépris latent envers les personnels d’éducation, les élèves et les parents d’élèves. Nous vous attendons nombreux·euses au rectorat de Versailles pour nous soutenir et exiger du recteur de venir nous voir ! »

La grève est lancée !

Lors de l’assemblée départementale du jeudi 29 février dernier, c’est « une mobilisation sans précédent » qui a continué à marquer la vie des collèges et lycées en fin de semaine dernière. Avec des taux de grévistes importants, comme à Braque-Neuilly-sur-Marne (70%), à Rolland-Tremblay (70 à 75%), à Clément-Dugny (60%). A nouveau 66% de grévistes comptabilisés à Anspach-Montreuil, quand dans des collèges comme Kalthoum-Montreuil (17 collègues en grève le 29 février) ou Jaurès-Montreuil (16 collègues sur 20 attendus à 8h), la grève est lancée.

Dans de nombreux endroits, des initiatives type « piquets de grève » ou « collèges morts » se sont organisées en début de semaine avec les parents, extrêmement inquiets pour l’avenir de leurs enfants.

Jeudi 7 mars : c’est une grève massive dans le 93, en intersyndicale départementale FO, CGT, SUD, FSU, CNT.

 

Ils ont raison !

A l’image de ce qui se fait dans le 93, la rentrée se fera-t-elle dans le 35 lundi  11 mars prochain ?

 

Le SNFOLC 35 a pris contact avec l’intersyndicale d’Ille-et-Vilaine pour en discuter.

Communiqué du SNFOLC 93 :

Aller au contenu PDF

Article Café pédagogique sur la mobilisation du 93 :

Aller au contenu PDF

Bilan de la réunion publique du 19 février contre les réformes et le « choc des savoirs »

Cette réunion publique a été organisée par une intersyndicale très large : FO, FSU, CGT, SUD, CFDT, UNSA, Union Pirate Lycéenne + la FCPE 35 et le collectif Rennes sud sur l’inclusion.

 

80 personnes étaient présentes dans la salle.

La réunion a débuté par une prise de parole des OS et associations : contenu des réformes collège (« choc »), lycée GT, lycée pro, impact du « choc » dans les écoles, SNU, uniforme, les ravages de l’inclusion.

Réaction du public très positive (80 % de parents) : propositions de désobéissance civile, soutien à la grève, proposition de collèges morts, communication avec les profs et les autres parents. Avec comme question centrale : comment s’organiser pour lutter?

FO : il existe des réussites par la grève (exemples très récents : collèges Tremblay et P. Perrin, qui ont obtenu satisfaction de leurs revendications locales par la grève, parfois dans sa reconduction), mobilisation dans tous les départements, nécessité de construire une grève dure dans sa reconduction, blocage des établissements scolaires notamment par des occupations nocturnes…

Le public : nombreux retours positifs à ces propositions.

La lutte se construit !