Imagine !

La machine austéritaire est en route. Jeunes, retraités, privés d’emploi, travailleuses et travailleurs du public et du privé, des champs et des villes attaqués, pressurés, mis en danger par la « Macroneuse » et ses soutiens politiques et patronaux au profit d’une logique mortifère de marche à la guerre.

Les dividendes des actionnaires explosent, les parachutes dorés s’affichent avec insolence mais Bayrou cherche du pognon dans les poches de ceux qui n’ont ou n’ont eu que leur force de travail pour vivre.

 

Les mêmes s’attaquent à la tronçonneuse aux services publics, aux droits collectifs, détruisant par là-même toute idée de République sociale.

C’est sur ce terrain marécageux que prospèrent les trafics, les mafias et les
réactionnaires et obscurantistes de tous poils.

Et de nous expliquer que l’ennemi c’est l’étranger, vieille ficelle pour mieux sauver le système et protéger les puissants qui en profitent.

Ces gens veulent bien « dialoguer » un peu, façon « cause toujours » en conclave comme sur les retraites mais, si leurs intérêts sont mis en cause, ils ne reculent ni devant la violence sociale, ni devant les risques de guerre.

Alors imagine, camarade, ce que pourrait être un monde libéré de ces monstres froids. Un monde ou « ceux qui ne sont rien », selon la formule de Macron, reprennent leur vie en main, s’unissent pour construire sans « dieu, ni césar ni tribun », comme le dit « l’Internationale », de nouveaux jours heureux.

 

Utopique, sans doute, comme à l’origine toutes les grandes conquêtes sociales. À nous de reforger le bon outil syndical pour y parvenir.

Utopie réalisée ou cauchemar, à nous d’en décider !
Vive la vie, vive la pensée libre, vive la Sociale ! Vive la CGT Force-Ouvrière !

19 mai 2025
Fabrice LERESTIF
Secrétaire Général
UD Ille-et-Vilaine

Bétharram : Abrogation de la loi Debré !

Le 14 mai, François Bayrou a été auditionné par la commission d’enquête parlementaire conduite par Paul Vannier et Violette Spillebout.

Le ministre a confirmé ses mensonges devant les députés et les victimes de Bétharram. Il savait et il n’a rien fait.

En éludant, en minimisant les crimes abjects, voire en calomniant ceux qui les dénonçaient, il n’a fait que s’enfoncer davantage.

Le ministre Bayrou a menti pour protéger l’institution catholique.

Le scandale Bétharram commence le 31 décembre 1959, avec la loi Debré, mère de toutes les lois anti-laïques, qui a donné à l’enseignement privé confessionnel (à 95% catholique) le statut de « service public d’enseignement », largement financé sur fonds publics, tout en lui reconnaissant un « caractère propre. »

 

Sévices corporels, agressions sexuelles, homophobie, racisme… les scandales visant des établissements privés catholiques se multiplient.

Protégés par l’Etat, et abrités derrière le « caractère propre » des contrats d’association, ces établissements privés continuent de recevoir de l’argent public.

C’est insupportable !

Justice doit être rendue aux victimes de Bétharram, les coupables doivent être jugés… mais combien de scandales encore à venir ?

Ce scandale d’Etat arrive au moment où parents et personnels sont vent debout contre le budget Macron-Bayrou qui supprime des postes et des classes dans l’École publique, et continue de verser des milliards d’euros aux écoles privées qui entretiennent l’inégalité, l’arbitraire, la ségrégation et qui se montrent incapable de protéger les enfants.

La FNEC FP-FO exige que les sommes astronomiques reçues par les Stanislas, Bétharram et tous les autres soient immédiatement restituées au budget de l’État pour financer l’École publique étranglée par les suppressions de postes !

Choc des savoirs : les nouveaux textes sont parus

ABROGATION DU CHOC DES SAVOIRS !

Au lieu d’entendre les revendications, et malgré le rejet par deux fois du Conseil Supérieur de l’Éducation, Madame Borne et le 1er Ministre publient, le 6 avril, le décret et l’arrêté ministériels confirmant que le Français et les Mathématiques sont désormais enseignés en groupes de besoin, sur la totalité de l’horaire, en 6ème et 5ème.

Une disposition prévoit tout au plus que « par dérogation » les élèves pourraient être regroupés en classe entière dans ces disciplines par périodes d’ « une à dix semaines dans l’année ».

Les mêmes textes confirment par ailleurs que si ces groupes ne sont pas étendus aux 4ème et 3ème, un « accompagnement pédagogique adapté aux besoins des élèves » est laissé à l’appréciation des établissements, dans le cadre de leur autonomie, sur ces deux niveaux.

Lorsque les groupes ont été mis en place, les personnels qui les ont expérimentés ont pourtant pu constater que non seulement ils n’ont amélioré en rien l’accès des élèves à l’instruction, mais qu’en plus ils ont la plupart du temps dégradé leurs conditions de travail en désorganisant leurs emplois du temps et en remettant en cause leur liberté pédagogique

Circulez, y a rien à voir !

Le ministère a beau se prévaloir d’avoir renoncé aux 4000 suppressions de postes initialement prévues, il reste que si 324 postes sont créés dans le second degré, le compte n’y est pas car 542 postes sont fléchés dans le cadre de la mise en œuvre du « choc des savoirs ».

Les établissements n’auront pas les moyens nécessaires pour répondre aux besoins de toutes les disciplines (à commencer par la Technologie dont la suppression est entérinée en 6ème), que les suppressions de dédoublements, d’enseignements optionnels, vont continuer, que les classes vont rester surchargées…

 

 

« Cela ne veut pas dire que ces groupes ne seront pas évalués » tente de rassurer la ministre, sur France Inter, le 6 avril.

Mais de qui croit-elle se moquer ainsi ?

Les personnels, les parents ne sont pas dupes du dispositif de déréglementation, de démantèlement de l’École publique que constitue le « choc des savoirs », dans le cadre des 50 milliards d’austérité du Budget 2025, puis à nouveau des 40 milliards annoncés pour le budget 2026.

Ils ne sont pas dupes du fait que le gouvernement a décidé de sacrifier l’École à l’économie de guerre. Et ils n’acceptent pas !

 

NON aux PAS ! Un statut et un vrai salaire pour les AESH !

Une proposition de loi visant à renforcer l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap, comportant notamment la généralisation à tous les départements de « pôles d’appui à la scolarité » (PAS) d’ici septembre 2027 a été adoptée le 5 mai 2025 à l’Assemblée nationale.

 

Alors que 24000 élèves qui devraient être scolarisés dans les établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS) ne s’y trouvent toujours pas faute de place, que les AESH vivent toujours dans la précarité sous le seuil de pauvreté et que leurs conditions de travail ne cessent de se dégrader avec les PIAL qui les mutualisent pour tenter de masquer le manque de moyens, le gouvernement n’a pas de priorité plus urgente que de généraliser les PAS… Avec quel objectif ?

Avec les PAS, contourner les notifications de la MDPH et « coacher » les enseignants au lieu de prendre en charge les élèves à besoins particuliers

L’objectif des PAS est double. Les PAS visent d’une part à remplacer à terme les PIAL.

 

Selon les mots du ministère :

« le PAS permet à l’Education nationale de reprendre la main sur une partie des réponses à apporter pour les élèves à besoins particuliers avant sollicitation de la MDPH ».

En effet, toujours selon le ministère :

« le PIAL est un service de gestion quantitative des emplois du temps des AESH, tributaire de la ressource humaine disponible. »

Autrement dit, s’il n’y a pas assez de ressource humaine disponible (ce qui est le cas vu la difficulté à recruter des AESH), contournons les notifications donc les besoins !

 

D’autre part, les PAS seraient constitués d’un enseignant spécialisé de l’Éducation nationale et d’un éducateur spécialisé.

On vide ainsi les classes spécialisées de leurs enseignants et les ESMS de leurs éducateurs spécialisés pour « coacher » les enseignants de milieu ordinaire confrontés à l’inclusion d’élèves qui relèvent de classes ou structures spécialisées ou adaptées, selon la méthode bien connue du « dites-moi de quoi vous avez besoin, je vous expliquerai comment vous en passer… »

L’objectif de 500 PAS à la rentrée 2025 est ainsi affiché. 500 PAS… avec 470 suppressions de postes dans le premier degré… Ce sont encore des classes qui ferment, des postes de remplaçants qui ferment, des postes spécialisés qui ferment… Inacceptable pour la FNEC FP-FO qui soutient toutes les mobilisations de personnels, de parents d’élèves qui cherchent à stopper les fermetures de classes et revendiquent les ouvertures nécessaires.

Dans le 35, 5 PAS expérimentaux ouvriront à la rentrée 2025.

La mise en place des PAS s’inscrit dans le démantèlement de l’enseignement spécialisé

Le ministère a indiqué lors du comité de suivi de l’école inclusive :

« Nous n’allons pas trouver de nouvelles « places » en ESMS pour accueillir les 24000 élèves – c’est une terminologie discriminante que nous récusons. Nous voulons une offre plus inclusive du médico-social, plus centrée sur l’étayage à destination de l’ensemble de l’Éducation nationale. Nous allons mettre toutes les compétences des personnels des ESMS au service des Pôles d’appui à la scolarité (PAS). »

Ainsi, les PAS s’articulent parfaitement avec l’orientation d’externalisation – liquidation des ESMS résumée par E. Macron lors de la conférence nationale sur le handicap d’avril 2023 :

« Il faut en finir avec les établissements fermés dans lesquels les élèves vivent à part… »

L’exemple de l’école Paul Bert du Havre (76) est à ce titre édifiant puisqu’un projet « IME dans les murs » prévoit « d’inclure » 75 élèves d’IME dans un groupe scolaire de 350 élèves ! Autant l’appeler « IME dans le mur » … La FNEC FP-FO ne l’accepte pas et se mobilise pour stopper ce projet délétère !

Un Statut, un vrai salaire pour les AESH !

Et les AESH dans tout ça ?

Au lieu de leur octroyer le Statut de catégorie B avec un vrai salaire à temps plein pour 24h de classe, le gouvernement va encore dégrader leurs conditions de travail avec la mise en place des PAS.

La FNEC FP-FO s’est à nouveau adressée à la ministre Borne le 10 avril pour porter ces revendications et exiger l’abandon des PIAL, des PAS et tout forme de mutualisation des moyens synonymes pour les AESH d’emplois du temps impossibles et de dégradation des conditions de travail !

L’inclusion systématique et forcée, l’acte 2 de l’école inclusive, ça suffit !
La situation est de plus en plus intenable pour les personnels, les élèves, les parents d’élève…

Il faut stopper cette opération de destruction de l’enseignement spécialisé, de ses classes et de ses structures et exiger leur renforcement et leur développement. Il faut exiger pour les AESH un Statut avec un vrai salaire, l’abandon des PIAL et des PAS !

 

C’est la campagne que mène sans relâche la FNEC FP-FO. Une audience auprès de la ministre du handicap a été demandée pour porter les revendications de la pétition FNEC FP-FO, FNAS-FO (action sociale), FSPS-FO (services publics et de santé), FAGE-FO (administration générale) qui a réuni plusieurs milliers de signatures et qui exige :
– La défense de l’enseignement spécialisé et adapté ;
– Le maintien et la création des places dans les établissements sociaux et médico-sociaux ;
– Le retrait du décret visant à généraliser l’externalisation des ESMS ;
– Le recrutement d’enseignants spécialisés et d’AESH ;
– Un statut de fonctionnaire et un vrai salaire pour les AESH ;
– Le retrait de l’acte 2 de l’Ecole inclusive, l’abandon des PAS et des PIAL ;
– La reconnaissance, sécurisation et revalorisation de tous les professionnels en lien avec la scolarisation des élèves en situation de handicap.

 

La FNEC FP-FO invite les personnels à participer massivement aux réunions syndicales pour décider des initiatives concrètes et immédiates à prendre en défense des revendications.

Pour télécharger et diffuser le communiqué : c’est ici.