Bilan de la rentrée 2023

AVEC FO, LES PERSONNELS REFUSENT LE CHAOS DES MESURES
MACRON-ATTAL ET EXIGENT LA SATISFACTION DES REVENDICATIONS !

 

Quelques jours à peine après la reprise des cours, les grands
titres de la presse nationale dressaient le constat d’échec des
promesses présidentielles et ministérielles :

 

« Rentrée scolaire : collèges et lycées restent en proie aux pénuries d’enseignants » s’alarmaient Les Echos du 12 septembre ;

« Rentrée sans profs, la vacance de Monsieur Attal » ironisait Libération le même jour ;

« Un professeur par classe : la promesse intenable de
l’exécutif » déplorait Le Figaro…

Tandis que Le Monde constatait :
« Après sa promesse, Gabriel Attal rattrapé par le manque d’enseignants à la rentrée »…

Et Médiapart concluait « Pénuries de personnels et affectations chaotiques : le tableau noir de la rentrée » ;

Le 16 septembre, France Info révélait « Comment les parents d’élèves font face à la pénurie de professeurs : « On bouche les trous avec des exercices sur internet ».

La suite ci-dessous :

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« L’électrochoc » du ministre contre le harcèlement : suppression des postes, pression sur les personnels, police dans les établissements !

Le ministre amplifie les suppressions de postes et crée… des cours « d’empathie » !

Le gouvernement a présenté son plan de lutte contre le « harcèlement scolaire ».

 

Aucune des annonces ne va dans le sens de redonner les moyens permettant à l’Education nationale, à la santé scolaire, à la Protection Judiciaire de la Jeunesse ou à l’éducation populaire de fonctionner.

Au contraire : après avoir supprimé 2000 postes à la rentrée 2023 par son prédécesseur, le ministre Attal annonce 2500 nouvelles suppressions de postes d’enseignants pour l’année prochaine.

Ce dont les élèves ont besoin, ce sont des effectifs par classe moins chargés. Ce dont les élèves ont besoin, ce sont des milliers de postes d’infirmières, de médecins scolaires, d’assistantes sociales, d’enseignants spécialisés, de PsyEN, de CPE, c’est le rétablissement des maîtres d’internat – surveillants d’externats, des AED avec un vrai statut et une vraie formation !

A ces nécessités urgentes pour protéger les élèves et garantir de meilleures conditions d’apprentissage, le ministre répond… par la mise en place de cours « d’empathie » !

 

Les personnels ne sont pas des auxiliaires de police !

Mardi 26 septembre, deux jeunes lycéens de 16 et 17 ans, soupçonnés de harcèlement, ont été interpellés par des policiers dans leur lycée à La Roche-sur-Yon. Cette arrestation fait suite à l’interpellation d’un collégien dans sa classe, arrêté en plein cours une semaine plus tôt, dans un établissement du Val de Marne.

S’agit-il de lutte contre le harcèlement, ou bien le gouvernement cherche-t-il à terroriser les jeunes, leur signifier qu’ils peuvent être interpellés partout, y compris dans leur établissement scolaire, qui ne serait plus une enceinte protégée ?

 

Le harcèlement est un fléau, mais il n’est pas plus scolaire qu’autre chose !

 

Le ministre veut former les personnels, les placer en première ligne. Mais ils ont assez à faire avec leur mission d’instruction.

Par ailleurs, le harcèlement a une définition juridique. Si le présumé coupable est un jeune, il ne doit pas être considéré comme un « scolaire » mais relever de la protection judiciaire de la jeunesse. Ce n’est ni à l’Ecole, ni à ses personnels de régler les problèmes du harcèlement.

Pour la FNEC FP-FO, cette opération politicienne est à tout moment facteur d’explosion de l’institution scolaire. Elle doit être combattue.

 

Arrêt des interventions policières dans les établissements scolaires !
Les écoles, collèges et lycées doivent rester des lieux d’étude !
Créations de tous les postes nécessaires !

Où est donc passée la revalorisation « historique » ?

Dès juin dernier et encore en cette rentrée scolaire, les ministres qui se sont succédé ainsi que le président Macron n’ont eu de cesse d’annoncer à grand renforts médiatiques une revalorisation « historique » des personnels de l’Education nationale.

Le ministre Attal continue d’affirmer que ce seraient « entre 125 et 250 € net de plus qu’à la rentrée précédente » que les personnels enseignants devraient toucher.

 

Les bulletins de paie du mois de septembre démontrent que les propos du ministre sont un nouveau mensonge, comme l’était d’ailleurs l’annonce d’une augmentation de 10% pour tous les enseignants annoncée par le président Macron durant la dernière campagne des élections présidentielles.

Quelques miettes indemnitaires en guise de revalorisation « historique » !

La réalité c’est que la grande majorité des personnels enseignants ne bénéficieront que du doublement de l’indemnité de suivi et d’accompagnement ou d’orientation des élèves (ISAE ou ISOE) soit moins de 100 € par mois.

Une minorité d’enseignants, ceux qui sont dans les 7 premiers échelons de la classe normale, disposeront en outre d’une augmentation de la prime d’attractivité.

Et enfin, une prime sera versée aux enseignants qui accepteront des tâches supplémentaires dans le cadre du « Pacte », ce qui ne constitue donc pas une revalorisation.

Quant aux autres personnels, RIEN ! Si ce n’est la décision d’augmenter de 1,5% la valeur du point – c’est-à-dire bien en deçà de l’inflation ! Et quelques mesurettes « Fonction publique « : prime pouvoir d’achat, GIPA, mesures « bas de grille » pour les trois grades de la catégorie C et les deux premiers grades de la catégorie B qui les maintient à peine au-dessus du SMIC, 5 points en plus sur toute la grille de toutes les catégories, soit environ 25 € brut par mois à compter du 1er janvier 2024.

« Prime exceptionnelle de pouvoir d’achat » : une nouvelle tromperie du ministre

Jeudi 28 septembre, le ministre Attal a annoncé avec tambours et trompettes le versement d’une « prime exceptionnelle de pouvoir d’achat » à certains personnels de l’Education nationale… sauf que cette prime concerne tous les fonctionnaires et que cette information avait déjà été décidée par le ministre Guérini en juin dernier !

 

Rien de neuf donc… sauf que les personnels comptaient sur cette prime (versée une seule fois) dès le mois de septembre et qu’elle ne sera versée qu’au mois d’octobre, prime qui d’après le décret est comprise entre 300 € et 800 € pour les personnels qui toucheraient moins de 39 000 € bruts annuels toutes rémunérations confondues (traitement, primes, indemnités…).

Ainsi on aurait pu croire, par exemple, que les AESH, personnels situés sous le seuil de pauvreté, toucheraient le maximum de cette prime… Mais c’est sans compter sur une petite ligne qui spécifie que les 800 € seront proratisés sur la base de la quotité travaillée ! Les AESH percevront donc 500 € au lieu de 800 €… Pour le gouvernement, il n’y a pas de petites économies !

Dès la rentrée, déjà des problèmes de paie pour certains personnels !

Le 27 septembre, jour de la paie, qu’ont constaté de nombreux personnels de l’Education nationale ? 

La grande majorité d’entre eux sont bien loin de toucher 125€ de plus que lors de la rentrée précédente comme le ministre Attal le claironne ! 

 

Pire, des AESH se sont vus verser un acompte en lieu et place d’un salaire.

 

Ainsi, par exemple, dans les Hauts-de-Seine, trois jours avant le versement de leur paye, des dizaines d’AESH ont reçu un courriel les informant qu’ils ne toucheraient que 80% de leur salaire en guise d’acompte et que, dans ce cadre-là, ils n’auraient pas de bulletin de salaire pour le mois de septembre.

Dans le Rhône, des enseignants contractuels non encore réembauchés n’ont toujours pas reçu l’attestation Education nationale leur permettant de bénéficier des allocations Pôle Emploi et se retrouvent sans revenu !

A Mayotte, il y a autant de problèmes de paye que d’établissements et de personnels : des remboursements de frais de déplacement en attente depuis deux ans, des heures supplémentaires non payées pour les professeurs et les AED voire des diminutions d’indices !

Assez des mensonges ministériels ! Tous aux réunions et assemblées FO !

Pour la FNEC FP-FO, la situation n’est plus tenable ! Assez des mensonges ministériels !

 

Dans une situation où l’inflation explose (alimentation +11,2% ; énergie +6,8% ; électricité + 18% sur un an ; gaz +7,6% ; essence +7%…), ce dont ont besoin les personnels, ce n’est pas de quelques miettes indemnitaires, mais d’une augmentation immédiate de 10% de la valeur du point d’indice comme l’exige la Confédération FO !

 

Alors que le comité confédéral national de Force Ouvrière a décidé « d’une campagne médiatique, de meetings et d’assemblées dans les départements avec au centre l’action revendicative sur les salaires, les services publics, la protection sociale et les retraites », la FNEC FP-FO appelle les personnels à se réunir pour réaffirmer les revendications et les moyens de les faire aboutir !

Elles les invite à participer à toutes les assemblées que Force Ouvrière organisera à tous les niveaux dans les semaines qui viennent.

Prise en compte pour la pension de l’Allocation IUFM : les textes vont paraître avant fin 2023

La FNEC FP-FO avait saisi par courrier le ministre au sujet de la prise en compte de la période allocataire IUFM dans la liquidation de la pension.

 

En effet, lors de la mise en place des IUFM au début des années 90, la formation des enseignants, passée de deux années à une année, prévoyait une première année d’IUFM, préparatoire au concours, ouvrant droit à une allocation de formation.

Cette allocation de formation devait être prise en compte dans liquidation du droit à pension, en vertu de l’article 14 de la loi 91-715 du 26 juillet 1991.

Or, aucun décret en Conseil d’Etat n’ayant été pris depuis, cet article de loi est resté lettre morte et nos collègues partent à la retraite sans que cela ne leur soit appliqué.

 

La FNEC FP-FO est donc intervenue pour que cette injustice soit réparée, par courrier puis en questionnant le ministre lors de deux CSA ministériels.

 

Le ministère a indiqué lors du CSA du 26 septembre 2023 que le décret est en cours de rédaction. Il est à l’étude par la Direction des Affaires Financière au niveau Fonction publique et sera publié avant la fin de l’année civile 2023.

Une circulaire d’application sera également publiée par le ministère pour informer les personnels et leur permettre de faire valoir leur droit.

La FNEC FP-FO invite tous les personnels concernés à saisir les syndicats FO afin que leur situation puisse être suivie et leur droit respecté.