Choc des savoirs encore, mais sans les moyens !

La ministre Borne et certains médias voudraient nous faire croire, qu’elle « détricote », « réoriente », « réduit à la portion congrue », voire « assouplit »
le « choc des savoirs » de Gabriel Attal… Tout cela n’est que poudre aux yeux !

Dans les faits, fidèle à la politique de Macron d’austérité et de destruction des services publics, la ministre Borne continue de s’attaquer à l’école de la République.

 

MAINTIEN À L’IDENTIQUE DES TEXTES POUR LES 6ème ET 5ème

Le SNFOLC a toujours revendiqué l’abrogation du choc des savoirs dans son intégralité. La décision du conseil d’Etat d’annuler l’arrêté qui régissait la mise en place des groupes de besoin n’était basée que sur la forme. Il suffit à la Ministre de promulguer un décret comme le demande le jugement du conseil d’État pour rendre ces groupes réglementaires.

Le ministère soumet donc le même texte que l’an dernier à l’étude du conseil supérieur de l’éducation (CSE), le 30 janvier. FO votera contre.

 

« DISPOSITIFS D’APPROFONDISSEMENT » EN 4ème ET 3ème

« En classes de quatrième et de troisième, en vue notamment de la préparation du diplôme national du brevet, les enseignements communs sont renforcés par un accompagnement pédagogique adapté aux besoins de tous les élèves ».

La Ministre Borne annonce que ce sera établissement par établissement dans un cadre totalement territorialisé et sans moyen réel.

 

Dans la continuité de ce qui peut exister en 6ème et 5ème, il s’agirait de mettre en place, jusqu’à deux heures hebdomadaires, des heures de soutien supplémentaires, consacrées à la maîtrise des savoirs fondamentaux pour les élèves dont les besoins ont été identifiés.

N’importe quel professeur de n’importe qu’elle discipline pourrait se charger de ces heures de mathématiques et de français !

 

A contrario des groupes de besoins en 6ème et en 5ème ces heures de 4ème et de 3ème ne sont pas obligatoires.

Ainsi, la colère et la mobilisation des personnels, avec les parents d’élèves, plusieurs mois durant entre janvier et juin dernier, a contraint Macron et ses ministres illégitimes à reculer sur la généralisation des groupes de besoin en quatrième et troisième. Mais qu’ils s’appellent groupes de niveau, groupes de besoin, dispositifs d’accompagnement, ces dispositifs ont en commun de ponctionner des heures aux autres disciplines, de désorganiser les collèges, et pour finir de poursuivre la mise en œuvre du programme de territorialisation et de déréglementation de l’École publique de Macron et ses ministres depuis 2017.

DISPARITION DE MOYENS !

Lors du CSA ministériel du 17 janvier, Elisabeth Borne se vantait d’annuler la suppression de 4 000 postes d’enseignants et même de créer 324 postes dans le second degré… Mais 542 postes sont fléchés pour « construire des dispositifs d’approfondissement ». Interrogé par le SNFOLC, le ministère n’a pas su donner de précisions sur la réalité de ces 542 postes prétendument soustraits pour les « élèves en très grande difficulté ».

Ce qui est sûr, c’est que le nombre de postes aux concours de mathématiques et français n’est pas abondé suite à ces annonces. Que tous les postes aux concours ne seront pas pourvus (le ministère annonce un nombre globalement stable d’inscrits) et que des postes dans les autres disciplines seront supprimés. Les premières DHG communiquées le confirment.

Les annonces tonitruantes ne sont qu’un enfumage qui masque le chaos. Borne utilise les mêmes jeux d’écriture qu’Attal pour taire les suppressions de poste. Mais les collègues ne sont pas dupes.

La réalité, ce sont les DHG qui commencent à être communiquées : dans certains départements, la moitié des collèges perdent l’équivalent de la dotation horaire d’une (29 h) voire deux classes (au moins 58 h) en heures-postes.

 

Quand l’effectif impose la création d’une classe, le volume d’heures postes augmente, mais c’est rarement de plus de 20 HP. Autrement dit, pas assez pour financer une classe en plus. Et il faut s’attendre à des suppressions d’heures supplémentaires, l’amputation des frais de déplacement, la non-reconduction d’enseignants non titulaires et une nouvelle baisse des budgets de fonctionnement pour l’année prochaine.

Avec le SNFOLC, les personnels ne l’acceptent pas.

NOUVEAUX PROGRAMMES

Les nouveaux programmes en français et mathématiques pour les cycles 1, 2 et 3 et en langues vivantes pour la 6ème et le lycée à la rentrée 2025 commencent à être publiés.

Pour la rentrée 2026, ce serait l’ensemble des programmes des autres matières de la 6ème à la 3ème dans le cadre de la refonte du socle commun de compétences qui seraient modifiés.

Cela représente une surcharge de travail inacceptable pour les enseignants, alors même que le droit à la formation est remis en cause.

DNB

Même si la nouvelle ministre, E. Borne, a annoncé que l’obtention du brevet ne serait plus la condition pour passer au lycée (les épreuves terminales du DNB pour la session 2026 compteront pour 60 % de la note finale et la moyenne de toutes les notes du contrôle continu pour 40 %), c’est l’ensemble du « choc des savoirs » qu’il faut supprimer.

La méthode Borne est donc la même comme ministre de l’Education nationale que comme Premier ministre. D’un côté, le discours et de l’autre la réalité : le passage en force des mesures régressives.

Pour le SNFOLC, il n’y a pas d’aménagement possible de cette réforme. Il n’y a pas de bonne destruction de l’instruction.

 

Le SNFOLC invite les personnels à se réunir avec ses délégués d’établissements, et chaque fois que possible dans l’unité avec l’ensemble des syndicats, pour lister les besoins en postes et en heures d’enseignement,
et dresser le cahier de revendications pour exiger l’annulation des suppressions, la création des heures et postes nécessaires, la réduction
des effectifs par classes, l’abandon / abrogation des contre-réformes cassant leurs statuts et leurs missions, à commencer par le « Choc des savoirs » et ses
« groupes de besoin ».

Le SNFOLC soutiendra toutes les initiatives pour s’opposer aux 53 milliards d’austérité du budget Bayrou et se tiendra aux côtés des personnels pour organiser avec eux le rapport de force efficace pour gagner sur les revendications, notamment en réactivant les réseaux, entre établissements, avec les parents d’élèves, et en préparant la grève jusqu’à satisfaction des revendications.

 

Pour télécharger et diffuser ce communiqué, c’est ici.

Soutien à la grève des personnels de Mayotte !

Début janvier la FNEC FP-FO Mayotte s’est adressée à la ministre Borne dans une lettre ouverte pour demander à L’État de prendre enfin ses responsabilités et répondre aux demandes des personnels.

Devant l’entêtement de la ministre Borne de ne pas répondre aux revendications les personnels de Mayotte sont en grève depuis le 20 janvier dans le cadre d’un préavis déposé par plusieurs fédérations dont la FNEC FP-FO.

Parce que Le cyclone n’a pas fait de différences entre les personnels, ils exigent l’attribution de l’aide exceptionnelle de 2000€ à tous les personnels, y compris ceux qui ont un indice supérieur à 448.

Si le ministère semble accepter de verser l’aide à tous les agents, ceux qui ont un indice supérieur à 448 sont contraints de remplir un dossier de demande d’aide avec diverses pièces justificatives pour pouvoir l’obtenir ! Inacceptable !
Pour la FNEC FP-FO face « à la plus grande catastrophe naturelle depuis des décennies » cette aide de 2000 € doit être donnée à tous, tout de suite, sans distinction, sans division, sans discrimination vis-à-vis de l’indice de rémunération.

Les personnels grévistes exigent la sécurisation des écoles et des établissements. Si le recteur évoque à grand renfort de communication des comités qui auraient visité ces écoles et ces établissements et auraient effectué des préconisations, force et de constater que les personnels, et en particulier les directeurs d’école et chefs d’établissements n’ont eu aucune connaissance de rapports écrits qui auraient été rédigés !

L’intersyndicale exige la communication immédiate des rapports écrits à tous les personnels, notamment par voie d’affichage, afin que l’ensemble des agents ait connaissance des consignes de sécurité. Tous les personnels doivent pouvoir travailler en sécurité !

Informé de la venue de la ministre Borne à Mayotte jeudi 30 et vendredi 31 janvier, la FNEC FP-FO exige que celle-ci se rende auprès des grévistes, reçoive une délégation et réponde à toutes les revendications !

La FNEC FP-FO rappelle ses revendications :
• Augmentation de la valeur du point d’indice et abrogation de la réforme des retraites Macron- Borne
• Hausse du taux d’indexation des salaires pour compenser le coût de la vie
• 2000 € pour tous, quel que soit l’indice, tout de suite
• Instauration de l’ASA (Avantage Spécifique d’Ancienneté) dans l’ensemble du département et accélération de carrière pour l’ensemble des personnels
• Extension de la reconnaissance REP+ à toutes les écoles et tous les établissements du département, y compris les lycées
• Plan massif de titularisation de tous les contractuels qui le souhaitent
• Prime d’aide logement pour tous les personnels et révision à la hausse de cette indemnité
• Revalorisation de la carrière des anciens agents de l’ex IERM, avec prise en compte de l’AGS
• Création d’une indemnité spécifique d’éloignement renforcée (ISE Mayotte), modulée en fonction de la durée d’exercice sur le territoire, pour encourager la stabilité et la continuité pédagogique.

 

La FNEC FP-FO apporte son soutien plein et entier aux personnels grévistes de Mayotte !

Le choc contre les disciplines

Par une lettre en date du 30 août 2023, Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale a chargé l’Inspection générale de l’Éducation, du sport et de la recherche (IGESR) d’une mission d’enquête sur « les enseignements pluridisciplinaires au lycée général, technologique et professionnel » (BOEN, n°33 du 7 septembre 2023).

La mission vient de rendre son rapport. Ce dernier poursuit une campagne – déjà ancienne – contre les disciplines, accusées de tous les maux. Le cloisonnement disciplinaire ne pourrait, selon les auteurs du rapport « que
favoriser […] les pouvoirs technocratiques et bureaucratiques dans leurs stratégies dominantes » (IGESR, Les enseignements pluridisciplinaires au lycée général, technologique et professionnel, rapport n°23-24 003B –
décembre 2024, p. 7).

Outre, un langage abscons, cette nouvelle attaque contre l’enseignement disciplinaire au Lycée poursuit une logique qu’avait accentué le baccalauréat Blanquer en instaurant la pluridisciplinarité des enseignements au travers
des spécialités comme par exemple Humanité Littérature et Philosophie (HLP).

Ne soyons pas dupes, cette volonté de casser les disciplines ne répond pas à des considérations pédagogiques mais essentiellement à des préoccupations budgétaires.

En effet, la Cour des Comptes estime depuis longtemps que la monovalence des enseignants du second degré serait un luxe exorbitant que le pays ne pourrait plus se permettre.

 

Pour lire la suite :

Aller au contenu PDF

Arrêts de travail en 2025 : Toujours et encore des économies sur le dos des malades !

De nombreux médias mettent en avant l’abandon du projet des 3 jours de carence du gouvernement Barnier.

Mais ce qu’ils oublient de dire, c’est qu’avec le budget Bayrou a été maintenue la baisse de la rémunération des CMO : les 100% de maintien de salaire seront réduits à 90% à partir de 2025 !

Vous trouverez ci-dessous des exemples concrets et un simulateur.

Pour télécharger et diffuser ce document : c’est ici.

Déclaration liminaire FNEC FP-FO du CSA Men du 21 janvier 2025

Nous réitérons notre demande de satisfaction des revendications des personnels de Mayotte : hausse du taux d’indexation des salaires pour compenser le coût de la vie, aide de 2000 € pour tous quel que soit l’indice, instauration de l’ASA dans l’ensemble du département, extension de la reconnaissance REP+ à toutes les écoles et tous les établissements du département, mais également que la rentrée scolaire ne soit pas décrétée tant que les conditions de sécurité ne seront pas réunies.

Dans son discours de politique générale le 14 janvier, le Premier ministre François Bayrou n’a annoncé ni l’abrogation de la réforme des retraites, ni sa suspension. Bien au contraire, il ne vise qu’à poursuivre les politiques d’austérité menées par les précédents gouvernements, et il annonce d’ores et déjà plus de 50 milliards d’économies sur nos salaires, nos services publics, notre Sécu et nos retraites. Et pour gagner du temps, dans un contexte d’extrême fragilité, il propose aux syndicats patronaux et de salariés l’organisation d’un « conclave » pour trouver « un accord d’équilibre » sur le financement des retraites à partir d’un état des lieux produit prochainement par la Cour des comptes.

Le conclave Bayrou-Macron est un piège tendu aux organisations syndicales, dans le but de les associer soit au maintien de la réforme actuelle, soit à l’instauration d’une réforme systémique, réforme universelle par points ou par capitalisation, que nous avons déjà rejetée et combattue en 2019. Ce n’est pas la place des syndicats de salariés, et en tout cas pas celle de Force Ouvrière, de participer à l’élaboration d’une réforme dont les contours ont d’ores et déjà été fixés par le Premier ministre et le Medef. Ce conclave est un enfumage.

Comme le ministre Attal avait sorti de son chapeau l’annulation de 2440 suppressions de postes d’enseignant sans que le PLF ne soit modifié, la ministre Borne voudrait que l’on applaudisse à l’annulation des 4 000 suppressions de postes d’enseignants. Comme l’an dernier, ces annonces viennent après la publication du nombre de postes aux concours qui ne seront pas augmentés. Comme l’an dernier, ce sont encore des postes supprimés dans le premier degré et, dans le second degré, encore des postes spoliés pour la réforme du « choc des savoirs » au détriment des disciplines. Comme l’an dernier, cela annonce encore une rentrée dégradée.

Comment se réjouir de la suppression de 470 postes dans le premier degré, alors que la situation dans les écoles explose ! Il faut des postes pour les remplaçants en nombre insuffisant (seuls 80 % des absences sont remplacées). Il faut des postes pour baisser les effectifs dans les classes dont plus d’un quart sont à plus de 25 élèves. Il faut des postes spécialisés pour prendre en charge les élèves à besoin particulier ; et au lieu de cela, la ministre poursuit l’acte 2 de l’Ecole inclusive, le démantèlement des établissements sociaux et médico-sociaux. Ce sont des centaines de fermetures de classes qui se profilent. Inacceptable !

Comment se réjouir de la création de seulement 324 postes dans le 2nd degré et 170 postes de CPE, quand 542 postes sont déjà fléchés pour poursuivre en 4ème et 3ème le « Choc des savoirs », réforme massivement rejetée par les personnels et les parents. Cela se mettrait en place collège par collège, dans un cadre totalement territorialisé… Impossible donc de réduire le nombre d’élèves par classe avec des classes à plus de 30 voire plus de 35 en lycée !
Et toujours aucune création de postes pour les personnels administratifs, infirmiers, médicaux, sociaux, et d’encadrement qui sont en nombre notoirement insuffisant !

La ministre Borne a aussi annoncé la création de 2 000 postes d’AESH, qui était déjà prévues par le gouvernement Barnier. Chacun sait qu’un poste d’AESH créé n’équivaut pas à un personnel recruté, faute de candidats tant les salaires sont bas et les conditions de travail dégradées. La récupération par l’Etat du temps méridien, annoncée comme la solution à tous les maux, a principalement réduit le temps d’accompagnement ou la pause repas des AESH sans toujours augmenter les salaires. Plus que jamais, la FNEC FP-FO revendique un statut de fonctionnaire de catégorie B avec un temps complet pour 24h d’accompagnement et l’abandon des PIAL et des PAS.

Comment se réjouir, alors que la ministre Élisabeth Borne a présenté, depuis vendredi, un amendement au sénat de 52 M€ d’économies d’économie budgétaire qui s’ajoutent aux 170 M€ votés avant la censure du gouvernement Barnier et aux 683 M€ ponctionnés sur le budget de l’EN en 2024, mais n’a pas présenté d’amendement pour le rétablissement des 4000 postes.

Devons-nous nous attendre à de nouvelles suppressions heures supplémentaires ponctuelles, l’amputation des frais de déplacement, la non-reconduction d’enseignants non titulaires ?

Nous demandons donc également des informations sur le BOP 214. Quel budget de fonctionnement pour l’année prochaine ? Dans le projet de budget, des économies substantielles étaient prévues sur le bâtiment. Qu’en est-il ? Les frais de déplacements seront-ils pris en charge, pour toutes les missions, jusqu’à la fin de l’année ? Qu’en est-il du budget du CNED, de CANOPE, de l’ONISEP ? Il est également question d’une deuxième journée de solidarité ou de la réduction des vacances d’été en 2026. Nous vous demandons à nouveau, qu’en est-il ?

Malgré la mobilisation au printemps dernier, et les retours alarmants des personnels, un projet de décret a été envoyé aux élus de la CSL pour les groupes de besoins en 6ème et 5ème sur l’ensemble du volume horaire. La FNEC FP-FO continue à s’y opposer et demande l’abrogation de l’ensemble de la réforme du « choc des savoirs ».

Madame la ministre a confirmé l’abandon des 2 jours de carence supplémentaires pour les fonctionnaires. Le sénat a voté 2 jours plus tard la baisse de l’indemnisation des congés maladie à 90%. Nous ne l’acceptons pas.

 

Concernant les autres contre-réformes, la ministre s’inscrit dans la continuité. Tout est maintenu : Parcoursup, « choc des savoirs », SNU, réforme de la voie professionnelle, acte 2 de l’Ecole inclusive avec déploiement des Pôle d’Appuis à la Scolarité qui aggravent la logique des PIAL (100 postes seraient prévus à cet effet) et externalisation des établissements sociaux et médico-sociaux (pour lesquels aucun poste n’est évidemment prévu alors qu’au moins 24 000 élèves sont en attente de place).

La FNEC FP-FO maintient toutes ses revendications : créations de tous les postes nécessaires ! Augmentation du point d’indice : 10% tout de suite ! Abandon des contre-réformes ! Non au « conclave » ! Abrogation de la réforme des retraites Macron-Borne ! Non au budget Bayrou qui prévoit 53 milliards d’économies !