Grève au CNED le 8 avril : halte à la dégradation des conditions de travail

Depuis un an, la crise sanitaire a profondément bouleversé les modalités du travail au CNED, qui fait face à une augmentation très importante de son nombre d’inscrits, sans moyens humains supplémentaires. Les personnels du CNED, agents sur sites et enseignants en poste adapté, qui ont à cœur de remplir leur mission de service public, ont su faire face à cette situation exceptionnelle malgré la dégradation continuelle de leurs conditions de travail depuis des années.

L’actuelle direction a été nommée en 2016 avec comme mission le rétablissement du dialogue social. Or, instance après instance (CTE, CHSCT, CA) les représentants des personnels n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme sur cette dégradation des conditions de travail de tous les personnels, sans aucun écho.

Aujourd’hui, en pleine aggravation de la crise sanitaire, la direction du CNED, comme seule réponse aux revendications des personnels, a choisi de faire adopter au pas de charge une nouvelle réglementation qui remet en cause les accords de l’ARTT de 2002 et qui entraînera, sans compensation, une augmentation généralisée du temps de travail des agents. Cela contribuera à saper durablement le reste de confiance que les personnels accordent encore à la direction du CNED. De nombreux établissements publics n’ont pas jugé utile de mettre en œuvre cette régression dans un contexte qui fragilise la situation des agents.

 

Les personnels du CNED sont aujourd’hui contraints de se mettre en grève pour se faire entendre sur leurs conditions de travail dégradées et pour défendre un service public de qualité.

 

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Journée du 8 avril reportée – Grève AESH et Personnels

ATTENTION : en raison de la fermeture des établissements scolaires, la journée unitaire nationale du 8 avril a été reportée à une date ultérieure. L’intersyndicale départementale a également opté pour ce report. Les organisations syndicales craignent en effet que peu de monde ne se déplace pour ce rassemblement et qu’il soit passé sous silence du fait de la fermeture des écoles, collèges et lycées. Une nouvelle intersyndicale se réunira très vite à la réouverture des établissements pour décider d’une nouvelle date. La mobilisation continue! On ne lâche pas !

 

 

Pas de couvre-feu pour les revendications : soutien aux mobilisations en cours !

Face au chaos organisé par Blanquer, le SNFOLC soutient les mobilisations et les revendications des personnels.

Contre les fermetures de classes et les suppressions de postes

Depuis plusieurs semaines, les mobilisations se multiplient devant les Inspections académiques et les rectorats pour demander les heures, les postes et porter l’ensemble des revendications urgentes des personnels.

En Ille-et-Vilaine, à l’appel de l’intersyndicale lancée par FO, les organisations syndicales SNFOLC 35, SNUDI FO 35, CGT 35, Sud 35, CNT 35 et FSU 35 ont tenu une conférence de presse commune le 15 mars devant la DSDEN, organisé un rassemblement le 17 mars Place de la République à Rennes, et manifesté dans la rue à plus de 200 personnes le 25 mars dernier, de la DSDEN jusqu’au rectorat.

L’état d’ « urgence sanitaire », pour les personnels, c’est une dégradation sans précédent des conditions de travail : manque criant de remplaçants, hybridation des cours, protocoles inapplicables… La colère est encore montée d’un cran alors que plus de 600 millions d’euros ont été rendus par le ministre et que, partout, la rentrée 2021 s’annonce bien pire que les rentrées précédentes. Des milliers de classes sont menacées, 1800 postes sont supprimés dans le second degré, des centaines d’heures en moins, en particulier dans les lycées.

 

Pour le ministre, il s’agit de réduire les coûts au-delà de toute autre considération. Les réformes Blanquer montrent leur vrai visage. C’est le cas de la réforme du lycée qui, en mettant fin aux grilles horaires nationales, laisse aux établissements une plus grande marge de manœuvre pour économiser des heures d’enseignement. C’est aussi la mise en place des PIAL.

Pour l’abandon des PIAL : soutien aux rassemblements du 8 avril !

La mise en place des PIAL entraîne une mutualisation et donc une diminution de l’accompagnement apporté aux élèves en situation de handicap ou à besoins particuliers. Les AESH sont ballotés entre plusieurs écoles ou établissements, les conditions de travail se dégradent pour tous, enseignants comme AESH, les casse-têtes deviennent permanents pour les directeurs. Des milliers d’élèves n’ont pas accès aux établissements sociaux et médico-sociaux faute de places en nombre suffisant.

En Ille-et-Vilaine, comme partout en France, les AESH et les personnels de l’Education nationale sont appelés par les organisations syndicales du département à se rassembler le 8 avril pour exiger ensemble l’abandon des PIAL, un vrai statut et un vrai salaire pour les AESH.

 

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Les revendications ne sont pas confinées !

Malgré les pressions multiples contre le droit de se réunir et de manifester, les personnels cherchent à résister. Des réunions et des AG se tiennent, elles décident parfois de constituer des comités de mobilisation, avec les syndicats, souvent avec les élus et les parents, pour construire le rapport de force. Dans des départements, les mobilisations ont permis de faire reculer les IA-DASEN et de revenir sur les suppressions.

Face à la détermination des personnels, le gouvernement tente d’empêcher toute expression des revendications. Les menaces sur le droit de se réunir et de manifester sont intolérables !

Le SNFOLC 35 appelle les personnels à poursuivre les réunions syndicales, et décider des initiatives en direction de la DSDEN, du recteur et du ministre. Un préavis de grève couvre la période jusqu’aux prochaines vacances.

Auto-évaluation / évaluation des établissements : FO dit non

1 200 établissements soit environ 1 000 collèges et 200 lycées sont évalués en 2020. Ils sont dits « volontaires » alors qu’ils sont désignés volontaires. Dans les cinq ans, tous les établissements devraient être évalués en application de la loi dite « pour une école de la confiance », loi que le SNFOLC et sa fédération, la FNEC FP-FO rejettent.

Evaluation contre les obligations de service hebdomadaires

Pour ces auto-évaluations, on demande la participation des enseignants, des parents et des élèves.

Pour obliger les enseignants à participer à ces réunions et à cette évaluation, le ministère s’appuie sur la loi dite de « l’école de la confiance » et sur les 1 607 heures imposées par le décret Hamon du 20 août 2014.

Pour rappel voici les votes sur ce décret au CTM : Pour : CFDT, UNSA ; Contre : FO, CGT, SUD, FSU (1 voix) ; Abstentions : FSU (6 voix)

Auto-évaluation locale sous contrôle

Dans ces évaluations, il est demandé aux enseignants de ne pas aborder les moyens et les effectifs d’élèves par classe.

Chaque établissement a sa propre auto-évaluation : certains collègues ont eu à remplir un questionnaire de 130 questions, d’autres de 30, d’autres encore aucun questionnaire.

Le nombre de réunions fluctue d’un établissement à un autre.

Comment est-il possible de faire une auto-évaluation sans parler du cadre général, du manque de personnels, de la surcharge de travail ? Les conclusions seront donc faussées au bénéfice du ministre.

Evaluation pour imposer un projet local

Les personnels ne comprennent pas l’utilité de cette évaluation. Mais pour le ministre, les finalités d’une telle usine à gaz sont simples. Il faudrait se culpabiliser pour obtenir des points faibles et se construire soit même une marge de progrès avec des choix autonomes de l’établissement.

Mais il ne faudrait pas dire que cette marge conduit à la concurrence entre les disciplines ! Tout est faussé d’avance. Cela conduira à un plan d’action et de formation pour les personnels avec, pour contrôler le tout, une RH de proximité comme annoncé dans le Grenelle de l’Éducation.

Temps de travail supplémentaire, pressions pour une éducation locale

Le but serait de mettre en place des actions locales et des projets d’établissement avec l’accord des personnels. Sous prétexte que « la liberté pédagogique de l’enseignant s’exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l’éducation nationale et dans le cadre du projet d’école ou d’établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d’inspection. » et que dans PPCR, les enseignants doivent « travailler en équipe », l’administration expose les personnels à des pressions supplémentaires et augmente leur charge de travail. C’est un pas de plus vers la déréglementation et une attaque contre le statut des enseignants ! C’est l’application du « Grenelle » tout de suite!

Pour les collèges, cela rappelle les établissements REP+ où les collègues se réunissent afin de proposer et réaliser des projets et de demander des formations. La différence est que dans les établissements REP +, les collègues ont du temps de concertation imposé dans leur temps de travail, des effectifs allégés et des moyens supplémentaires. Est-ce que le ministère veut faire de tous les établissements des REP + sans moyens supplémentaires ou veut-il, à terme, supprimer les moyens en REP + sous prétexte d’équité?

 

C’est maintenant qu’il faut agir !

Le SNFOLC soutient les rassemblements et toutes les initiatives à tous les niveaux et appelle à poursuivre les HIS, les AG, les prises de position en défense du baccalauréat, des postes, des statuts, de la liberté syndicale.  Le SNFOLC rappelle son opposition à la loi dite « école de la confiance ». Retrait des évaluations des établissements, véritable machine à détruire les statuts, les missions, les postes, les diplômes, l’instruction nationale !

Forte mobilisation des AED dans l’académie de Rennes jeudi 25 mars 2021

Jeudi 25 mars était une journée de grève pour les personnels de l’Education nationale en Ille-et-Vilaine à l’appel d’une intersyndicale dont le SNFOLC 35 et le SNUDI FO 35 étaient à l’origine.

Environ 200 personnes ont manifesté dans les rues de Rennes entre la DSDEN et le rectorat.

Les AED, venus de toute l’académie, ont pris la tête du cortège : sifflets, casseroles, slogans, car « la vie s’colère! »

Une AG de rue s’est tenue en fin de manifestation devant le rectorat. Des échanges entre enseignants, AED, AESH, ont permis de se donner des perspectives : se saisir de la journée du 8 avril, appel national unitaire pour les AESH, pour soutenir les personnels accompagnants et étendre la mobilisation dans l’Education nationale. Car la situation qui touche les AESH (avec notamment la généralisation des PIALs) nous concerne toutes et tous !

 

Il est urgent de poursuivre la résistance pour faire entendre nos revendications !