FO contre le choc des savoirs

Déclaration de la Commission Exécutive Nationale du SNFOLC

du 4 et 5 avril 2024

 

La CEN condamne la décision du ministre Bruno Lemaire, de réaliser 10 milliards d’euros de coupes supplémentaires dans les budgets des ministères, conduisant notamment à retirer 700 millions d’euros à l’Education nationale, et 900 millions d’euros à l’enseignement supérieur, ce qui équivaut à la suppression de milliers de postes.

La CEN réaffirme son exigence d’une augmentation immédiate de la valeur du point d’indice (+ 10 % tout de suite et ouverture de négociations pour le rattrapage des 28 % de perte subie depuis le début des années 2000).

 

Ces décisions ne peuvent qu’aggraver encore les conditions de la rentrée 2024 qui s’annoncent à nouveau chaotiques avec la suppression de 484 postes dans les collèges et lycées dans le cadre du budget d’austérité 2024 imposé à coup de 49.3, alors que la rentrée 2023 a révélé au grand jour que l’école manque de tout.

Elles sont d’autant plus inacceptables que, dans le même temps, les entreprises du CAC 40 engrangent des bénéfices records, avec 153,6 milliards d’euros pour l’année 2023 (contre 142 milliards pour 2022), et que des centaines de milliards d’euros sont versés par l’Etat au titre des aides aux entreprises (exonérations de cotisations sociales, aides fiscales diverses…). Elles le sont surtout au regard des 413 milliards d’euros consacrés aux dépenses d’armement dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024–2030.

Dans ce contexte, la CEN constate que depuis début janvier une colère immense dresse les personnels, la plupart du temps avec les parents d’élèves, contre les conditions chaotiques dans lesquelles se prépare la rentrée 2024, et contre la réforme Macron – Attal du « choc des savoirs » qui remet gravement en cause les enseignements disciplinaires et l’égal accès à l’instruction des élèves. Alors que les personnels n’en peuvent déjà plus, cette réforme aggraverait considérablement les conditions de travail des enseignants (progressions et évaluations communes, réunions de concertation, changement fréquent des groupes…) La labellisation des manuels contribuerait également à la fin de la liberté pédagogique.

Cherchant les moyens de bloquer ces mesures destructrices, ils se mobilisent dans tout le pays, par la grève et les manifestations, tantôt à l’appel des syndicats, par la grève et les manifestations (le 25 janvier contre l’acte 2 de l’école inclusive, le 1er février contre le « choc des savoirs », le 19 mars pour les salaires, puis à nouveau le 2 avril contre le « choc des savoirs »), mais aussi très souvent spontanément, par les opérations « école ou établissement mort », par les rassemblements devant les DSDEN et rectorats, par des occupations de locaux…

 

En Seine Saint Denis les personnels appuyés par les parents d’élèves ont engagé dès le 26 février une puissante mobilisation, par la grève et sa reconduction décidée en assemblées générales, par des manifestations ayant rassemblé des milliers de personnes à plusieurs reprises. Ils l’ont fait pour exiger un « plan d’urgence en Seine Saint Denis » rassemblant les revendications en matière de moyens, ils l’ont fait pour exiger le retrait des groupes de niveau, de toutes les mesures visant à trier scolairement et socialement les élèves, et de l’ensemble des mesures du choc des savoirs.

Constatant que dans la continuité de la mobilisation du 93, plusieurs assemblées générales discutent de ne pas reprendre le travail au retour des vacances, pour gagner sur la revendication de retrait de la réforme Attal-Belloubet du choc des savoirs, la CEN met en discussion la généralisation au plan national, dans toutes les académies, du blocage des collèges et lycées par la grève jusqu’à satisfaction.

 

La CEN condamne la décision du gouvernement de passer en force, seul contre tous, les textes organisant le « choc des savoirs », en les publiant au Journal Officiel du 17 mars. En procédant ainsi, il ne fait que confirmer sa faiblesse et son isolement. Raison de plus pour construire le rapport de force qui le contraindra à reculer.

De même, la CEN condamne la circulaire du DGRH du ministère aux recteurs, en date du 28 mars, préconisant, pour pallier le manque de personnels, le recours à des professeurs des écoles détachés dans le second degré, à des professeurs retraités, et à des professeurs contractuels « associés » sans conditions de diplôme, pour la mise en place des groupes de niveau.

 

Face à cet acharnement gouvernemental, la CEN, avec la FNECFP-FO, soutient toutes les mobilisations en cours pour le retrait du « choc des savoirs » et en défense des revendications.

 

La CEN se félicite du succès de la conférence nationale contre le « choc des savoirs », en défense des disciplines, des diplômes nationaux et du droit à l’instruction qui a réuni près de 200 délégués de 50 départements, enseignants des premier et second degrés, de l’enseignement supérieur, CPE, AESH, personnels administratifs et de directions, parents (dont nombre de représentants FCPE), lycéens.

Cette conférence a été l’occasion de partager de nombreux éléments de mobilisation au plan national. Les délégués ont exprimé leur détermination, leur volonté d’en découdre, et leur recherche des moyens de mettre en échec le « choc des savoirs » et de bloquer les mesures destructrices du gouvernement.

Dans la continuité de la conférence, la CEN réaffirme les revendications suivantes :

  • Retrait du « choc des savoirs », en particulier des groupes de niveau (abrogation de l’arrêté du 17 mars) ;
  • Rétablissement de toutes les heures de cours disciplinaires (Technologie, dédoublements, options…) ;
  • Abandon de tous les dispositifs réduisant l’enseignement disciplinaire (SNU, stages de fin de seconde…) ;
  • Des moyens pour l’école pas pour le SNU ou les uniformes ;
  • Annulation de toutes les suppressions de postes ;
  • Création des postes statutaires nécessaires ;
  • Annulation des 10 milliards d’euros de coupes budgétaires supplémentaires ;
  • Rétablissement du baccalauréat comme premier grade universitaire fondé sur des épreuves disciplinaires, nationales, ponctuelles, terminales et anonymes ;
  • Abrogation de Parcoursup ;
  • Respect des statuts et missions des personnels ;
  • Respect de la liberté pédagogique des professeurs ;
  • Abrogation du Pacte enseignant ;
  • Augmentation du point d’indice (10 % tout de suite, rattrapage des 28,5 % perdus depuis 2000) !
  • Abrogation de la réforme voie professionnelle ;
  • La défense de l’enseignement spécialisé adapté, contre l’inclusion systématique et forcée qui maltraite les personnels et les élèves en les privant de leurs droits.

 

Avec ces 200 délégués, la CEN considère que « la situation exige, pour amplifier au plan national le rapport de force qui contraindra le gouvernement à céder, de poursuivre / mener partout la discussion pour organiser collectivement la grève et sa reconduction jusqu’à satisfaction des revendications. »

En ce sens, la CEN appelle les personnels à poursuivre et multiplier la tenue d’assemblées générales dans les établissements, les communes, les secteurs, avec les parents d’élèves.

Les sénateurs s’attaquent au droit de grève

Mercredi, une proposition de loi adoptée en commission au Sénat entend limiter le droit de grève dans les transports publics.

Il serait suspendu pendant les heures de pointe durant des périodes « neutralisées » pouvant aller jusqu’à 7 jours consécutifs et dans la limite de 30 jours par an, couvrant ainsi les départs en vacances ou bien les jeux olympiques…

 

Le texte souhaite également s’attaquer aux « détournements » de l’exercice du droit de grève, en luttant contre le « recours abusif aux préavis dormants ». Ainsi, la durée d’un préavis de grève serait limitée à 30 jours.

Pour FO, cette nouvelle attaque contre le droit de grève est inadmissible.

 

Personne ne fait grève par plaisir, le droit de grève est un moyen d’action et de revendication dont disposent les salariés lorsque la négociation n’a pas été possible ou lorsque celle-ci n’a pas abouti à un accord satisfaisant.

Malgré les tentatives récurrentes visant à la limiter, la grève demeure un acquis fondamental de la démocratie sociale et un droit constitutionnellement reconnu.

 

Cette proposition de loi doit être examinée au Sénat en séance publique le 9 avril.

FO demande aux parlementaires de rejeter ce texte et au gouvernement d’émettre un avis défavorable et à cesser de remettre en cause le droit de grève.

Acte 2 de l’Ecole inclusive : le démantèlement des établissements sociaux et médico-sociaux

Lors du Conseil Supérieur de l’Education du 3 avril, le ministère a présenté un projet de décret fixant les modalités de fonctionnement en « dispositif intégré » des établissements et services médico-sociaux (ESMS) qui signeraient une convention cadre au niveau départemental.

Concrètement, les personnels des ESMS seraient chargés de coacher les enseignants ou de prendre en charge des élèves notifiés au sein des établissements scolaires.

Rappelons que 23 000 élèves sont en attente d’une place d’un établissement spécialisé, et que le coût de la scolarité dans un ESMS est 5 fois plus cher qu’une scolarité ordinaire.

 

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Pétition pour libérer Cécile et Jacques

Cécile Kohler et Jacques Paris sont otages en Iran depuis le 7 mai 2022, détenus dans des conditions destructrices. Maintenus séparément dans une section de haute sécurité de la prison d’Evin à Téhéran, ils sont coupés du monde. Les maltraitances qu’ils subissent nous font redouter de graves répercussions sur leur santé.

Cécile Kohler est professeure de français en lycée et Jacques Paris est professeur de mathématiques retraité. Ils sont partis visiter les sites touristiques d’Iran pendant les vacances de printemps il y a deux ans. Ils ont été arrêtés brutalement à l’issue de leur voyage.

 

Ils ont passé plusieurs mois à l’isolement cellulaire complet. De nombreux témoignages décrivent l’isolement comme une expérience profondément traumatique. Ils partagent aujourd’hui chacun une cellule de 9m² avec plusieurs autres détenus qui changent constamment, sans lits, sans table, sans chaises. En deux ans de détention, les autorités iraniennes ne leur ont accordé que trois brèves visites consulaires et ils n’ont pu voir aucun avocat indépendant.

Les rares appels que Cécile et Jacques sont autorisés à passer à leur famille ne durent que quelques minutes et se déroulent sous haute surveillance, les empêchant de s’exprimer librement. La connexion est si mauvaise qu’elle empêche tout dialogue, alors que la prison dispose de téléphones parfaitement fonctionnels. Tout est mis en œuvre pour les briser.

Cécile et Jacques sont emprisonnés sans avoir été jugés. Ils sont victimes de la diplomatie des otages pratiquée par la République Islamique d’Iran, simples pions pris dans le piège d’enjeux géopolitiques qui les dépassent.

 

Pour la sécurité de Cécile et Jacques, nous vous invitons à la signer à titre personnel, en vous abstenant de mentionner dans les commentaires toute appartenance syndicale ou politique.

FO est aux côtés des familles de Cécile et Jacques, pleinement solidaire, dénonce vigoureusement leur arrestation et leur détention, sans fondement, et appelle à leur libération immédiate et à leur retour en France auprès de leurs familles et proches.

Pour signer la pétition : c’est ici.

Bilan de la mobilisation nationale : Conférence de FO du 29 mars

Les 200 délégués de 50 départements réunis à la Confédération FO à Paris ce 29 mars, personnels enseignants des premier et second degré, de l’enseignement supérieur, CPE, AED, AESH, personnels administratifs et de direction, parents d’élèves, lycéens, ont dressé le constat suivant :

 

Depuis début janvier, une colère immense dresse les personnels et les parents contre le « choc des savoirs » qui remet gravement en cause les enseignements disciplinaires et l’égal accès à l’instruction des élèves, et que le
gouvernement a décidé de passer en force, seul contre tous, en publiant les textes au Journal Officiel le 17 mars.

Ils refusent également les conditions chaotiques dans lesquelles se prépare la rentrée 2024, dans le cadre d’un budget d’austérité supprimant des centaines de postes, et des 10 milliards de coupes budgétaires décidées par Bruno Lemaire le 22 février (moins 700 millions d’euros à l’Education nationale, moins 900 millions d’euros dans l’enseignement supérieur…), sacrifiant l’Ecole publique aux exigences de l’économie de guerre.

Cherchant les moyens de bloquer ces mesures destructrices, ils se mobilisent dans tout le pays par la grève et les manifestations (le 25 janvier contre l’acte 2 de l’école inclusive, le 1er février contre le « choc des savoirs »), par les opérations « école ou établissement mort », par les rassemblements devant les DSDEN et rectorats, par des occupations de locaux…

Dans cette situation, les délégués réaffirment les revendications :
• Retrait du « choc des savoirs », en particulier des groupes de niveau (abrogation de l’arrêté du 17 mars) ; Rétablissement de toutes les heures de cours disciplinaires (Technologie, dédoublements, options…) ; Abandon de tous les dispositifs réduisant l’enseignement disciplinaire (SNU, stages de fin de seconde…) ; Des moyens pour l’école pas pour le SNU ou les uniformes ;
• Annulation de toutes les suppressions de postes ; Création des postes statutaires nécessaires ; Annulation des 10 milliards d’euros de coupes budgétaires supplémentaires ;
• Rétablissement du baccalauréat comme premier grade universitaire fondé sur des épreuves disciplinaires, nationales, ponctuelles, terminales et anonymes ; Abrogation de Parcoursup ;
• Respect des statuts et missions des personnels ; Respect de la liberté pédagogique des professeurs ; Abrogation du Pacte enseignant ; Augmentation du point d’indice (10 % tout de suite, rattrapage des 28,5 %
perdus depuis 2000) !
• Abrogation de la réforme voie professionnelle.

 

Le bilan de la mobilisation nationale ci-dessous :

Pour télécharger l’intégralité du document : c’est ici.

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