Choc des savoirs : les nouveaux textes sont parus

ABROGATION DU CHOC DES SAVOIRS !

Au lieu d’entendre les revendications, et malgré le rejet par deux fois du Conseil Supérieur de l’Éducation, Madame Borne et le 1er Ministre publient, le 6 avril, le décret et l’arrêté ministériels confirmant que le Français et les Mathématiques sont désormais enseignés en groupes de besoin, sur la totalité de l’horaire, en 6ème et 5ème.

Une disposition prévoit tout au plus que « par dérogation » les élèves pourraient être regroupés en classe entière dans ces disciplines par périodes d’ « une à dix semaines dans l’année ».

Les mêmes textes confirment par ailleurs que si ces groupes ne sont pas étendus aux 4ème et 3ème, un « accompagnement pédagogique adapté aux besoins des élèves » est laissé à l’appréciation des établissements, dans le cadre de leur autonomie, sur ces deux niveaux.

Lorsque les groupes ont été mis en place, les personnels qui les ont expérimentés ont pourtant pu constater que non seulement ils n’ont amélioré en rien l’accès des élèves à l’instruction, mais qu’en plus ils ont la plupart du temps dégradé leurs conditions de travail en désorganisant leurs emplois du temps et en remettant en cause leur liberté pédagogique

Circulez, y a rien à voir !

Le ministère a beau se prévaloir d’avoir renoncé aux 4000 suppressions de postes initialement prévues, il reste que si 324 postes sont créés dans le second degré, le compte n’y est pas car 542 postes sont fléchés dans le cadre de la mise en œuvre du « choc des savoirs ».

Les établissements n’auront pas les moyens nécessaires pour répondre aux besoins de toutes les disciplines (à commencer par la Technologie dont la suppression est entérinée en 6ème), que les suppressions de dédoublements, d’enseignements optionnels, vont continuer, que les classes vont rester surchargées…

 

 

« Cela ne veut pas dire que ces groupes ne seront pas évalués » tente de rassurer la ministre, sur France Inter, le 6 avril.

Mais de qui croit-elle se moquer ainsi ?

Les personnels, les parents ne sont pas dupes du dispositif de déréglementation, de démantèlement de l’École publique que constitue le « choc des savoirs », dans le cadre des 50 milliards d’austérité du Budget 2025, puis à nouveau des 40 milliards annoncés pour le budget 2026.

Ils ne sont pas dupes du fait que le gouvernement a décidé de sacrifier l’École à l’économie de guerre. Et ils n’acceptent pas !