Autorisations spéciales d’absence à compter du 11 mai 2020

Le DGRH a, lors du CTM du 5 mai, confirmé que les personnels qui voudraient garder leurs enfants ou qui seraient fragiles/vulnérables bénéficieraient d’une Autorisation Spéciale d’Absence (ASA) à l’instar de tous les autres fonctionnaires.

C’est ce que le DGRH a à nouveau rappelé au cours du CHSCT M du 7 mai 2020 : « Les agents seront placés en ASA dans les mêmes conditions qu’avant et ce jusqu’à juin. » précisant même que les agents pourront être placés en ASA pour garde d’enfants que ces derniers aient leur école ouverte ou non.

Dans notre académie, la FNEC-FP-FO académie de Rennes est intervenue pour faire respecter ce droit pour les enseignants qui ne souhaitent pas se mettre en danger, ni mettre en danger leurs collègues et leur entourage. 

Pour bénéficier de cette ASA, il vous faut envoyer un mail

à votre chef d’établissement pour l’informer de votre décision.

Comme de bons petits soldats ?

Dans son allocution du 16 mars dernier, le Président de la République a déclaré, avec une gravité de ton qui détonait sur l’insouciance qu’il affichait quelques jours auparavant : « Nous sommes en guerre … » Dans la foulée, il s’est trouvé des contradicteurs, bien peu inspirés pour le coup, qui estimaient qu’un virus n’est en rien un belligérant. Sauf que, comme souvent dans le discours macronien, les intentions précises de son auteur n’ont rien d’explicite, et que le non-dit est mille fois plus important que les mots qui sortent de la bouche de Jupiter.

Ce qui se cache dans les replis de la rhétorique présidentielle, c’est le sort réservé aux soldats. A l’instar de tout officier supérieur digne de ce nom, le chef de l’État n’a que faire de l’intégrité physique de la piétaille qu’il manipule comme les pions d’une partie d’échecs. Lors de la Première Guerre mondiale, lorsque l’infanterie montait au front, il n’était pas rare que l’artillerie pilonne en même temps le terrain convoité, et tant pis si la chair à canon tombait sous ses propres obus… En 1986, dans une autre guerre, d’un type un peu différent, à Tchernobyl, les ouvriers envoyés colmater le réacteur n’avaient été équipés d’aucune tenue anti radiations ; l’histoire des conflits armés est jalonnée de ces sacrifices plus barbares que ceux que l’humanité pratiquait dans les commencements de son existence. Covid-19 peut dormir sur ses deux microscopiques oreilles, c’est contre les salariés que Monsieur Macron met baïonnette au fusil.

Tant pis donc si l’État-major cache la vérité à la troupe, il a tous les droits en temps de guerre : mentir sur sur les stocks de masques, abandonner les hôpitaux et les personnels soignants à leur détresse, vêtus de sacs poubelle en guise de surblouse, restreindre la liberté de circulation et d’expression, casser encore plus les droits des salariés. Et faire la part du feu en ne dispensant les soins qu’aux victimes les moins atteintes.

Qui dit guerre dit économie de guerre. Estimant que les réservistes étaient trop longtemps restés à l’arrière, Geoffroy Roux de Bézieux, en digne héritier des Schneider et autres Krupp, a décrété qu’il lui fallait toute sa chair à canon. C’est ainsi qu’est lancé l’ordre général de déconfinement pour le 11 mai.

Aucun sous-officier n’est plus zélé que Monsieur Blanquer quand il s’agit d’accéder aux désirs du patronat, il a donc remis la troupe en ordre de marche. Graduellement, à partir du 11 mai, bataillons, régiments et détachements remontent à l’assaut. Munis de masques ? Si d’aventure ils en ont, ils n’auront certainement pas été fournis par les autorités. Dépistés ? Promis, juré, craché, chacun sera fixé sur son sort… Mais au train où vont les choses, il y a de fortes chances que ce soit dès la fin de la pandémie…

Ce que s’apprête à faire le ministre de l’Éducation nationale porte un nom : mise en danger délibérée de la vie d’autrui. En passant outre l’avis du conseil scientifique mis en place par le gouvernement auquel il appartient, il prend la responsabilité de provoquer une nouvelle vague de contamination, d’endeuiller toujours plus de gens.

Pour le SNFOLC35, le retour au travail n’est possible que si la fin de la pandémie est établie avec certitude. Tant que ce ne sera pas le cas, le principe de précaution doit s’appliquer sans dérogation possible. Et si Force ouvrière se bat pour que l’employeur assume ses responsabilités en matière de protection des salariés, il n’en va pas de même pour d’autres organisations qui ont, semble-t-il, choisi d’élaborer un protocole de retour au travail qui en fait les supplétifs du ministère. C’est en temps de guerre que s’exprime avec le plus de force ce que l’être humain a de plus honteux au fond de lui…

Le SNFOLC35 préconise l’exercice du droit de retrait, du droit d’alerte, a déposé un préavis de grève pour couvrir les collègues qui décideraient de mettre crosse en l’air, l’enjeu est littéralement vital…
Faudra-t-il ériger de nouveaux monuments aux morts pour rappeler combien d’innocents sont tombés dans une guerre qui n’était pas la leur ? Que ceux qui sont responsables de l’hécatombe de 2020 se rappellent que les travailleurs n’ont pas la mémoire courte, qu’ils demanderont des comptes.

Et puisque les militants de Force ouvrière n’auront pas pu chanter l’Internationale ce 1er mai 2020, en guise de mince consolation, en voici donc le cinquième couplet :

Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

 

Résister, revendiquer, reconquérir !

Déconfinement : des décisions irresponsables

Le plan de déconfinement annoncé par le 1er ministre et le ministre de l’Education nationale pour les élèves et les personnels suscite bien plus d’interrogations qu’il n’apporte de réponses et bien plus de craintes que de garanties. Il provoque une véritable levée de boucliers.

Le mot d’ordre du gouvernement : débrouillez-vous localement !

La reprise des élèves de 6ème et de 5ème aurait lieu à partir du 18 mai, dans les départements verts. Celle des 4ème et 3ème et des lycéens serait décidée fin mai. Et surtout, le retour dans les établissements est renvoyé aux choix locaux.

La santé des personnels n’est pas à géographie variable

« Les acteurs de terrain trouveront des solutions et je leur fais confiance. » ! Autrement dit, le gouvernement a décidé de transférer la responsabilité de la reprise sur les personnels et les collectivités locales. Il place ainsi les personnels en première ligne des décisions de reprise et d’exposition aux risques de contamination dès le 11 mai. Le ministre Blanquer a clairement fait le choix de transformer l’école
en garderie. C’est sa priorité. Pour le SNFOLC et sa fédération, c’est inacceptable !

Protocole sanitaire de reprise : de qui se moque-t-on ?

Les professeurs des collèges, des lycées et des écoles seraient-ils dotés d’une constitution particulière qui les dispense de toute protection ?

C’est pourtant ce qui ressort du protocole de déconfinement dévoilé par le ministère.

En effet, les enseignants ne sont pas gens ordinaires, ils peuvent se réunir avec 15 élèves dans une salle alors que sont interdits, même à l’extérieur, les rassemblements à plus de 10 personnes ! Selon le protocole élaboré par le ministère, ils n’ont besoin de masques qu’à l’entrée en classe ! Une fois dans la salle avec les 15 élèves, sans doute asymptomatiques, ils ont le pouvoir de repousser toute attaque virale en faisant cours sans masque ! 

 

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Réouverture des établissements : nous exigeons toujours des garanties

Alors que le matériel de protection manque partout (masques FFP, gel hydroalcoolique…) et que, déjà dans la situation actuelle, l’accueil des enfants des personnels soignants est indispensable à la gestion de la crise et ne se fait pas sans difficulté, le président de la République a annoncé la réouverture des crèches et écoles à partir du 11 mai, les collèges le 18 mai et les lycées début juin.

Cette décision présente pour nous un grand danger tant pour les personnels que pour les usagers, élèves et parents. En effet, envisager une telle réouverture alors que tous les lieux publics restent fermés est absurde, inconcevable en l’état actuel de l’évolution de cette épidémie, qui sévit encore dans bon nombre de territoires ruraux et urbains.

Nous rappelons que l’Ordre des Médecins dénonce dans ce choix « un manque absolu de logique » qui ne pourra qu’aggraver la situation sanitaire. Qui plus est, l’Organisation Mondiale de la Santé préconise, à minima, la mise en place du dépistage systématique pour pouvoir espérer sortir de cette crise sanitaire.

 

Durant cette période de confinement, le gouvernement n’a eu de cesse de rappeler les gestes barrières ; ces gestes sont impossibles à observer par des tout-petits, que ce soit en crèche ou à l’école voire même avec les adolescents des collèges et lycées. Dès lors, comment éviter une nouvelle flambée épidémique lorsqu’on demande à 900 000 professeurs et 12 millions d’élèves de faire une rentrée scolaire ‘’d’après crise’’ prématurée, pour aller se confiner en classe avec, faut-il le rappeler, tous les personnels d’éducation, administratifs, de direction, médico-social et tous les personnels territoriaux amenés à entrer en contact avec les enfants ?

Qu’adviendra-t-il des regroupements dans la cour de récréation, de la sieste en maternelle, du matériel manipulé en commun, des repas collectifs, de la circulation des parents dans les locaux ou regroupés devant le portail des établissements scolaires, des transports scolaires…

Faudra-t-il « faire la police » en plus de la garderie ? Depuis plus d’un mois, les enfants des personnels « indispensables à la gestion de la crise » sont accueillis en crèche et dans les écoles sans protection (ni masques, ni gels hydro alcooliques) ; des masques dits « grands publics » seraient fournis aux personnels, mais nous savons que la qualité de ces dotations ne permet pas la meilleure protection des agents publics. Dans ces conditions, comment peut-on affirmer que ce retour à la vie en collectivité puisse garantir la santé des personnels, la sécurité des petits usagers ; comment prétendre pouvoir protéger les enfants d’eux-mêmes dans de telles conditions ?

Le CHS-CT ministériel de l’Éducation Nationale indique dans un avis voté par FO et FSU : « Le CHSCT demande un dépistage généralisé aux personnels et aux élèves comme préalable à toute reprise d’activité.»

 

Nos organisations considèrent ainsi que, sans un dépistage systématique avant la reprise des écoles afin d’écarter les risques de contagion, ni mesures de protection nécessaires, toute reprise est inenvisageable. Les annonces sur la reprise des élèves en fonction du volontariat, donc en fonction de la pression qui sera exercée par l’employeur sur les salariés, le fait que les universités, comme la plupart des lieux publics, restent fermées aux étudiants, le report de la reprise dans les lycées, indiquent clairement les objectifs poursuivis : nous refusons que la sécurité des établissements scolaires, la santé des agents publics et des usagers ne deviennent la variable d’ajustement des besoins économiques. L’école n’est pas une garderie.

C’est pourquoi nos organisations exigent des préalables à toute reprise d’activité:

  •  Le dépistage systématique de tous les personnels et des élèves en préambule à la reprise afin d’écarter les risques de contagion;
  • La mise en œuvre de toutes les mesures de protection nécessaires (équipements de protection à hauteur des besoins, désinfection totale des locaux, tests quotidiens…).

 

Le gouvernement annonce la scolarité non obligatoire pour toute la période courant du 11 mai à la fin de l’année scolaire. Dans le même temps, il annonce en catimini que les parents dont les enfants n’iront pas à l’école par choix resteront placés en ASA jusqu’au 1er juin. Passé cette date, ils devront prendre des congés annuels. C’est donc bien une obligation de reprendre le travail sous peine de ne pas avoir de revenu durant toute cette période et de ne pouvoir nourrir sa famille.

Du 11 mai à fin juin, c’est moins de 30 jours d’école, jours fériés déduits. Si les classes sont divisées par 2 pour avoir moins de 15 élèves, cela correspondra à 9 jours de classes pour terminer l’année scolaire. Neuf jours et exposer les enfants, les enseignants, le personnel des établissements, des crèches, de la restauration … est irresponsable.

Force Ouvrière dénonce cette manipulation médiatique faisant croire à un projet sanitaire que le gouvernement sait pertinemment impossible à tenir, dans la mesure où il contraint l’ensemble des salariés à reprendre le travail.

 

De nombreux élus ont pris position et ont indiqué qu’ils n’étaient pas en mesure d’assurer la sécurité des élèves et de leurs personnels compte tenu de la situation actuelle. Ils ont donc décidé, conformément à ce qui relève de leurs responsabilités, de ne pas rouvrir les écoles le 11 mai.

Force ouvrière considère également que les conditions sanitaires permettant un dé-confinement des élèves et une réouverture des établissements ne sont pas réunies.

Le SNFOLC 35 invite les personnels à se réunir en heure d’information syndicale, en AG, pour discuter des conditions de cette reprise, et à prendre position en commun, en réaffirmant les revendications et en s’adressant aux autorités pour dire : il n’est pas possible que la réouverture des établissements scolaires s’effectue dans ces conditions.