Des ministres choisis pour détruire l’école publique

Près de trois mois après le résultat des élections législatives, l’insupportable déni de démocratie mis en œuvre par le président Macron se confirme :

Le président Macron entend coûte que coûte poursuivre sa politique d’austérité, de remise en cause des droits et garanties collectives, d’attaque contre les services publics.

L’Education nationale n’échappe pas à cette logique.

La députée Genetet est ainsi nommée ministre de l’Education nationale.

Elle a été membre de la commission Défense, et coordinatrice politique de la loi de programmation militaire 2024-2030 attribuant à l’armée un budget de 413 milliards d’euros au moment les services publics manquent de tout, au moment où les salaires sont bloqués…

Ce n’est donc pas étonnant qu’elle se soit déclarée « favorable à la généralisation du service national universel (SNU) pour nourrir « l’esprit de résilience » de la jeunesse ».

Elle interrogeait d’ailleurs en mai dernier le ministre des Armées sur son déploiement à l’ensemble des élèves de seconde ce à quoi M. Lecornu (toujours ministre des armées) avait répondu qu’il convenait « d’éclairer et d’anticiper sans tarder » cette généralisation évaluée à 10 milliards d’euros.

 

La ministre sera accompagnée d’un « ministre délégué de la réussite scolaire et de l’enseignement professionnel. » Il s’agit du député Portier, connu pour avoir cosigné une tribune en défense « de l’enseignement privé indépendant ou sous contrat » et pour avoir reproché à l’ex-ministre Ndiaye, de ne pas réagir face à la « menace de l’entrisme islamiste à l’école ». Tout un programme…

Artisan d’un rapport consacré à l’instruction des enfants en situation de handicap, Portier indiquait notamment :

« Il faut arriver à intégrer le médico-social dans le scolaire et arrêter de les opposer. Profitons, par exemple, d’enregistrer une baisse de la démographie scolaire avec de nombreux locaux vacants et délocalisons certains dispositifs médico-sociaux dans l’école en y installant des professionnels. »

Il est donc tout désigné pour poursuivre la politique des gouvernements précédents qui, dans le cadre de l’Acte 2 de l’Ecole inclusive, se refusent à créer les places nécessaires dans les établissements sociaux et médico-sociaux (estimées à 24 000 par le ministère) et au contraire dissoudre ceux-ci dans les écoles et les EPLE !

 

Ces nominations confirment le prolongement et l’aggravation de la politique de Macron de destruction de l’Ecole publique et des droits des personnels.

 

Face à ces ministres, la FNEC FP-FO réaffirme l’intégralité de ses revendications :
– Création des postes nécessaires dans les écoles, les établissements et les services !
– Stop à l’économie de guerre ! L’argent pour les services publics pas pour la guerre !
– Fonds public à l’Ecole publique ! Fonds privés à l’Ecole privée !
– Abandon de l’Acte 2 de l’Ecole inclusive, du « choc des savoirs », du SNU, et de toutes les mesures qui détruisent l’Ecole !
– Augmentation immédiate de 10% de la valeur du point d’indice !
– Abrogation de la réforme des retraites !

Choc des savoirs : constat accablant en cette rentrée !

LA SITUATION DANS LES COLLÈGES EN CETTE RENTRÉE

Malgré le rejet exprimé toute l’année dernière par la mobilisation (grève,  manifestations, rassemblements, AG, réunions publiques, opérations «collèges morts ou vides»…) comme dans les urnes, le choc des savoirs se met en place dans les collèges envers et contre tous.

En aucun cas, il ne s’agit d’une « rentrée sereine » comme voudrait le faire croire la Ministre. Avec la mise en place des groupes (qu’ils soient hétérogènes ou non, qu’ils changent en cours d’année ou non…), il y a autant d’organisations que de collèges en France !

 

Les conséquences varient d’un collège à l’autre, mais partout, elles sont négatives…

Aller au contenu PDF

Pétition FO en défense de l’enseignement spécialisé

Pour une scolarisation adaptée aux besoins de chaque élève

Nous, signataires de la pétition ci-dessous, syndiqués au… et non syndiqués, exigeons :

  • La défense de l’enseignement spécialisé et adapté
  • Le maintien et la création des places dans les établissements sociaux et médico-sociaux
  • Le retrait du décret visant à généraliser l’externalisation des ESMS
  • Le recrutement d’enseignants spécialisés et d’AESH
  • Un statut de fonctionnaire et un vrai salaire pour les AESH
  • Le retrait de l’acte 2 de l’Ecole inclusive, l’abandon des PAS et des PIAL.
  • La reconnaissance, sécurisation et revalorisation de tous les professionnels en lien avec la scolarisation des élèves en situation de handicap : enseignants et éducateurs spécialisés, personnel médico-social, interprètes et interfaces en LSF, codeurs en LfPC… sans oublier les missions administratives et techniques supports !

Pour signer la pétition : c’est ici !

 

Choc des savoirs / Bac Blanquer : même combat !

En cette rentrée 2024, malgré le rejet des contre réformes exprimées par les mobilisations et par les urnes, la réforme largement rejetée du « choc des savoirs » se met en place dans les collèges. Dans les lycées, la réforme Blanquer du baccalauréat, tout aussi largement combattue, se poursuit.

 

Dans de nombreux établissements, la question première est souvent celle des emplois du temps.

Et pour cause : les deux réformes ont en commun de créer des alignements de cours qui multiplient les contraintes sur les EDT, et le moindre grain de sable est bloquant.

 

Dans les collèges, ce sont les heures de mathématiques et de français, sur les 6èmes et les 5èmes qu’il faut aligner (4 heures de français, 4 de mathématiques sur chacun des niveaux), dans les lycées, ce sont les heures de spécialité (4 heures en première, 6 heures en terminale).

En collège, la réforme du choc des savoirs a éclaté le groupe classe en mathématiques et français accentuant la pénurie d’enseignants. Dans cette situation de très nombreux professeurs des écoles sont poussés pour intervenir dans les établissements secondaires pour prendre en charge des groupes au mépris de tous les statuts.

La mise en œuvre de groupes en français et en mathématiques en application du choc des savoirs se fait au détriment des autres disciplines, les sciences notamment, mais pas seulement : la suppression des dédoublements peut aussi impacter les langues, l’histoire géo, voir via les mécanismes de répartition, les disciplines artistiques. Pour l’ensemble de ces collègues, ce sont des heures en moins, des compléments de service, des classes dont les effectifs explosent.

Dans les lycées, si les conséquences de la réforme sont maintenant bien connues, elles n’en restent pas moins négatives.

Ainsi Parcoursup, qui a installé le tri pour les études post-bac : vœux payants pour certaines formations (sciences po par exemple), vœux non hiérarchisés conduisant les bacheliers dans des voies qu’ils ne souhaitaient pas suivre, voire blocages des études : cette année, ce sont encore 85 000 bacheliers qui se sont trouvés sans propositions début juillet, un chiffre qui augmente chaque année.

Le tri de Parcoursup est appuyé sur les notes du contrôle continu. Depuis la réforme Blanquer du baccalauréat, les relations profs/élèves se sont trouvées dégradées : chaque note, au lieu d’avoir une valeur pédagogique, exerce une pression sur les élèves. Le climat scolaire s’est dégradé : l’anxiété des lycéens est croissante, et leur isolement par la disparition des classes au profit des groupes de spécialité est un facteur qui augmente ce stress.

Comme la réforme du collège qui envoie les collègues en compléments de service, celle du lycée se traduit chaque année par une diminution des spécialités proposées, qui a le même effet.

 

Les personnels ont largement combattu ces deux réformes. Ils se sont également battus aux côtés de millions de salariés, contre la réforme des retraites qui impose à tous deux années de plus, alors que les conditions de travail se sont dégradées et que notre pouvoir d’achat baisse.

 

Pour le SNFOLC, pas question de laisser passer ces réformes comme si de rien n’était. Toutes et tous en grève avec l’interpro le 1 er octobre 2024 !