Lettre de la Commission Exécutive Nationale (CEN) aux adhérents du SNFOLC

Il y a un an, le gouvernement annonçait le premier confinement. Nous accusons ce gouvernement, et en particulier le ministre Blanquer, d’avoir créé les conditions d’une situation de déréglementation généralisée dans les collèges et les lycées.

Alors qu’il a débloqué 600 milliards d’euros au titre de son plan de relance, dont bénéficient les entreprises qui continuent à licencier, il n’a pris aucune mesure d’urgence qui s’imposait pour les collèges et les lycées.

Depuis plus d’un an, il refuse de répondre aux revendications :
– permettre un recrutement massif de personnels, notamment des enseignants, pour alléger les effectifs dans les classes, protéger la santé des personnels et des élèves, tout en garantissant que tous les élèves reçoivent en classe l’enseignement auquel ils ont droit ;
– permettre un recrutement massif d’agents pour entretenir et désinfecter les locaux ;
– mettre en place de véritables mesures de protection ;
– abroger les réformes du bac et du lycée, de Parcousup pour garantir aux élèves l’égalité des droits devant l’instruction.

 

Compte tenu de l’ampleur de ces attaques gouvernementales contre les salariés et les personnels de l’Éducation nationale, la Commission Exécutive Nationale décide de s’adresser à l’ensemble des adhérents du SNFOLC.

Les militants du SNFOLC sont en première ligne avec les personnels pour défendre les revendications

Dans la continuité de la mobilisation réussie du 26 janvier, les réunions, les rassemblements, les grèves se multiplient. Alors que le ministre vient de rendre plus de 200 millions d’euros du précédent budget, les 1 800 suppressions de postes prévues à la rentrée 2021 dans le second degré sont massivement rejetées par les personnels. Les enseignants en ont assez des heures supplémentaires imposées, des compléments de service et des classes surchargées.

Faute de postes suffisants, les personnels de vie scolaire sont exténués et leurs conditions de travail sont disloquées par les protocoles sanitaires qui ne protègent que le ministre.

Les Assistants d’Education (AED) sont mobilisés avec le SNFOLC tout comme les Accompagnants d’Elèves en Situation de Handicap (AESH).

Les AESH, qui subissent la déréglementation totale provoquée par les Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés (PIAL), s’appuient sur la grève nationale unitaire FO-FSU-CGT-SUD-SNCL-SNALC du 8 avril, décident de se rassembler devant les rectorats, inspections académiques et au ministère. Ils ont raison.

Rien n’est réglé : l’heure est au rassemblement et à la mobilisation de l’ensemble des personnels pour être plus forts, pour obtenir les créations de postes et de classes nécessaires, pour obtenir le respect des missions et des garanties statutaires et contre la politique de casse de l’Ecole par le ministre.

Le SNFOLC appelle les personnels à se réunir en Heure d’Information Syndicale (HIS) pour décider les initiatives sur la base des revendications, dans l’unité la plus large, en associant les parents, et à les porter en direction du ministère, des rectorats et des Inspections Académiques. La FNEC FP-FO a déposé un préavis de grève pour couvrir toutes les initiatives.

En revendiquant le maintien du baccalauréat national, le SNFOLC défend le cadre national de l’École et les diplômes nationaux, les droits collectifs, contre l’état d’urgence « sanitaire » permanent.

Le gouvernement, qui continue de fermer des lits d’hôpitaux, empile les ordonnances et les mesures liberticides pour tenter de bloquer toute contestation sociale. Il poursuit sa politique : assurance chômage, retraites… La CEN, comme la FNEC FP-FO, demande le retrait de l’état d’urgence, de toutes les mesures attentatoires aux libertés fondamentales dont les entraves au droit syndical. Elle appelle à participer à toutes les mobilisations en défense des libertés individuelles et collectives.

Au lieu « de répondre aux revendications urgentes et immédiates des personnels (obligation de l’employeur en termes de santé et sécurité : réunion des CHSCT, fourniture des masques adaptés, dépistage, vaccination pour les personnels qui en font la demande, réel suivi médical des personnels, abrogation du jour de carence avec effet rétroactif… ; recrutement immédiat des personnels nécessaires pour assurer les remplacements et améliorer les conditions de travail) » (Commission Exécutive Fédérale des 11 et 12 mars), J-M Blanquer ferme les lycées à 50 % et impose le télétravail aux professeurs et aux lycéens sous couvert de lutte contre le COVID.

Pour la seconde année consécutive, le ministre choisit d’imposer le baccalauréat sous contrôle continu pour la majorité des élèves. Le SNFOLC revendique pour l’ensemble des candidats des épreuves terminales, nationales, ponctuelles et anonymes. Pour le privé hors contrat et le CNED, le ministre a décidé de maintenir ces épreuves nationales au bac 2021 ; le SNFOLC exige qu’elles soient rétablies pour tous les lycées du public.

Le SNFOLC, en lien avec la FNEC FP-FO et les Unions Départementales FO, mène campagne en défense du baccalauréat, pierre angulaire des programmes et horaires nationaux, en défense des disciplines d’enseignement ainsi que des garanties prévues par les conventions collectives et les statuts pour tous les salariés du privé comme du public. Le SNFOLC réaffirme son exigence d’abandon du contrôle continu et de l’abrogation de la réforme du lycée et de Parcoursup. Le SNFOLC appelle les personnels à se réunir avec les parents et les lycéens pour prendre position sur ces exigences.

Le SNFOLC demande que soit respecté le cadre national de l’École et les missions des personnels. Il s’oppose à toutes les remises en causes ministérielles et à l’instauration d’un « droit local » :
– autonomie aggravée et mise en concurrence des établissements par le conseil d’évaluation de l’École,
– Grenelle de J-M Blanquer qui vise à réduire « l’importance du champ réglementaire et la verticalité de l’organisation ». A l’opposé du Grenelle et de ses miettes sous forme indemnitaire, le SNFOLC, avec la FNEC FP-FO, revendique l’ouverture de négociations pour l’augmentation de 20 % de la valeur du point d’indice, l’augmentation indiciaire de 183 € nets mensuels pour tous immédiatement comme les personnels hospitaliers et sans contrepartie.

 

FO défend le statut général de la Fonction publique et les statuts particuliers, le droit à mutation et à la carrière contre la loi de transformation de la Fonction publique et la loi 4D (« Différenciation, Décentralisation, Déconcentration et Décomplexification »)

La CEN condamne le projet de loi dite 4D qui, sous couvert d’expérimentation, organise le transfert de certains personnels fonctionnaires d’Etat vers la région, le département ou une autre collectivité dans le cadre d’une double tutelle au prétexte de « simplification ». C’est un cheval de Troie pour en finir avec l’architecture de la Fonction publique d’État. Malgré la suppression de la majorité des CAP, plus que jamais les militants du SNFOLC sont engagés dans la campagne d’aide aux personnels pour les mutations et les promotions. Le syndicat intervient à tous les niveaux pour obtenir le respect des droits de chacun et l’égalité de traitement statutaire. Le SNFOLC collecte les dossiers, les défend à tous les niveaux. Il réaffirme son attachement indéfectible au paritarisme au travers des compétences des CAP, contre la loi de transformation de la Fonction publique.

Développer le syndicat pour gagner sur les revendications et progresser aux élections professionnelles de décembre 2022

La Commission Exécutive Nationale invite chaque adhérent, chaque militant, à participer au renforcement du SNFOLC, syndicat libre et indépendant, en proposant largement l’adhésion pour peser sur la situation, faire aboutir les revendications et assurer le succès du vote FO aux prochaines élections professionnelles de décembre 2022.

Adoptée à l’unanimité

Urgence : donner la priorité à l’école et à l’hôpital !

Les personnels ne sont pas responsables du chaos provoqué par le gouvernement. Ouvrir des classes et des lits d’hôpitaux, embaucher massivement des personnels, c’est l’urgence .

 

Pour l’ouverture de tous les lieux culturels

Théâtres, musées, monuments, cinémas, opéras, salles de concert… sont autant de lieux où l’accueil du public est assuré par des professionnels, avec les précautions qui s’imposent, et dans l’intérêt de tous. Aucun n’a été source de cluster et pourtant la réouverture des lieux de Culture est sans cesse différée depuis des mois.

Rien ne justifie la fermeture des lieux culturels, rien ne s’oppose à la réouverture immédiate et sans condition des lieux culturels, sinon la volonté de fermer ad vitam aeternam des pans entiers de la Culture et de supprimer les emplois afférents. Près de 700 000 personnes travaillent dans les secteurs culturels et de la création, et plus de 850 000 emplois «culturels» dans l’ensemble des entreprises.

1 550 000 emplois sont en jeu ! Tous les personnels de la Culture et de la création sont actuellement sacrifiés.

Aux pertes de rémunération et d’emplois s’ajoute la perte de sens de ne plus pouvoir exercer ses missions envers les publics.

NON la Culture n’est pas dangereuse, c’est l’absence de la Culture qui est dangereuse pour la société, la démocratie et la liberté.

 

Lire la suite ci-dessous.

FAQ du ministère : mesures pour les écoles, collèges et lycées / continuité pédagogique

Le Président de la République a annoncé la fermeture des établissements scolaires à compter du lundi 6 avril, jusqu’au 26 avril dans le premier degré, 3 mai pour le second degré.

Ci-dessous : vous trouverez les mesures applicables au territoire métropolitain pour la période du 4 avril au 2 mai 2021 en ce qui concerne les écoles, collèges et lycées + tout ce qui touche à la continuité pédagogique.

Il s’agit de la FAQ mise à jour 12 avril 2021.

FAQ téléchargeable ici.

Pour consulter la FAQ en ligne : cliquer ici.

 

 

Incurie dans la gestion des établissements scolaires

Le président a annoncé la fermeture des établissements scolaires du 6 avril au 3 mai pour le second degré, jusqu’au 26 avril pour le premier degré. Notre Ministre a fait quelques annonces par la suite. Une fermeture efficace… ou inutile car trop tardive ? Toujours est-il que la situation actuelle, la dégradation de nos conditions de travail, la hausse des effectifs, l’hybridation de l’enseignement, l’absence de remplacement des personnels, la perte de nos droits, tous ces écueils étaient prévisibles, annoncés et dénoncés par Force ouvrière depuis longtemps !

 

Hôpitaux, écoles, des lits et des postes : rien n’a été fait !

Rien n’a été fait pour éviter la fermeture des établissements scolaires. Le président Macron et son gouvernement ont décidé d’imposer à la population un nouveau confinement. Il y a un an, parce qu’ils n’étaient pas en mesure de fournir les masques, le gel et les tests nécessaires, ils ont décidé de confiner les écoles. Entre temps, 440 postes d’enseignants ont été supprimés à la rentrée 2020 et pas une mesure n’a été prise pour remédier au retard pris dans les enseignements des élèves. Pire, 1800 ETP à la rentrée 2021 sont supprimés!

Autrement dit, le gouvernement nous demande de poursuivre le confinement parce que ni les postes, ni les lits dans les hôpitaux n’ont été créés.

Mêmes causes, mêmes effets

On nous dit que le confinement a pour but de protéger la population mais pour cela la première chose à faire, c’était de régler l’unique cause du confinement : la pénurie organisée des services de soins dans l’hôpital public.

Au lieu de créer des lits de réanimation, de recruter des personnels soignants, d’équiper les hôpitaux, le gouvernement a continué à supprimer des postes et des lits. Il prévoit même de fermer les hôpitaux Bichat et Beaujon à Paris ! Il est maintenant obligé de reconfiner la population car l’hôpital ne dispose toujours pas de lits de réanimation en nombre suffisant pour accueillir les malades. Le pays est à l’arrêt parce que les gouvernements successifs ont soumis l’hôpital public au diktat des coupes budgétaires au nom de la réduction des dépenses publiques.

Des milliers de salariés sont jetés dans la précarité parce que le gouvernement refuse depuis un an de fournir les mesures de protection efficaces réclamées par les personnels et les familles.

 

Dans les collèges et les lycées

Dans les collèges et les lycées, la situation actuelle est la conséquence directe du refus constant de créer les postes nécessaires par le biais de la liste complémentaire du concours, alors que le ministre de l’Education nationale a rendu des centaines de millions d’euros au budget pour l’année 2020 et 2021.

Ainsi la carte scolaire 2021 se solde par des milliers de suppressions de postes alors que le nombre d’élèves à scolariser augmente (plus de 43 000 élèves, +0,9%). Le ministre Blanquer continue d’augmenter les effectifs par classe et de réduire le nombre d’enseignants. Sourd aux revendications et à la souffrance des personnels et des élèves, il a imposé des conditions d’enseignement dégradées à la rentrée 2020 et il continue et aggrave la situation pour 2021 !

Tout le monde a souffert du confinement en 2020 : les élèves, comme les leurs parents et tout autant que les personnels de l’Education nationale. Les personnels ne sont pas responsables de la situation que les gouvernements successifs ont créée en supprimant des dizaines de milliers de postes dans la Fonction publique.

 

Ils ne sont pas responsables de la situation qu’on leur impose une nouvelle fois : moins de 48h pour organiser la continuité pédagogique demandée par le ministre ; des directives qui arrivent au dernier moment ou trop tard ; des personnels une nouvelle fois soumis à des décisions locales, différentes d’un établissement à l’autre. Chacun doit donc faire au mieux… sans les moyens. Une nouvelle fois le matériel personnel des enseignants est réquisitionné pour faire fonctionner l’Education nationale.

Une nouvelle fois, les personnels sont exposés aux mêmes difficultés engendrées par le télétravail : des journées à rallonge et la confusion entre les sphères privée et professionnelle qui entrainent épuisement et burn out. Sous prétexte de compenser la perte des heures de cours qu’ils ont eux-mêmes organisée, le ministre et les recteurs annoncent que les enseignants pourront assurer la continuité pédagogique… pendant les vacances. Le président modifie le calendrier des vacances et le ministre met les enseignants à disposition des familles pendant leurs vacances.

Décidément, le confinement autorise tous les excès et toutes les dérives

Le SNFOLC le rappelle : la continuité pédagogique ne repose sur aucun texte réglementaire contrairement au télétravail qui, lui, est réglementé et ne saurait reposer sur le matériel personnel des enseignants. Par ailleurs, les autorisations spéciales pour garde d’enfant s’appliquent toujours.

Nous avons des droits. Contactez-nous s’ils ne sont pas respectés.