Les fichiers de police -trop peu- recadrés par le Conseil d’Etat

Communiqué unitaire du 5 janvier 2021

Saisi d’un recours en référé par les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SAF, SM, Solidaires, l’Unef, ainsi que par l’association GISTI contre les décrets qui élargissent considérablement le champ de trois fichiers de police et de gendarmerie, le Conseil d’Etat vient malheureusement de rendre une décision de rejet.

Bien maigre consolation, la décision du Conseil d’État vient simplement préciser que la mention des opinions politiques, des convictions philosophiques, religieuses ou une appartenance syndicale ainsi que des « données de santé révélant une dangerosité particulière » ne sauraient constituer en tant que telles des catégories de données pouvant faire l’objet d’un fichage mais que, dans l’hypothèse où des activités seraient susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique ou à la sûreté de l’État, il sera possible de ficher ces activités, même si elles font apparaître les opinions politiques, les convictions philosophiques, religieuses, l’appartenance syndicale ou des données de santé de la personne. La nuance est importante et interdit donc « un enregistrement de personnes dans le traitement fondé sur la simple appartenance syndicale ». Il est heureux que le Conseil d’État l’ait précisé et nous veillerons à ce que la CNIL soit particulièrement attentive à faire respecter ce point.

Toutefois, l’atteinte portée aux droits et libertés reste conséquente car ces informations pourront toujours assez facilement apparaître dans les fichiers concernés et ce d’autant plus que parmi ces fameuses « activités susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique ou à la sûreté de l’Etat», peuvent désormais figurer les « habitudes de vie », notion particulièrement floue, ou encore l’activité d’une personne sur les réseaux sociaux.

En outre, ces fichiers peuvent avoir des conséquences directes sur la situation professionnelle d’un bon nombre de salarié.es. Ils sont directement consultés pour toutes les enquêtes administratives préalables aux recrutements, affectations, mutations, décisions d’agrément ou d’habilitation pour certains emplois (emplois publics ou privés relevant du domaine de la sécurité ou de la défense, l’accès à des zones protégées comme les sites nucléaires, les sites militaires, aéroports, emplois au sein d’une entreprise de transport public de personnes…). Ils sont aussi consultés par les préfectures à l’occasion des demandes de titres de séjour ou de naturalisation par les étrangers.

Il est donc évident que le combat ne peut s’arrêter là : nos organisations reviendront donc devant le Conseil d’Etat pour obtenir l’annulation des dispositions les plus inquiétantes des décrets contestés.

 

AESH : l’augmentation du SMIC doit aboutir à une refonte de la rémunération

A vos fiches de paye !

Chaque année, le SMIC est automatiquement augmenté. Cette année, cela représente 15€ bruts en plus (+ 0,99%) au 1er janvier 2021. L’employeur public ne peut rémunérer des agents à un niveau inférieur au SMIC. Le décret n°91-769 du 2 août 1991 instaure une indemnité différentielle (au pro rata du temps de travail si l’agent est à temps incomplet) pour que le traitement brut des agents concernés (niveau de rémunération inférieur au SMIC) soit égal au montant brut du SMIC.

Tous les agents de la Fonction publique titulaires ou non qui touchent moins de 10,25€ brut horaire ou moins de 1554,58€ bruts mensuels pour un temps complet sont concernés. Tous les agents titulaires ou non dont la rémunération indiciaire est inférieure à l’indice majoré 332 sont concernés.

Pour un temps plein, l’indemnité différentielle sera de 12,88 bruts par mois.

En 2020, dans de trop nombreuses académies, l’intervention syndicale a été nécessaire pour imposer le paiement de l’indemnité différentielle.

 

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Réforme des masters MEEF et des concours : la destruction du statut

Depuis plus d’un an le ministère dévoile les diverses « briques » de la réforme d’ensemble des masters MEEF et des concours. Il vante la « professionnalisation » de la formation des futurs enseignants. Certains pourraient s’en réjouir, tel n’est pas le cas de la FNEC FP-FO.

Quelle est la réalité de cette réforme ? La série de « questions-réponses » ci-après y répond.

Le baccalauréat doit être rétabli : retour aux épreuves nationales, terminales et anonymes !

La FNEC FP-FO s’est adressée aux fédérations de l’Éducation nationale et aux organisations lycéennes pour affirmer dans l’unité l’urgence de rétablir un bac national, contre le démantèlement du diplôme organisé par le ministre.

L’ordonnance du 24 décembre 2020 prévoit l’adaptation des épreuves qui pourront porter « sur leur nature, leur nombre, leur contenu, leur coefficient ou leurs conditions d’organisation, qui peut notamment s’effectuer de manière dématérialisée. » « Les adaptations apportées […] sont portées à la connaissance des candidats par tout moyen dans un délai qui ne peut être inférieur à deux semaines avant le début des épreuves. » Cela ramène la valeur du baccalauréat à celle d’une simple évaluation locale, totalement déréglementée.

 

Rentrée 2021 dans les collèges et lycées : – 1 800 postes d’enseignants / + 43 518 élèves

Le ministre Blanquer ose parler « d’emplois sanctuarisés » (mail du ministre à tous les personnels du 17/12) : il supprime massivement des postes d’enseignants malgré l’augmentation conséquence des effectifs et prépare une rentrée 2021 insupportable dans la poursuite de celle de cette année.

Alors que les effectifs explosent, les dotations horaires globales des collèges et lycées seront en baisse avec des classes en moins, des heures supplémentaires et des compléments de service en plus.

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